Le carnet d'un déporté a été retrouvé à Cahors dans une machine à coudre en fonte 80 ans après. C'est un bénévole d'Emmaüs qui l'a trouvé et qui a décidé de le donner à l'association en charge du projet du musée de la Résistance. Deux historiens s'y sont intéressés et ont découvert que ce carnet avait appartenu à un déporté: Paul Duval. Né en 1915, déporté en 1944, il est un des rares résistants non juifs à avoir été déporté. Le 23 avril prochain, une conférence sera animée par les deux historiens à Cahors pour en dévoiler davantage sur ce carnet qui renferme des recettes de cuisine.
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00:00 Ce matin, je voulais vous raconter l'histoire derrière un objet.
00:03 Et cet objet, vous allez le voir, c'est un carnet.
00:06 Un carnet qui a été trouvé à Caor dans le Lot.
00:08 Et en fait, ce carnet, il a été trouvé dans le tiroir d'une vieille machine à coudre en fonte.
00:13 C'est un bénévole d'Emmaüs qui a trouvé ce carnet et qui a décidé de le donner
00:17 à l'association pour le projet du musée de la résistance à Caor,
00:20 pour que cet objet puisse être un petit peu étudié.
00:22 Donc, il y a deux historiens qui s'y sont intéressés,
00:24 qui s'appellent Charlotte Leroy et Enzo Delpech,
00:26 et ils ont découvert que ce carnet appartenait à un déporté.
00:30 Un déporté qui s'appelle Paul Duval.
00:32 Alors, Paul Duval, il est né en 1915, il a été déporté en 1944.
00:36 C'était un boulanger pâtissier.
00:38 Et Charlotte et Enzo, les deux autres historiens,
00:39 vont expliquer pourquoi il avait été déporté. On les écoute.
00:43 Il n'est pas arrêté parce qu'il est juif.
00:45 Il est arrêté parce qu'il est résistant,
00:47 ou du moins qu'il a des affinités avec la résistance.
00:51 En fait, le convoi du 27 avril 1944,
00:54 c'est un des trois convois de déportés non juifs
00:58 qui sont partis directement à Auschwitz.
01:01 Alors, il a été déporté à Auschwitz,
01:03 mais ensuite, il a été déplacé également dans plusieurs camps.
01:05 Et les noms de ces camps ont été gravés sur la couverture du carnet,
01:09 vous allez les voir, avec les numéros de matricule également
01:12 qui lui ont été attribués.
01:14 Le dernier camp dans lequel était Paul Duval,
01:16 c'était celui de Floher, un camp de travail forcé.
01:18 Il est mort le 10 mai 1945 du typhus,
01:21 juste avant la libération des camps.
01:23 Et vous vous demandez peut-être ce qui a été écrit dans ce carnet.
01:25 - On a notre aperçu, j'ai lu "gratin dauphinois",
01:27 j'ai lu des choses comme ça.
01:28 - Exactement, ce sont des recettes de cuisine,
01:30 des recettes de cuisine qui s'étendent sur une soixantaine de pages.
01:34 - Pâquilles chlorènes, poulet basquaises, des glaces.
01:38 On pense que c'est un moyen de lutter contre la faim,
01:42 mettre sur papier ce qu'ils ne peuvent pas manger, tout simplement.
01:46 - C'est une forme de résistance aussi, d'une certaine manière, d'écrire,
01:50 parce que déjà, les déportés n'ont pas le droit d'avoir des effets communs.
01:54 Donc, ça veut dire qu'ils cachent ce carnet.
01:56 Et en plus, c'est une forme, d'une certaine manière, de résistance,
01:59 et de résistance à la famine.
02:03 - Autre symbole de résistance, c'est que ce carnet, vous l'avez vu,
02:05 il est entouré dans une sorte de métal.
02:07 En fait, ce métal, c'est de l'aluminium,
02:09 et c'est sans doute l'aluminium qui servait à fabriquer
02:11 les avions allemands dans les camps de concentration.
02:14 Donc, ce qui sous-entend que Paul Duval, le déporté,
02:16 aurait volé ce métal pour en entourer son carnet.
02:20 Et être sûr, en fait, que son carnet serait conservé à travers le temps.
02:23 Si vous voulez en savoir plus sur ce carnet,
02:25 sachez que Charlotte et Enzo, les deux historiens,
02:27 tiendront une conférence le 23 avril à Caor
02:29 pour en dire un peu plus, justement, sur ce fameux objet.
02:32 - C'est super émouvant. Merci beaucoup, Marie.