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00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Alexis Brezeil. Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:06Alors hier au salon de l'agriculture, François Bayrou a jugé inacceptable l'attitude de l'Algérie qui a dix reprises a refusé d'admettre sur son sol l'individu qui a commis l'attentat islamiste de Mulhouse samedi dernier.
00:17Est-ce que ça veut dire Alexis que la complaisance de la France vis-à-vis d'Alger c'est fini ?
00:22Espérons-le Dimitri. Après tous ces drames et ces humiliations pour notre pays, il serait temps.
00:29Alors nous verrons bien demain, puisque c'est demain que doit se réunir à Matignon le fameux comité interministériel sur l'immigration.
00:36Nous verrons si la couche de mesures concrètes décidées à faire comprendre aux autorités algériennes que non, la France n'est plus disposée à se laisser marcher dessus,
00:44ou bien si une fois de plus nous nous contentons de grands mots et de petits calculs.
00:50Alors que va-t-il se passer ? Je sais bien qu'il ne faut pas crier victoire mais enfin,
00:53depuis le drame de Mulhouse, tellement symbolique dans sa scandaleuse et presque caricaturale évidence,
01:00il me semble que quelque chose est peut-être, peut-être en train de changer.
01:05Jusqu'ici, reconnaissons-le, Bruno Retailleau était bien seul lorsqu'il disait qu'on a assez tendu la main à l'Algérie et que maintenant il faut assumer le rapport de force.
01:14Il n'y avait pas de foule au gouvernement pour le soutenir.
01:16Le dernier exemple en date, c'est dimanche, le grand rendez-vous de Jean-Noël Barrault, le ministre des Affaires étrangères sur Europe 1.
01:22Sur le fond, c'était accaulant.
01:24Vos interviewers, excellents, ont dû le torturer pour lui faire prononcer le mot « Algérie ».
01:30Et quand il a fini par le faire, ça a été pour expliquer qu'il ne fallait surtout pas brusquer le régime Tebboune par des mesures unilatérales,
01:38que le remède serait pire que le mal et qu'il n'y avait pas d'alternative sinon la guerre à la diplomatie.
01:45Pas de vagues, de la discrétion.
01:48On nous explique cela depuis que Boilem Sansalle a été jeté en prison et on voit le résultat.
01:54Eh bien, c'est avec cette ligne-là, disons celle du quai d'Orsay, que François Bayrou a rompu hier.
02:01Il l'a fait en parole, et maintenant reste à traduire, et vite, ses paroles en actes.
02:05Mais alors est-ce possible, Alexis, on ne va pas encore nous expliquer que le Conseil constitutionnel ou la Cour européenne des droits de l'homme s'opposent à de telles mesures ?
02:13Non, Dimitri, en matière législative, judiciaire, administrative, la France, c'est vrai, est enserrée dans un réseau de contraintes infernales dont on a parlé 600 fois.
02:22Mais en matière diplomatique, bilatérale, ce n'est pas du tout la même histoire.
02:26Nous restons un pays à peu près souverain, on peut encore faire beaucoup de choses et en l'espèce, il n'y a que l'embarras du choix.
02:31C'est ce qu'expliquait excellemment tout à l'heure Xavier Drie en cours.
02:34Depuis la fermeture de certains consulats algériens en France, jusqu'à la dénonciation de l'accord franco-algérien de 1968,
02:42en passant par la suppression des facilités hospitalières pour les Algériens,
02:47ou celle de l'accord de 2007 qui exonère de visa les détenteurs de passeports diplomatiques,
02:52ou la mise sous surveillance des transactions financières, ou encore des biens immobiliers algériens en France.
02:58Il y a toute une série de leviers.
03:00Alors on n'est pas obligé de tous les actionner à la fois, ni de commencer par les plus brutaux.
03:03Simplement, il faut décider et assumer politiquement le bras de fer.
03:08Alors vous parliez du quai d'Orsay Alexis, mais la politique étrangère française sait aussi et surtout le Président de la République.
03:15Vous croyez qu'il est prêt à assumer un grand virage avec l'Algérie ?
03:18C'est une question, Dimitri, c'est sans doute même la question.
03:21Depuis la colonisation crime contre l'humanité, on a beaucoup glosé sur les illusions dont s'est nourrie la politique algérienne d'Emmanuel Macron,
03:30et sur les déceptions qu'elle a suscitées.
03:33Est-ce que le Président en a enfin tiré les leçons ?
03:37Est-ce qu'à défaut de prendre l'initiative, il va laisser François Bayrou et Bruno Retailleau faire le boulot ?
03:43Je n'en sais rien.
03:44Mais ce que je sais, c'est que le rôle qu'il prétend jouer sur la scène internationale s'accommoderait mal d'une nouvelle dérobade.
03:52Debout devant Trump, dressé face à Poutine, mais couché devant Tebboune, ça ne marche pas.
03:58L'édito politique sur Europe 1, merci beaucoup Alexis Brez.

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