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00:00Europe 1, Pascal Praud. Avec vous dans 11h à 13h sur Europe 1.
00:03Et figurez-vous que nous sommes avec Monsieur Plantu, qui vient nous voir régulièrement et je le salue.
00:11Comment allez-vous ?
00:12Merci de me recevoir, c'est sympa.
00:15Il est arrivé dans ce studio et la première chose qu'il a dite, c'est « j'écoutais l'ambiance et l'accent de sa voix, je ne me serais pas dansé ».
00:25Voilà ce que vous avez dit. L'accent, vous n'avez pas trouvé que c'était audacieux ?
00:29C'est-à-dire qu'il faut être sûr de son coup et, vous savez, quand on fait des dessins, des fois on se dit « bon, je vais essayer de faire un cliché de telle ou telle région, tel pays, tel… »
00:41Et à la fois, maintenant, je pense qu'il faut ne rien lâcher, il faut le faire le boulot, il faut dire jusqu'au bout son opinion,
00:48mais à la fois, il faut savoir qu'on peut être attendu au tournant par des gens qui n'attendent que le petit dérapage.
00:54Exactement. Vous, vous êtes né où ?
00:56À Paris.
00:57Vous êtes un Parisien de…
00:58Mes parents aussi, mes grands-parents aussi.
01:00Et que faisaient vos parents pour que vous soyez si doué ?
01:02Mon père était SNCF. Il dirigeait un bureau de dessin industriel et c'était très à la ligne, vraiment, il construisait des machines et il faisait des plans de machines électriques pour la gare de Sterlitz.
01:15Et j'ai certainement bénéficié de son regard scrupuleux sur le sens d'une image, je me souviens qu'il m'aidait à illustrer les fables de La Fontaine, et donc je me suis dit « ah, comment il dessine le loup, comment il dessine le renard ? »
01:30Et vous avez gardé des dessins d'enfance, de petit-enfant, j'ai envie de dire, parce que c'est ça qui serait peut-être encore plus intéressant que les dessins de l'adolescence, par exemple à 3 ans, 4 ans, 5 ans, je sais pas si c'est déjà…
01:41Je faisais pas beaucoup à l'époque, il y a un tableau que j'ai fait quand j'avais 16 ans au lycée, et que mon surveillant général le trouvait tel, j'avais fait un portrait de Voltaire, bon, il y avait des statues de Voltaire au lycée où j'étais, et le surveillant général m'a demandé « est-ce que je peux garder la peinture à l'huile ? »
02:00Et il y a les descendants de ce surveillant général qui m'ont envoyé la photo, c'est dans leur salon, et je suis très fier de voir cette peinture de Voltaire, mais j'avais 16 ans, je crois que j'en ai rien d'avant.
02:14J'ai l'impression, et peut-être que c'est la première fois qu'on vous pose une question comme ça, j'ai l'impression aussi que lorsqu'on s'est dessiné comme ça, c'est une manière, c'est une séduction possible pour l'agente féminine.
02:25Il a tout compris. Il a tout compris.
02:28Je suis sûr que ça marche.
02:31Je l'ai dit aux enfants dans les écoles, je leur dis « écoutez, d'abord je leur dis souvent, une question un peu casse-gueule, alors que pour moi elle ne me paraît pas casse-gueule, je leur dis « est-ce que vous avez une passion ? »
02:41Alors déjà, là il y a un petit moment de silence, je dis « mais quand vous aimez, vous faites un poème, quand vous faites la fête des mères, vous faites un dessin pour la maman, quand vous avez un petit faible pour tel ou tel, vous faites une chanson, et puis un petit dessin, voilà.
02:58Et je leur montre une petite vidéo qui dure 30 secondes, que vous pouvez trouver sur Google, c'est le poisson bulle.
03:05Et le poisson bulle est un poisson à 12 000 mètres d'oeuvre, qui dessine une rosace, mais comme la Notre-Dame, c'est extraordinaire.
03:13Vous faites poisson bulle, la rosace de Notre-Dame, il dessine une étoile merveilleuse, une rosace, comme Notre-Dame.
03:20Et comme par hasard, la femelle arrive, et tchac.
03:23Et en Nouvelle-Zélande, il y a un oiseau qui collectionne, et ça plairait à Europe 1, il collectionne toutes les capsules de bières bleues.
03:31Bon, on ne sait pas pourquoi, parce qu'apparemment, la femelle, elle n'aime que le bleu, elle y voit du bleu d'ailleurs, et elle se fait machiner au moment où il a son petit stock de capsules de bières bleues.
03:41Bon, c'est vrai qu'un poème, je ne suis pas sûr que ça a la force de la séduction, si vous écrivez un poème pour une jeune femme, alors que le dessin, c'est démonstratif, on le voit tout de suite.
03:53L'autre jour, vous avez parlé de Robert Hirsch, je me souviens, il y avait une fille de 16 ans, je lui ai dit, toi aussi, t'aimes Robert Hirsch ?
04:00Mais alors, ça l'a rendu dingue. Jacques Charon, Robert Hirsch, Michel Duchossois, et du coup, on est allé à la Comédie-Française, et puis pas que.
04:08Ah oui, bien sûr. Et puis alors ça, c'était dans les années 70, c'était peut-être le fil à la pâte, la fameuse représentation.
04:14C'était Bousin, et puis c'était Tartuffe.
04:17Mais vous avez vu Robert Hirsch, de visu, à l'acte.
04:21Mais vous savez, je fais des photos tout le temps, j'ai attendu, je vais prendre une photo de vous, j'ai attendu.
04:28Vous n'allez pas la vendre cher.
04:33Non, mais c'est parce que je ne peux pas m'empêcher de faire des images.
04:36Et j'attendais Jacques Charon, Robert Hirsch, Place Colette, je ne sais pas si ça a été déjà Place Colette à l'époque, et à chaque fois, je prenais des photos floues.
04:44Et la mort de De Gaulle, je suis allé à Notre-Dame, parce que j'avais 70, j'avais 19 ans, et je me suis retrouvé à 5h du matin.
04:56Non mais c'est vrai que vous faites jeune, en fait.
04:57Oui, c'est ça.
04:58Mais non, mais c'est vrai, 1950, vous êtes.
05:01Oui, mais vous êtes un baby-boomer, mais vous êtes jeune.
05:04C'est parce qu'à force d'être dans le dessin, moi, mon miroir, il me dit autre chose, mais on croit encore qu'on est un peu comme des adolescents.
05:11Mais en fait, mon miroir, il me dit autre chose, quand même.
05:13Bon, Plantu est avec nous, et comme toujours, moi, je parle d'une question, et puis j'arrive à une autre, et je me mets en retard.
05:20Parce que je voulais quand même, voilà, M. Boubou, que ça le fait rire, parce qu'il connaît le rythme de cette émission.
05:27Parlons quand même de l'arrestation de Mohamed Amra, en Roumanie, le narcotrafiqueur le plus recherché de France.
05:33Il a accepté dimanche sa remise aux autorités françaises.
05:36On rappelle que le 14 mai 2024, le détenu multirécidiviste surnommé Lamouche avait été extrait de sa cellule pour être amené à un juge d'instruction.
05:45Un commando en a profité pour attaquer à la voiture Bélier et au fusil d'assaut le fourgon pénitentiaire pour le libérer.
05:50Dans l'attaque qui a eu lieu au péage d'un quart-ville, dans l'heure, deux agents pénitentiaires ont été tués,
05:56trois ont été blessés, les deux agents tués sont Arnaud Garcia et Fabrice Moello.
06:01Le ministre de l'Intérieur roumain affirme hier soir que Mohamed Amra voulait faire des opérations de chirurgie esthétique en Roumanie
06:07et comptait quitter le pays pour la Colombie.
06:09Je vous propose d'écouter Dominique Garcia, parce que Dominique Garcia c'est le père d'Arnaud Garcia,
06:13qui est donc cet agent pénitentiaire tué lors de l'attaque du fourgon au péage d'un quart-ville et il est interrogé par Laurent Tessier pour le repas.
06:22Mon premier sentiment c'était, j'étais rassuré, très très rassuré, en me disant enfin il a été interpellé.
06:29Après tout de suite dans la foulée je me suis dit ça y est on va attaquer une autre phase judiciaire
06:36et j'ai pensé tout de suite à Marie et à la petite fille en leur disant que je vais les appeler pour leur dire,
06:43mais j'ai appelé Marie, elle était au courant donc elle m'a dit que oui elle était informée
06:48et elle attendait un coup de téléphone de M. Darmanin, donc j'ai attendu un petit quart d'heure,
06:53elle m'a rappelé à l'issue et M. Darmanin a confirmé l'interpellation en Roumanie.
06:58Donc maintenant on va arriver dans les incarcérations de chacun en attendant, on va en détention,
07:05et puis il y a la phase instruction qui va faire avec les confrontations pour connaître qui a fait quoi et quoi a fait qui,
07:13et puis après j'attends au tribunal pour le voir en face.
07:18La confrontation visuelle dans l'audience et surtout de se connaître et de voir qui a tué mon fils.
07:25Ce n'est pas moi qui baisserai en premier, je ne vais pas avoir honte de ça,
07:30au contraire moi j'ai simplement le malheur d'avoir perdu mon fils tout comme la famille Muello,
07:35je parle pour tout le monde, donc non je pense que s'il y a quelqu'un qui doit avoir plus honte c'est eux,
07:42Sur Europe 1, à 11h53, Dominique Garcia, le père d'Arnaud Garcia qui est l'agent pénitentiaire tué lors de l'attaque du fourgon au péage d'un Carville.
07:53On a appris ce matin qu'une quinzaine de nouvelles interpellations, c'est une source proche du dossier, ont été faites ce matin.
08:03Ces nouvelles interpellations dans la région de Normandie, de Leurs et de Rouen.
08:12Dominique Garcia, écoutons-le une deuxième fois, cette fois-ci il parle du quotidien sans son fils, pour lui sa belle-fille et sa petite-fille.
08:21C'est tous les jours difficile parce qu'on pense toujours qu'Arnaud est présent à tout moment,
08:27et donc dans toute conversation ou dans n'importe quel geste, Arnaud est présent pour nous.
08:34Sa maman est là en permanence pour la gamine et elle lui parle de son père,
08:41et on fait tout pour que la gamine sache que son père est mort en héros et qu'elle doit être fière de son père, comme moi j'étais fier de mon fils.
08:52Elle a 3 mois et 24 jours aujourd'hui.
08:57Sa maman lui parle en permanence de son papa, elle a un regard vers les cadres qui sont installés dans la maison,
09:05donc elle prend conscience, mais elle sera élevée dans cette pureté familiale.
09:13Ça fait plusieurs fois que je l'entends, Dominique Garcia lui-même était dans la police,
09:18où il était lui-même agent et pénitentiaire comme son fils, et ce qui est extraordinaire à chaque fois que je l'entends, c'est que la vie est là.
09:25La vie est là, c'est-à-dire qu'il y a une petite-fille qui est née, il y a cette femme qui était promise à son fils,
09:33et puis la vie est là et elle continue, et il l'élève dans le souvenir de son fils,
09:39et cette fille dit des choses très touchantes d'ailleurs, il dit que cette fille sera élevée dans le culte de son père qui était un héros.
09:48Et ça c'est touchant, plantu, je ne sais pas si ça vous touche comme moi.
09:51Ce qui est touchant c'est que le gars qui a participé à cette boucherie qui avait tué tout le monde pour la libération,
10:01il s'est fait un teindre en orange, et il s'appelle Lamouche, mais moi je l'ai dessiné avec des mouches,
10:07ce qui fait que le gars en Roumanie ou ailleurs, il est orange avec des mouches, il n'y a plus qu'à le suivre.
10:12Ça c'est le côté, vous voyez, quand vous dites la vie reprend, c'est qu'on peut, sur un drame, une tragédie,
10:17c'est le cas pour le drame qui est arrivé à ces responsables de la pénitentiaire,
10:22et puis résultat, on peut aussi rigoler sur le fait qu'il y a des pieds nickelés qui se font piquer un peu partout, soit à Caen ou à Bucarest.
10:31On va marquer une pause, plantuez là ce matin, parce qu'il y a un dessin qui nous a évidemment touché,
10:36puisque vous rendez hommage et vous regrettez la fermeture de C8,
10:42donc on voit, touche pas à mon poste, on voit un téléspectateur, et on voit, il est très réussi évidemment le dessin,
10:51et on voit un homme qui part avec un écran de télévision, cet homme a un bleu blanc rouge,
10:59comment dit-on, une écharpe, une écharpe bleu blanc rouge, donc on comprend, c'est ça la force d'un dessin,
11:05donc on comprend que c'est le pouvoir avec cette écharpe, et en fait, il y a une paire de ciseaux également,
11:11il a coupé le cordon, et c'est évidemment un éditorial que vous faites depuis toujours, et c'est un dessin.
11:19Ça vient tout seul au bout des doigts, c'est-à-dire que ça fait des semaines et des semaines que je ne suis pas sur le charme de Hanouna,
11:29mais voir une chaîne de télévision fermée, très franchement, ça meurt.
11:36Et on en parle après la pause, il est 11h57, à tout de suite.
11:38Et vous pouvez réagir au 01-80-20-39-21, 11h-13h, c'est Pascal Preuil vous sur Europe 1.
11:4911h-13h, Pascal Preuil et vous.
11:53Je rappelle donc ce dessin de plantu qui a pris Fête Écosse pour la chaîne C8, d'abord on peut le voir où aujourd'hui ce dessin ?
12:03Sur ma page Facebook, enfin X, et puis Instagram.
12:09Alors on a un homme qui manifestement est en train de regarder la télévision chez lui,
12:14il est dans son fauteuil, et puis vous avez une personne qui est en train de débrancher, qui part avec le poste de télévision,
12:22il a débranché la prise, il a une écharpe bleu-blanc-rouge, et on comprend que c'est quelqu'un de l'État,
12:30il y a une paire de ciseaux, et puis il y a ce monsieur qui dit « Touche pas à mon poste ! »
12:36qui est l'émission de Cyril Hanouna.
12:39Mais je me suis dit en voyant, et je pense qu'on se pose toujours la question quand on est un créateur,
12:46si vous ne mettez pas « Touche pas à mon poste ! » ça a la même puissance d'une certaine manière,
12:51le dessin il existe quand même sans cette bulle ?
12:54Vous n'imaginez pas à quel point quand on cherche une image comme ça, au bout des doigts on fait le dessin,
13:02et « Touche pas à mon poste ! » a évolué le terme de la bulle du personnage qui était censé regarder sa télé qui disparaît,
13:11et il y a eu des évolutions, et puis à la fin, dans ma tête il doit y avoir des petits comme Milou,
13:18vous savez il y a un petit Milou-ange et un petit Milou-diable,
13:21qui disaient « Tiens, rajoute ça, enlève ça, rajoute ça » et à la fin ça devient mon dessin que vous avez sous les yeux,
13:25mais il a plusieurs étapes.
13:27Et j'avais posé ça souvent à des gens par exemple qui écrivent,
13:31ces gens d'Ormesson qui disaient que la page publiée c'est la neuvième, la neuvième écrite.
13:35Et moi je dis aux enfants dans les écoles, je leur dis les brouillons sont les parents des dessins publiés,
13:42parce que même les brouillons détestables, les brouillons ignobles,
13:47je me souviens que j'avais fait des dessins sur le pape Benoît XVI qui était une horreur,
13:51mais si je n'avais pas trouvé cette horreur-là, je n'aurais pas trouvé le dessin final qui lui a été publié à l'Île du Monde.
13:56C'est très intéressant effectivement, ce travail de création, c'est...
14:00Il faut tout laisser sortir, même les choses tout à fait condamnables et limites,
14:06mais on ne peut rien faire s'il n'y a pas ce passage obligé.
14:11C'est pour ça que je dis aux jeunes, aux élèves dans les écoles, je dis lâchez-vous,
14:15mais même, je leur dis souvent on est 300, là si on est 299 à penser quelque chose,
14:20et toi le 300ème tu as envie de dire quelque chose de différent,
14:23dis-le, c'est peut-être une bêtise, on s'en fout.
14:25Si c'est un dérapage, ce n'est pas grave, pourvu qu'au bout du compte,
14:28ce soit un dérapage contrôlé et qu'on puisse te respecter et que tu puisses nous respecter.
14:33Mais je suis d'accord avec vous, et c'est vrai que parfois, alors ça c'est peut-être l'esprit français,
14:38on culpabilise un peu celui qui veut prendre une initiative,
14:43prendre une idée, veut dire une chose peut-être qui n'est pas formidable.
14:48Je travaille dans le casse-gueule depuis 1972,
14:51et le fait d'avoir créé Cartooning for Peace, cette association que Kofi Annan m'a demandé de créer,
14:58je suis en lien avec tous les dessinateurs de la planète.
15:02Est-ce que je suis d'accord quand je les défends avec tous les dessins qu'ils font ?
15:06Non, pas forcément, mais à la fois c'est une famille,
15:09et c'est la seule association, Cartooning for Peace, dessin pour la paix,
15:12où aucun des dessinateurs n'est d'accord, on est tout, personne n'est d'accord sauf le débat.
15:18Là, le débat, on est tous d'accord.
15:19Bon, là vous étiez d'accord évidemment pour défendre C8,
15:21vous trouvez que c'est injuste et que ce n'est pas convenable que la chaîne soit fermée ?
15:26Non, ça me choque, et en septembre, il se trouve que j'ai été reçu par le président du Conseil d'État,
15:32et je l'ai surpris en lui disant, ne fermez pas C8, parce qu'il était étonné.
15:38Et il était tellement étonné, le président de la Cour du Conseil d'État,
15:42que je me suis dit, oh là, je suis en train de le faire changer,
15:44et j'étais persuadé qu'il reviendrait sur le début de proposition qu'ils avaient en tête,
15:51et moi je l'ai surpris, et mon boulot, c'est de surprendre tout le monde.
15:54Je ne veux jamais qu'on puisse compter sur moi.
15:57Je veux être le gars, pas qui déçoit tout le monde, parce que je n'ai pas envie de décevoir,
16:00mais je ne veux pas qu'on compte sur moi.
16:02Et donc je veux avoir une liberté de penser, qui évidemment ne plaît pas à tout le monde.
16:06Alors ce qui est étonnant, c'est que moi je ne vous connais pas beaucoup,
16:08mais ça fait plusieurs fois que vous venez, il n'y a aucune agressivité,
16:11je n'arrive pas à savoir ce que vous pensez, politiquement, je ne sais pas.
16:16Mais c'est bien, vous voyez, par exemple...
16:19Je peux vider quand même, je sais ce que vous ne pensez pas, je dirais, voilà.
16:23Je peux imaginer ce que vous ne pensez pas.
16:24Non, non, non, j'ai des combats.
16:26Quand je vous entends sur Europe 1 ou quand je vous vois sur CNews,
16:30je vois bien qu'il y a une motivation que vous avez, pourquoi pas, et moi que je respecte,
16:36pour la droite, une droite plutôt... oui, quand même, moi je le ressens comme ça.
16:40Mais vous vous trompez, ça dépend sur quel sujet...
16:42Et je sais qu'à chaque fois que vous voulez inviter des Macron ou des gens qui ne veulent pas venir,
16:46je le regrette, même le directeur de la Comédie Française, que vous auriez bien aimé inviter...
16:51Exactement, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui pensent comme vous,
16:54mais par exemple, sur tous les sujets sociétaux...
16:56Mais moi, par exemple, c'est un combat.
16:57La droite, pour moi, c'est des gens de droite que je respecte,
17:00les gens qui sont même à l'extrême droite, je veux les entendre,
17:05vous voyez, c'est ça ma force éditoriale,
17:09c'est que je veux entendre tout le monde, et je me nourris de ce que disent tout le monde,
17:14et à partir de là, je dis, ah d'accord...
17:16Même, aussi dans les écoles, je leur dis, moi je suis pour l'avortement, j'ai peut-être tort,
17:21et je veux entendre la parole de gens qui sont contre l'avortement,
17:25et on ne sera pas d'accord, ce n'est pas grave,
17:27je veux les entendre, je ne veux pas les mépriser,
17:29et c'est peut-être en ça que je réponds mieux à votre question.
17:32Là où vous faites erreur, et parfois on est caricaturé tel que vous venez de le faire,
17:38c'est que sur le plan sociétal, moi je me trouve toujours avec les progressistes,
17:42c'est-à-dire sur la GPA, l'APM, le mariage, pour tous ces sujets-là,
17:47je me retrouve toujours du côté des progressistes,
17:50toujours, pourquoi ? Parce que je pense que la société ne change pas fondamentalement à cause de cela,
17:55et au contraire, tu donnes des droits à des gens qui n'en avaient pas.
17:57En revanche, là où je suis très conservateur, c'est sur les mœurs françaises,
18:02sur l'histoire française, sa culture,
18:06là effectivement, je n'ai pas envie de voir mon pays,
18:10mais je pense dire une chose qui est partagée par le plus grand nombre,
18:13je suis attaché à certaines valeurs traditionnelles françaises.
18:18Mais quand vous défendez les prisons au Salvador,
18:23vous faites un boulot de caricaturiste.
18:26Non là, c'est un peu du second degré, je défends les bueux,
18:30vous avez bien compris, dans l'état d'esprit dans lequel on dit ça.
18:33Je comprends comme ça, mais je pense qu'il y a des gens qui pensent que oui,
18:37il faut traiter les prisonniers comme au Salvador.
18:39Je ne suis pas fou.
18:41Mais que vous fassiez un boulot de caricaturiste, moi je vous dis bienvenue au club.
18:44Qu'il y ait des gens qui pensent ça, j'en suis sûr en France,
18:47mais ne me faites pas le procès d'imaginer qu'il faut mettre 50 personnes
18:51dans une même prison, avec un seul repas par jour,
18:55et sur un matelas qui n'en est pas.
18:58Et tendu, etc.
19:00Je vous assure, c'est pour ça que c'est...
19:02Moi je ne suis pas militant,
19:04je ne peux pas être de droite ou de gauche,
19:06je ne suis pas militant.
19:08En revanche, je peux me retrouver sur certains camps,
19:10là, un autre camp là,
19:12et c'est vrai que sur le plan économique,
19:14moins il y a d'État, mieux ça marche.
19:16Je me rends compte que moins il y a d'État, mieux ça marche.
19:18Donc tu es plutôt libéral.
19:20Tu te retrouves plutôt dans ce camp là.
19:22Et pour rester sur le Salvador,
19:24moi je suis en lien avec un dessinateur qui s'appelle Alessus,
19:26et qui est un grand dessinateur du Salvador.
19:28Et lui, il a voté parce qu'il aimait le Président,
19:30il y a 5 ans.
19:32Et quand il a été réélu,
19:34maintenant il m'a dit,
19:36maintenant il faut faire gaffe,
19:38maintenant je suis un peu menacé.
19:40C'est vrai qu'il a réglé beaucoup de choses
19:42sur les gangs et sur la drogue,
19:44mais à la fois ce dessinateur qui a voté,
19:46ça m'intéresse, l'artiste, le créateur,
19:48qui a aimé cet homme politique
19:50qui maintenant dirige le Salvador,
19:52et maintenant le gars il dit,
19:54je reviens un petit peu sur ma proposition et mon vœu.
19:56Je reviens te chercher.
19:58Il est 12h12, superbe chanson de Gilbert Bécaud.
20:00Je reviens.
20:02Reprise par la chanteuse
20:04dans Fauteuil d'orchestre.
20:06Elle est ouvreuse de cinéma.
20:08Dany.
20:10Dany chante Je reviens te chercher.
20:12Et j'ai pleuré.
20:14J'ai encore la chair de poule.
20:16C'est un joli film Fauteuil d'orchestre.
20:18C'est extraordinaire.
20:20C'est magique.
20:22C'est un film de...
20:24Exactement, qui s'appelle Daniel Thompson.
20:26C'est un très joli film.
20:28Il y a Claude Brasseur dedans.
20:30Il y a effectivement Dany.
20:32Il y a longtemps que je ne l'ai pas revu.
20:34Elle a ses écouteurs, elle fait son bruit douloureux.
20:36Mais c'est merveilleux.
20:38C'est une des plus belles chansons de Bécaud.
20:40C'est une des plus belles chansons de la chanson française.
20:42Je suis d'accord.
20:44Ce qui est bien avec Plantus,
20:46c'est qu'on peut parler de tout.
20:48C'est le charme de la conversation française.
20:50De quoi ne pourrait-on pas parler d'ailleurs ?
20:52C'est très délicat à chaque fois.
20:54Vous venez avec l'écharpe bleue d'Europe 1.
20:56Non mais c'est mon écharpe.
20:58J'ai pensé à vous.
21:00Je pensais que c'était une délicatesse.
21:02C'est exactement le même bleu.
21:04Comment on dit ? Bleu électrique ?
21:06Bleu roi.
21:08Vous croyez que c'est bleu roi ça ?
21:10Renseignez-vous Géraldine.
21:12Il est un peu plus chaud que le bleu roi.
21:14Un peu plus chaud, d'accord.
21:16Il a vous parlé à la spécialiste.
21:18Il ne l'a pas contrôlé.
21:20Moi je dirais 5% de magenta là-dedans.
21:22C'est quoi le magenta ?
21:24Le rouge.
21:26Il y a du 100% cyan.
21:28Je dirais 85 à 90% de cyan.
21:30C'est quoi le cyan ?
21:32Le cyan c'est le bleu.
21:34Pourquoi on dit cyan ?
21:36Ça s'écrit comment ?
21:38C'est M, J, N.
21:40C'est ce qu'on apprend quand on fait de l'imprimerie.
21:42C comme cyan, M comme magenta,
21:44J comme jaune et N comme noir.
21:46Vous aviez compris autre chose.
21:48C'est M, J, N.
21:50Vous avez une nuance qui est dans l'oeil.
21:52C'est plutôt logique pour un peintre et un décorateur.
21:54Le rouge, ça c'est un rajah.
21:56Ça veut dire,
21:58tous les imprimeurs vous diront ça,
22:00il y a 100% de rouge
22:02et 10% de noir.
22:04Vous peignez aussi au-delà du dessin ?
22:06Je fais de l'aquarelle aussi.
22:08J'ai fait longtemps des petites sculptures.
22:10J'aime tout ce qui est...
22:12J'ai participé avec un jeune
22:14qui fait des tags
22:16sur les murs.
22:18Dans le 13ème arrondissement,
22:20il a repris un dessin que j'ai fait
22:22en hommage à Charlie Hebdo sur un immeuble
22:24du 13ème arrondissement.
22:26Un dessin que j'ai fait
22:28d'après Delacroix.
22:30Je reviens te chercher.
22:32On va revenir avec la chanson de la semaine.
22:34Vous ne connaissez pas la chanson de la semaine.
22:36Toute nouvelle.
22:38C'est pas ma comba.
22:40Chaque semaine, par définition,
22:42on a une chanson de la semaine.
22:44Et là, la chanson de la semaine,
22:46elle est pour Géraldine Hamon.
22:56J'adore les vraies chansons.
22:58Je ne sais pas si vous partagez cette passion.
23:00Je suis...
23:02C'est la culture française.
23:04Je pense que c'est des choses essentielles.
23:08On bascule un peu
23:10sur Charles Trenet.
23:13Peut-être que
23:15cette chanson
23:17Que reste-t-il ?
23:19Je pense que ça aussi,
23:21c'est une des plus belles chansons.
23:23C'est peut-être à cause des garçons
23:25qui s'étaient fait couper les cheveux dans les années 20.
23:29En 25, c'était pas comme ça.
23:31C'était la France.
23:33Puisque vous parliez de Charles Trenet,
23:35on ne traîne pas.
23:37Il est 12h15.
23:39Bienvenue au club.
23:41Mais bienvenue au club !
23:47Il est 12h20.
23:49Je salue Caroline Piccotti
23:51qui nous donnera des nouvelles
23:53de la santé du pape.
23:55Même si, par définition, personne n'est dans la chambre.
23:57Je suis bien de votre avis.
23:59On tricote,
24:01on raconte des histoires.
24:03Ce qui est facile,
24:05c'est que contrairement au monde politique
24:07où il y a toujours un démenti du ministère
24:09vous pouvez écrire
24:11ou dire n'importe quoi sur le pape.
24:13Le Vatican ne dément pas
24:15parce qu'on ne justifie pas
24:17ce que dit le représentant de Dieu sur Terre.
24:19Nous terminons le dossier C8
24:21avec plantu
24:23et je voulais qu'on écoute Emmanuel Macron
24:25sur la décision
24:27qu'il dit non politique
24:29de la fermeture de C8.
24:31Ce n'est pas une décision politique du tout
24:33et d'ailleurs c'est rassurant.
24:35La loi a été conçue pour ne pas être une décision politique.
24:37Il n'est pas arbitraire, ni d'un ministre,
24:39ni du président, d'ouvrir ou de fermer une chaîne.
24:41On oublie de dire que ces chaînes
24:43c'est l'occupation du domaine public
24:45donc c'est normal qu'il y ait une autorisation.
24:47Il y a un cahier des charges et la loi est appliquée
24:49par une autorité qui regarde si c'est le cas ou pas.
24:51Elle le fait aussi sous le contrôle du juge,
24:53il y a un droit au recours.
24:55Je suis dans mon rôle simplement à dire
24:57qu'il faut que chacun soit dans son rôle
24:59et que personne ne déborde.
25:01Ce qui ne m'empêche pas d'avoir une pensée
25:03pour les collaboratrices et collaborateurs
25:06Il n'y a quasiment pas de recours
25:08et c'est la difficulté aussi de cette sanction
25:10qui avait été prise par l'ARCOM.
25:12Jean-Noël Barraud qui est ministre de l'Europe,
25:14hier il était dans le grand rendez-vous sur CNews Europe.
25:16L'ARCOM n'a pas fermé C8.
25:18L'ARCOM a décidé de retirer...
25:20Jean-Noël Barraud, lorsque des membres de l'ARCOM disent
25:22on nous a demandé de virer Anouna,
25:24on a fait notre boulot. Est-ce que vous êtes indigné ?
25:26Si ces propos sont vérifiés, ils ne sont pas acceptables.
25:28C'est vrai que c'est terrible la langue de bois
25:30des hommes politiques quand ils disent
25:32que l'ARCOM n'a pas fermé C8.
25:34Bien sûr que l'économie
25:36sur la TNT
25:38n'est absolument pas la même
25:40que sur une plateforme.
25:42Donc toutes les finances
25:44qui sont mises en place, toutes les recettes
25:46qui sont mises en place sur la TNT
25:48n'ont rien à voir.
25:50Donc M. Barraud dit une chose qui
25:52sur le plan légal peut être juste
25:54mais qui est fausse en pratique
25:56pour la raison que je viens de vous expliquer.
25:58Franz-Olivier Gisbert, il était l'invité
26:00de Sonia Mabrouk ce matin sur CNews Europe 1.
26:02Écoutons-le.
26:04C'est évidemment une décision politique, c'est une honte.
26:06L'ARCOM est un peu, comment dire...
26:08fait un peu ce que le pouvoir lui dit
26:10d'une manière ou d'une autre.
26:12C'est le faux-nez de quoi ?
26:14Emmanuel Macron, évidemment, il est derrière tout ça.
26:16Mais si vous voulez, moi je pense
26:18que cette affaire est une honte
26:20parce que la liberté
26:22d'expression, enfin dans la presse,
26:24pour moi, ça ne se divise pas.
26:26Et la gauche, elle doit faire attention.
26:28Parce qu'elle a tout jeté par-dessus bord de ses valeurs.
26:30L'identité, le travail, qui était quand même
26:32célébré par Jaurès. Et puis maintenant aussi
26:34la liberté, la liberté d'expression.
26:36Ce qui me choque le plus, je vais vous dire,
26:38quand je dis que c'est une honte, c'est l'apathie générale
26:40avec laquelle cette décision a été accueillie
26:42comme si c'était normal.
26:44Non, ce n'est pas normal.
26:46Ce n'est pas faux, effectivement, ce que dit Franz-Olivier Gisbert.
26:48En tout cas, quelques voix et quelques dessins
26:50se sont élevés, notamment Plantu, et je vais le remercier
26:52pour cela, vous en avez beaucoup parlé
26:54il y a quelques instants. En revanche,
26:56lorsque vous avez
26:58caricaturé ou dessiné
27:00les papes, et pour le monde, vous en avez
27:02dessiné plusieurs. Je pense que vous avez dessiné
27:04Paul VI. Vous avez commencé avec Paul VI ?
27:06Paul VI, j'ai dessiné Paul VI.
27:08Jean-Paul Ier, très rapidement.
27:10Oui, mais...
27:12Jean-Paul II, énormément, j'imagine.
27:14J'étais même allé au Bourget
27:17pour...
27:19Lorsqu'il était né à Paris.
27:21J'avais vu le chanteur
27:23de Jamaïque
27:25le fameux
27:27chanteur
27:29la semaine d'avant, il y avait
27:31500 000 personnes, et pour
27:33Jean-Paul II, il y avait 2 millions de personnes.
27:35C'était impressionnant.
27:37Quand vous dessiniez un pape, est-ce qu'il y avait des réactions
27:39des gens qui ne sont pas contents ?
27:41Je ne sais pas comment vous le dessiniez d'ailleurs, je n'ai pas de souvenirs.
27:43Je travaillais aussi dans un journal qui s'appelait La Vie Catholique
27:45qui est devenu La Vie, et je me souviens que
27:47Georges Jourdain aimait bien mes dessins
27:49critiques sur Jean-Paul II, et c'est un peu
27:51pour ça qu'il m'a fait travailler pendant plusieurs
27:53années au journal La Vie, La Vie Catholique
27:55puis La Vie, et
27:57j'aimais bien, je dirais
27:59physiquement
28:01Jean-Paul II, parce que je le trouvais beau,
28:03je trouvais qu'il avait un charisme extraordinaire,
28:05je me souviens qu'Alain Voudrou
28:07qui était le correspondant
28:09de tout ce qui était religieux
28:11au Journal du Monde, il avait vu
28:13Jean-Paul II avec des nonnes, il avait dit
28:15qu'il y avait eu un orgasme collectif. On n'avait jamais vu ça.
28:17Alors évidemment, j'exagère un peu,
28:19mais en tout cas, c'est ce qu'il avait dit. Mais en tout cas,
28:21j'ai bien aimé le dessiner, et j'ai bien aimé le critiquer.
28:23Parce qu'il était contre les homosexuels,
28:25et moi, il était contre aussi...
28:27Je ne suis pas sûr qu'il était contre les homosexuels,
28:29je pense que Caroline Pigotti qui est là...
28:31Je ne dirais pas contre
28:33les homosexuels, Jean-Paul II.
28:35Contre l'homosexualité,
28:37peut-être, mais contre
28:39les homosexuels. Et la théologie
28:41de la libération en Amérique latine, il n'était
28:43pas pour, et moi, ce n'était pas mon copain.
28:45Mais je faisais des dessins où je montrais
28:47que je l'aimais beaucoup. Je crois qu'il n'était pas contre.
28:49J'espère.
28:51Par contre, Benoît XVI,
28:53j'ai eu un procès.
28:55Parce que j'avais dessiné,
28:57au moment où Benoît XVI, qui dirigeait
28:59l'église catholique allemande, avait
29:01protégé des pédérastes,
29:03des pédophiles.
29:05Il les déplaçait,
29:07et du coup, j'avais fait un enfant
29:09qui se faisait machiner par Benoît XVI,
29:11et qui disait, quitte à se faire enculer, autant aller
29:13voter dimanche. Et donc, ça n'a pas plu.
29:15Et donc, je me suis retrouvé devant...
29:17Et il y a des gens qui...
29:19Une voix gentille et tout ça,
29:21mais c'est horrible ce que vous décidez parfois.
29:23J'avais besoin de venger ces enfants qui avaient été
29:25blessés et torturés.

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