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Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00Florent Bernard, bonjour.
00:01Bonjour.
00:01J'ai l'impression que 2024 a été une très bonne année pour vous.
00:04Ouais, non, c'était cool.
00:07Ouais, ouais, les Leroy, les Leroy a été vu par pas mal de gens.
00:12On a parlé plutôt bien.
00:14C'était votre premier film en tant que réalisateur.
00:16Vous connaissez aussi en tant que scénariste,
00:18vous avez coécrit La Flamme, Le Flambeau, Bloqué.
00:21Vous avez coécrit aussi Vermine, dont on a beaucoup parlé l'année dernière
00:24avec Sébastien Vanitchek.
00:25Et puis l'accueil de nous, les Leroy.
00:27Et c'est un passage de l'ombre à la lumière très réussi.
00:31Oui, après, c'est surtout, c'est les films.
00:34Donc, moi, je suis bien dans l'ombre, mais oui, c'est surtout, ça rassure.
00:40Moi, j'ai toujours très peur de, est-ce que ça intéressera des gens ?
00:44Et quand au moins, les gens répondent à l'appel,
00:46ils ne sont pas trop déçus quand ils ont répondu à l'appel.
00:49Bon, ben ça, c'est, voilà, moi, je ne suis pas quelqu'un,
00:52je n'ai pas de tempérament fier, mais j'aime bien être satisfait.
00:55Et donc, quand les gens, ils me disent, on a kiffé,
00:57bon, ben c'est bon, ça me permet de me dire, je peux continuer.
00:59Comment ça se fait que vous avez pris autant de temps
01:01avant de vous lancer avec votre propre projet à vous, en solo ?
01:03Moi, j'ai commencé avec Internet, j'avais 20 ans.
01:06En fait, j'étais assez jeune.
01:07Je pense que j'avais le temps de,
01:08enfin, j'avais besoin de prendre le temps de faire mes classes
01:10et puis de prouver que...
01:11C'était une bonne école pour vous ?
01:11Ouais, bah, Internet était une super école.
01:13En fait, tout est une super école, ça qui est génial.
01:15Et il a fallu prendre le temps de montrer aux gens du métier
01:20que je savais écrire, je pense.
01:22Et une fois que ça s'était fait,
01:23j'ai pu avoir suffisamment confiance en moi
01:25et les producteurs et distributeurs ont pu avoir confiance en moi
01:28pour dire, OK, peut-être, il peut raconter sa propre histoire.
01:31Alors, je rappelle l'histoire.
01:32Nous, les Leroy, c'est une famille qui vole en éclats.
01:35Sandrine, elle veut divorcer et son mari, donc, Christophe,
01:38lui propose un dernier voyage pour un petit peu recoller les morceaux
01:42et repartir sur les endroits clés, en fait, sur les traces de leur couple
01:45accompagnée de leur enfant.
01:47Donc, on rit beaucoup, mais on est aussi très émus dans le film.
01:50C'était votre envie, au départ ?
01:52De mélanger la comédie et l'émotion.
01:53Bien sûr, moi, c'est ce que j'aime en tant que spectateur.
01:57Donc, je pense qu'on essaye modestement de recréer ce qu'on aime,
01:59nous, en tant que spectateur.
02:00J'aime bien dire que le cinéma, ce qui est chouette,
02:03c'est que c'est une sorte de roller coaster.
02:06Donc, moi, je n'ai pas les effets spéciaux pour en mettre plein la vue
02:09et je ne pense pas que je n'ai pas le talent de metteur en scène non plus.
02:11Mais par contre, je me dis, si pendant le même film,
02:13vous avez été ému, amusé, que vous avez eu peur pour les personnages,
02:18que ça a fait écho à des choses de votre vie, que vous en sortez avec,
02:21peut-être avoir eu une espèce de petite tempête de plein de choses.
02:25Émotionnelle.
02:26Oui, voilà.
02:27Donc, c'est ce que j'ai voulu faire.
02:28On dit souvent qu'un premier film, c'est personnel.
02:30Oui, bien sûr.
02:31Moi, en vérité, même tout, j'arrive à toujours réussir.
02:34J'ai besoin de relier un truc personnel.
02:37Même quand j'écris un truc sur des araignées qui attaquent à HLM.
02:40C'est Vermine.
02:41Voilà, Vermine.
02:42Peut-être qu'on est arachnophobes.
02:43Non, même pas du tout.
02:44Non, mais le film parle beaucoup d'amitié, de gens qui essayent ensemble.
02:48Tous mes films parlent de gens qui essayent ensemble de surmonter un problème.
02:51Oui, c'est ça.
02:52Exactement.
02:53Et dans le cadre d'Hélo-Roi, oui, j'ai voulu faire un portrait total, selon moi,
02:56de ce qu'ont traversé mes parents à hauteur d'adolescent.
02:59Et aussi, décrire des personnes adolescents comme moi.
03:02Je ne les trouvais pas toujours, quand j'étais jeune, au cinéma,
03:05où j'avais l'impression qu'ils étaient un peu relayés au second plan.
03:07Moi, je voulais en faire aussi des héros de cinéma.
03:13Il y a quoi, des dizaines de milliers d'hôtels dans le monde ?
03:16Et c'est celui-là qui a retenu ton attention ?
03:18C'est vrai que c'est bizarre.
03:19Cela dit, ça explique pourquoi il n'y avait pas de photos sur le site.
03:23Non, mais j'ai tapé « best hôtel ».
03:25J'ai cru que ça allait être le best, le meilleur hôtel du coin.
03:28Vous avez quand même déclaré « je ne travaille qu'avec des gens dont je suis fan ».
03:30Oui, c'est important.
03:32Je pense que c'est important parce que...
03:33Surtout pour votre premier film.
03:34Oui, mais je pense en général.
03:36On va passer tellement de temps ensemble, j'ai besoin de les connaître parfaitement.
03:38Et je pense que ça met l'acteur en confiance, en fait, aussi.
03:42Ils vous ont surpris sur quoi ?
03:43Alors, qu'est-ce que vous avez appris d'eux ?
03:45Le fait que ce soit deux énormes bosseurs, vraiment beaucoup.
03:49Et en plus, José, par exemple, c'est un cadeau sur un tournage,
03:51parce qu'il est très amusant et tout.
03:53Mais c'est ce que je dis aux gens.
03:54Il y a de certains journalistes qui me disent « vous avez dû vous marrer avec José ».
03:56Je fais « oui, mais en même temps, n'allez pas croire que c'est le gars qui fait le con parce qu'il faut faire... »
04:00Non, il travaille.
04:01Il peut venir avec son Rosé Garcia ?
04:02Bien sûr que si.
04:04Bien sûr que si.
04:05Parce que quand il peut faire la promo, absolument partout, il le fait.
04:08Non, mais c'est quelqu'un de très consciencieux.
04:11Voilà, ça, c'est quelque chose qui est...
04:12J'ai aimé leur confiance aussi, en fait.
04:14C'est bizarre à dire, mais moi, j'ai été chargé d'incertitude parce que c'est mon premier film.
04:18Je me sens jeune.
04:19Oui, et Charlotte, par exemple, à part avec son compagnon, elle n'avait jamais fait de premier film aussi.
04:22Donc, c'est des choses auxquelles on pense.
04:23C'est bête, mais on se dit « là, c'est la preuve ».
04:25C'est un bel parc de confiance.
04:26Voilà, en fait, c'est un mélange très étrange.
04:29Ça nous met en confiance parce qu'on se dit « bon, ils y vont quand même,
04:32c'est qu'ils doivent quand même kiffer le scénar et ma façon... »
04:33Qu'est-ce qu'il a décidé, alors, justement ?
04:34Charlotte ?
04:35Oui, je vous l'ai dit ?
04:36Oui, bien sûr.
04:38En fait, quand je lui ai proposé, ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait de comédie.
04:40Alors que moi, je l'ai connue par la comédie, je l'ai connue par « Prête-moi ta main »,
04:44par « La bûche », par « La bûche », par...
04:46C'est ce que je dis souvent aux gens quand on me dit « Ah, vous faites de la comédie avec Charlotte Gainsbourg ? »
04:48Je fais « Mais pour moi, c'est une icône de la comédie ! »
04:51Parce qu'en fait, qui peut se targuer d'avoir joué du Chabat, du Toledano-Nakaj,
04:55du Daniel Thompson, du Blié ?
04:56Enfin bon, elle a quand même joué avec les grandes plumes françaises.
05:00Moi, le plus exotique qu'on a fait, c'est...
05:06Le futuroscope.
05:08C'est à 19 minutes de Poitiers et...
05:13Mon mari aime bien.
05:15Et on y va régulièrement.
05:18Il y a une attraction où...
05:21On traverse la Vienne.
05:24Oui, c'est vrai.
05:26Petit... Petit coup de cafard quand même de mon côté, là.
05:30Elle brise le cœur, c'est pas possible, on l'emmène avec nous, non ?
05:32Pardon ?
05:32Qu'est-ce qui vous reste de ce tournage ? Qu'est-ce qui vous reste de ces Leroy ?
05:35C'est très cliché, mais beaucoup de plaisir.
05:38En fait, c'est un tournage qui s'est passé de façon assez idyllique.
05:42Une entente parfaite avec les techniciens, mon directeur de la photo,
05:46Julien Hirsch, et évidemment les comédiens.
05:48Et cette famille, voilà.
05:49Voilà, c'est ça, la rencontre avec des gens très différents.
05:52En plus, aussi différents de...
05:54Pas plus différents sur le papier que Charlotte Gainsbourg et José Garcia.
05:58Et pourtant, l'un, José, un vrai militaire qui bosse comme un dingue.
06:05Chaque réplique et qui lâche jamais, qui ne lâchera pas jusqu'à ce qu'on soit heureux.
06:09Et une Charlotte énormément investie, énormément investie en préparation.
06:13Beaucoup discuté du rôle en amont, le nourrir.
06:15Ouais, ouais, le nourrir énormément.
06:17Et aujourd'hui, sans ce travail-là, je pense que le film n'aurait pas le même écho.
06:20Et c'est aussi en ça où je suis content du film.
06:22C'est que je pense qu'il y a aussi le vécu de deux personnes
06:26qui ont l'âge de leur personnage, à savoir José et Charlotte.
06:28Et les enfants aussi, Lili Aubry et Adrien Ulmé.
06:31Ça a été un coup de foudre artistique également.
06:33Donc, en fait, ça a été tellement...
06:35Même le montage n'a pas été compliqué.
06:36En fait, tout le monde a voulu faire le même film dès le début.
06:39Donc, au final, on a fait le film qu'on voulait faire.
06:41Et en plus, il a trouvé écho chez plus de gens que ce que j'imaginais.
06:45Donc, ça fait du bien.
06:47On sent aussi dans le film votre amour pour les comédies américaines et Judd Apatow.
06:50Vous aviez quoi en tête pour faire ce film ?
06:52Bah oui, Judd Apatow, c'est un peu mon maître absolu.
06:55Parce qu'en fait, quand il dit comment la comédie a sauvé sa vie, etc.,
06:59c'est des choses qui font écho très profondément en moi.
07:01Et dans son truc artistique de vouloir dépeindre la vie en plus, plus.
07:06Donc, pas en mieux, mais en plus, plus.
07:07Donc, c'est la vie, mais plus drôle quand il y a de la comédie,
07:10mais aussi plus triste, mais aussi plus beau, mais aussi, voilà.
07:13Ça, c'est quelque chose que j'aime beaucoup.
07:14J'aime quand les gens vont au cinéma,
07:16ça fasse écho à des trucs en eux.
07:17En tout cas, moi, c'est ce qui m'a fait du bien.
07:21Qu'est-ce que c'est que ces dents que vous lui avez faites ?
07:24Bah, elle a des dents un peu visibles.
07:29Je suis caricaturiste, je suis censé appuyer là où ça fait mal.
07:31Qu'est-ce qu'il se passe ?
07:31Non, rien, j'ai rien.
07:33Tu peux venir voir, Christophe, s'il te plaît ?
07:34Ouais.
07:38Oh la vache !
07:40Le film a reçu le Grand Prix au Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez.
07:43Comment est-ce que vous avez vécu cette présentation à l'Alpe d'Huez
07:47et cet engouement du public et ce prix ?
07:49Bah, c'est vraiment...
07:50C'est déjà une montée de stress dingue sur une fois l'arrivée.
07:54On était le premier film en compétition, je crois, ou deuxième.
07:57Enfin, on était au tout début de festival.
07:59J'y étais et c'était donc très tôt dans la semaine.
08:02Et ce qui devait être compliqué pour vous, c'est que toute la semaine,
08:05tout le monde a dit, nous, les Leroyens, c'est le gros coup de cœur.
08:07Donc, je suppose qu'en même temps, ça doit faire plaisir et ça doit stresser encore plus.
08:12Eh bah, pas tant, parce que moi, je n'y allais pas.
08:14Alors, ça fait toujours... C'est très facile à dire quand on l'a eu.
08:16Après coup...
08:17Ouais, mais je n'y allais pas du tout avec une volonté de prix.
08:19Donc ça, de toute façon, effectivement, ça fait plaisir.
08:21Après, encore une fois, moi, c'était la première projection, surtout.
08:24C'est-à-dire que c'était la première projection publique du film.
08:27C'était le public de l'Alpe d'Huez.
08:29Donc ça, c'était très stressant.
08:31Et au final, c'est le Grand Prix avec Valerie Bonneton,
08:35qui a fait un super discours dont je me souviendrai toute ma vie,
08:38parce qu'elle a été très gentille, très bienveillante.
08:40Et elle m'en a reparlé après.
08:41Donc, c'est...
08:42Je crois que le plus gros souvenir, c'est ça.
08:44C'est la gentillesse de la présidente, Valerie Bonneton, que je remercie encore.
08:48On est obligés de parler un peu de l'après.
08:50Vous allez co-écrire un remake d'Evil Dead.
08:53Ouais, bah après, c'est Sébastien.
08:55C'est Sébastien qui va réaliser.
08:56C'est Sébastien Nietzsche qui va réaliser et qui le co-écrit effectivement avec moi.
09:00Moi, je n'ai pas du tout un rêve de carrière américaine,
09:02pour être tout à fait sincère.
09:03Comme je dis, moi, le premier truc que j'adore, c'est la comédie.
09:06Et j'adore la musique française de la comédie.
09:08Donc, je n'ai pas du tout d'ambition américaine.
09:11C'est une parenthèse enchantée que je ne suis même pas sûr que j'y serais allé
09:14si ce n'était pas Evil Dead.
09:15C'est-à-dire que j'y vais vraiment parce que c'est une saga horrifique
09:18que j'ai adoré toute ma vie et que j'aime encore.
09:21J'aime le remake de Féda Alvarez, c'est extraordinaire.
09:23J'ai beaucoup aimé le film de Lee Cronin et je suis un fan absolu de Sam Raimi,
09:27que ce soit les Evil Dead, mais aussi les Spider-Man
09:30et des films comme Mort ou vif ou Un plan simple.
09:33Enfin, il a une quantité The Gift.
09:35C'est des chefs-d'oeuvre, quoi.
09:36Ouais, on fait un Evil Dead.
09:38Donc, en plus, c'est pas mal parce que ça reste...
09:40C'est des films très vénères, mais où aussi, on peut développer des personnages,
09:44mettre un peu d'humour.
09:45Enfin, il y a tout ce qu'on aime avec Sébastien.
09:47En fait, c'était le film américain logique.
09:48Si on nous avait proposé, je ne sais pas, Conjuring 22
09:50ou l'huitième remake de Saw, je ne sais pas si on y serait allé.
09:54Mais là, Evil Dead, même Sam Raimi et sa boîte de production Ghost House
09:58et tous les gens qui y travaillent, ils ont une très bonne réputation.
10:01C'est-à-dire qu'on a pu parler à Féda Alvarez,
10:03qui a fait le dernier Alien et qui a fait Evil Dead.
10:06On lui a parlé pendant 40 minutes et il nous a dit qu'on était entre deux bonnes mains
10:09parce qu'on a le stress. Nous, on est des Français.
10:12Beaucoup de réalisateurs français se sont cassés les dents aux États-Unis.
10:14Voilà, et je ne vais pas vendre la peau de l'os.
10:16On n'en est qu'au scénario pour le moment, en tout cas.
10:18Je n'ai pas la date.
10:19Moi, je ne suis que modeste scénariste.
10:21On n'a pas toutes les infos.
10:22Non, si on sait à peu près, mais voilà.
10:24Mais on n'a pas le droit de le dire, OK.
10:25Pour le moment, il y a des NDA, des choses américaines très puissantes.
10:28Je comprends, je comprends.
10:29Donc voilà, mais ça se passe en tout cas pour le moment très bien.
10:31C'est un bonheur de...
10:32De travailler avec eux.
10:33Ouais, c'est rassurant.
10:34Je ne sais pas, on a pu lire le script en entier avec Sam Raimi.
10:37Il y avait quelque chose de...
10:39C'était émouvant, en fait, de voir, pas que pour nous même,
10:42de voir un grand réalisateur s'exciter sur des idées qu'on a eues.
10:45C'est quelque chose de...
10:46Ouais, on l'emportera avec nous toute notre vie.
10:48Donc ça, c'est fabuleux.

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