373 000, c’est l’estimation du nombre de femmes victimes de violences physiques, sexuelles, psychologiques ou verbales commises par leur conjoint ou ex-conjoint en 2022. L’association En avant toute(s) agit pour mieux les prendre charge et sensibilise entreprises et grand public sur ce sujet.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00C'est le débat de ce Smart Impact, Smart Cause, tous les mois une association soutenue, accompagnée par BeSmart4Change, en partenariat avec DIFT.
00:12Bonjour Clara Pigé. Bonjour. Bienvenue, vous êtes la cofondatrice, la responsable des opérations de DIFT, à vos côtés Inaé Benabin. Bonjour. Bonjour.
00:20Bienvenue, vous êtes la cofondatrice de l'association. En avant toute, vous nous rappelez en quelques mots ce que propose DIFT.
00:27Bien sûr. DIFT, c'est une jeune startup qui a été créée dans l'objectif d'emmener les entreprises dans un grand mouvement de financement et de visibilité des associations.
00:38On permet aux entreprises de créer des programmes d'engagement auprès de leurs clientes pour flécher des opérations de mécénat qu'elles viennent financer.
00:46Donc DIFT, il y a le don et le gift et le cadeau, c'est ça en quelque sorte ?
00:50Exactement. Donc DIFT, c'est la contraction de don et gift. L'idée, c'est de pouvoir remplacer un certain nombre de programmes de cadeau, d'engagement client, marketing, par des dons préfinancés à des associations.
01:01Inaé Benabin, présentez-nous En avant toute. Avec plaisir. En avant toute, c'est une association que nous avons créée en 2013 et qui a pour objectif un tout petit programme
01:12qui est simplement l'égalité entre les femmes et les hommes dans notre société. Et pour ça, on travaille sur trois modes d'action préférentiels.
01:20Le premier, c'est la prévention, l'éducation, faire en sorte qu'on arrive à créer une culture collective d'égalité, de respect.
01:27La deuxième, c'est l'aide et l'accompagnement, donc pour que les personnes qui vivent des violences, qui sont principalement des femmes, principalement des jeunes, on en reparlera,
01:36puissent avoir un vrai soutien quand elles sont dans ces situations qui les rendent très vulnérables. Et puis le troisième, c'est de créer de la connaissance,
01:45parce qu'encore aujourd'hui, c'est quand même des réalités qu'on a du mal à comprendre, envisager, et puis sans connaissance précise, on a aussi plus de mal à trouver des solutions durables.
01:56Il faut déjà faire le constat avant d'imaginer des solutions. Quel bilan vous faites une douzaine d'années après la création de l'association ?
02:04D'un grand changement, d'abord. Quand on a créé l'association, c'était ce monde étrange avant MeToo, je ne sais pas si vous vous en souvenez.
02:10Et il se trouve que la question d'égalité et la question des violences faites aux femmes, qui est aussi vraiment centrale chez En Avant Tout, était complètement inconnue.
02:20Et quand on intervenait quelque part, aussi bien auprès des entreprises que des établissements scolaires ou des professionnels par exemple,
02:26on avait vraiment très fréquemment la réponse qu'il n'y avait pas de violences en France.
02:30Aujourd'hui, c'est difficile de porter cette réponse-là. On a une prise de conscience collective.
02:38Donc déjà un grand changement, ce qui est une excellente nouvelle.
02:41Et ensuite, du fait de ce changement aussi, on commence à voir un peu l'étendue de la question et un peu l'étendue des dégâts aussi.
02:49Et nous, on prend la mesure des besoins qui existent pour faire en sorte qu'on ne serve plus à rien.
02:54C'est quand même notre objectif, l'objectif de beaucoup d'associations quand même.
02:58Et on voit qu'il y a beaucoup de champs à adresser, à investir et puis que ça nous concerne toutes et tous.
03:04Évidemment, toutes et tous. C'est très important de dire que c'est une cause qui concerne évidemment aussi les hommes.
03:12Pourquoi En Avant Tout ? Comment vous accompagnez cette association, Clara Pigé ?
03:16Alors nous, il y a plein de raisons pour lesquelles on aime beaucoup les associations comme En Avant Tout.
03:21Déjà, c'est des associations qui cherchent à répondre à un problème à la source.
03:25Inaé a commencé par citer la sensibilisation. L'association fait brillamment des campagnes de communication très grand public
03:32pour expliquer ce que c'est que les violences conjugales, pour identifier qui sont les publics qui ne sont pas assez accompagnés.
03:39Donc on parlait des jeunes femmes qui sont pourtant surreprésentées parmi les victimes de violences conjugales.
03:44Et enfin, c'est des modes d'action qui sont innovants et qui ont besoin d'être soutenus financièrement pour être développés.
03:50En Avant Tout a développé un chat qui est accessible en ligne pour toutes ces victimes de violences
03:55et qui est aussi un mode de communication qui est habituel pour le public qui est ciblé, c'est-à-dire les jeunes femmes.
04:00Enfin, quand on a des associations comme ça qu'on rencontre, qui ont des équipes qui ne sont non pas bénévoles mais salariées,
04:07on peut les accompagner un peu plus sereinement en se disant qu'il y a des équipes qui seront toujours disponibles, professionnelles
04:14et qui vont pouvoir répondre de façon hyper pertinente aux problèmes qu'elles essayent d'adresser.
04:17Donc c'est pour toutes ces raisons que nous, on choisit d'accompagner ces associations-là.
04:21Et comment vos clients, comment les entreprises s'emparent de cette cause ?
04:27Alors peut-être qu'Inaï pourra compléter sur le sujet entreprise, asso, mais on a la thématique de la protection des droits des femmes,
04:37de l'égalité femmes-hommes à la chance d'être assez événementialisée, ce qui permet aux entreprises quand même de s'engager assez régulièrement sur ces sujets-là
04:46quand elles n'ont pas encore la maturité nécessaire pour avoir des programmes qui durent tout au long de l'année.
04:51Donc un pied d'entrée est souvent le 8 mars qui est la journée internationale des droits des femmes.
04:56Il y a aussi le 25 novembre qui est la journée de lutte contre les violences conjugales, violences sexistes et sexuelles.
05:02Et donc c'est des thématiques qu'on arrive à amener dans les entreprises par ces entrées-là quand il n'y a pas encore la maturité nécessaire.
05:10Et sinon c'est des sujets RH qui sont évidemment très importants pour l'égalité femmes-hommes que d'adresser ces sujets-là.
05:16Donc dans les plus grandes entreprises, les plus matures, c'est assez bien d'adresser.
05:19Avec ces chiffres sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail, c'est une enquête IFOP qui nous dit que 32% des femmes ont déjà subi du harcèlement sexuel au travail.
05:28Ça ramène à cette question de la prévention dont vous parliez Inaé Benabin. Comment les entreprises s'en emparent de cette prévention ?
05:37Progressivement et de mieux en mieux, je pense, avec en avant toute, nous travaillons depuis longtemps avec des entreprises.
05:43Certaines qui sont venues d'elles-mêmes à nous en voyant qu'il y avait des situations au sein de l'entreprise ou alors que des collaborateurs et collaboratrices étaient concernés.
05:52Et se disant on ne sait pas forcément faire quoi.
05:54Exactement, se trouvant un peu en difficulté avec cette thématique, voyant bien que c'était sensible,
05:59voyant qu'en plus ça avait des répercussions sur les proches ou sur les encadrants, managers, manageuses, etc.
06:05Et donc nous on forme beaucoup de personnes en entreprise à savoir déjà sur le lieu de travail,
06:11comment organiser des modes de travail qui soient le plus sécurisant possible quand il y a des violences à la maison ou quand il y a des violences sur le lieu de travail.
06:18Et puis aussi pouvoir accueillir la parole si elle se libère quelque part et surtout rediriger au bon endroit parce que c'est un travail, exactement comme le disait Clara.
06:28Ce sont des métiers particuliers d'accompagner les personnes qui vivent des violences.
06:32On ne peut pas s'y soustraire, l'improviser en tant que proche mais on peut avoir des bonnes pratiques, des bonnes réponses immédiates
06:42pour passer la main aux professionnels qui ensuite peuvent faire un vrai accompagnement.
06:46Mais ça veut dire, Clara Pigé, quand une entreprise avec DIFT s'engage pour une cause comme celle-ci,
06:52il y a forcément un environnement, vous voyez ce que je veux dire, des opérations de prévention qui sont organisées.
06:58C'est pas juste on propose ça à nos salariés et c'est tout ?
07:02Alors le cadre avec DIFT, c'est du mécénat financier.
07:05Donc les entreprises sélectionnent 2, 3, 4, 5, 6 assos qu'elles ont envie de soutenir et elles demandent aux salariés de choisir laquelle eux ont envie de soutenir.
07:16Donc ça c'est le cadre très clair avec DIFT et ensuite en général effectivement ça vient s'inscrire.
07:21C'est l'occasion de...
07:22Exactement. C'est l'occasion de communiquer sur ces causes-là auprès des salariés, de les faire mieux comprendre, de les faire découvrir
07:28et en fonction des entreprises, d'ouvrir à des opportunités de bénévolat, d'engagement personnel,
07:34de pouvoir faire du mécénat de compétences comme le font certaines entreprises
07:39ou bien d'ouvrir sur des possibilités d'organisation d'ateliers, d'intervention de l'association dans les bureaux
07:44ou de meilleure compréhension en tout cas de ce sujet-là.
07:47Ça c'est la suite.
07:48Effectivement. Vous parliez du tchat, je veux bien que vous nous en disiez plus sur ce tchat.
07:53Avec qui les victimes de violences sexuelles et sexistes peuvent échanger dans ce cadre-là ?
07:58C'est des professionnels qu'elles souvent vont trouver en face ?
08:02Ce tchat déjà s'appelle commentonsem.fr.
08:05Il est accessible sur internet. Ce n'est pas une application, c'est vraiment sur un quelconque navigateur.
08:13Donc aussi bien sur le téléphone que sur tablette, ordinateur.
08:16Commentonsem.fr, on rentre ça dans son navigateur.
08:19On arrive sur un site internet qui propose d'ouvrir une petite discussion
08:23et ensuite c'est vraiment comme un fil de message ou WhatsApp sur le téléphone par exemple.
08:27On est en tête-à-tête, c'est anonyme, ce n'est pas un forum.
08:31Et ce n'est pas un robot en face ?
08:32Ce n'est pas un robot en face, ce sont des vraies personnes qui sont des professionnels formés et salariés.
08:38Ce qui est très important aussi parce que pour recevoir tous ces vécus
08:41et pour avoir une réponse qui soit toujours de qualité et à la hauteur du besoin,
08:46c'est important d'avoir des salariés qui sont formés.
08:49Et ce sont des travailleurs, travailleuses sociales, des psychologues ou des juristes
08:53qui vont s'adapter à la situation.
08:55Et on a des situations très larges.
08:57On a des personnes qui viennent vraiment pas parce qu'elles détectent des violences
09:01mais parce qu'elles voient que dans leur relation il y a quelque chose qui marche mal,
09:05qu'elles sentent un poids, qu'elles ne se sentent pas écoutées ou bloquées.
09:09Et donc elles vont venir pour adresser cette question.
09:12Et nous, notre rôle, ça va être de poser un regard extérieur.
09:15Ce ne sont pas les proches, personne ne va juger.
09:18Et donc on va avoir vraiment une prise de recul et nous on va les aider à mettre le doigt sur ce qui se passe,
09:23à avoir une compréhension vraiment plus fine.
09:26Et soit on verra qu'effectivement il y a des violences
09:29et donc là ça suppose aussi de se protéger de différentes manières.
09:32Soit on va être dans une relation qui peut se débloquer
09:34ou dans une relation qui ne fonctionne pas mais qui n'est pas nécessairement violente.
09:37Ça existe aussi.
09:39Et à partir de cet échange, il va y avoir une vraie transformation.
09:43On a mené l'année dernière une mesure d'impact.
09:46Vraiment pour voir ce que ça changeait dans la vie des utilisatrices et utilisateurs
09:50de passer sur commencem.fr.
09:52Et on voit que 40% des victimes de violences ont compris
09:56que leur situation était violente en échangeant avec nous.
09:59Auparavant elles voyaient bien qu'il y avait un problème
10:01mais elles n'avaient pas réussi à mettre les termes réels sur ce qui se passait.
10:04Et on voit que 90% de celles qui sont victimes de violences
10:08ont compris grâce à ces échanges qu'elles n'étaient pas responsables des violences.
10:13Donc on est encore dans un moment de société
10:15où ce sont les personnes qui subissent des agissements qui sont illégaux.
10:19Les violences c'est quand même des actes qui sont interdits.
10:21Qui se pensent responsables.
10:23Oui il y a cette culpabilisation qui ne devrait pas intervenir
10:25mais qui est quand même là.
10:27Avec une dimension, ce qu'on a un peu évoqué, un tchat.
10:31Vous vous êtes dit aussi qu'il faut un outil qui parle à une génération.
10:34Exactement.
10:35C'est beaucoup plus dans nos pratiques aujourd'hui de nous tourner vers internet pour plein de réponses.
10:40Et puis en plus sur les espaces qui sont plutôt associés à l'intime
10:44qui parfois sont gênants à aborder avec certaines personnes
10:48ou qui peuvent provoquer de la honte justement.
10:50On se tourne plus vers tchat GPT ou vers Google
10:53que vers nos collègues, nos amis ou nos parents encore plus quand on est jeune.
10:57Donc l'idée c'était comment est-ce qu'on s'assure que quand on va sur internet
11:01pour obtenir des réponses, ces réponses soient intelligentes dans le sens d'informer.
11:07On est aussi dans une ère où il y a beaucoup de désinformation.
11:10Donc c'était apporter notre pierre à l'édifice.
11:13Et ce qui est fort sur cette question c'est que ça vaut pour tous les âges,
11:17toutes les classes sociales, tous les milieux.
11:19On connaît toutes et tous quelqu'un qui en a besoin.
11:22On ne le sait pas nécessairement.
11:24Mais c'est une cousine, une collègue, une copine, une partenaire.
11:28Et donc on sera amené à un moment donné dans notre vie
11:32à être relais d'une situation ou d'une histoire.
11:37Et l'idée d'en avant toute c'est de pouvoir outiller tout le monde
11:40de façon simple à réagir à ces situations.
11:43Merci beaucoup à toutes les deux.
11:45Merci et à bientôt sur Be Smart for Change.
11:47On passe à notre rubrique Prêt pour l'impact.