• il y a 14 heures
Le témoignage vidéo de notre journaliste Dominique Nora qui a expérimenté une psychothérapie psychédélique avec de la MDMA a suscité de nombreuses réactions. Elle répond aux questions les plus fréquentes, reçues dans les commentaires sur nos chaînes YouTube, Tiktok et Instagram. Elle revient notamment sur pourquoi elle ne conseille pas cette expérience qui a pourtant changé sa vie, sur sa descente, et autres informations pratiques.

Dominique Nora donnera une conférence sur le renouveau des médecines psychédéliques, à l'auditorium du "Nouvel Obs", le jeudi 6 mars 2024. Elle sera accompagnée de Lucie Berkovitch, psychiatre et chercheuse en neurosciences ainsi que de Jonathan Neels Crespo, ancien patient et Président de la Société psychédélique suisse.
> Inscrivez-vous ici : https://bit.ly/conf-nora

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Transcription
00:00Vous avez été très nombreux à réagir à la vidéo que j'ai faite sur ma thérapie psychédélique à la MDMA.
00:06Je vous en remercie, je suis ici pour répondre aux nombreuses questions que ça a soulevées.
00:10Et pour ceux qui veulent aller plus loin, nous faisons une conférence à laquelle il faut s'inscrire,
00:15soit en scannant ce QR code, soit en suivant ce lien.
00:19Il y aura notamment la psychiatre de Saint-Anne qui fait le premier essai clinique
00:23à la psilocybine contre la dépression en région parisienne.
00:26Alors, y a-t-il des problèmes d'addiction aux psychédéliques ?
00:29Oui, il peut y avoir des addictions d'usage.
00:32Ils ne sont en général pas addictifs d'un point de vue chimique, comme peut l'être l'héroïne par exemple.
00:37Donc ça n'a rien à voir avec ces autres drogues, mais comme on se sent quand même très bien sous MDMA notamment,
00:43ou si on prend de la kétamine, il y a des problèmes d'addiction d'usage qui peuvent être dangereux.
00:49Par ailleurs, il ne faut pas prendre ces substances en dehors d'un contrôle médical.
00:54Donc en France, c'est surtout les essais cliniques.
00:57Et il y a aussi, c'est vrai, un grand nombre de thérapeutes qui font ça de manière illégale.
01:02Mais là, il peut y avoir beaucoup de risques parce qu'on ne sait pas exactement ce qu'on prend.
01:06Ces gens ne sont pas forcément formés pour pouvoir gérer un bad trip ou des hallucinations qui sont désagréables.
01:14Et par ailleurs, il peut y avoir des gens qui sont soit des escrocs,
01:17soit qui profitent de la vulnérabilité des patients.
01:20Vous avez témoigné de beaucoup d'inquiétudes à propos de la descente après le voyage psychédélique.
01:26Concernant mon expérience qui était sous MDMA, le thérapeute m'avait donné du griffonium,
01:32donc c'est une plante qui amortit la descente.
01:35Je n'ai absolument pas eu de problème de descente, mais chaque expérience est vraiment unique.
01:40Donc ça ne veut pas dire que d'autres gens n'en ont pas, y compris en prenant du griffonium.
01:45Donc oui, il peut y avoir des dangers à la descente ou des phases de dépression.
01:50Après, la thérapie, ça n'a pas du tout été mon cas.
01:59Oui, absolument.
02:00Et c'est pour ça que normalement, il faut le faire vraiment sous contrôle médical,
02:04notamment la bipolarité, notamment les psychoses sévères.
02:08Les gens qui sont sous antidépresseurs également ne sont pas du tout censés prendre des psychédéliques.
02:13Les psychédéliques ne peuvent pas être mélangés avec de l'alcool ou avec d'autres substances.
02:17Donc il y a beaucoup de contre-indications.
02:19Et aussi des gens qui ont des affections comme problèmes de rythme cardiaque, hypertension.
02:24C'est pour ça qu'il faut le faire sous contrôle médical, strict et compétent.
02:32Alors d'abord, il faut faire la distinction entre toutes les drogues.
02:34Mais c'est vrai que surtout la politique actuelle est dans la répression et la culpabilisation des usagers,
02:40alors qu'il faut être dans la prévention des risques.
02:42Et c'est ça qui a porté ses fruits depuis des décennies.
02:45Donc tous les addictologues sont catastrophés par le tournant qu'a pris la politique de drogue en ce moment.
02:51Mais ce qui est vrai, c'est qu'il y a drogue et drogue.
02:54L'AMDMA, qui est de l'ecstasie en fait,
02:56ou la kétamine ne sont pas du tout la même chose que de l'héroïne ou de la cocaïne.
03:00Donc de toute manière, il ne faut pas culpabiliser les usagers.
03:04Et les gens qui sont addicts à ces produits, ce n'est pas de leur faute.
03:08Et donc il faut faire de la prévention des risques et du soin.
03:13Il y a eu une première étude clinique qui était pilote,
03:15qui concernait quelques dizaines de patients au CHU de Nîmes, à l'antenne du Gros du Roi,
03:20et qui était de leur donner des champignons hallucinogènes
03:23contre l'alcoolisme sévère et la dépression.
03:26Et les résultats seront publiés en avril prochain.
03:29En ce moment, il y a deux études cliniques qui se déroulent.
03:32C'est multicentrique, c'est une start-up britannique qui a généré cette étude.
03:37Et c'est de la psyllocybine, donc des champignons hallucinogènes,
03:40contre les dépressions sévères, à l'hôpital Sainte-Anne à Paris,
03:43et également à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
03:46Et donc ils sont en phase de recrutement à la Pitié,
03:49et les résultats ne seront connus qu'à la fin de l'année, je pense.
03:52Sinon, il y a beaucoup d'autres projets qui n'ont pas encore reçu d'approbation,
03:56et notamment du LSD contre l'alcoolisme sévère,
03:59qui est quand même le mal français, 40 000 morts par an, même plus cette année, je pense.
04:03Et donc, ils désespèrent de recevoir une approbation,
04:06parce que ça fait 4 ans qu'ils ont demandé le test,
04:08Voilà ce qui se passe en France,
04:10mais dans le monde entier, il y a 300 essais cliniques
04:13qui sont en cours sur des thérapies psychédéliques
04:15pour lutter contre différentes affections de santé mentale,
04:20le stress post-traumatique, la dépression, les désordres alimentaires,
04:23les angoisses de fin de vie.
04:24Beaucoup d'internautes ont demandé où est-ce qu'on peut s'adresser,
04:28comment bénéficier de ces thérapies psychédéliques.
04:30C'est complètement interdit en France, sauf essais cliniques,
04:34mais chez nos voisins, on peut, par exemple en Suisse,
04:37via des psychiatres ou des addictologues,
04:40bénéficier de thérapies psychédéliques,
04:42soit à l'hôpital de Genève par exemple, soit en cabinet privé.
04:45En Europe sinon, le seul pays où les expériences aux champignons hallucinogènes sont autorisées,
04:51en fait les truffes de champignons, ce sont les Pays-Bas,
04:54mais pas dans un contexte thérapeutique,
04:56c'est plus un contexte pour faire l'expérimentation
04:59ou pour découvrir sa spiritualité.
05:02Beaucoup d'entre vous ont demandé pourquoi je disais à la fois
05:05que ma thérapie psychédélique à l'AMDMA m'avait fait beaucoup de bien
05:09et qu'il ne fallait pas le faire.
05:11J'ai fait cette expérience de psychothérapie à l'AMDMA
05:14à la fois pour les raisons de l'enquête, pour une cover de Novel Ops,
05:18puis un livre, et aussi parce qu'on m'avait dit que j'écrirais pas bien sur le sujet
05:22si je n'essayais pas et que j'étais prête à essayer.
05:24En revanche, je n'ai pas essayé de l'enquêter,
05:27je n'ai pas essayé de l'enquêter,
05:29si je n'essayais pas et que j'étais prête à essayer.
05:31En revanche, puisque c'est illégal en France,
05:34j'ai une responsabilité de ne pas encourager les gens à faire cette expérience,
05:38à la fois parce que ça peut les mettre en risque,
05:40s'ils ont des contre-indications,
05:42ils peuvent mourir d'une crise cardiaque,
05:44sous substance psychédélique par exemple,
05:45ou ça peut mettre en danger les psychothérapeutes
05:48qui font ça illégalement, si ensuite ils se retournent contre eux.
05:51Donc pour toutes ces raisons, je ne suis malheureusement pas du tout
05:54en mesure de conseiller des thérapies psychédéliques
05:57parce que ça m'a été beaucoup demandé depuis la publication du livre.

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