L'invité d'ICI Matin : Serge Grouard, maire d'Orléans.
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00:00Merci pour votre confiance et votre fidélité, ici Orléans, on vous souhaite la bienvenue, il est 8h14, bonjour Camille Huppennoir.
00:06Bonjour Marc, bonjour à tous et à toutes.
00:08Le 24 février 2022, on s'en souvient tous, la Russie envahissait l'Ukraine.
00:12Après trois ans, la guerre est toujours en cours et le soutien à l'Ukraine continue, jusque chez nous, jusqu'au niveau local.
00:19On va l'évoquer ce matin avec l'exemple de la ville d'Orléans, le maire et votre invité Camille Huppennoir.
00:24Bonjour Serge Groix.
00:25Bonjour, bonjour à tous.
00:26Vous êtes allé en Ukraine en début d'année pour signer un accord de coopération entre Orléans et la ville de Soumis.
00:31Alors avant de parler de cet accord, vous avez rencontré des habitants, vous avez rencontré des élus, comment vont les Ukrainiens ?
00:39C'est dur, c'est très dur pour eux, mais j'ai été frappé, j'allais dire j'ai été estomaqué par leur détermination, leur courage.
00:49C'est impressionnant quand on est sur place de voir tout un peuple qui résiste face à l'armada russe.
00:56C'est une véritable armada militaire et ils tiennent, ils résistent, ils sont véritablement impressionnants.
01:04Moi j'ai été admiratif franchement de ce courage, j'ai pris une leçon.
01:08Vous avez réaffirmé aussi pendant ce séjour le soutien de la ville d'Orléans avec donc cet accord signé avec la commune de Soumis.
01:15Alors quelle coopération exactement vous comptez développer avec Soumis ?
01:18D'abord on voulait montrer aux Ukrainiens et notamment donc proche de la zone des combats, proche de la frontière russe.
01:26Pour rappeler où se situe Soumis ?
01:27Soumis est au nord-est de l'Ukraine, donc à quelques kilomètres de la frontière avec la Russie.
01:33Et donc évidemment la ville est régulièrement bombardée, quand on y était elle venait d'être bombardée.
01:40On a par exemple visité un des hôpitaux de Soumis qui avait été dévasté.
01:46Et vous voyez quand je parlais de courage, ils étaient en train de reconstruire l'hôpital.
01:51La reconstruction c'est là-dessus que vous voulez les aider par cet accord ?
01:54On veut les aider là-dessus, on veut leur montrer qu'ils ne sont pas seuls.
01:57On peut accueillir des Ukrainiens, il y a par exemple à l'université de Soumis.
02:03Soumis c'est à peu près la taille de la métropole d'Orléans, c'est comparable.
02:07Une belle université qui a un département de français, il y a quelques centaines d'étudiants là-bas qui apprennent le français.
02:14On peut en accueillir un certain nombre et on en a parlé d'ailleurs avec l'université d'Orléans, faire des échanges.
02:21On a par exemple évidemment visité l'un des cimetières de Soumis.
02:25Je vous assure que c'est poignant quand vous voyez les drapeaux ukrainiens partout dans le cimetière.
02:31Il y a une sculpture qui a été réalisée par un artiste français au XIXe siècle qui est très abîmée.
02:37J'ai proposé que l'on puisse contribuer à la restaurer mais bien sûr il faut aller sur place, c'est dangereux.
02:42Et l'on ne va pas envoyer pour l'instant des artistes français restaurer cette sculpture à Soumis.
02:48On peut avoir beaucoup d'échanges, des coopérations dans le domaine bien sûr médical, hospitalier.
02:54Nous avons ici le CHU d'Orléans qui est tout à fait près à ces coopérations.
02:59On peut aussi leur livrer du matériel, il y a un champ presque infini.
03:05Mais on peut le mettre en place tant que la guerre est en cours ?
03:08On le met en place en ce moment même en prenant bien sûr toutes les mesures de précaution.
03:14On s'en doute bien, encore une fois on est sur une zone de front.
03:17Mais nous y sommes allés, on en est revenus et ces gens-là subissent la guerre tous les jours.
03:23Donc voilà, il faut savoir à un moment ce que l'on veut.
03:26Est-ce que l'on considère que cette guerre est totalement injuste et absurde ?
03:30Ou est-ce que l'on finalement avec l'usure du temps, les trois ans dont vous parliez,
03:34on considère qu'il y a une sorte de fatalité ?
03:37Moi je considère que non, je considère que l'Ukraine fait partie de la famille européenne
03:43et qu'on ne peut pas, on n'a pas le droit moralement et politiquement de les laisser tomber.
03:48Vous dites les laisser tomber, on a vu hier environ 150 personnes se réunir à Orléans en soutien à l'Ukraine,
03:53vous en faisiez partie, ça semble peu.
03:55Est-ce que ce soutien, notamment de la population, s'effondre avec le temps ?
04:00Évidemment il n'y a plus l'émotion des premiers jours.
04:03Mais c'est là où je crois que nous pouvons prendre une leçon,
04:06c'est de voir que les Ukrainiens, eux, continuent au bout de trois ans.
04:10Vous savez, rappelez-vous, au moment de l'invasion russe,
04:14on se disait l'Ukraine va tenir une semaine maximum.
04:18Tout le monde s'est planté dans l'analyse, ça fait trois ans qu'ils tiennent.
04:23Et ils peuvent encore tenir, je le dis, c'est David contre Goliath, mais qui a gagné à l'arrivée ?
04:28C'est Goliath ou c'est David ?
04:30Je vous dis que cet esprit de résistance, ce peuple qui se bat tout entier,
04:37il ne peut pas finalement perdre.
04:40Et c'est là où nous avons, nous, Européens,
04:43et j'allais dire pour les Etats-Unis d'Amérique, une responsabilité immense.
04:46Justement, le président de la République, Emmanuel Macron, est à Washington aujourd'hui.
04:50Il doit rencontrer Donald Trump, car le président américain a un petit peu rebattu les cartes
04:54en affirmant davantage un soutien à la Russie qu'un soutien à l'Ukraine.
04:58C'est quand même inquiétant.
05:00Bien sûr que c'est inquiétant et c'est difficilement compréhensible.
05:05Vous savez, quand vous avez un président américain qui envisage de prendre comme cela,
05:11du jour au lendemain, le Groenland, Panama et autre chose,
05:15il y a quand même un certain nombre de choses qui ne vont plus.
05:18Alors, nous sommes alliés, bien évidemment, des Etats-Unis,
05:22nous sommes dans l'alliance atlantique européen-américaine.
05:26Je pense et j'espère en tout cas que la raison va l'emporter.
05:30Vous savez, si les Etats-Unis renonçaient, c'est un signe terrible pour le reste du monde.
05:36Renoncer à leur soutien à l'Ukraine.
05:38Mais bien sûr, renoncer au soutien à l'Ukraine, c'est finalement un aveu incroyable de faiblesse.
05:44Quand M. Trump veut engager un bras de fer avec la Chine, ce que je peux comprendre par ailleurs,
05:50mais il ne commence pas par des signaux de faiblesse en abandonnant son allié depuis trois ans.
05:56Et au-delà, ce serait un discrédit énorme pour les Etats-Unis.
06:02Et je pense que les Etats-Unis, qui sont un grand pays, vont le comprendre.
06:06Et je pense et j'espère que le président Trump va le comprendre.
06:10Et là, pour le coup, moi je suis satisfait que le président de la République ait pris cette initiative
06:16et puisse tenter de convaincre le président américain.
06:19Je pense que les choses sont en train de se jouer en ce moment.
06:23Les choses sont en train de se jouer en ce moment.
06:25Soit les pays occidentaux finalement laissent plus ou moins tomber, même si l'Europe fera grise mine,
06:33parce que les Etats européens et la France, notamment, continuent de soutenir l'Ukraine.
06:37Mais tout de même, et à ce moment-là, ce sera extrêmement difficile pour l'Ukraine,
06:42soit nous marquons notre volonté face à une agression sans nom, sans aucune justification.
06:48Merci Serge Gouard d'avoir été notre invité ce matin.
06:51Je rappelle que vous aviez prononcé ces mots tant qu'il faudra.
06:53Les drapeaux ukrainiens continueront de flotter dans la rue Jeanne d'Arc à Orléans en marque de soutien à l'Ukraine.
06:59Merci beaucoup.
07:00Merci à vous.