• il y a 18 heures
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00On aurait pu se rencontrer autour d'un sujet plus léger, comme Paddington par exemple, on dira quand même un petit mot à la fin, mais non, là on est dans le dur direct.
00:08Donc allons-y. Le 16 juillet 1942 est organisée la grande rafle du Veldiv, c'est-à-dire que tous les juifs d'origine étrangère ou apatrides sont raflés et parqués au Veldiv.
00:21Dernière étape avant la direction pour les camps. On peut le recontextualiser un peu, mieux que ce que je viens de le faire ou pas ?
00:27Non, tu l'as très bien fait, sauf que ce qui se passe, c'est qu'il y a cette famille que nous jouons avec Adeline Dermy et Violette Guillaume,
00:35où nous réussissons à échapper à la rafle en étant cachés par des gens qui devraient être justes, mais qui je crois ne le sont pas encore,
00:44et ils vont nous cacher dans une remise, c'est une histoire vraie, qui est arrivée à la mère de Guy Berenbaum, qui s'appelait Toba,
00:55et on se retrouve dans une remise qui dans la vraie vie faisait 6 mètres carrés, la nôtre faisait 12 mètres carrés en tournage,
01:02sauf que nous étions 7 ou 8 dans la pièce, et sauf que nous ça n'a duré que 2 mois et sans épée de Damoclès, eux ça a duré plus de 2 ans.
01:12Juste encore un mot sur cette fameuse rafle, elle a mis 50 ans à être reconnue par l'état français, Chirac, avec les excuses de Chirac.
01:20Il s'est encore passé 30 ans, est-ce qu'aujourd'hui c'est important pour vous de porter un film sur cette histoire-là, de raviver la mémoire ?
01:30Évidemment on a envie de raviver la mémoire, ne serait-ce que pour qu'on ne se dise plus jamais ça, mais quand on fait un film qui est important pour la mémoire,
01:40mais qu'il est additionné d'autres choses, je trouve ça magnifique parce que l'écho est toujours présent et vif, par exemple il y a une scène où tout d'un coup on entend de la musique,
01:53et par la fenêtre on voit des jeunes dans l'immeuble d'en face qui s'amusent, et ma fille s'approche et je vois dans son regard la jeunesse qui lui est interdite,
02:05et en fait ça ne se voit pas à l'écran mais je la pousse, avec ma main je la pousse et elle résiste, parce que je vois qu'elle est en train de se faire du mal,
02:15et je veux la protéger, et dans la seconde j'ai pensé qu'il doit y avoir des millions de pères iraniens qui ont vécu exactement cette même chose,
02:27mais au moment où je le vivais, tout d'un coup de me dire, combien de pères iraniens ont dû dire à leurs filles ou doivent dire à leurs filles,
02:39t'es en train de te faire du mal, ça t'est interdit, non, non, ne regarde pas.
02:46Vous avez joué déjà des personnages ayant réellement existé, Cézanne, Pierre Berger, là il y a une charge supplémentaire avec le père Gilbert Stein.
02:56Pour moi c'est pas une charge, je le vis pas tellement comme une charge, je me dis juste attention à ne pas trahir quelque chose,
03:06là en l'occurrence le scénario est co-écrit par son petit-fils, donc je me sens plutôt protégé de ça, je me dis à priori il n'y a pas trop d'erreurs à faire,
03:16mais j'avais la même chose quand je jouais le malade imaginaire.
03:19Vous n'allez pas me lire dans la salle en train d'écouter ce que vous dites.
03:22Non mais là je n'ai pas moché non plus, vous avez son petit-fils.
03:25Non mais en plus je ne lui ressemblais tellement pas physiquement déjà, je m'affranchis tout de suite d'un devoir qui serait celui de l'imitation, surtout pas.
03:36Quand on sort d'un tournage comme ça, à huis clos, au sens littéral du terme, on a envie de prendre un avion, d'aller faire un tour en Patagonie pour voir Florent Pagny ou respirer.
03:47Je n'y ai pas pensé, mais moi j'étais très heureux de ce qui s'est passé entre nous les acteurs, il y a eu une telle fusion.
04:01Alors il y avait déjà le fait qu'avec Adeline Dermier et Claude Mathieu, appartenant à la Comédie-Française tous les trois et ayant beaucoup travaillé ensemble,
04:11ce lien-là était une évidence, ça a beaucoup marqué Néstor Vernier qui disait « Mais c'est dingue, vous êtes connectés, vous êtes dans la seconde ! »
04:19Et c'est vrai, et l'impudeur qu'on s'autorise entre nous.
04:23Et puis on avait des soupapes, dans l'étage du dessous, on déconnait à plein tube.
04:28Dès qu'on arrivait à l'étage du décor, et évidemment dans le décor, il y avait vraiment un principe de délicatesse aussi puisqu'on passait notre temps à enjamber les uns les autres.
04:38Et puis par rapport au bruit, par rapport au moindre mouvement, on était très vigilants.
04:46On a commencé par un peu plus de légèreté avec Paddington, d'ailleurs il pleut toujours, merci Paddington.
04:51Mais pourquoi Paddington ?
04:53Parce qu'il est anglais, il pleut.
04:55La transition !
04:58Allez vas-y !
04:59Je suis champion du monde de ça !
05:02Eh bien là, il va au Pérou, Paddington, et c'est une réflexion aussi sur l'origine de ce petit ours adopté.
05:10Et cher Michael Bond, son créateur, qui s'est servi de cet ourson pour interroger le réfugié.
05:18Eh bien là, le réfugié, il va à la source de ses origines au Pérou.
05:23Et il y a toujours la même naïveté, le même rocambolesque, la même maladresse, le même courage.
05:33Parce qu'il est très courageux, Paddington.
05:35Et là, c'est sur le mode inspiration, film d'aventure.
05:42C'est Indiana Jones, c'est très rigolo.
05:45C'est la troisième fois que vous l'incarnez, Paddington, que vous lui prêtez votre voix en tout cas.
05:49Qu'est-ce qu'il y a de Paddington en vous ?
05:51La naïveté.
05:52Je suis super naïf.
05:53Vous êtes super naïf ?
05:54Ah ouais, c'est terrible.
05:55Vous allez me faire croire ça, moi ?
05:56Non, je vous jure, c'est vrai.
05:57C'est vrai ?
05:58Ah non, non, non, je vous jure, c'est vrai.
05:59On me dit, il est 2h15, et 2h15, je me surprends tout le temps.
06:02Non, non, mais j'ai toujours, je suis, vraiment, je suis très naïf.
06:08Alors juste pour moi, pourquoi est-ce que vous doublez toujours des animaux à poil ?
06:12Paddington, Corgi.
06:15Mais néanmoins vêtus.
06:16Néanmoins vêtus, oui, oui.
06:17Non, non, je préfère préciser.
06:18C'est très pudique.
06:20Alors pourquoi ? Parce que je voulais faire des trucs aussi pour mon fils.
06:25À l'époque, je faisais des films qui n'étaient pas tellement pour enfants,
06:29et donc j'ai commencé à faire des trucs pour mon fils,
06:32dont Mr Peabody, ou Corgi, ou Paddington.
06:37Je voulais faire des choses pour lui.
06:39Il a quel âge, votre fils, aujourd'hui ?
06:40Maintenant, il a 18 ans, donc là, maintenant, il va tout voir.
06:44On est allé voir Zone d'intérêt, en sortant du film, il me dit, je veux le revoir.
06:48Pas tout de suite, tout de suite, pas deux fois dans le week-end, mais oui,
06:51bien sûr, je veux le revoir moi aussi.
06:53Ok, on me dit de le voir, la vie est devant moi.
06:55Oui.
06:56Allez, effie ça.
06:57Oui, effie ça, merci.
06:58Merci Guillaume.

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