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Des ballons orange, des drapeaux orange, des bonnets et des foulards orange, partout ce mercredi soir sur le parvis du stade Vélodrome (1er). En quelques jours la couleur, pour rappeler le roux des cheveux des deux jeunes otages Ariel et Kvir, est devenue un symbole en Israël et partout là où on a rendu hommage à la famille Bibas, comme hier soir à Marseille où 1 500 personnes se sont retrouvées. Les deux garçons de respectivement 4 ans et 9 mois avaient été enlevés le 7-octobre lors de l'attaque du Hamas avec leur mère Shiri Bibas, 32 ans, avant de mourir à Gaza. Leurs corps avaient été rapatriés la semaine dernière et ont été enterrés ce mercredi matin en Israël au kibboutz Nir Oz où ils habitaient.

Dans la foule compacte, l'image des trois victimes est omniprésente, des portraits souriants extraits de leur vie avant leur enlèvement. Trois mots inscrits sous les visages ressortent en lettre capitale; "impardonnable", "inqualifiable", "injustifiable". Comme en Israël, pour la communauté juive de Marseille la famille Bibas est devenue "le symbole de la barbarie", estime Fabienne Bendayan, la présidente du Crif Marseille Provence, à l'origine de ce rassemblement. "Il y a des douleurs que les mots ne peuvent contenir, être ensemble est notre seul moyen de partager le deuil, d'essayer de tenir face à ces existences brisées, à la fin de l'innocence", poursuit-elle. De nombreux élus de la Ville, dont le maire (DVG) Benoît Payan, de la Métropole, avec sa présidente (DVD) Martine Vassal et de la Région, représentée par le vice-président (LR) Ludovic Perney, ont aussi assisté à l'émouvante cérémonie.

"J'ai le cœur brisé"
Tout autour du parvis, des écrans et des enceintes ont été installés pour diffuser une compilation de vidéos de Shiri, son mari Yarden libéré le 1er février, et leurs enfants. Louise, 29 ans, baisse la tête, elle a du mal à regarder tout cela. Elle a suivi les funérailles de la famille à télévision et sur les réseaux sociaux, et elle est "traumatisée". "Je suis maman, je suis juive, je ne peux que m'identifier", hoquette-t-elle. Des jeunes de l'UEJF (Union des étudiants juifs de France passe à côté d'elle, drapeaux israéliens autour des épaules. La vision des petits cercueils portés lors de la procession funéraire en Israël est gravée dans la rétine de Benjamin Drai, le président de l'UEJF à Marseille. "J'ai le cœur brisé, personne ne peut rester indifférent face à ça. Les Bibas auraient pu être sauvés à temps mais on espère que ce sera le cas pour tous les autres otages encore retenus. La force du peuple juif, c'est se relever", témoigne le jeune homme.

Pour les derniers instants de ce moment de recueillements, une chorale de jeune enfant a chanté "Habaita", une chanson israélienne qui parle de "retour à la maison".

Dans la nuit de mercredi à jeudi, quatre autres corps d'otages devaient être rendus à Israël en échange de plus de 600 détenus palestiniens dans le cadre du fragile accord de cessez-le-feu qui s'achève samedi.

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Transcription
00:00Aujourd'hui, c'est une journée éprouvante après l'enterrement des Bibas.
00:05Mais on a vu qu'il y avait des centaines de milliers de personnes qui ont été réunies,
00:08autant en Israël qu'à travers le monde.
00:10Et je trouve qu'il n'y a rien de plus important que d'apporter notre soutien aujourd'hui.
00:31Aujourd'hui, c'est une journée de deuil.
00:34C'est une journée qui nous touche au cœur.
00:38Donc c'était important pour nous aujourd'hui que Marseille puisse se rassembler pour honorer leur mémoire.
00:43C'est des victimes de la barbarie, de la cruauté.
00:47Et je crois qu'aujourd'hui, c'est un message de solidarité que nous devions porter
00:52pour dire que l'humanité ne s'effacera pas, que nous sommes ici en solidarité avec ces victimes.
00:59Nos cœurs parlent une langue que nul discours ne saurait traduire.
01:03Ariel, chérie, lumières et prières.

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