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00:00Moi, je voudrais juste vous raconter deux années plus tard, en novembre 2000, j'étais à Addis Ababa en consultation avec les Nations Unies pour préparer le centenaire anniversaire de l'arrivée de la première conférence mondiale
00:29sur la France, qui s'est tenue en septembre 1995 en Belgique, et j'avais été recrutée comme consultante pour faire le point de la situation dans chacun des 53 états.
00:46A l'époque, le Soudan n'était pas encore le centenaire anniversaire de l'arrivée, pour voir comment les pays africains avaient mis en oeuvre des engagements sur la plateforme de l'Égypte.
01:03Je suis dans mon bureau, il y a deux hommes qui viennent et qui me disent « Madame, on vous cherche, je lis, vous me cherchez, pourquoi ? ».
01:12« Beaucoup de gens sont décontents chez vous, parce que vous avez quitté le ministère des Affaires Sociales et le ministère de la France, mais nous on est très contents. »
01:22Alors moi, j'ai eu un regard, je lui ai dit « Ah bon ? ». Il a dit « Parce que lorsque vous étiez ministre, nous on ne voulait pas que l'Afghan reste en France. Maintenant que vous n'êtes plus ministre, on peut vous subtiliser. »
01:34J'ai dit « Ah bon ? ». Il a dit « Parce que vous avez l'impression de l'utiliser. » Elles disent « Oui, on vous a dit que vous êtes la seule femme qui est capable de dire la vérité qu'on voulait la lancer en Corse. »
01:49J'ai dit « Bon, ça c'est un grand journal, qu'est-ce que vous voulez que je dise en Corse ? »
01:56Elles me disent « Nous, on veut que vous retourniez à Guinée et que vous nous disiez que la Guinée a un rôle de stabilisation, aussi bien en Afrique de l'Ouest que dans le reste du continent et même plus de là. »
02:12Et elles m'ont cité l'intervention du président Sébastien Leclerc dans le conflit Bouddhina face au Mali, l'intervention du président pour le Maroc et les autres pays, l'Égypte qui avait des problèmes au sein de l'armée islamique mondiale, ainsi de suite.
02:33Ils disent « La Guinée est notre vérou de sécurité. Nous, ça fait plus de dix ans qu'on se parle au Nivea, la Guinée refuse de jouer ce rôle qui a été le sien. Il faut que vous alliez dire aux présidents qu'on dit que la Guinée n'a pas joué son rôle. »
02:51Et c'est comme ça que j'ai su revenir et qu'avec l'intermédiation d'une seule sénégalaise à la paix de Jean-Marc Romage, madame Ginetta Diop, qui avait une ONG qu'on appelait à l'époque Farm Africa Solidarité, qui existe encore d'ailleurs, qui avait été un peu le lien entre les femmes du Béguin, du Royaume-Uni, de France et de l'Égypte.
03:15Et pour faire la Guinée, c'est cette initiative qui a conduit à la création du réseau des femmes que vous maintenant regardez en avril 2018, réunions à laquelle ont participé des femmes de plusieurs couches sociales, du Bouddhélia, de la Guinée, de la Sierra Leone, y compris
03:42le ROUF de Saint-Paul. Il y avait une dame, Suzanne Barré, qui faisait partie du groupe des rebelles et qui allait dire à cette réunion, monsieur le ministre. Et moi, j'ai demandé aux Sierra Leonestes « comment vous avez pu convaincre cette dame qui est du groupe des rebelles à venir pour pouvoir parler ? »
04:07Et elles m'ont dit « mais si elle n'est pas là, comment va-t-elle savoir des motivations des rebelles ? ». Et c'est comme ça que nos soeurs du Béguin et de la Sierra Leone nous ont permis d'écouter les motivations qui ont produit les femmes, par contre, les hommes du Béguin.
04:27Plus tard, ces raisons nous ont été confirmées par madame Sia Humour, qui a été maire de Guégué, au début des années 2000, dont on a tué le neveu et le frère devant elle alors qu'elle était enfermée à l'élevage à l'étage de la cellule, on a assassiné son frère et son neveu de part et d'autre.
04:54Alors, monsieur le ministre, moi j'ai accepté de venir ici aujourd'hui parce qu'en 2001, comme madame la ministre présente l'a dit, le dialogue a été rendu complètement au niveau des nations unies, de l'OIA et de la CDI, par rapport à la fin de la guerre du Béguin et de la Sierra Leone.
05:15Tout à fait, tout à fait.
05:18Mes soeurs, quand elles nous ont dit, moi j'ai demandé, j'ai dit il faut qu'on se forme, ils m'ont dit non, toi tu es docteur, tu as eu l'expérience parlementaire de l'OIA, mais j'ai dit non, les négociations ça sert à rien, j'ai dit on va se former, on a fait venir le neveu, puis c'est l'éjectif, on a eu la formation, et monsieur le ministre, il y a certaines leçons que j'ai apprises et que je continue à appliquer.
05:45Le dialogue commence par la bonne foi des partis du président.
05:52Si vous ne voulez pas dialoguer, si vous n'avez pas de bonne foi pour parler à celui qui a eu l'opinion différente de vous, qui a eu l'opposition à ce que vous voulez faire, donc ce que vous voulez dire, il n'y aura pas de dialogue.
06:08S'il n'y a pas de dialogue, on fait des mots, donc la bonne foi de ceux qui sont en présence est essentielle comme condition indispensable à la durée de la guerre.
06:22Et quand on nous a reçus, nous voulons du dialogue, le président de l'OIA nous a dit, écoutez, le général de l'OIT ne prend même pas bouclier, et comme il a dit, c'est la vie, c'est la peur, nous lui avons promis que nous allions voir le président de l'OIT.
06:41Quand on est venu, il était ministre des affaires étrangères, on lui a dit, écoute, on s'est adressé au peu de ministres, le ministre de l'administration du territoire, on nous a envoyé pour venir.
06:52Quand il est femme, ministre des affaires étrangères, diplomate de carrière, elle nous a envoyé, et les femmes libérales nous ont dit, Sarah, toi, tu t'assoies à côté de ton président, parce qu'on veut qu'il comprenne ce qu'on parle.
07:08Je dis qu'on parle bien, on parle bien en anglais, tu comprends, on va traduire en français, tu comprends, mais toi, tu parles en plus de ceci, et ça, c'est le deuxième élément de l'idéal du service.
07:20Il faut pouvoir parler au cœur de celui qui est votre député.
07:26Et au cours de cette conférence, tout ce qui a été dit par mes collègues de la cérémonie de l'OIT, le président, il demandait « Pei, n'en c'est pas grave », il a bien entendu, il a bien compris ce qu'on a dit, mais après, il nous dit « Pei, n'en c'est pas grave ».
07:44J'ai répété en ce jour, et il y a eu une d'immédiates qui dit « Monsieur le Président, mon fils, le Président, le gars, il a dit que « il n'est pas à l'intérêt ».
07:55Alors, moi, j'ai dit à Mme Daraud, qui était interprète, j'ai dit « Il faut expliquer au Président qui est Mme Mary Brownell d'Ingméria, que j'avais rencontrée à Pégy et qui m'appelait ma fille ».
08:19Alors, quand on m'a traduit, je me dis que j'en ai marre de plus. « Monsieur le Président, vous êtes mon fils parce que vous êtes le grand frère d'État, en passant. Le Président, le gars, il est à l'intérêt, il est à l'intérêt. »
08:31J'ai dit « Oui, Président », et moi, il m'a dit, moi, il m'a dit « Mais, je disais, dans le résumé de ma carte de mari, donc, il faut que j'y aille maintenant. »
08:47Et ça, maintenant, ça va me perdre. C'est toi qui es allé raconter que j'ai mis sur mon carte de mari.
08:55Bref, je l'ai accusé. J'étais assise à côté et je l'ai accusé pour qu'il prenne le temps d'écouter ce qu'il m'a dit.
09:04Et Elisabeth Alphal-Lavalli, père de son âme, a dit « Monsieur le Président, j'ai perdu huit personnes de ma famille dans la guerre, à Sierra Leone, huit personnes. »
09:16Ça vous dit quelque chose ? J'ai perdu mon mari, j'ai perdu mes frères, j'ai perdu mes neveux, notre terre. Ça suffit, il faut qu'on arrête.
09:26Et ce, la Guinée peut arrêter cette guerre. C'est la troisième leçon que j'ai tirée. Cette intermédiation rassurante.
09:36Parce que celui qui intervient dans le dialogue doit montrer qu'il n'est pas partisan d'un côté ou de l'autre.
09:46Et c'est celui-là aussi qui nous a aidés, au réseau des femmes du fleuve Manon, à être écoutées.
09:53À la fois par le Président Tanterre, le Président Keylor, mais aussi Dijan Taba.
09:58Et après, le Président Thierry Henry, père de son âme, qui nous a dit « Écoutez, venez, je vous invite au sommet des chaînes de table.
10:08Parce que moi, je ne connais pas mon père, je connais ma mère. Celui qui plate avec ma mère, je le tue. »
10:15C'est lui-là, Thierry Henry, qui nous a introduits au plein du sommet des chaînes de table.
10:22Et plus tard, à Faure-Marc, on l'a dit, il nous a raconté, il nous a dit « Vous savez, vous, les femmes, vous avez la corde pour attacher les hommes quand vous voulez.
10:34Parce qu'au moment où vous avez été connus à Freetown, à Abuja et à Moravia, si vous n'étiez pas vraiment dans une position, disons, psychologique, qui nous sensibilisait, la guerre ne se serait pas faite.
10:58Et c'est parce que nous avons cru en ceux de l'infusion. Et selon lui, si nous n'avions aucun mandat de qui que ce soit, c'était vraiment une participation psychologique.
11:10Et je vous remercie d'avoir été ici.
11:14Parce que c'est une des choses dont vous disiez qu'après on allait, il venait des gars et il y avait de la lumière.
11:21Et que nous, on s'est délégués nous-mêmes. On est allés. On n'avait devant la vie personne. On n'a plus de rendez-vous auprès de personne.
11:30C'est quand on est arrivés qu'on nous valait à faire la route. Il y a jamais, je me rappelle, on lui a parlé de la route dans un couloir.
11:39Ne vous inquiétez pas de l'avancement et de l'échec. Moi aussi, j'ai un problème.
11:44Donc, Monsieur le Ministre, le dialogue, c'est tout cela. Il faut que les gens soient au bon point.
11:50Qu'il y ait des facilitateurs qui soient non partisans.
11:56Et que le moment soit le bon moment pour intervenir.
12:02Parce que c'est grâce à ça qu'on peut parler de dialogue fécond et productif.

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