Les chroniqueurs du Cercle débattent autour d'un film sortant en salles ou en diffusion sur CANAL+
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00:00Dans Mercato de Tristan Seguela, Jamel Debbouze est un agent de joueurs de foot sous pression qui a 7 jours pour sauver sa peau.
00:07Le football serait donc un sport dangereux Philippe ?
00:10Mais oui bien sûr parce qu'au-delà du jeu de balle, il y a le jeu d'arsen.
00:13On sait bien que les joueurs de foot sont payés très cher et donc il y a tout le milieu et l'intérêt de ce film c'est ça.
00:20C'est-à-dire qu'il ne faut pas aller voir ce film pour voir des beaux matchs.
00:23L'intérêt de ce film c'est voir les coulisses du foot et de manière très très intéressante
00:28et tout le film repose sur une personne qui est Jamel.
00:33Jamel il joue un agent, je dirais un agent de seconde zone.
00:37Il a eu son heure de gloire, là il est un petit peu passé mais il veut rester dans le game
00:42et il doit s'accrocher et pour ça il a un joueur et surtout il a des dettes.
00:48Il a des dettes.
00:49Ce ne sont pas des petites dettes.
00:50Alors oui dans mon souvenir c'est 300 000 euros donc voilà.
00:54Et il a le Mercato pour s'en sortir.
00:56Le Mercato c'est le titre du film et c'est le moment où on peut acheter, c'est le monopoli du foot si vous voulez.
01:02Et donc il a 7 jours et on pense à tous les films de l'histoire du cinéma
01:07où un type qui est toujours à la limite de la légalité a un temps très réduit
01:13pour réunir une énorme somme d'argent et s'il ne réussit pas ça va mal se passer.
01:19Ce n'est pas Paul Emploi qu'il guette, c'est des gens très méchants et on peut avoir peur pour sa famille.
01:24On peut avoir peur pour sa famille.
01:26Donc voilà, il y a un côté course contre la montre et je trouve intéressant dans le film
01:30il est tout le temps là et il y a un rythme effréné que vous n'allez pas voir dans cet extrait
01:36parce qu'on ne m'a pas donné un extrait comme ça.
01:38Par contre ce que vous allez voir c'est comment la tchac se ramène
01:42et c'est pour ça que je vais me taire pour que vous l'écoutiez.
01:45Allez lève-toi, bouge.
01:47Réveille-toi je te dis putain, je t'ai trouvé un club.
01:49Qu'est-ce que tu fais là ? De quoi tu parles ? Tu n'aimes plus mon argent ?
01:51Casse-toi, bouge de là. Je ne veux pas te voir ici.
01:54Vous voyez comment il mange un peu l'écran, l'ombre de Djamel mange un peu l'écran.
01:57Quoi Naples ? Maradona frère, Naples ?
02:00Les typhosis, la mozzarella, la tour de piste Naples ?
02:03Je m'en bats les couilles de Naples.
02:04Mais dis, j'en ai marre de courir après toi.
02:07Ça fait des années que je m'acharne lorsque tu arrives à l'heure à l'entraînement.
02:10J'ai tout fait pour que tu puisses donner ton meilleur ballon.
02:12Mais attends, tu t'en fous toi ?
02:13Tu t'en bats les couilles de ça ?
02:15Tous les sacrifices que j'ai pu faire pour ta gueule putain.
02:17Ma femme, ma carrière...
02:20Excuse-moi.
02:22Ça c'est très intéressant, on l'a vu.
02:24C'est Milomar Chadeau-Garnier, vous le reconnaissez,
02:26d'Anatomie d'Une Chute, spectateur de Desplechin,
02:28qui est là, qui joue le fils de Djamel,
02:30qui apparaît dans l'écran large.
02:31Je ne t'ai pas vu grandir à cause de ta gueule.
02:33Au lieu de l'amener à l'école, je t'amène à l'entraînement.
02:35Mais ça ne vaut rien pour toi ça.
02:39Donc voyez, là on a un Djamel différent de celui qu'on a connu.
02:43D'ailleurs, il est aussi à l'origine du projet, parce qu'il est passionné de foot.
02:46C'est lui qui est à l'origine du projet, parce qu'il est fan de foot,
02:49parce qu'il connaît des joueurs.
02:50Ça le passionnait, Bruno ?
02:51C'est intéressant cette partie-là.
02:52On se le sent quand même assez documenté, je trouve, sur son sujet.
02:56Ce que je trouve intéressant, moi, c'est qu'il essaie de faire quelque chose
02:58qu'on ne fait pas du tout en France.
03:00Ce type de thriller hyper nerveux,
03:02vraiment sous perfusion, au stress.
03:06Et c'est plutôt réussi, en fait.
03:08Je trouve ça plutôt réussi.
03:09Il y a un côté Frère Sabdi.
03:10Il y a un côté Nick James.
03:13C'est un peu un anti-Jerry Maguire,
03:15dans le sens où celui-ci n'est pas du tout habité par un idéal humain.
03:18C'est vraiment une crapule.
03:19Il est quasiment autant crapule,
03:21pas autant, mais que ceux qui veulent lui extorquer de l'argent.
03:24La seule chose que je trouve dommage,
03:26c'est qu'on sent l'ensemble un peu bâclé, quand même, à certains moments.
03:29Il y a quand même des moments de mou dans le film.
03:32Il n'arrive pas à tenir cette crête,
03:33cette crête de stress qui fait la qualité d'Uncut Games.
03:36Il ne la tient pas, quand même, au début à la fin.
03:37Il n'arrive pas à la tire, c'est répétitif.
03:38Non.
03:39En fait, mon sentiment...
03:40Uncut Games et Frère Sabdi.
03:42Mon sentiment, c'est que le film se trompe un petit peu.
03:45Ses auteurs, derrière la caméra et au scénario,
03:48se trompent un peu sur ce qui devrait être leur ligne de force.
03:51Que ce soit Tristan Seguela ou un de ses co-scénaristes,
03:53ils avaient déjà travaillé ensemble sur la mini-série Tapis.
03:56Une des grandes forces de la série, c'était ces moments suspendus
03:58où on se retrouvait face à deux personnages
04:00et à des joutes verbales incroyables.
04:02Dans ces moments-là, on était dans une très belle théâtralité.
04:04On passait presque du côté du fantastique.
04:06Et quand il voulait aller, on va dire, dans la saga un peu à l'américaine,
04:10le film se plantait parce qu'il se frottait à des modèles
04:12qu'il ne maîtrisait pas techniquement.
04:14Et là, c'est pareil.
04:15Souvent, le costume est trop grand pour le film.
04:17Sauf quand, comme nous l'a montré Philippe,
04:19on reste sur le personnage de Debbouze
04:21et on peut sentir un peu ce qui anime intérieurement ce gars-là.
04:24Mais techniquement, dans la forme du film,
04:26le montage, c'est souvent un petit peu à la traîne.
04:28Et si on déteste le foot, on peut quand même aimer ce film, Lucile ?
04:31Pourquoi vous me dites ça à moi ?
04:33Moi, j'aime plutôt assez le foot
04:35et surtout, j'aime assez toutes les histoires qui entourent le foot.
04:38Et moi, j'ai beaucoup pensé à une histoire en voyant le film.
04:40C'est l'affaire Pogba.
04:43Je me souviens de ce joueur qui s'est fait extorquer de l'argent
04:46par des anciens amis d'enfance, son frère, un marabout.
04:49Parce qu'en fait, on se rend compte que ces personnages de footballeurs,
04:53ils côtoient à la fois la très haute
04:55et ils ont encore des potes qui, eux, n'ont pas de sous.
04:58Ils tombent des bâches à lait, souvent, pour leur entourage.
05:01Et ça, je trouve que c'est à la fois un cliché du football.
05:04Le côté, c'est à la fois un grand sport populaire
05:06et c'est les gros sous.
05:08C'est à la fois des gamins de la banlieue
05:10et des grandes stars internationales.
05:12C'est un grand cliché du football.
05:14Et la question morale qui est derrière,
05:16elle est également très clichée.
05:18Et je trouve que ce qu'arrive à faire ce film mercato,
05:20c'est à sortir de l'ornière de cette question morale
05:23et de la fable politique que ça pourrait être
05:25pour en faire un vrai film de genre.
05:27C'est-à-dire que la tension, la contradiction
05:29entre le grand sport populaire et le business,
05:32elle est très bien tenue et c'est cette contradiction
05:34qui fait toute la tension du film.
05:36Et je le trouve assez tendu, moi, ce film.
05:38Avec un côté réaliste, c'est les vrais clubs
05:41Il y a quelque chose de peut-être réaliste.
05:43Oui, peut-être.
05:44En même temps, moi qui ne connais pas grand-chose au foot,
05:46je n'ai rien appris, donc c'est quand même étrange.
05:48Et je me dis, cette histoire de tension que vous avez,
05:51je trouve qu'elle se relâche sans arrêt.
05:54Sans arrêt, il y a des trous d'air terribles.
05:56Et pourquoi ?
05:57Parce que le film, le scénario,
05:59veut avoir un panorama trop large.
06:01C'est-à-dire que ça devient un catalogue
06:03de tous les 4 figures possibles.
06:05Le footballeur enfant, le footballeur has-been,
06:07la méga-star mondiale qu'on essaie de refourguer
06:10à l'Espagne ou à l'Angleterre.
06:12Donc, il passe de l'un à l'autre.
06:15On se tape en même temps l'histoire avec son fils
06:17qui vient là, vraiment,
06:19qui est une erreur de scénario terrible.
06:21Et ce que je trouve compliqué,
06:23c'est qu'ils n'ont jamais tout à fait le courage
06:25de changer complètement le registre de Jamel Debbouze.
06:28Or, il a des moments très bien.
06:30Il a même des intonations de Jean-Pierre Bacry.
06:32Il a des moments très bien
06:34et il a d'autres moments
06:36où le naturel, rigolo, sympatoche, revient au galop.
06:39Et c'est dommage parce que ça nuit au film.
06:41Et donc, le film fait 2 heures.
06:43C'est beaucoup trop.
06:45Il faut aller resserrer ça. Non !
06:47Mais ce qui est marrant, c'est qu'il y a des idées un peu partout.
06:49Il y a des trous d'air et tout.
06:51Mais par exemple, l'ouverture avec la langouste,
06:53c'est très bien, qui est une espèce d'allégorie.
06:55Le homard, on va le chercher,
06:57la langouste, on va la chercher dans la mer.
06:59Et puis, on le cuit, comme le board de foot,
07:01pour le servir sur un plateau.
07:03C'est très amusant. Il y a des idées.