• l’année dernière
Anne Brassié reçoit Romain Guérin, l'auteur du "Journal d'Anne France" qualifié par Jean Raspail de chef d'œuvre. Il présente aujourd'hui son 3ème roman, "Le Grand Soulèvement" écrit pour obéir justement à l'appel de Jean Raspail qui désirait "que les derniers isolats résistent jusqu’aÌ s’engager dans une sorte de Reconquista sans doute différente de l’espagnole mais s’inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux aÌ eìcrire laÌ-dessus. Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donneì". Ce roman est arrivé, c'est une bombe. Il y est question d’avortement de masse, de grand remplacement, de "complotisme" et de contre-révolution.
Puis, Anne Brassié reçoit Louis Trémolières qui nous donnera les dernières nouvelles de l'opposition de l'Etat à la reconstruction du château de Coucy.

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00:00:00 [Musique]
00:00:23 Chers amis de TV Liberté, nous partons au Moyen-Âge ce matin avec M. Louis Trémolière.
00:00:30 Bonjour M. !
00:00:31 Bonjour Madame !
00:00:32 Vous êtes connu des téléspectateurs puisque vous êtes venu nous présenter votre projet
00:00:38 de restauration du donjon du château de Coussy.
00:00:44 Et vous êtes aujourd'hui président de l'ARDOC, l'association de restauration du donjon de Coussy.
00:00:52 Coussy est à, pour bien préciser les choses, c'est pas très loin de la région parisienne,
00:00:59 c'est à 15 kilomètres de Lens.
00:01:02 Et Lens, vous le savez, j'ai un ami qui a l'habitude de, Hugues Lossfeld,
00:01:06 qui a l'habitude de dire que c'est la capitale de la France, puisque les rois de France
00:01:11 Les Bérogringiens, les Bérogringiens, les Bérogringiens,
00:01:13 ont régné depuis Lens, voilà.
00:01:16 Et que c'est une ville historique absolument somptueuse, avec une cathédrale,
00:01:22 avec des abbayes, des maisons, qui n'ont pas du tout été abîmées.
00:01:28 Donc c'est une ville qui sort du Moyen-Âge intacte, presque intacte.
00:01:33 Et alors, vous revenez aujourd'hui nous parler, alors représentez-nous s'il vous plaît,
00:01:42 ce château de Coussy.
00:01:44 – Je vais compléter d'abord votre information,
00:01:46 parce qu'évidemment, il y a Lens d'un côté, mais de l'autre côté, il y a Noyon.
00:01:49 Noyon, c'est là que Charles May a été baptisé,
00:01:54 et c'est là que les Capétiens ont été nommés rois.
00:02:00 C'est là que la royauté capétienne est née à Noyon.
00:02:04 – Et à Noyon, il y a aussi une…
00:02:07 – Voilà, il y a une superbe cathédrale également à Noyon.
00:02:10 Saint Médard et Saint Rémy ont tous été évêques de Noyon.
00:02:13 – Donc il faut aussi aller là.
00:02:15 – C'est très important parce que Noyon, Lens est magnifique,
00:02:20 c'est un endroit sublime, mais c'est un plateau élevé,
00:02:25 et c'était une forteresse, comment dire, inattaquable.
00:02:31 Noyon est beaucoup plus vulnérable,
00:02:33 mais Noyon contrôle toute la partie nord de l'Oise,
00:02:37 celle qui va jusqu'à la Belgique,
00:02:40 celle qui va permettre d'aller jusqu'à Maastricht et au-delà.
00:02:45 – Alors Coucy, c'est l'histoire d'un homme,
00:02:48 en guérant, d'une famille ?
00:02:51 – Je vous permettrai de mettre encore un peu de perspective.
00:02:57 – D'accord, je vous permets.
00:02:59 – Parce qu'effectivement, la famille des en guérants de Coucy,
00:03:03 puisque des en guérants premiers jusqu'à en guérants sept,
00:03:06 on a une lignée très continue de seigneurs
00:03:09 qui ne se revendiquaient pas tellement comme ça,
00:03:12 mais qui sont très importants dans l'histoire de France
00:03:16 du 10ème, 11ème, 12ème, 13ème, 14ème siècle.
00:03:21 Et pourquoi ? Parce que simplement, ils étaient seigneurs de Coucy.
00:03:25 Coucy, c'est un éperon qui contrôle la vallée de l'Oise,
00:03:29 qui contrôle l'Ellette et qui est une frontière,
00:03:33 c'est un relief d'abord.
00:03:36 Quand on dit que l'histoire commence avec en guérant trois,
00:03:43 c'est-à-dire au 12ème siècle, c'est absolument faux.
00:03:49 C'est raccourcir l'histoire et faire perdre toute signification.
00:03:52 Coucy, c'est d'abord un relief, c'est un endroit stratégique très important.
00:03:57 Charlemagne est né à 7 kilomètres.
00:04:02 Ceux qu'on a déjà évoqué, les Capétiens, les Mérovingiens,
00:04:06 tous ces gens-là sont nés là.
00:04:08 Coucy est très important parce que ça a été la dernière étape
00:04:12 pour Clovis pour abattre les Romains à Soissons.
00:04:18 Et comme toute cette partie du territoire appartenait à l'Église catholique,
00:04:26 à Saint-Rémy, Saint-Rémy a concédé le passage.
00:04:31 Et c'est comme ça qu'après que Clovis ait abattu ou anéanti les légions romaines,
00:04:41 il a rendu toute cette partie à Saint-Rémy.
00:04:50 Donc cette partie a été directement dépendante de l'évêché de Reims
00:04:56 pendant tout le haut Moyen-Âge.
00:05:00 Les premiers Anguerrands étaient des seigneurs,
00:05:04 j'allais dire des petits seigneurs de cette région,
00:05:07 toute cette région qui va de Lens à Marles, Saint-Gobain, etc.
00:05:12 C'est une ligne de frontières qui sépare, évidemment,
00:05:15 qui protège la France, ce qu'on appelle l'île de France,
00:05:20 de la France belgique et des Flandres et toutes les régions du Nord.
00:05:25 Donc c'est pour ça que, quelque part, sans qu'il y ait véritablement de guerre,
00:05:31 c'était une région très, très, très, comment dire, fragile.
00:05:36 Toutes les grandes invasions sont passées par là.
00:05:38 – Ce qui explique la nécessité de construire des châteaux
00:05:42 avec fortifications costauds.
00:05:45 – Tout à fait.
00:05:46 C'était surtout pour protéger l'île de France,
00:05:49 disons la monarchie française qui depuis eut capets et compagnie,
00:05:53 était majoritairement à Saint-Denis, etc. dans la région parisienne.
00:05:57 – Et rappelons que le système de féodalité donne un certain pouvoir
00:06:02 aux gendarmes et aux seigneurs de Cousy, pourquoi ?
00:06:06 Pour protéger le pouvoir central.
00:06:08 – Tout à fait. En guérant ceux.
00:06:10 – Il y a les suzerains et ceux qui sont à leur service
00:06:17 et surtout assurés de la protection du suzerain.
00:06:22 Ils étaient naturellement des gens puissants
00:06:27 parce que la culture et la ferronnerie,
00:06:31 c'était une industrie très impluantée dans cette région.
00:06:34 En guérant trois a fait un fait d'armes absolument considérable
00:06:38 que même l'administrateur des monuments nationaux a reconnu.
00:06:44 C'est en guérant trois que la bataille de Bouvines
00:06:47 a fait tomber Otto de Brunswick qui était l'empereur d'Allemagne.
00:06:52 – Ah oui, tout de même.
00:06:54 – On lui a rapporté le fait d'armes, mais il n'était pas tout seul.
00:06:58 – Mais la légende s'est emparée.
00:07:01 – Il était toujours bien entouré, mais c'est lui qui a été reconnu
00:07:06 comme étant le véritable vainqueur de Bouvines.
00:07:11 Bouvines, dans l'histoire de France, tout le monde dit que c'est la victoire
00:07:16 qui a créé la nation française.
00:07:18 Alors évidemment, en guérant trois, lui, il devait avoir
00:07:22 une certaine reconnaissance de Philippe Auguste.
00:07:25 Philippe Auguste, il a toujours été…
00:07:27 il avait prêté allégeance aux rois de France.
00:07:30 Donc c'est pourquoi il a fait plusieurs châteaux-forts
00:07:35 très importants dans la région.
00:07:37 On doit citer les châteaux-forts de Marle.
00:07:40 – Oui, il n'en a pas fait qu'un.
00:07:42 – C'était une ligne de défense évidemment capitale
00:07:45 parce que c'était une frontière.
00:07:49 Bon, il a fait Coussy, Coussy la merveille.
00:07:54 – Coussy la merveille.
00:07:56 – Coussy la merveille, c'est le plus fort donjon du monde,
00:07:58 c'est la forteresse la plus importante du monde
00:08:01 et la plus importante que Carcassonne.
00:08:03 Si on veut faire des comparaisons, il faut considérer que le site
00:08:08 de Coussy avec sa forteresse et son donjon, c'est à peu près l'acropole.
00:08:13 C'est aussi, disons à peu près la Lambra à Séville.
00:08:19 Ce n'est pas du tout quelque chose de secondaire et minime,
00:08:23 même Carcassonne n'a pas l'ampleur.
00:08:25 – C'est énorme.
00:08:27 – Ce qui était surtout énorme, c'est la tour de 54 mètres
00:08:30 qui a un périmètre de visibilité qui va de Noyon jusqu'à Lens,
00:08:36 jusqu'à presque Saint-Quentin, pas tout à fait,
00:08:39 mais un périmètre de presque 1000 km².
00:08:42 – Alors on va faire un historique rapide pour arriver à aujourd'hui.
00:08:47 Ce donjon a été détruit une première fois ?
00:08:52 – Il n'a positivement jamais été détruit, il a subi un tremblement de terre.
00:09:01 Il a été menacé de destruction au moment de l'affronte.
00:09:07 L'affronte, comme par hasard, il a été passé un édit de Mazarin pour raser Coussy.
00:09:15 Mais il faut bien comprendre que cet édit s'est passé dans l'extrême,
00:09:20 la période la plus finale de l'affronte, et ça a été pour Mazarin et pour Louis XIV
00:09:28 la manifestation de sa souveraineté absolue par cet édit.
00:09:33 Pourquoi il a fait ça ? Parce qu'il faut savoir qu'à Coussy est né,
00:09:37 le frère est né d'Henri IV.
00:09:39 – Ah oui.
00:09:40 – Donc il y avait une rivalité de famille, ce frère est né d'Henri IV,
00:09:45 il a après épousé une fille du Luxembourg,
00:09:49 ce qui fait qu'effectivement il y avait une rivalité de sang extrêmement importante
00:09:55 qui évidemment a pesé beaucoup au moment de la Régence,
00:09:58 parce que normalement c'est le Duc de Vendôme qui aurait dû être Régent.
00:10:01 – Faisons un saut dans l'histoire.
00:10:04 – Bon le château a été…
00:10:07 – C'est la guerre de XIV.
00:10:08 – Voilà, après la Révolution, un peu endommagé,
00:10:13 Viollet le Duc a finalement complètement restauré,
00:10:16 le château était en bon état, il a été extrêmement visité.
00:10:20 – Compte tenu de ce qu'il a fait à Carcassonne.
00:10:22 – Contrairement à ce que dit l'administrateur, etc.,
00:10:26 ce n'était pas le cinquième monument de France,
00:10:28 mais ça a été le troisième monument le plus visité de France,
00:10:32 est arrivé la guerre de XIV.
00:10:34 Alors dans la guerre de XIV, la présentation de l'administrateur…
00:10:39 – On va voir le problème de l'administrateur des biens nationaux après.
00:10:45 Qu'est-ce qui se passe à la guerre de XIV ?
00:10:47 Les Allemands en partant…
00:10:49 – Alors, effectivement, il faut resituer la destruction de Coussis.
00:11:00 La destruction du château Coussis s'est passée entre le 20 et le 27 mars 1917.
00:11:07 C'est l'époque où toutes les nations du monde voulaient la paix,
00:11:13 parce qu'effectivement c'était la boucherie totale,
00:11:16 aucun militaire ne pensait… – Bien sûr.
00:11:18 – On ne pouvait pas s'en sortir.
00:11:20 Bon, qu'est-ce qui s'est passé là ?
00:11:22 La Russie est tombée, les États-Unis ont commencé par être pilonnés par les sous-marins,
00:11:29 une période d'insécurité totale où il y a eu beaucoup de négociations diplomatiques
00:11:35 qui sont extrêmement secrètes.
00:11:38 Il a fallu que, plusieurs années après, une romancière américaine
00:11:43 que j'aime bien citer qui est Barbara Tuchman s'intéresse aux grands secrets de la guerre de XIV.
00:11:48 Dans ces grands secrets de la guerre de XIV, il y a le fait qu'il y avait une diplomatie secrète
00:11:55 qui a été initiée non pas par Guillaume II lui-même,
00:11:59 mais par ses cousins, l'empereur Charles d'Autriche.
00:12:06 Et ce Charles d'Autriche avait été, parce que sa femme était une Bourbon-Parme,
00:12:11 parle en français, la cour de Vienne parlait français, tout le monde parlait français,
00:12:15 à Berlin l'université était en français.
00:12:18 Et donc, il y a eu des négociations secrètes à cette période,
00:12:23 par lesquelles, très avancé, le gouvernement de Poincaré-Briand avait été reçu,
00:12:29 les délégués, les plénipotentiaires ont été retenus, plutôt secrets, et voilà.
00:12:37 Et ce moment-là a été choisi pour que le gouvernement français soit démis.
00:12:44 Donc, le recul des troupes allemandes était déjà décidé par Lindendorf et Hindenburg,
00:12:53 qui savaient qu'effectivement, ils craignaient, ils avaient vaincu un peu les allemands, les russes,
00:13:00 mais ils craignaient beaucoup que les américains rentrent dans la guerre.
00:13:05 Donc c'est pour ça qu'ils avaient prévu de reculer,
00:13:09 ils ont reculé la ligne de front d'une vingtaine, une trentaine de kilomètres
00:13:15 pour les mettre derrière le canal de Saint-Quentin, pour être plus à l'abri.
00:13:19 Et ils avaient décidé de tout raser.
00:13:23 – La terre brûlée.
00:13:25 – Voilà, et il faut savoir, parce que lors du centenaire de cette destruction,
00:13:31 donc en mars 1917, les allemands ont organisé une cérémonie à Aix-la-Chapelle
00:13:40 dans laquelle les journaux d'Aix-la-Chapelle ont mis dans des pages importantes
00:13:44 pour dire même le prince héritier, le Kronprinz, même le roi de Bavière,
00:13:51 étaient contre Lindendorf, etc.
00:13:54 Les allemands sont venus demander à Guillaume II, est-ce qu'on casse aussi ?
00:13:58 Et ce qu'on sait, parce que c'est les allemands qui me l'ont dit,
00:14:04 et ça a été publié dans les journaux, ce qu'on sait effectivement,
00:14:08 c'est que vraisemblablement, alors que le Kronprinz de Bavière,
00:14:11 beaucoup de gens étaient contre, et particulièrement Baudot et Barthes
00:14:15 qui étaient le violet, le duc allemand.
00:14:18 – Oui, les allemands aiment les châteaux forts.
00:14:20 – Et pour eux, Baudot et Barthes ont fait une explication dont vous avez la copie,
00:14:26 pour eux, Cousy, c'est la cathérale des châteaux forts, il n'y a pas de problème.
00:14:31 Mais là, effectivement… – Belle expression.
00:14:34 – Pourquoi Guillaume II n'a sans doute pas répondu, c'est ça la vraie question.
00:14:39 Et pourquoi il n'a pas répondu, c'est peut-être là qu'on peut émettre des hypothèses,
00:14:43 mais certainement pas des hypothèses sur le fait que c'était pour abaisser
00:14:51 la féodalité française. – Oui, oui, absolument.
00:14:55 Ça, ce n'est pas du tout l'argument, ça n'a pas été fait pour ça.
00:15:00 – Alors votre association a décidé de restaurer ce donjon,
00:15:09 puisque vous montrez bien que ça a été un lieu visité par des milliers de touristes,
00:15:16 et vous rencontrez l'opposition des monuments nationaux, en fait.
00:15:24 – Alors il y a ça, et puis il y a cette présentation qui vient de se faire sur Arte,
00:15:31 dans une émission, où 3/4 d'heure, enfin un grand moment,
00:15:36 est consacré à la Nouvelle-Calédonie, la cuisine et tout et tout,
00:15:40 ce sont des gens très bien, et puis tout d'un coup, ça se termine sur Cousy,
00:15:47 et alors là, Cousy, ça devient une caricature effrayante,
00:15:52 Anguéran est un petit coq-picard, et ce château ne doit pas être construit,
00:16:01 enfin c'est des propos hallucinants, pour diminuer un personnage
00:16:06 qui était quand même un très grand personnage.
00:16:08 Et là, vous avez pris une bouffée de colère, et vous m'avez rappelé,
00:16:15 et j'avoue que j'ai été sensible, parce que vous m'avez envoyé la vidéo,
00:16:20 et j'ai été effaré de cette critique, mais en fait, on voit très bien
00:16:24 que le Moyen-Âge, ça leur sort par les yeux, c'est tout.
00:16:27 – C'est assez calomnieux pour le picard.
00:16:31 – Voilà, et comme vous êtes picard…
00:16:33 – Voilà, comme je suis picard, et que je suis entouré de picards…
00:16:36 – Vous trouvez que…
00:16:38 – Nous sommes tous outrés, en amont.
00:16:41 – Donc vous reprenez votre campagne de crowdfunding, comme on dit,
00:16:48 c'est-à-dire de recherche de fonds.
00:16:51 – C'est plus compliqué que ça, voilà.
00:16:54 D'abord, il faut savoir que le Centre des monuments nationaux,
00:16:59 depuis la Covid, a non seulement pratiquement arrêté toutes les visites,
00:17:05 mais en plus, il a arrêté l'illumination des remparts,
00:17:10 c'est mal entretenu, il y a des parties du château,
00:17:13 des remparts qui s'effondrent, enfin, il y a un problème d'entretien.
00:17:18 Là-dessus, il est venu se greffer aussi un autre problème
00:17:21 qui concerne directement les gens, c'est qu'on a menacé…
00:17:25 enfin, il y a prévu une centaine d'éoliennes sur…
00:17:29 – Ah c'est ça, qui va…
00:17:31 – Voilà, sur la ligne de crête entre Coucy et Soissons.
00:17:35 Donc les gens se sont révoltés, et effectivement, bon, il a fallu…
00:17:40 – Se batailler, et vous avez gagné ?
00:17:43 – Nous sommes, je pense…
00:17:45 – En train de.
00:17:46 – Nous avons gagné dans le sens où, d'une part,
00:17:49 j'ai une lettre des Centres des monuments nationaux
00:17:51 qui se réjouit de l'abandon des éoliennes,
00:17:54 nous avons gagné d'une certaine manière parce que le préfet a reconnu
00:17:58 que les projets demandés ont été refusés,
00:18:01 mais il y a quand même un promoteur qui vient d'introduire un recours…
00:18:07 – Un recours, bien sûr.
00:18:09 – Il faut savoir aussi que, concomitant à ça, moi depuis longtemps,
00:18:14 parce que je sais, et le président de l'ARDOC le savait aussi,
00:18:20 l'ARDOC n'appartient pas qu'à la France.
00:18:23 – Le Coucy.
00:18:25 – Le château de Coucy, ça appartient au patrimoine de l'humanité.
00:18:29 Et donc ce patrimoine de l'humanité, il y a l'Europe.
00:18:32 Et l'Europe, donc, j'avais pris des contacts avec le Parlement européen,
00:18:38 la Commission européenne a reconnu l'intérêt européen,
00:18:43 et là-dessus, elle nous a demandé de faire partie de l'Europa Nostra.
00:18:47 Donc l'ARDOC fait partie de l'Europa Nostra.
00:18:49 Voilà, ça c'est un argument très important sur le plan international.
00:18:52 – Bien sûr.
00:18:53 – Parce que là maintenant, effectivement, l'Europa Nostra a des moyens financiers.
00:18:58 Pas directement, mais par la Banque européenne d'investissement.
00:19:01 Donc, effectivement, il y a une ouverture financière importante
00:19:05 et que l'État français pourrait utiliser.
00:19:09 – Oui, mais…
00:19:11 – Voilà. Non mais nous leur offrons la possibilité.
00:19:14 – Oui, mais ils vont peut-être utiliser cet argent à autre chose.
00:19:18 – Pour y arriver, il faut passer par un stade préalable,
00:19:23 qui m'a d'ailleurs été mis dans l'oreille par les gens d'Europa Nostra.
00:19:27 Il a dit, il faut absolument que les décrets qui imposent le maintien en ruine
00:19:34 pour montrer aux générations futures la barbarie du peuple allemand,
00:19:38 il faut que ces décrets-là…
00:19:40 – C'est ça, c'est toujours pour appuyer, c'est pour appuyer la propagande.
00:19:44 – Voilà.
00:19:45 – C'est incroyable.
00:19:46 – Il faut absolument que ce décret, la caducité de ces textes,
00:19:49 soit prononcée officiellement.
00:19:51 Donc, mon pèlerinage, mon chemin de croix, c'est d'aller chercher la caducité.
00:19:56 On a été à la mairie de la commune, on a été au conseil départemental,
00:20:03 on attend réponse, toujours pas.
00:20:05 Ça fait depuis avril 2022, on leur a posé la question, on les a rencontrés.
00:20:11 – Surtout qu'il faut, vous avez maintenant les éléments qui viennent d'Allemagne.
00:20:17 – Les éléments d'Allemagne, j'en ai un supplémentaire,
00:20:20 grâce à un écrivain qui s'appelle Amaury Lorrain,
00:20:23 qui a fait un ouvrage, mais alors très important, sur Paul Duhmer.
00:20:26 Et ce Paul Duhmer, effectivement, présente…
00:20:29 Paul Duhmer est mal connu, finalement, parce qu'il faut le voir dans un personnage
00:20:35 qui a une très longue carrière politique, qui a, vous allez dire, très bien travaillé,
00:20:42 puisqu'il a fini président de la République quand même.
00:20:45 Et ce personnage, s'il vous plaît, il a fait comme tous les gens du pays.
00:20:50 Il a été, évidemment, c'était monstrueux, cette destruction.
00:20:54 Donc, il a pris ce décret dans la colère.
00:20:57 Bon, par contre, Amaury Lorrain, cet écrivain,
00:21:01 m'a conseillé de rencontrer le descendant direct.
00:21:04 Et ce descendant direct a fourni à l'ARDOC une laisse demandant la caducité.
00:21:09 – Ah oui, un descendant de la famille de tous ?
00:21:12 – Tout à fait, c'est le descendant, la ligne s'est beaucoup éteinte, mais…
00:21:16 – Il y a un descendant.
00:21:18 – Vous savez que Paul Duhmer avait cinq garçons et deux filles,
00:21:23 et les cinq, ou les quatre, sont morts à la guerre, et le cinquième est mort peu après.
00:21:28 Donc, évidemment, c'est…
00:21:31 Enfin, toujours est-il qu'il nous a signé une lettre de caducité.
00:21:35 Donc, nous, on attend…
00:21:37 – C'est ce qui explique cela.
00:21:39 – Je pense que tous les jeunes, toutes les générations futures
00:21:42 et les jeunes générations actuelles,
00:21:44 ce n'est pas une question de revenir sur l'histoire.
00:21:47 C'est une question de redynamiser le tourisme,
00:21:50 redonner de l'actualité, redonner du symbole et de la dignité.
00:21:54 Vous passez à côté, vous voyez que c'est sublime, il y a des remparts formidables.
00:22:01 – Puis vous avez un violet le duc ?
00:22:04 – Bien sûr.
00:22:06 – Aujourd'hui ?
00:22:08 – Vous voulez dire… – Un homme ?
00:22:10 – La brochure ? – Un homme ? Non, un homme.
00:22:12 Est-ce que vous avez un architecte qui… ?
00:22:15 – Dans l'association, nous avons un architecte, fortement, bien sûr.
00:22:19 C'est beaucoup une question d'architecte.
00:22:23 – Oui, bien sûr.
00:22:24 Est-ce que le personnage de violet le duc perdure ?
00:22:27 Est-ce qu'il y a toujours des gens qui veulent restaurer, remonter ?
00:22:30 – Tout à fait, c'est même essentiel.
00:22:32 Figurez-vous qu'au 60e anniversaire de l'Europa Nostra,
00:22:36 qui a eu lieu à Paris, parce qu'Europa Nostra a été fondée à Paris,
00:22:40 j'ai rencontré le directeur général des centres des monuments nationaux.
00:22:44 Il me présente et il me dit "Ah, c'est vous qui voulez rebâtir,
00:22:47 reconstruire le donjon de Coussis".
00:22:49 Je lui dis "Non, monsieur, restaurer".
00:22:51 – Restaurer.
00:22:52 – Voilà, parce qu'effectivement, même l'architecte allemand,
00:22:58 reconstruire n'a pas beaucoup de sens, mais restaurer a du sens.
00:23:02 – Bien sûr.
00:23:03 – Parce que c'est un volume, parce que c'est des visibilités,
00:23:07 il n'est pas obligé de reconstruire à l'identique.
00:23:10 – Et alors, après cette action juridique, qu'est-ce que vous attentez ?
00:23:16 – Écoutez, moi pour l'instant, je me sens obligé de maintenir les contacts
00:23:23 avec Europa Nostra et avec l'Europe, pour bien leur faire comprendre que,
00:23:27 voilà, on en est, c'est une situation qui concerne la culture européenne,
00:23:32 dans ses fondements, parce que s'il n'y avait qu'Hanguéran III,
00:23:39 derrière il y a Hanguéran VII.
00:23:41 Hanguéran VII, figurez-vous, c'était le fils de la première fille
00:23:46 de l'empereur Otto d'Habsburg en Allemagne,
00:23:48 il était marié à la fille d'Angleterre.
00:23:51 C'est Hanguéran VII, c'est lui qui a fait le fondement de l'histoire
00:23:58 qu'a faite Barbara Tuchman, "The Distant Mirror",
00:24:01 le miroir lointain dans lequel toute l'histoire peut se refléter.
00:24:04 C'est lui qui a créé la paix en Europe.
00:24:07 – Oui, c'est très signifiant votre histoire.
00:24:10 – C'est très, c'est particulièrement signifiant.
00:24:12 – C'est symbolique à soi.
00:24:14 – Absolument, oui, Hanguéran VII.
00:24:15 – Le livre qui raconte aussi, comment s'appelle-t-il ?
00:24:18 – Le livre en anglais s'appelle "The Distant Mirror"
00:24:21 et ça a été traduit par "le miroir lointain" en français.
00:24:23 – Et il est édité, on peut le trouver en français ?
00:24:25 – On peut le trouver.
00:24:26 – Le miroir ?
00:24:27 – Le miroir lointain.
00:24:28 – Ok.
00:24:29 – Alors l'édition française a ce très grand défaut,
00:24:33 c'est que dans l'histoire, dans l'original, il y a des photos.
00:24:39 Ces photos, c'est Coussis d'un bout à l'autre.
00:24:42 – Bien sûr, oui.
00:24:43 – Alors que dans la version française, il n'y a aucune photo.
00:24:46 – Même pas sur la couverture ?
00:24:48 – Il y a une petite gravure sur la couverture,
00:24:51 mais ça complique énormément la lecture.
00:24:53 Ce livre, de toute façon, dans ses remerciements,
00:24:58 le premier remerciement a été pour M. Crépin
00:25:01 qui était le maire adjoint de Coussis
00:25:03 et un membre de l'association pour les Vosges.
00:25:06 – Mais voilà ce qu'il faut faire dans un premier temps,
00:25:08 c'est éditer ce livre avec des photos.
00:25:10 – Ah il faut, absolument.
00:25:12 – C'est une bonne conclusion ?
00:25:14 – Ah oui c'est une excellente conclusion.
00:25:16 Tout est dans l'ordre, ça je peux vous le dire.
00:25:18 Il y a même d'ailleurs, pour dire à quel point c'est mondial,
00:25:21 il y a un écrivain allemand qui s'appelle Karl Schwanitz
00:25:24 qui vient de sortir un livre sur Anguerand VII en deux volumes.
00:25:28 Vous n'en avez pas heure.
00:25:29 – Oui mais c'est fabuleux, c'est une résurrection de cette période médiévale.
00:25:34 – Il s'appelle Der letzte Ritter, c'est-à-dire le dernier chevalier.
00:25:37 – Oui, et vous vous donnez envie d'aller, moi je vais courir à Coussis
00:25:43 et je vais ce week-end à Lens et donc je vais aller à Coussis
00:25:47 et je vous témoignerai de mon admiration.
00:25:50 – Les piqueurs vous souhaitent la bienvenue.
00:25:53 – Donc chers amis de TV Liberté, il faut aller à Coussis
00:25:58 pour admirer ce château et ce lieu de si européen, de mémoire si européenne.
00:26:08 – Absolument.
00:26:09 – Merci beaucoup monsieur.
00:26:11 – C'est moi qui vous remercie.
00:26:12 – De votre récit qui est absolument palpitant
00:26:15 et c'est très étonnant comme des lieux comme ceux-là
00:26:20 sont si centraux dans la vie de notre pays.
00:26:25 Pourquoi sont-ils aussi occultés ? C'est ça la vérité.
00:26:28 – Oui, et alors ça nous savons que, vous savez bien qu'avant la révolution
00:26:33 ce sont les ténèbres, donc il y faut…
00:26:36 – Quelque part là-dedans, vous savez, c'est Saint-Jean-de-Perte
00:26:40 qui dit "il n'y a d'histoire que de l'âme".
00:26:43 C'est un peu l'âme européenne qui est derrière.
00:26:45 – Bien sûr, bien sûr. Merci beaucoup monsieur Trémolière.
00:26:48 – Non, please, merci.
00:26:50 – Donc on peut trouver, il y a un site internet ?
00:26:53 – Notre site s'appelle www.hardoc.com
00:26:56 – Hardoc.com, voilà.
00:26:57 – Ou donjondecoussy, en un seul mot, .com.
00:26:59 – Donjondecoussy, c'est encore mieux.
00:27:01 – Non, non, non, on ne prend pas toutes les informations.
00:27:03 – C'est O-U-C-Y.
00:27:04 Merci beaucoup monsieur d'être venu nous inspirer l'envie de partir à Coussy.
00:27:11 Merci beaucoup monsieur.
00:27:13 – Bien écoutez-vous.
00:27:14 – Amis de TV Liberté, à très vite.
00:27:16 [Musique]
00:27:25 – Bonjour Romain Guérin.
00:27:27 – Bonjour.
00:27:28 – Merci de répondre à nos questions ce matin.
00:27:32 – C'est un plaisir, merci pour l'invitation.
00:27:34 – Nous avions beaucoup aimé le journal d'Âne France,
00:27:38 publié il y a combien d'années maintenant ?
00:27:41 – Je sais pas.
00:27:42 – Trois ans ?
00:27:43 – Il est là, regardez, pour ceux qui ne connaissent pas la couverture.
00:27:46 – Bon comme tout. L'éditeur ?
00:27:48 – L'éditeur, je ne sais plus, parce que je suis seul dans l'aventure.
00:27:53 – Donc on le trouve sur Amazon. On le trouve sur Amazon lui aussi ?
00:27:57 – Et tous mes livres, parce que j'ai édité d'autres livres,
00:28:00 des recueils de poèmes, des recueils de Maxime.
00:28:02 – Absolument.
00:28:03 – Voilà.
00:28:04 – Alors, chers amis de TV Liberté, asseyez-vous et écoutez,
00:28:09 parce que ce livre est tout de même un grand phénomène.
00:28:13 J'ai envie de dire que ce livre est une sorte de récit à la Cervantesque,
00:28:20 un Don Quichotte qui finirait bien.
00:28:23 Ça c'est important, parce que Don Quichotte c'est merveilleux,
00:28:26 mais on reste un peu attristé à la fin du livre,
00:28:30 alors que vous, votre Don Quichotte, il réussit.
00:28:35 Nous allons repartir en arrière, parce que les premiers livres sont toujours très importants,
00:28:41 et celui-là est tout de même comme une sorte de suite et de rebondissement
00:28:47 au journal d'Âne France.
00:28:49 Vous avez fait des études poussées à l'université,
00:28:54 vous vous êtes bien, bien documenté, vous avez amassé beaucoup de connaissances.
00:28:59 Vous avez aussi, je crois, roulé votre bosse sur les routes,
00:29:03 ce qui fait que ça ne fait pas de vous l'universitaire typique.
00:29:08 Non, non, non, mais j'avais entamé une thèse que j'ai arrêtée
00:29:12 parce que je ne voulais pas vivre dans ce qu'ils appellent le sanctuaire,
00:29:16 qui est un trop joli mot pour dire finalement une sorte de cave,
00:29:19 de grenier de l'université.
00:29:21 Tout de suite après les études, j'ai été contraint pour des raisons financières
00:29:25 de rouler ma bosse, comme vous dites.
00:29:28 De gagner votre vie, durement, à la force de vos muscles,
00:29:32 ce qui est bien, bien, bien admirable par les temps qui courent.
00:29:36 Et vous nous écrivez donc le journal d'Âne France,
00:29:41 qui a été un choc pour beaucoup d'auditeurs,
00:29:44 le livre a eu beaucoup de succès.
00:29:46 Est-ce que vous pouviez vous raconter un malheur ?
00:29:50 Vous avez mal à votre France, en fait.
00:29:53 Cette femme qui vit totalement isolée,
00:29:59 qui a perdu tous les hommes qu'elle aimait.
00:30:03 Comment est né ce mal à la France que vous traduisez dans tous vos livres ?
00:30:11 Je pense par moi, je vois un peu, peut-être mon côté artiste,
00:30:16 mais je vois un peu tout par le prisme esthétique.
00:30:20 Est-ce que c'est beau ? Est-ce que ce n'est pas beau ?
00:30:23 Que ce soit même pour des questions morales,
00:30:25 je ne sais pas si j'ai un sentiment moral,
00:30:27 mais quand je vois une injustice, je trouve ça pas beau.
00:30:30 Et je pense que dans mes différentes pérégrinations,
00:30:33 je n'ai plus constaté, parce que j'ai fait beaucoup de villes,
00:30:37 j'aime beaucoup la France, donc dès que je peux la visiter, j'y vais.
00:30:43 Et donc, j'ai vu, quoi. J'ai vu, j'ai vu.
00:30:46 Ce que beaucoup disent que c'est un chef d'œuvre de nostalgie,
00:30:51 oui, je suis toujours un peu nostalgique,
00:30:53 mais c'est juste des constatations que,
00:30:56 je pense que ma petite ville de là où j'ai grandi,
00:31:00 à Mâcon en Bourgogne, ne serait-ce qu'à cette échelle-là,
00:31:04 en l'espace d'une génération, on peut voir les catastrophes
00:31:09 d'une politique gauchiste, cosmopolite,
00:31:13 appelez ça comme vous voulez, qui sont évidentes.
00:31:16 L'exemple est bien choisi, je connais bien Mâcon,
00:31:19 j'ai attendu des trains à Mâcon et j'ai fait le même constat.
00:31:23 Et encore, ce n'est pas la pire, il y a pire.
00:31:27 Donc, voilà, pendant dix ans de ma vie, il y a eu des études,
00:31:32 mais il y a aussi tout ça, c'est cette observation, en fait,
00:31:35 de mon environnement. Et puis, alors après, je crois que la France
00:31:38 a des enfants un peu particuliers, et je dois être un peu de ceux-là,
00:31:42 où on est, on ne sait pas pourquoi, en fait, on l'aime.
00:31:45 Objectivement, on sait pourquoi, parce que c'est le plus beau pays du monde.
00:31:48 C'est un miracle, c'est un miracle dans l'histoire des hommes.
00:31:52 Et on est d'autant plus attristé quand on est touché.
00:31:56 Et moi, je ne sais pas pourquoi, mais par son patrimoine,
00:31:59 par sa beauté, tout simplement.
00:32:02 Par ses vins ?
00:32:04 Oui, par tout ça, c'est toute une civilisation.
00:32:07 Et donc, j'étais attristé. Et au départ, pour "Journal d'Inde-France",
00:32:11 ça faisait très longtemps que je faisais des tentatives.
00:32:13 Alors moi, j'ai commencé par la poésie ou par la rédaction de "Petite Maxime".
00:32:16 C'est toujours plus facile, parce que le résultat est plus immédiat.
00:32:19 Mais j'avais toujours, je voulais être écrivain,
00:32:24 donc je voulais passer par le roman.
00:32:26 Et là, je suis passé par le journal, qui est plus simple,
00:32:30 même si c'est un roman.
00:32:31 C'est-à-dire que chaque jour, vu qu'elle raconte sa vie,
00:32:34 c'est quand même très romancé.
00:32:36 Mais au départ, j'étais parti sur une idée de pamphlet.
00:32:38 Mais ça n'allait pas, une veille d'âme pamphlétaire, ça n'allait pas.
00:32:44 Donc dans l'écriture, j'ai raconté sa vie.
00:32:46 Puis en racontant sa vie, je me suis rendu compte que je racontais.
00:32:49 En fait, "Dans la France", c'était la France.
00:32:51 Et je voulais faire, parce que toute ma production littéraire a un but,
00:32:56 à chaque fois, au-delà d'écrire de façon la plus belle possible.
00:33:00 Et le but du journal "Dans la France", c'était de démouvoir les Français
00:33:04 sur leur propre sort.
00:33:06 Parce qu'on sait très bien qu'aujourd'hui, on piège les Français
00:33:10 avec la moraline, avec la morale.
00:33:13 Il faut pleurer sur le monde entier, sauf sur ce qui nous arrive à nous.
00:33:17 Et donc, j'ai voulu en faire d'où le titre, qui fait un clin d'œil
00:33:22 au journal "Dans la France", évidemment, parce que je voulais plus
00:33:25 qu'un livre de pure littérature, en faire un objet quasiment de...
00:33:30 - De combat.
00:33:31 - Un combat et un objet qui permet de se souvenir et de se rappeler
00:33:37 et pour ça, d'agir.
00:33:39 Et ça a été le cas pour tous les livres, parce que le "Suiq" a suivi
00:33:42 "Drôle de funérail", c'est plus une satire de la France actuelle
00:33:50 sur d'autres points de vue, mais ça c'était rire avec l'état de la France
00:33:55 et celui-là, le dernier, le grand soulèvement, c'est agir maintenant.
00:34:01 Donc, à chaque fois, même s'il y a d'autres buts dans ce que j'écris,
00:34:06 il y a toujours un fond.
00:34:07 Et pour le journal "Dans la France", c'était ça.
00:34:09 Et je crois que ça a bien fonctionné, parce que j'ai eu des...
00:34:13 C'était un succès authentiquement et populaire, parce que c'est
00:34:16 le bouche à oreille qui a fait marcher ce livre.
00:34:18 Et j'ai eu des gens qui m'ont écrit des messages, par exemple,
00:34:21 qu'ils avaient offerts à une vieille tante ou à une grand-mère.
00:34:24 Elle a été complètement bouleversée, parce que c'était quasiment sa vie.
00:34:27 - Plein d'histoires.
00:34:28 Et vous avez eu un parrain de grande envergure, puisque Jean Raspail,
00:34:36 qui avait signalé votre livre, vous a immédiatement écrit,
00:34:41 comme il faisait quand il avait un coup de foudre.
00:34:43 Il vous a écrit, donc c'est une reconnaissance parmi eux.
00:34:46 - Vous pouvez pas espérer.
00:34:48 C'est-à-dire que Jean Raspail, malheureusement, il nous a quittés.
00:34:50 Quand il était vivant, c'était le plus grand écrivain français,
00:34:53 et donc par voie de conséquence mondiale.
00:34:56 Et c'est vrai qu'un jour, j'allais au boulot très tôt, en fait, à 6h.
00:35:01 Je consulte ma boîte aux lettres par réflexe, en fait,
00:35:06 et je tombe sur cette lettre qui aujourd'hui est encadrée dans mon salon
00:35:10 comme une sorte de diplôme.
00:35:14 - D'ailleurs, vous le rendez présent dans Le Grand Soulèvement.
00:35:21 Il est présent par l'intermédiaire de son fils.
00:35:24 Il est bien concrètement présenté.
00:35:29 - Oui, et par lui aussi, parce que dans la fin du livre,
00:35:32 il fait partie du cercle, on va dire, très rapproché
00:35:37 de ce grand complot visant à relever la France par un grand soulèvement.
00:35:41 Donc, il est authentiquement présent.
00:35:43 Pourquoi ? Parce qu'on peut être un grand écrivain,
00:35:47 mais je crois que Jean Raspail était aussi un grand homme,
00:35:50 parce que ça se perd, cette volonté de transmettre.
00:35:54 Ça se faisait très bien avant.
00:35:56 Baudelaire avait envoyé cette poème à Victor Hugo qui lui avait répondu, etc.
00:36:00 Et maintenant, on est tellement tous bouffés d'orgueil.
00:36:03 On est tous en concurrence pour avoir des followers sur Twitter.
00:36:07 Il ne faudrait surtout pas que quelqu'un émerge.
00:36:10 Et je crois que Lutte est tellement grand qu'il outrepassait tout ça.
00:36:14 J'ai voulu lui rendre hommage, évidemment, pour l'écrivain qu'il est,
00:36:19 mais principalement pour l'homme, parce que c'est d'abord l'homme
00:36:22 que j'ai connu et après l'écrivain plus particulièrement,
00:36:25 parce que tout simplement, pour l'instant dans ma carrière collitéraire,
00:36:29 c'est le seul qui m'a vraiment rendu hommage.
00:36:33 Et il se trouve que c'était le plus grand.
00:36:36 Et selon celui dont vous aimiez beaucoup, les œuvres,
00:36:40 notamment bien sûr le "Camp des Saints" et "Cyr".
00:36:44 J'ai découvert et je crois que "Cyr" a inconsciemment dû m'inspirer aussi
00:36:52 ce grand soulèvement parce qu'il est un peu du même ordre.
00:36:59 Et puis alors il y a aussi ce grand personnage que vous faites rentrer
00:37:04 dans vos pages qui est fantastique.
00:37:06 Là, nous sommes arrivés au grand soulèvement, c'est Saint-Ex.
00:37:10 Saint-Ex, vous faites plonger l'avion devant vos personnages.
00:37:16 Saint-Ex est récupéré dans l'eau et avant qu'il ne meure,
00:37:20 il me prononce des phrases dures,
00:37:26 dures, dures, dures, puisqu'il dit tout simplement
00:37:31 "Je ne sais pas pourquoi je me suis réveillée, j'aurais dû mourir.
00:37:35 Si c'était possible, je t'aurais demandé de glisser mon cadavre
00:37:38 dans un nuage et de m'enterrer dans le ciel.
00:37:41 Je suis triste pour ma génération, elle est vide de toute substance humaine.
00:37:46 Je ne devrais pas dire ça à un jeune homme qui a la vie devant lui,
00:37:49 mais je hais mon époque de toutes mes forces.
00:37:52 Que reste-t-il de l'humanité ?
00:37:54 Des mégalopoles ou plus libre des comptables tenus en respect
00:37:58 par des gendarmes qui pensent avec leurs poings.
00:38:00 L'homme tel qu'il est marche vers les temps les plus noirs du monde."
00:38:05 Et puis cette réflexion que nous sommes entourés de robots.
00:38:09 Oui, mais parce qu'en fait, il faut savoir que c'est un pur roman,
00:38:13 enfin c'est une sorte de polar, parce que c'est une enquête,
00:38:15 mais c'est un pur roman aussi de science-fiction,
00:38:17 mais en fait c'est une sorte aussi d'une chronique.
00:38:19 C'est-à-dire que c'est les 40 dernières années de la France,
00:38:22 s'il y avait eu un personnage fantastique comme Vidard,
00:38:26 qui est un personnage extrêmement romanesque,
00:38:28 c'est un peu l'histoire d'une autre France,
00:38:33 s'il y avait eu un peu un être exceptionnel
00:38:36 qui avait voulu sortir la France de ce bourbier.
00:38:40 Et Saint-Exupéry, c'est un hommage romantique aussi,
00:38:44 parce que Saint-Exupéry est un écrivain incroyable,
00:38:48 qui est trop réduit au Petit Prince,
00:38:51 parce que Citadelle, etc., nous montre bien qu'il est…
00:38:56 Enfin, ce n'est pas un gauchiste…
00:38:57 C'est vrai, on le réduit au Petit Prince
00:38:59 pour que les autres textes explosifs ne paraissent pas.
00:39:04 Mais avant ça, moi j'avais lu tous ces récits d'aviateurs
00:39:08 qui m'avaient marqué par l'impidité du style et la simplicité,
00:39:13 et qui arrivaient quand même à nous transporter.
00:39:15 Parce que c'était quelqu'un de complet,
00:39:16 c'est un aventurier, c'est un intellectuel, c'est un poète.
00:39:19 Donc ça fait partie quand même de ces génies européens
00:39:23 à qui il faut toujours rendre hommage.
00:39:27 Et ça participe, vu qu'il y a cette mort mystérieuse de Saint-Exupéry,
00:39:32 dans cette Uchronie que je propose,
00:39:36 je lui donne une autre fin et même un autre cercueil,
00:39:39 pour ceux qui verront,
00:39:40 parce que finalement on arrive peut-être à lui trouver un cercueil dans les nuages.
00:39:45 Vous avez quand même une imagination fabuleuse.
00:39:48 On vous suit, mais on vous suit dans des trucs absolument hallucinants.
00:39:54 Où est-ce que vous avez trouvé cette imagination ?
00:39:56 Vous avez lu beaucoup, étant enfant ?
00:39:59 Non, je crois que je l'ai découvert avec le journal d'Adam.
00:40:02 On m'a toujours dit ça, mais je ne le trouvais pas spécialement,
00:40:05 parce que moi quand je lisais d'autres livres,
00:40:08 je disais non, moi je n'ai pas l'imagination de ce qu'il y a dans le boubin, etc.
00:40:12 Et en fait, quand j'ai écrit le journal d'Adam France,
00:40:14 je me suis rendu compte que j'étais capable d'écrire une histoire.
00:40:16 Et que des...
00:40:18 Là, vous n'écrivez pas une histoire, vous écrivez 150 histoires.
00:40:22 Oui, oui, non mais...
00:40:24 Ce que je veux dire, c'est que j'ai découvert que je pouvais écrire une histoire
00:40:29 avec le journal d'Adam France.
00:40:30 Et après, c'est des lectures comme...
00:40:32 Alors principalement Jules Verne, que j'ai dévoré il y a quelques années,
00:40:37 parce qu'en France, on a tellement de grands écrivains
00:40:40 que parfois on croit avoir lu, mais en fait on n'a pas lu.
00:40:42 Et je me suis dit, j'ai jamais lu Jules Verne.
00:40:44 Et c'est vrai que Jules Verne m'a décoincé un peu en disant,
00:40:49 il suffit d'y aller.
00:40:51 Et c'est vrai qu'il a peut-être...
00:40:52 C'est lui qui a abattu quelques murs et qui a débridé.
00:40:56 Et puis je me suis dit, allons-y, il suffit que ça se tienne.
00:40:58 Et allons-y.
00:40:59 Et je pense que peut-être que j'avais toujours cette imagination en moi,
00:41:01 mais j'avais peur peut-être de dire que c'est ridicule,
00:41:04 c'est trop absurde.
00:41:07 Et là, avec celui-là, j'y suis allé à fond.
00:41:09 On vous suit complètement.
00:41:11 Parce que vous aimez la France, mais vous aimez aussi l'Italie.
00:41:15 Votre héros, Lucien Corrigan, jeune prêtre,
00:41:20 décide de partir à Rome parce qu'il n'en peut plus
00:41:25 de ce qu'il appelle le silence de l'Église,
00:41:28 qui ne manifeste pas assez sur l'horrible tragédie de l'avortement.
00:41:34 Alors il déboule à Rome, au Vatican.
00:41:37 Il déboule à Rome le lendemain de l'adoption de la loi Veil en France.
00:41:41 Et il déboule parce qu'il a finalement, on verra après dans le récit,
00:41:45 un feu en lui peut-être peu compatible avec l'état de prêtre.
00:41:50 C'est-à-dire qu'il est vraiment...
00:41:52 Il est trop romantique.
00:41:53 Donc il pense qu'il va traverser la France, débarquer au Vatican,
00:41:57 voir le pape et lui dire "attendez, lui secouer la soutane".
00:42:00 Et en fait, il se fait complètement éconduire.
00:42:02 Et après, il a une sorte d'anti-chemin de Damas,
00:42:06 c'est-à-dire qu'il remonte après.
00:42:08 Il remonte d'Italie jusqu'aux Alpes.
00:42:12 Et il fait mille et une rencontres qui sont étonnantes,
00:42:17 qui sont sources de rebondissements.
00:42:19 On ne peut pas parler précisément parce qu'il y a beaucoup de suspens
00:42:23 et je ne veux pas défleurer ce suspens.
00:42:27 Il faut juste expliquer 30 secondes que c'est comme si...
00:42:30 Je donne cet exemple parce que c'est long, criant.
00:42:32 Comme si pour le crime de Laurent Espresse,
00:42:34 on vous disait tout de suite que tout le monde était coupable.
00:42:36 Bon, on peut lire le livre, mais on le lira avec moins de sel.
00:42:39 Et moi, vu que j'ai parsemé l'intrigue un peu au début, un peu au milieu,
00:42:43 pour qu'à la fin, on se prenne une claque, ça serait quand même dommage.
00:42:46 Mais on refera une émission, ma chère amie,
00:42:48 quand ça sera un best-seller et que tout le monde l'aura lu.
00:42:50 Et comme ça, on pourra en parler plus librement.
00:42:53 Ce qui va arriver.
00:42:55 Alors, votre personnage à ce site d'étonnance, c'est que tout le monde l'aide.
00:43:00 Toutes ces rencontres, ce sont des rencontres bénéfiques.
00:43:04 Ce sont des rencontres qui l'aident à aller plus loin.
00:43:07 D'abord, qu'il le nourrisse, la breuve, puisqu'il n'a pas un sou.
00:43:11 Et ça, c'est très joli aussi.
00:43:13 Oui, c'est vrai, je n'avais pas vu ça comme ça.
00:43:16 On a l'impression que vous avez vécu ça, non ?
00:43:18 Non, non, pas fort. Alors, je n'ai pas vu ça comme ça.
00:43:20 Moi, c'était parce qu'il y a plein de choses dans ces personnages.
00:43:23 C'est même des mini-scénettes, parfois.
00:43:25 C'était déjà une réflexion sur l'apparence.
00:43:28 C'est-à-dire que les premières apparences sont...
00:43:31 Il faut se fier à l'apparence.
00:43:33 Je ne suis pas un gauchiste philosophique.
00:43:37 C'est-à-dire que l'apparence, elle est ce qu'elle est.
00:43:39 Mais parfois, il faut quand même s'en méfier.
00:43:41 Parce que ce n'est pas parce qu'un gars arrive avec un costard-cravate
00:43:44 que ce n'est pas un enfoiré.
00:43:45 Donc, il y a ça.
00:43:47 Et surtout, c'est une réflexion aussi sur qu'il était prêtre,
00:43:51 jeune prêtre, il officiait, mais finalement, il n'avait pas vécu.
00:43:55 Et je pense que ça, son chemin de Rome jusqu'à après, à rentrer chez lui,
00:44:03 il a un peu vécu en peu de temps.
00:44:05 En fait, il a vu beaucoup de facettes de l'humanité et ça l'a nourri.
00:44:11 Et il s'est découvert lui-même.
00:44:13 Mais les portraits que vous faites de toutes ces rencontres sont très, très sympas.
00:44:17 Qu'ils soient boulangers, marins, marchands de crêpes, à Montparnasse, évidemment.
00:44:25 Tous ces personnages sont fantastiques.
00:44:27 Jusqu'au personnage très important, Rocaboy, qui est chasseur d'épaves.
00:44:34 Alors ça, il ne sait pas tout de suite, mais effectivement, arriver,
00:44:39 ça c'est quand et ça, c'est différent.
00:44:43 Ça, c'est l'histoire croisée, par contre, de vie d'art pour Rocaboy.
00:44:47 Parce que le premier, mon roman se propose en trois parties.
00:44:53 Et donc, il y a la quête, l'enquête et la reconquête.
00:44:58 Et dans la quête, c'est deux portraits croisés des deux personnages principaux du roman.
00:45:03 Donc, il y a effectivement Lucien qui lui remonte à pied.
00:45:07 Mais Rocaboy, le personnage dont vous faites mention, c'est dans la biographie de vie d'art.
00:45:13 Donc, le personnage principal, le prince de Mortelien qui le fin.
00:45:18 Et donc, ça, c'est dans l'autre histoire.
00:45:21 Mais effectivement, il y a des rencontres comme ça, tout à fait surprenantes.
00:45:25 Et puis, le descendant de Henri Favre, ça c'est fantastique.
00:45:29 Le descendant de l'entomologiste qui nous dit combien la nature est belle,
00:45:36 la nature est bien faite et merveilleusement huilée.
00:45:40 Alors oui, déjà, ça permet des réflexions sur qu'est-ce qu'on voit et qu'est-ce qu'on croit voir.
00:45:45 C'est-à-dire, des fois, on croit voir et puis ensuite, il se penche.
00:45:48 Il y avait 70 insectes à nos pieds et on ne les avait pas vus.
00:45:52 Donc, c'est une réflexion sur l'attention.
00:45:55 C'est-à-dire qu'on voit que ce qu'on veut bien.
00:45:58 Après, il y a toute une réflexion aussi sur l'instinct.
00:46:01 Ce personnage rigole quand on prend exemple sur les animaux pour justifier les mœurs des hommes
00:46:08 parce qu'il raconte les mœurs des insectes et justement, transposer aux hommes,
00:46:12 ce n'est absolument pas terrifiant.
00:46:14 Donc, il y a des réflexions comme ça aussi.
00:46:17 Vous soulignez, j'ai bien aimé cette idée parce qu'on devrait la mettre davantage en pratique.
00:46:24 Ce guérisseur était un homme d'un âge avancé.
00:46:28 Mais vous écrivez, il avait une vivacité d'enfant.
00:46:33 Les âmes qui ont soif du monde et de ses mystères ne se flétrissent jamais.
00:46:39 Ça, c'est la grande réflexion qui est toujours remise, mais sur la jeunesse.
00:46:44 C'est-à-dire que la jeunesse de l'âme.
00:46:45 Moi, j'ai rencontré des jeunes très vieux et puis des vieux très jeunes.
00:46:49 Et je pense que ce qui les différencie, c'est un peu l'émerveillement toujours renouvelé
00:46:55 qu'on peut avoir du monde.
00:46:58 Parce qu'aujourd'hui, on met les gens dans des cages en ville et après, on leur explique qu'un film,
00:47:04 c'est extraordinaire.
00:47:05 Mais je veux dire, le être, ne serait-ce que vivre, est extraordinaire en soi.
00:47:10 C'est pour réenchanter aussi cette évidence, mais qu'il l'est de moins en moins,
00:47:15 effectivement, quand on est dans des prisons.
00:47:17 Vous savez, Gustave Thibon a écrit une phrase que j'aime beaucoup.
00:47:20 "Le monde ne manque pas de merveilles, le monde manque de gens qui s'émerveillent."
00:47:26 J'en parle aussi un peu après.
00:47:29 C'est très juste.
00:47:31 Et puis, alors, il y a ce personnage du guérisseur que j'aime beaucoup,
00:47:36 qui a fait ses classes comme ça, par hasard.
00:47:41 Il a été aux côtés d'un véritable médecin ou d'un véritable infirmier, je ne sais plus.
00:47:47 Il était militaire et puis, en revenant chez sa mère,
00:47:50 qui était mourant d'une façon un peu particulière, il a décidé de faire ça.
00:47:54 Et tous ces personnages dont vous faites mention, en fait, sont des personnages.
00:47:58 En fait, c'est le peuple.
00:48:00 C'est des stéréotypes du peuple.
00:48:03 Quand on veut bien le rencontrer, c'est sûr qu'on est un bourgeois dans une tour d'ivoire.
00:48:08 On ne rencontre pas ces personnages, mais j'ai rien inventé.
00:48:11 C'est-à-dire que quand vous traversez le peuple, le savant un peu qui paraît fou,
00:48:18 mais en fait qui est passionné et qui n'a pas besoin d'université gauchiste
00:48:22 pour accumuler du savoir, il existe.
00:48:25 Le guérisseur, il existe.
00:48:27 Il y a ce personnage aussi du paysan qui ne tricote que des pulls.
00:48:33 Ça existe aussi.
00:48:35 C'est très, très joli, ça aussi.
00:48:37 Et puis, il y a quand même un bourgeois, il y a quand même un médecin.
00:48:40 Un médecin qui devient l'ami de Lucien, puisque Lucien va devenir aussi médecin.
00:48:46 Mais Lucien va devenir accoucheur.
00:48:49 Et notre Pierre va lui devenir un scientifique de l'accouchement.
00:48:58 Nous n'en disons pas plus.
00:49:00 Et ça, c'est une belle amitié aussi.
00:49:03 C'est une amitié, en fait, comme il y en a beaucoup.
00:49:08 C'est-à-dire parfois, au début, très intense.
00:49:11 Et c'est vrai qu'on est très romantique aussi, étant jeunes.
00:49:14 On croit que tout va durer, qu'on est là pour être entre amis.
00:49:16 Puis, en fait, chacun fait sa vie, ce qui est tout à fait normal.
00:49:18 On construit sa famille.
00:49:19 Mais comme toutes les grandes amitiés, on peut passer dix ans de silence.
00:49:23 Puis, on se retrouve.
00:49:24 Et comme j'explique dans le livre...
00:49:26 Comme l'avant-dernière soir.
00:49:29 Voilà.
00:49:30 Et elle est très liée à l'intrigue.
00:49:33 Parce que, comme j'explique à un passage, c'est ce personnage mystérieux de Vidar de Mortemines
00:49:39 qui les a fait se rencontrer.
00:49:40 Parce qu'ils se sont rencontrés à une conférence qui parlait un peu de lui.
00:49:44 Et à chaque fois que, dans leur vie, ce personnage est intervenu,
00:49:48 ça a permis de les ressouder.
00:49:51 Et c'est par eux que peut se passer le grand soulèvement.
00:49:57 Puisque, sans le savoir, ils ont...
00:49:59 En tout cas, par Pierre.
00:50:01 Pierre, sans le savoir, a œuvré pour changer les choses.
00:50:07 Oui.
00:50:08 Et finalement, surtout, Lucien.
00:50:11 Mais il ne le sait pas jusqu'à la fin.
00:50:13 Non, il ne le sait pas jusqu'à la fin.
00:50:15 Vu que, finalement, l'acteur du grand soulèvement sera finalement un de ses très proches.
00:50:23 Mais ça, il n'en sait rien.
00:50:25 Enfin, le personnage central du livre, j'ai envie de dire,
00:50:31 c'est la poupée de sang qui bougeait.
00:50:33 Alors ça ?
00:50:35 C'est une image assez extraordinaire, violente, crue.
00:50:43 C'est un des moments forts du...
00:50:45 C'est-à-dire, Vidar, le personnage un peu principal,
00:50:48 qui est un orphelin qui a été récupéré par un prêtre,
00:50:51 a pu avoir des cours accélérés en humanité.
00:50:59 Parce qu'il a pu écouter, pour des raisons que j'explique dans le confessionnal.
00:51:06 Et donc, il a pu lire dans l'âme des hommes.
00:51:09 Donc, ça l'a hanté longtemps.
00:51:12 Et comme je dis, ces monstres, ces fantômes, qu'on a quittés,
00:51:16 sauf un, parce qu'il y a eu une petite fille qui a avoué aux prêtres
00:51:22 qu'elle s'était fait avorter, et qu'elle disait que la poupée de sang bougeait.
00:51:25 Et cette poupée de sang qui bougeait, en fait, l'a hanté.
00:51:29 Et il n'y a pas que ça, mais cette image forte a motivé aussi son projet de grand soulèvement.
00:51:35 Et donc, cette poupée de sang qui bougeait,
00:51:38 elle ne l'aura pas quittée de toute sa vie.
00:51:41 Et puis, il y a une femme, il n'y en a pas beaucoup, mais il y en a une,
00:51:47 il y en a une, Margot, qui n'est pas très libre finalement,
00:51:52 parce qu'elle a envie d'être amoureuse.
00:51:55 Et en fait, le petit groupe de femmes sans hommes,
00:52:01 qui sont plus ou moins lesbiennes, je crois.
00:52:06 C'est des groupes de lesbiennes, mais on va dire, qui partent en chasse.
00:52:12 Ça existe, je le sais, je l'ai vu.
00:52:16 Donc, des femmes en souffrance pour les convertir à leur idéologie, comme elle a dit.
00:52:21 Et elle, elle est victime de ça.
00:52:23 Je pense que c'est une femme parce qu'elle a été blessée.
00:52:26 Est-ce que je fais une parenthèse ?
00:52:28 En fait, c'est aussi un grand roman sur l'enfance.
00:52:31 On parle des enfants à toutes les pages,
00:52:34 pas forcément sur le prisme de l'avortement,
00:52:38 mais c'est l'enfant abandonné, l'enfant violé, l'enfance.
00:52:42 Parce que finalement, c'est un grand roman sur l'enfance,
00:52:45 parce qu'aujourd'hui, les enfants sont complètement mis de côté
00:52:48 et de surcroît que les enfants français.
00:52:50 Donc effectivement, Margot a été une femme qui aurait pu être une femme,
00:52:54 mais qui, par l'idéologie ambiante, s'est retrouvée complètement perdue.
00:52:58 Et c'est ce qui a participé à gâcher sa vie.
00:53:02 Et malheureusement pour Lucien, parce que ce n'est pas la première femme qu'il rencontre.
00:53:07 Il avait rencontré aussi une jeune italienne qui était aussi un peu lesbienne.
00:53:11 Et Lucien faisait partie de ces romantiques
00:53:14 qui, non seulement, accordent peut-être une trop grande place à ce sentiment qui est brûlant,
00:53:19 mais en plus, il ne tombe jamais sur les bonnes.
00:53:21 Donc, ça le fait souffrir.
00:53:23 Il est alcoolique aussi.
00:53:24 C'est une réflexion aussi sur l'alcool.
00:53:27 C'est-à-dire qu'il est très attentif aux femmes en souffrance.
00:53:31 Voilà, mais ce n'est pas ça.
00:53:33 C'est bien, on fait peut-être de la poésie avec ça,
00:53:36 mais on ne construit pas une vie en n'étant attiré que par des animaux blessés.
00:53:42 Malheureusement, lui, c'est son cas.
00:53:44 C'est très juste, notre phrase.
00:53:46 Il y a beaucoup d'hommes qui font ça.
00:53:49 Oui, mais c'est comme ça, c'est un constat.
00:53:53 Ils s'imaginent qu'ils vont rendre à la vie et au bonheur ces petits animaux blessés,
00:53:58 et en fait, ils n'y arrivent pas.
00:54:00 C'est peut-être le reliquat qui reste de chevalerie dans le sang des Français.
00:54:04 Exact, exact.
00:54:09 Mais en tout cas, c'est une très, très belle histoire.
00:54:13 Et ce que je trouve fantastique chez vous, c'est qu'il y a toujours,
00:54:17 toujours, toujours un lendemain meilleur.
00:54:21 Et il y a toujours une intervention de la Providence
00:54:24 qui fait que les personnages sont sauvés, reviennent à la vie,
00:54:31 et que ces poupées de sang arrivent à survivre.
00:54:35 Et ça, c'est quand même assez extraordinaire.
00:54:39 C'est même tout, c'est absolument incroyable,
00:54:44 parce que c'est une résurrection, mais à grande échelle, on va dire.
00:54:49 Exactement, exactement.
00:54:51 Mais, alors, vous êtes quand même très…
00:54:54 Il y a des petits moments qui sont carrément des petits moments de pamphlet, carrément.
00:54:59 Vous êtes, on pourrait vous dire que vous êtes un bon, bon complotiste.
00:55:05 Alors qu'en fait, vous n'êtes pas un complotiste,
00:55:10 mais vous voyez très bien le complot, il faut toujours le redire.
00:55:16 Et vous parlez là très violemment,
00:55:21 et vous êtes extrêmement concret et très politique,
00:55:29 et vous avez raison.
00:55:31 Et en fait, vous accusez un peu l'Église de ne pas avoir été là,
00:55:39 de ne pas avoir été trop ouverte au progressisme,
00:55:43 ouverte au monde, ouverte à tout et à rien, finalement.
00:55:48 C'est-à-dire que si l'Église était ce qu'elle était,
00:55:52 parce que moi, c'est une fois de plus, c'est un constat, je ne suis pas théologien, etc.
00:55:55 Elle aurait une force incroyable, c'est-à-dire qu'elle pourrait très bien,
00:56:00 si elle vivait dans sa chaire et elle condamnait par exemple l'avortement,
00:56:04 parce que c'est un des sujets du livre,
00:56:06 elle pourrait très bien dire à tous les chrétiens ou à tous les catholiques du monde,
00:56:10 payez vos impôts par exemple, ou descendez dans leur rue.
00:56:13 Jamais l'Église n'a donné une directive alors qu'elle est écoutée et très suivie.
00:56:19 Donc jamais elle ne l'a fait, elle passe tout, elle avale tout l'œuvre, son tout l'œuvre.
00:56:23 Donc en fait, c'est une évidence, c'est-à-dire qu'on ne peut que constater ça,
00:56:29 que l'Église actuelle, c'est-à-dire l'Église matérielle qui est au Vatican,
00:56:33 pas l'Église mystique, pas le Christ, le Christ il est ce qu'il est.
00:56:39 Et pas l'ensemble des prêtres, chacun dans leur paroisse qui se bat avec le monde.
00:56:43 Donc moi, c'est moins une condamnation de l'Église qu'en fait,
00:56:47 cette situation m'a permis de trouver un peu le narratif.
00:56:52 Je n'ai pas écrit ça contre l'Église, à la limite, peu importe.
00:56:55 Non, non, proprement, c'est un jeune prêtre.
00:56:59 Même si c'est important de le souligner, parce que justement,
00:57:02 ce personnage mystérieux de Vidard, on ne sait pas trop ce qu'il est,
00:57:05 si c'est un évêque, enfin non, c'est vraiment un personnage un peu transversal,
00:57:08 mais en tout cas, lui, il a l'air sincèrement catholique.
00:57:12 Oui, j'ai envie de vous dire, il est très Alexandre Dumas.
00:57:15 Voilà, c'était volontaire parce que j'ai voulu donner un souffle épique.
00:57:19 Je n'ai pas voulu faire un truc trop journalistique, avec des trucs très, très crédibles.
00:57:23 J'ai dit je veux un souffle.
00:57:25 Et donc, évidemment, je le revendique.
00:57:28 C'est une sorte de conte de Montécristo, mais adapté à ma sauce,
00:57:33 en sachant que le conte de Montécristo d'Alexandre Dumas a existé.
00:57:37 C'est à dire qu'il n'est même pas sorti de ça.
00:57:39 Ça a été quelque chose qu'il a pris dans une chronique.
00:57:42 Je crois à Marseille, avec quelque chose comme ça.
00:57:44 Mais il y a un souffle.
00:57:45 En fait, la France est souvent dans sa réalité,
00:57:48 beaucoup plus romanesque que dans ses romans,
00:57:51 parce que les Français sont assez incroyables.
00:57:53 Enfin, quand ils veulent bien être français.
00:57:55 Et donc ça, je ne le refuse pas du tout parce que ça a été volontaire,
00:58:00 parce que j'avais besoin de ce souffle.
00:58:01 Je voulais donner un souffle épique et donc il participe de ça.
00:58:05 Et là, vous dites que Jean Raspail, en fait, a eu cette intuition dans le Candessa.
00:58:15 Il a prophétisé la mort de la volonté en Europe.
00:58:20 Moi, c'est ce qui m'a le plus...
00:58:21 J'ai lu le Candessa un peu sur le tard.
00:58:23 Et en fait, il était connu ce livre pour avoir prophétisé l'invasion migratoire.
00:58:28 Et moi, quand j'ai lu le livre, ce n'est pas ça du tout qui m'a fait peur.
00:58:32 C'est à dire que quand j'ai fermé le livre, j'ai pas été effrayé par les vagues migratoires.
00:58:37 Déjà parce que je la subissais déjà.
00:58:39 Mais ce qui m'a vraiment effrayé dans le livre, mais vraiment,
00:58:43 ce qui m'a fait mal, c'est cette perte absolue de volonté.
00:58:48 C'est à dire, vous avez...
00:58:50 C'est ce qui se passe un petit peu en Angleterre.
00:58:53 C'est dingue, c'est vraiment le Candessa, c'est visionnaire.
00:58:57 Parce qu'ils veulent rapatrier des clandestins au Rwanda.
00:59:04 Vous avez des gauchistes qui empêchent le convoi de circuler.
00:59:07 C'est ce qui se passe dans le Candessa.
00:59:09 Le Candessa, il va même plus loin.
00:59:11 C'est que les flics refusent les ordres.
00:59:14 C'est à dire qu'on va arriver à ce stade là.
00:59:16 C'est qu'on se dit, même s'il y a un personnage complètement,
00:59:19 on va dire une sorte de Napoléon qui arriverait pour faire le ménage.
00:59:24 Le problème, c'est qu'il n'y a personne qui exécuterait les ordres.
00:59:27 Et ça, c'est ce qui m'a fait peur quand j'ai lu le Candessa.
00:59:29 C'est de voir cette apathie généralisée devant une situation.
00:59:34 Et donc, c'est pour ça que je pense, ça a peu été dit, je crois,
00:59:37 que pour moi, même si cette vision, déjà, c'était déjà incroyable
00:59:43 quand il l'a écrit, mais pour moi, ce n'est pas ce qu'il y a de plus fou dans le livre.
00:59:46 Le plus fou, c'est, on va dire, il y a Unic qui a profité de la mort de Dieu.
00:59:51 Et puis, il y a Jean Raspail qui a profité de la mort de la volonté.
00:59:53 À un moment donné, on est bien.
00:59:55 Et je pense que moi, en tout cas, dans le livre, c'est ce qui m'avait le plus bouleversé.
00:59:59 Et vous avez une explication pour cette mort de la volonté?
01:00:03 Je pense qu'elle est multiple.
01:00:08 Ça peut être la fin d'un cycle, c'est à dire, on est dans l'abondance,
01:00:14 on est abéti, il y a aussi la propagande qui est bien.
01:00:18 Je veux dire, il y a énormément d'explications, mais à la limite,
01:00:20 c'est ce que dit le Vidar, il dit peu importe, on s'en fout de pourquoi.
01:00:25 Il se trouve que c'est comme ça.
01:00:26 Maintenant, il faut faire avec ou sans.
01:00:29 Mais c'est vrai que ça serait trop trop long parce que je pense qu'il y a
01:00:33 énormément d'explications.
01:00:35 Mais c'est vrai que je pense la plus profonde, philosophiquement,
01:00:41 je pense qu'elle vient de l'égalité, c'est à dire qu'à partir du moment
01:00:44 où tout le monde est égaux, c'est à dire que vous êtes remplaçable.
01:00:48 C'est à dire que si ça, c'est pareil que ça, je peux le remplacer.
01:00:52 Et si c'est remplaçable, vous êtes remplacé.
01:00:54 C'est à dire qu'en fait, on a depuis deux siècles expliqué aux Français,
01:00:59 plus particulièrement aux Européens, qu'en fait, un Français équivalait
01:01:03 n'importe qui dans le monde.
01:01:05 En fait, c'est faux.
01:01:06 Vous êtes unique déjà en termes de humains particuliers.
01:01:10 Vous êtes unique dans votre façon de, en tant que Français.
01:01:14 Et donc, à force de rabâcher ça, oui, limite, peu importe.
01:01:18 Moi, je meurs.
01:01:19 Pourquoi? Je m'en fiche.
01:01:21 Je vais être remplacé par Boubacar.
01:01:22 Bon, c'est très bien.
01:01:23 C'est pas grave.
01:01:24 Romain Guérin égale Boubacar.
01:01:25 Donc, si Boubacar remplace Romain Guérin, il n'y a pas de problème.
01:01:28 Donc, je pense que...
01:01:29 Ça sera un autre imaginaire.
01:01:31 Comment?
01:01:32 Ça sera un autre imaginaire.
01:01:34 Donc, voilà, si on devait regarder le sel réellement, je pense que
01:01:39 la volonté, c'est quelque chose qui est nourri par un sentiment de
01:01:44 différence.
01:01:45 Vous êtes autre chose et même, pourquoi pas, de supériorité.
01:01:48 Si on vous explique que tout le monde est pareil et que même vous,
01:01:50 vous êtes des salopards, parce que vous êtes des Blancs qui avez
01:01:52 colonisé le monde entier.
01:01:54 Comment voulez-vous qu'un être qui pense qu'il est comme tout le monde
01:01:58 et même moins bien que tout le monde, veuille persévérer dans son être?
01:02:01 Donc, je pense que le fond, ça serait ça.
01:02:05 Vous citez dans votre exergue, le prince de Mortemines,
01:02:10 "La France souffre davantage de la déchéance de ceux qui la défendent
01:02:15 que de la vaillance de ceux qui la combattent."
01:02:19 Oui, parce que j'ai en fait...
01:02:21 Déjà, parce que moi, en tant que mon expérience militante ou observateur,
01:02:26 j'ai pu voir pas mal de partis ou de groupes qui se prétendent des
01:02:32 résistants et aussi, j'ai vu qu'il y avait beaucoup de...
01:02:37 Alors, un peu de partout.
01:02:39 C'est vrai qu'à gauche, ils sont plus conceptuels.
01:02:41 Alors, c'est le capitalisme, c'est le machin.
01:02:43 Enfin bon, bref.
01:02:44 Quoique maintenant, ça devient les Juifs, etc.
01:02:47 Donc, bref.
01:02:48 Mais à droite, c'est aussi...
01:02:49 On nomme des ennemis, mais ces ennemis ne pourraient pas exister
01:02:53 si les Français étaient debout.
01:02:54 C'est la fameuse phrase de la Boétie.
01:02:57 Je veux dire, ils sont grands parce qu'on est couché.
01:03:00 Donc, si les Français s'étaient tenus debout, on n'aurait pas d'ennemis.
01:03:04 Donc, on a des ennemis parce qu'en fait, on est faible.
01:03:07 Donc, je veux dire, à un moment donné, c'est aussi un livre qui invite
01:03:10 à l'introspection et dire, à un moment donné, il faut quand même faire
01:03:13 une sorte de bilan pour repartir de bon pied.
01:03:16 On a une écrasante responsabilité sur ce qui s'est passé.
01:03:19 Et les ennemis, il y en a toujours et ça se gère.
01:03:21 Je suis désolé, quoi.
01:03:22 Quand on est debout, ça se gère.
01:03:23 Le monde, c'est pas un monde de bisounours.
01:03:25 Même dans la vie, il y a des gens qui vous en veulent,
01:03:27 il y a des gens qui veulent vous voler, il y a des gens qui vous jalousent.
01:03:30 Donc, si vous n'êtes pas debout, effectivement, vous vous faites bouffer.
01:03:33 Et qu'est-ce que vous préconiseriez pour rétablir des écoles d'énergie ?
01:03:39 Justement, moi, j'ai écrit ce livre parce qu'en fait, malheureusement,
01:03:44 la seule que je voyais, en fait, elle n'est pas possible.
01:03:47 C'est-à-dire qu'il fallait retrouver justement, c'est la grande question
01:03:50 de vie d'art.
01:03:51 Il est là, il se dit, bon, j'ai lu Jean Raspail, c'est fini parce que
01:03:56 la volonté est morte et la foi comme la volonté, ça ne se décrète pas.
01:03:59 Parce qu'on dit, je veux vouloir que je veux ou je veux croire que je crois.
01:04:03 Et lui, en fait, il tire ses conclusions et il se dit, mais où est-ce que
01:04:08 je vais trouver cette volonté de vivre ?
01:04:10 Et bien, il la trouve dans les poubelles des hôpitaux.
01:04:13 Et malheureusement, ça, c'est dans mon livre.
01:04:16 Donc, c'est très poétique.
01:04:17 Je pense que c'est très beau.
01:04:19 Mais dans le monde réel, je ne le vois pas.
01:04:23 Mais si, il faut voir les écoles d'énergie des temps anciens.
01:04:31 Il y a tout de même suffisamment de livres de haute graisse et de grande morale
01:04:37 qui ont fait que les Français étaient ce qu'ils étaient.
01:04:41 Oui, mais là, on parle vraiment du côté matériel de la volonté.
01:04:47 C'est-à-dire qu'on ne peut pas obliger un peuple qui veut mourir de mourir.
01:04:51 C'est-à-dire que pour l'instant, en tout cas, après, moi, j'espère qu'il y aura peut-être des générations.
01:04:56 Peut-être qu'on est dur avec les générations qui vont arriver.
01:04:59 Mais vu qu'elle se prend le réel dans la gueule, deux à trois fois plus fort,
01:05:05 peut-être qu'il va y avoir un sursaut.
01:05:08 Mais la volonté, elle se nourrit pas de livres.
01:05:12 C'est vraiment quelque chose de biologique.
01:05:16 Il y a une force en vous d'être et d'exister.
01:05:19 C'est vrai qu'elle est un peu perdue aujourd'hui.
01:05:22 Mais après, moi, je le souhaite, par exemple, que peut-être qu'en lisant ce livre,
01:05:27 par exemple, moi, je sais qu'en lisant le journal d'Âte-France,
01:05:29 il y a des gens qui se sont convertis à la France.
01:05:32 Ils se sont dit "Ah, ben merde, c'est vrai que j'habite un beau pays".
01:05:34 Donc, ils se sont mis à l'aimer.
01:05:35 Donc, ils ont changé leur point de vue.
01:05:37 Je souhaite que le Grand Soulèvement peut-être soit finalement ce vecteur
01:05:42 pour redonner la volonté aux Français.
01:05:46 Parce que vous connaissez bien la loi d'évolution et des sociétés et des familles d'ailleurs.
01:05:52 Il y a une famille qui se crée, les descendants continuent à se développer,
01:05:57 à s'épanouir, à monter.
01:05:59 Il y a un moment de table régulière et puis tout d'un coup, la famille s'effondre,
01:06:07 les descendants s'effondrent.
01:06:09 Mais c'est un peu comme ça chez les peuples.
01:06:12 Et puis, il y a ces grands mouvements, vous savez, ces grands mouvements tectoniques,
01:06:17 ces peuples, regardez le Québec,
01:06:20 grands mouvements de peuples très vaillants, très entreprenants, très chrétiens,
01:06:26 avec familles nombreuses et qui est aujourd'hui l'inverse de ce qu'il a été.
01:06:33 L'inverse, complètement.
01:06:35 Donc, on peut imaginer qu'un jour, ils retrouvent l'étoile du Sud ou l'étoile du Nord ?
01:06:42 Je ne sais pas, mais…
01:06:44 C'est tout à fait possible.
01:06:45 Il faut toujours, de toute façon, le pire n'est jamais sûr.
01:06:48 Il faut toujours aller de l'avant parce qu'il y a toujours l'événement.
01:06:53 Il peut toujours se passer quelque chose qui fait qu'un peuple se réveille.
01:06:58 Je ne crois pas à la famine ou des choses comme ça,
01:07:01 parce que quand on cherche à manger, on cherche à manger.
01:07:04 Mais un événement, vous ne savez pas ce qui peut se passer dans un pays à côté
01:07:07 qui amène des déplacements de population, l'URSS s'est un peu effondrée,
01:07:11 en fait, on ne sait même pas pourquoi.
01:07:13 Nous, ça peut s'effondrer aussi demain.
01:07:15 On ne sait pas, en tout cas, je pense que…
01:07:17 L'URSS ne s'est pas effondrée, elle a justement retrouvé son énergie.
01:07:22 Elle était soumise à l'esclavage du marxisme et tout d'un coup,
01:07:26 elle a retrouvé son énergie.
01:07:29 Oui, oui, mais en tout cas, il y a eu des changements
01:07:32 qui n'étaient pas forcément liés à…
01:07:34 C'est la Russie qui est redevenue le grand pays.
01:07:38 Mais voilà, en tout cas, je pense que pour avoir quand même aussi parcouru la France,
01:07:42 je sais qu'il y a ce miracle français qui est,
01:07:46 malgré la propagande, malgré l'école républicaine,
01:07:49 c'est une terre qui est fertile en talent et en génie.
01:07:53 Le problème, c'est que 9 sur 10, maintenant, se barrent à l'étranger
01:07:56 et puis ne reviennent plus jamais.
01:07:58 Et je sais que la France, en fait, dont je sais qu'il y a assez,
01:08:04 parce qu'on ne fait pas une révolution avec le peuple,
01:08:07 on fait le peuple d'instruments ou d'outils,
01:08:10 mais il y a assez de Français encore pour faire quelque chose.
01:08:14 Le problème, c'est qu'ils sont dispatchés, c'est le flou, etc.
01:08:17 Mais ce n'est pas tout à fait perdu quand on regarde vraiment…
01:08:21 Et puis, il y a des choses quand même, il y a des indices sur les Français
01:08:26 qui s'intéressent à leur généalogie, par exemple,
01:08:28 des Français qui quittent un boulot du tertiaire complètement débile
01:08:31 et qui se mettent à la campagne pour faire forgeron.
01:08:34 Oui, ou agriculteur ou producteur de légumes.
01:08:39 Et donc, ils reviennent dans leur province,
01:08:41 c'est-à-dire qu'ils l'avaient quitté pour les grandes villes, etc.
01:08:44 Et en fait, ils s'aperçoivent que le vrai bonheur,
01:08:46 c'était leur petit pays d'origine.
01:08:48 Ils redéveloppent une petite économie locale, un petit savoir-faire.
01:08:51 Et ça, c'est une vraie vague de fond.
01:08:53 L'espoir, il peut être là-dedans.
01:08:56 Et puis, comme la vie dans les villes devient largement impossible,
01:09:00 pour diverses raisons.
01:09:03 C'est-à-dire que plus Paris devient une poubelle,
01:09:05 et plus c'est cher d'y habiter.
01:09:07 Donc, il y a une sorte de paradoxe assez troublant.
01:09:09 Mais bon, voilà.
01:09:11 Donc, oui, c'est sûr.
01:09:14 Mais vous avez déjà commencé un autre manuscrit ?
01:09:17 Vous avez déjà un autre travail sur le bureau ?
01:09:20 Alors, pour être honnête, alors oui.
01:09:23 Mais j'ai tellement pas le temps que je pourrais pas y toucher avant.
01:09:27 Et puis, j'ai un projet aussi,
01:09:30 que j'ai terminé par contre, de contes pour enfants.
01:09:32 Donc, il y a deux tomes qui vont sortir.
01:09:35 Mais oui, j'ai déjà d'autres idées.
01:09:38 Mais là, entre le boulot harassant que je fais,
01:09:40 et puis maintenant, gérer un peu la communication, etc.
01:09:43 pour ce livre qui doit...
01:09:46 Qui fera son chemin, j'en suis persuadée.
01:09:49 Ayez confiance, ayez confiance.
01:09:51 C'est une bonne idée, les contes pour enfants,
01:09:53 parce que les contes sont toujours extrêmement signifiants.
01:09:58 Ils vous apprennent toutes choses.
01:10:00 Parce qu'une fois de plus, je reviens.
01:10:02 Quand j'ai commencé à écrire, j'ai voulu faire un peu cette palette
01:10:06 de tous les grands formats classiques français.
01:10:09 J'avais commencé par la poésie.
01:10:11 La poésie, y a pas plus français que la poésie.
01:10:13 J'ai fait un recueil de Maxime, d'inspiration.
01:10:16 Chantfort, Laroche Foucault, etc.
01:10:19 Le roman un peu militant,
01:10:23 ou le témoignage comme journal d'Âne France.
01:10:25 J'ai fait un roman plus théâtral, sur une satire de province.
01:10:30 Là, maintenant, celui-là,
01:10:32 qui est un peu un roman polar de science-fiction.
01:10:34 Et il me reste pas grand-chose.
01:10:36 Il me reste vraiment la pièce de théâtre.
01:10:37 Je sais pas si je la ferai un jour.
01:10:39 Et puis, le conte pour enfants.
01:10:40 Et ça, c'est fait.
01:10:42 En tout cas, Romain Guérin, je peux vous dire
01:10:45 que quand on commence le Grand Soulèvement,
01:10:47 on ne le lâche pas.
01:10:49 On y passe la nuit.
01:10:50 Ça m'était pas arrivé depuis bien longtemps.
01:10:52 Et chers amis de TV Liberté,
01:10:55 vous allez vous régaler avec ce livre
01:10:57 que vous trouvez sur Internet,
01:10:59 ou sur Amazon.
01:11:01 Romain Guérin, Le Grand Soulèvement.
01:11:04 Parce que, bon, dans les librairies,
01:11:05 il faut tout un système.
01:11:07 Il faut aller donc sur Internet,
01:11:10 parce que c'est ce qui rapporte le plus à l'auteur.
01:11:13 Donc, allez-y.
01:11:15 Après tout, si les distributeurs ne prenaient pas autant,
01:11:18 on irait chez eux.
01:11:20 Et vous serez extrêmement reconnaissant,
01:11:27 à Romain Guérin, de nous avoir sortis
01:11:31 de cet univers plutôt morbide et sans avenir.
01:11:37 Merci beaucoup, Romain Guérin.
01:11:39 Merci à vous.
01:11:40 Et à très vite.
01:11:42 Avec plaisir.
01:11:44 [Musique]

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