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Sonia Mabrouk reçoit les acteurs de l'info du jour, nos experts et nos journalistes dans #MidiNews

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00:00:00Bonjour à tous et bienvenue à vous pour Midi News en direct, bien sûr, voici le sommaire du jour.
00:00:07A quand le sursaut ? Le gouvernement est-il en train de bouger quant à sa position vis-à-vis du régime algérien ?
00:00:13La ligne de Bruno Rotaio peut-elle peser, celle de demander un bras de fer avec Alger ?
00:00:20Ou alors le gouvernement parle mais n'agit pas ? Nous le verrons à l'issue du Conseil interministériel sur l'immigration cet après-midi
00:00:27et nous en parlerons avec l'ancien ambassadeur en Algérie, auteur également du livre L'énigme algérienne.
00:00:33Xavier Driancourt est avec nous à Midi News.
00:00:36Nous n'allons pas montrer l'attitude de Mohamed Hamra qui continue de se complaire dans la provocation la plus indigne.
00:00:43Nous n'allons pas montrer ses images, nous avons beaucoup parlé de son sourire et de sa petite phrase hier qui a beaucoup choqué.
00:00:49Alors que je vous le rappelle, deux agents pénitentiaires ont été froidement battus.
00:00:53Mais on va s'interroger ce midi sur la phrase du ministre de l'Intérieur
00:00:57affirmant qu'aucun narco-trafiquant n'est plus en sécurité, où qu'il soit.
00:01:03Et puis un homme qui a attaqué des policiers au couteau à Lugny en Seine-Saint-Denis a été abattu.
00:01:08L'homme était porteur d'un couteau à chaque main, il s'est jeté sur les forces de l'ordre.
00:01:12Plus de détails dans quelques instants et même tout de suite avec le journal puisqu'il est midi.
00:01:17Bonjour à vous, cher Somaya Labidi.
00:01:19Bonjour Somaya, bonjour à tous.
00:01:21Vous le disiez, direction Duny en Seine-Saint-Denis pour commencer ce journal.
00:01:25Un homme muni d'arbres blanches a été tué par la police ce matin aux alentours de 7h.
00:01:29Michael Dos Santos, bonjour.
00:01:31Que s'est-il passé exactement ? Racontez-nous.
00:01:37Oui, effectivement, les faits se sont déroulés aux alentours de 7h dans cette artère commerçante de la ville de Duny en Seine-Saint-Denis.
00:01:45Un sans domicile fixe était assis à un arrêt de bus.
00:01:48Il tenait un couteau dans chacune de ses mains.
00:01:51La police a alors été alertée par les riverains.
00:01:53Une patrouille a été mobilisée.
00:01:55Quand elle est arrivée, l'individu s'est jeté sur les agents de police sans même dire un mot.
00:02:01Pour l'arrêter, un agent a fait l'usage de son pistolet électrique.
00:02:05Sans effet, nous dit-on, à cause des couches de vêtements qu'il portait sur lui.
00:02:10Un autre agent de police lui a sorti son arme administrative.
00:02:14Il a tiré alors sur cet individu, à priori, je vous le rappelle, un SDF.
00:02:20Cet homme, en tout cas, a été blessé au thorax.
00:02:23Les secours sont alors arrivés.
00:02:25Il est malheureusement décédé.
00:02:27Ce, malgré un massage cardiaque.
00:02:30Ce que je peux vous dire en ce moment, c'est que les équipes, vous le voyez à l'image, les équipes de nettoyage sont sur place.
00:02:35Il y a quelques minutes, la sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis et la police scientifique étaient sur place.
00:02:41Enfin, pour être tout à fait complet, le policier qui lui a fait usage de son arme est en ce moment même auditionné.
00:02:49Il n'a pas été placé en garde à vue.
00:02:52Merci pour ce point complet, Mickaël.
00:02:54Merci également à Pierre Emko qui a permis la réalisation de ce duplex.
00:02:58A la une également, nous n'avons pas été capables de voir qu'il était dangereux.
00:03:02L'aveu de Gérald Darmanin au lendemain du placement en isolement de Mohamed Amra à la prison de Condé-sur-Sarthe.
00:03:08Le garde des Sceaux qui précise le régime de sa détention, justement.
00:03:15J'avais demandé qu'il soit mis à l'isolement à la prison de Condé-sur-Sarthe,
00:03:19qui est sans doute l'une de nos deux prisons les plus carcérales,
00:03:23qui permet un régime d'isolement extrêmement strict.
00:03:26Il aura le droit à une heure de promenade par jour, seul, sans jamais croiser un autre détenu.
00:03:31Il aura le droit à deux heures de communication téléphonique écoutée par les services de renseignement.
00:03:38Il aura le droit à trois visites par semaine, extrêmement contrôlées, avec des fouilles systématiques.
00:03:44C'est donc un régime d'isolement extrêmement difficile,
00:03:46qui préfigure le régime de détention que je vais proposer au Parlement la semaine prochaine.
00:03:51Et puis on termine avec l'image de cette mi-journée.
00:03:54Une foule dansée, compacte, pour saluer le cortège funèbre de la famille Bibas.
00:03:59Cortège qui relie Tel Aviv aux environs du kibbutz où ils vivaient,
00:04:04pour la mise en terre de Chirik Firé Ariel, qui se déroulera dans la plus stricte intimité.
00:04:09Le père de la famille a d'ailleurs demandé pardon il y a quelques minutes.
00:04:14Voilà ce qu'il fallait retenir de l'actualité à midi, Sonia.
00:04:18Merci Somaïa, je vous dis à tout à l'heure pour le rappel des titres avec plaisir.
00:04:22Pour l'heure, je vous le disais avec nous, et je le remercie Xavier Driancourt,
00:04:26ancien ambassadeur en Algérie, deux fois en poste d'ailleurs, ce qui est assez unique.
00:04:32Votre livre, on va le voir de nouveau sur l'énigme algérienne, reste d'une actualité brûlante.
00:04:37Alors on va en parler avec nos invités.
00:04:39Philippe Bilger qui est avec nous, bonjour à vous.
00:04:41Olivier Dartigold qui nous accompagne, bonjour.
00:04:44Sabrina Medjevor est avec nous.
00:04:46Et Kévin Bossuet également présent pour Midi News.
00:04:49Alors la question qui se pose peut-être est la suivante.
00:04:52A quand le sursaut ? Le gouvernement est-il en train de bouger quant à sa position vis-à-vis du régime algérien ?
00:04:57La ligne de Bruno Retailleau qui n'a eu de cesse de demander un bras de fer avec le régime algérien va-t-elle peser ?
00:05:04Ou alors le gouvernement ne va rien faire malgré ce conseil interministériel sur l'immigration ?
00:05:10Écoutons ce matin, il était l'invité de la grande interview, Eric Ciotti, patron des droites pour la République.
00:05:18Il faut suspendre tous les visas, l'octroi de tous les visas aujourd'hui.
00:05:23Nous avons donné l'année dernière, en 2024, 250 000 visas aux Algériens.
00:05:30Alors qu'ils n'ont repris sur les OQTF, quasiment 35 000 OQTF concernant des Algériens, ils n'en ont repris que 2 000.
00:05:42J'entends.
00:05:43Ça veut dire que c'est un taux extraordinairement faible.
00:05:45Mais vous voulez un bras de fer ou une rupture définitive avec l'Algérie ?
00:05:48Il faut imposer aujourd'hui la volonté française.
00:05:52Il ne faut plus se laisser marcher dessus par cet État et donc il faut répliquer.
00:05:57Est-ce qu'il faut punir ou plutôt sanctionner le régime algérien ?
00:06:00Ou alors il faut punir tous les Algériens qui seraient quelque part comptables de l'attitude de leur gouvernement
00:06:05alors qu'il y a encore quelque temps, je le rappelle, il y a eu une révolution avortée dans le pays.
00:06:10Est-ce que le zéro visa ne punit pas tous les Algériens ?
00:06:13Avec beaucoup de victimes.
00:06:14Vous avez raison, ceux qui sont en cause, ce sont ceux qui tiennent cette dictature militaire
00:06:20dans une forme de barbarie, de retour en arrière extrêmement grave.
00:06:28Je ne fais pas d'amalgame avec tout le peuple algérien.
00:06:31Mais aujourd'hui, il y a un État qui dirige et il faut qu'il en subisse les conséquences.
00:06:36Ce matin, François Bayrou a précisé que l'individu, l'assaillant de Mulhouse, qui est sous OQTF,
00:06:42a été refusé 14 fois par l'Algérie.
00:06:45Vous voyez le compteur, on parlait 10 fois, 14 fois, on n'est plus à 4 fois près.
00:06:49Tout d'abord, monsieur l'ambassadeur, nous avons un gouvernement qui tergiverse depuis plusieurs semaines,
00:06:56qui s'oppose même à l'intérieur d'une même équipe.
00:06:58Il y a plusieurs lignes, il est temps de sortir de cette impasse.
00:07:00Mais qu'est-ce qui retient jusqu'à maintenant la main de la France ?
00:07:05Je voudrais faire deux remarques là-dessus.
00:07:07D'abord, rebondir sur la question que vous aviez posée ce matin à Éric Ciotti.
00:07:11Je crois qu'il faut bien distinguer le peuple algérien des dirigeants algériens du système politico-militaire,
00:07:19comme disait le président de la République.
00:07:21Le système politico-militaire qui est un régime oppresseur
00:07:25et qui, en ce moment, est en train d'organiser cette sorte de déstabilisation du pays.
00:07:31Deuxième remarque, je crois qu'il y a une situation très paradoxale aujourd'hui.
00:07:35Parce que d'un côté, il y a eu tous ces événements des derniers jours,
00:07:39Mulhouse, mais aussi Robert Ménard, les influenceurs, Boilem Sansal évidemment.
00:07:45Et face à cela, nous avons l'impression, vous l'avez dit, que le gouvernement ne fait rien,
00:07:51ou appuie sur le bouton, mais ça ne répond pas.
00:07:54Et en même temps, il mène une politique, je dirais contradictoire,
00:07:59parce qu'au même moment, on envoie Mme Rachida Dati au Sahara occidental,
00:08:04ce qui est vu comme une provocation majeure par l'Algérie.
00:08:07Donc d'un côté, nous ne réagissons pas aux provocations de l'Algérie.
00:08:13Et d'un autre, on fait nous-mêmes une provocation.
00:08:16Et aujourd'hui, c'est Gérard Larcher, président du Sénat,
00:08:19troisième personnage de l'État dans l'ordre protocolaire,
00:08:22qui est lui-même au Sahara occidental.
00:08:25Alors voilà, on est dans une impasse, vous l'avez dit.
00:08:29– Mais est-ce que véritablement, on connaît, ils connaissent,
00:08:32surtout ceux qui sont au pouvoir dans notre pays,
00:08:34le régime algérien et son fonctionnement ?
00:08:36– Je pense qu'il y a peu de gens qui le connaissent,
00:08:39ou ceux qui le connaissent se font des illusions.
00:08:42– Tout est dit, c'est-à-dire que seul le rapport de force fonctionne.
00:08:45– C'est-à-dire que ce n'est pas un régime comme le nôtre,
00:08:48ce n'est pas un régime démocratique comme le nôtre,
00:08:51avec les mêmes codes que les nôtres, que nous avons.
00:08:54C'est un régime qui a été formé par l'URSS brejnévienne, stalinienne,
00:09:02plus que par les 132 années de la colonisation française.
00:09:07– Vous êtes pour des mesures immédiates, Xavier Driancourt,
00:09:10et on va susciter le débat, avec notamment, c'est important,
00:09:13et vous me l'avez dit déjà depuis quelques semaines,
00:09:15la fermeture de certains consulats algériens, et il y en a.
00:09:19Parce que pour le reste, et disons-le à nos téléspectateurs,
00:09:22les fameux accords dérogatoires de 68, ça prendrait du temps,
00:09:25même une suspension ne pourrait pas se faire d'ici à quelques jours.
00:09:29– Non, ça pourrait se faire assez rapidement,
00:09:32si le Président de la République était d'accord,
00:09:34puisque c'est un traité international,
00:09:36et donc c'est le Président de la République qui est le signataire,
00:09:40et donc par définition…
00:09:41– Ah oui, donc on peut, comme une feuille, prendre, déchirer…
00:09:44– Ça pourrait être fait, mais dans l'immédiat,
00:09:46il y a toute une panoplie de mesures qui peuvent être faites.
00:09:50Sur le traité de 68, il suffirait d'une décision du Président de la République,
00:09:55et ensuite d'une notification à l'Algérie, par note diplomatique,
00:10:00par note verbale, comme on dit, qui serait communiquée à l'Algérie.
00:10:04On dirait qu'à partir du 1er juin ou du 1er mars,
00:10:09les dispositions de l'annexe de tels accords de 1968…
00:10:17– Seraient suspendues, voire abrogées, voire effacées.
00:10:19– Mais il y a toutes les mesures immédiates, effectivement,
00:10:21qui peuvent être prises.
00:10:22La fermeture du consulat de Strasbourg,
00:10:24si le consulat de Strasbourg ne fait pas pour quoi il est payé,
00:10:29c'est-à-dire délivrer notamment des OQTF,
00:10:32des laissés-passer consulats pour répondre aux OQTF,
00:10:35il ne sert à rien, donc on peut le fermer.
00:10:38– Alors, écoutons le Premier ministre François Bayrou.
00:10:41Incroyable, c'est-à-dire qu'on est en train de mettre en scène la prise de décision.
00:10:46On va prendre des décisions.
00:10:48Ça fait déjà des semaines qu'on dit qu'on va les prendre.
00:10:50Quelles pourraient être ces décisions ?
00:10:52Et pourquoi un conseil interministériel de l'immigration pour cela,
00:10:55qui avait été décidé bien avant l'attaque du Mulhouse,
00:10:59et qui a été réactivé ?
00:11:00Écoutons François Bayrou.
00:11:05– On traitera en particulier de la question de l'Algérie.
00:11:08Pour moi, c'est extrêmement simple.
00:11:11L'individu qui a tué à Mulhouse avait été présenté 14 fois aux autorités algériennes.
00:11:29C'est les chiffres qui m'ont été fournis par le ministère de l'Intérieur.
00:11:3314 fois.
00:11:35Et 14 fois, les autorités algériennes ont dit non.
00:11:40Et pour nous, pour moi, ceci est purement et simplement inacceptable.
00:11:46– Oui, pour nous aussi.
00:11:48Mais rendez-vous compte qu'on met en scène notre propre impuissance
00:11:52en insistant sur le chiffre.
00:11:5414 fois, c'est-à-dire 10 fois déjà il y a une semaine, c'était énorme.
00:11:57– Il faut préciser que l'assaillant de Toulouse faisait partie d'une liste de 30 noms
00:12:01donnés personnellement par Gérard Darmanin aux autorités algériennes.
00:12:07La dernière fois, c'était en mai 2024, en demandant une décision rapide de l'Algérie.
00:12:13Il faisait partie de ces 30 premiers noms.
00:12:15C'est dire le fiasco.
00:12:17– On voit bien qu'il y a une graduation des mesures.
00:12:19Peut-être que le gouvernement ne fera rien.
00:12:21Et d'ailleurs, vous avez peut-être suivi cette émission dimanche sur nos antennes
00:12:26au cours de laquelle le ministre des Affaires étrangères
00:12:28ne voyait même pas l'intérêt de mesures et de restrictions, de sanctions.
00:12:32Je ne sais pas, c'est-à-dire qu'il y a le chef de la diplomatie qui dit ça,
00:12:35le premier flic de France qui dit autre chose.
00:12:37Comment on peut être perçus en Algérie ?
00:12:39– Comment on peut être perçus en Algérie ?
00:12:42– De par le régime déjà.
00:12:44– Comme des autorités plus inanimes qui n'arrivent pas à mutualiser leurs compétences
00:12:49pour établir un dialogue équilibré et adulte et responsabilisant.
00:12:54Je veux dire, le fait que cet individu ait été présenté 14 fois, pardon,
00:12:59ou s'est vu refuser 14 fois un laissé-passer consulaire,
00:13:04moi j'appelle ça une déclaration de guerre, pardon.
00:13:06C'est-à-dire que cette personne a tué, elle a commis un attentat.
00:13:10Le président Tebboune, comme l'a rappelé Elisabeth Lévy, a du sang sur les mains.
00:13:13Cette personne était connue, comme l'a précisé Olivier,
00:13:17au fichier des signalements des personnes à caractère terroriste.
00:13:23– AFSRT, effectivement, pour radicalisation.
00:13:27– Exact, je pense que là quand même, on est au-delà de la guerre numérique,
00:13:31de ces Moujaïdines 2.0 qu'ont mené certaines personnes ici sur le territoire français.
00:13:36Il y a depuis quelques semaines, pardon, et l'arrestation de Boalem Sansal,
00:13:40une guerre hybride qui est menée sur le territoire français
00:13:43sans que les autorités françaises ne s'accordent,
00:13:45non pas dans une violence ou dans une réponse violente à l'égard du régime algérien,
00:13:49mais dans une réponse équilibrée qui rassurerait les Français
00:13:53et puis peut-être aussi octroierait un minimum de respect de notre souveraineté
00:13:58vis-à-vis de l'État algérien.
00:13:59L'État algérien, je ne pense pas qu'il aime les souverainetés culpabilisantes
00:14:04comme l'est la France malheureusement, mais ça c'est encore un autre sujet.
00:14:08– Vous savez que le ministre des Affaires étrangères a annoncé,
00:14:11ce dont personne n'était informé, qu'il y avait déjà à s'emblotter
00:14:15des interdictions vis-à-vis de certains dénitaires algériens,
00:14:17nous ne savons pas lesquels, nous ne savons pas combien,
00:14:20et à l'instant l'Algérie vient de réagir
00:14:24et le régime d'Alger qui exprime sa surprise et son étonnement
00:14:28et donc de dire mais de qui parlez-vous semble-t-il ?
00:14:31C'est-à-dire qu'il ne s'est pas au courant des restrictions qui le viseraient ?
00:14:34– La question politique du jour est de savoir si à l'issue du Conseil interministériel
00:14:38le Premier ministre dégagera une ligne politique car aujourd'hui elle n'existe pas.
00:14:44Vous avez à la fois le ministre des Affaires étrangères,
00:14:47ce n'est pas rien qui veut privilégier la voie diplomatique,
00:14:51le ministre aux Relations au Parlement qui est aussi membre du MoDem,
00:14:55M. Mignola est dans la même veine et il y a une ligne plus ferme,
00:14:59mais ce dont je ne sais pas aujourd'hui c'est la ligne du Président de la République.
00:15:03– Mais on la connaît. – Celle-là je l'ignore.
00:15:05– Moi je vous pose une question vraiment, comment ou alors,
00:15:07il a énormément changé depuis qu'il avait dit sur place en Algérie
00:15:11qu'il avait parlé de crime contre l'humanité,
00:15:13comment voulez-vous que le même homme puisse aujourd'hui…
00:15:16– Il en a été capable sur d'autres sujets.
00:15:18– Il a eu le temps d'apprendre un peu.
00:15:20– Pardonnez-moi, c'est plus une colonne vertébrale qui souple,
00:15:23ça c'est un reniement.
00:15:24– C'est surtout depuis la reconnaissance du Sahara occidental
00:15:27que la junte algérienne s'est manifestée comme elle s'est manifestée en France.
00:15:31– Mais M. l'ambassadeur, est-ce que vous comprenez
00:15:35qu'il y a des prudences diplomatiques, des intérêts économiques
00:15:40qui peuvent empêcher l'érection rigoureuse que vous attendez de la France
00:15:45ou est-ce que c'est naïf de ma part ?
00:15:47– J'ajoute à la question de Philippe Bijerre que beaucoup disent
00:15:50que parce qu'on achète le gaz algérien, on peut déjà mettre de côté…
00:15:55– Et les questions liées au terrorisme.
00:15:57– Donc c'est marginal et nos intérêts économiques
00:16:00ne sont pas considérables en Algérie.
00:16:02– Et les questions liées au terrorisme, dire qu'avec un tel pays
00:16:05prendre le risque d'altérer la relation ?
00:16:07– Les relations entre DGSI et les services algériens,
00:16:13j'ai lu dans le journal l'Opinion de la semaine dernière,
00:16:16le président Teboun disait je ne veux plus entendre parler de la DGSI
00:16:19parce qu'elle est sous l'autorité de Monsieur Retailleau,
00:16:22donc on est en absurdi.
00:16:24– Je pensais à des grosses sociétés françaises, vous voyez, qui éventuellement…
00:16:29– Oui mais dans ce cas-là Philippe, on n'agit pas, pardonnez-moi,
00:16:31nous avions des grosses entreprises françaises en Russie,
00:16:33on n'a pas hésité une seconde pour mettre en place des sanctions
00:16:36qui n'ont rien fait d'ailleurs puisque l'économie russe n'est pas à terre.
00:16:40– C'est vrai mais bon, je cherche à tout prix…
00:16:42– Il y a Total qui se débrouille de son côté.
00:16:44– Je sens le gouvernement français.
00:16:45– Regardez ce sondage, ça m'intéresse.
00:16:48– Regardez ce sondage, nous avons posé la question
00:16:51puisque les Français, nous sommes tous spectateurs d'une telle situation,
00:16:54la France doit-elle suspendre totalement les visas des ressortissants algériens
00:16:59afin que l'Algérie accepte de reprendre ses ressortissants sous OQTF ?
00:17:02Quand même, c'est une écrasante majorité mais la question se pose,
00:17:05vous-même dit Monsieur l'Ambassadeur,
00:17:07est-ce qu'il faut de manière indifférenciée punir,
00:17:09sanctionner tout le monde à cause d'un régime ?
00:17:12– Je pense surtout qu'il y a une question de méthode,
00:17:15il va y avoir ce Sisi cet après-midi,
00:17:18le Premier ministre devra vraisemblablement arbitrer
00:17:22entre deux lignes au sein du gouvernement,
00:17:24je pense qu'il y a une palette de décisions à prendre,
00:17:28il ne faut pas non plus surestimer les décisions qui seront prises cet après-midi
00:17:32parce que le Sisi n'est pas consacré à l'Algérie,
00:17:35c'est un comité interministériel sur l'immigration,
00:17:38on va commander des études, passer des commandes etc.
00:17:42Mais si on met la question de l'Algérie à l'ordre du jour,
00:17:47il faut faire exactement comme les Algériens,
00:17:49c'est-à-dire il faut maintenir une ambiguïté stratégique,
00:17:52il ne faut pas annoncer les mesures à l'avance que nous allons prendre,
00:17:55ce serait mortel de dire à l'issue de ce Sisi,
00:17:59on va supprimer les visas pour l'Algérie,
00:18:01on va les réduire de 50% comme on l'a fait il y a deux ans
00:18:05pour le Maroc, la Tunisie et l'Algérie,
00:18:07parce qu'à ce moment-là, l'Algérie réagira,
00:18:09le Maroc réagira certainement,
00:18:11donc il faut faire comme les Algériens,
00:18:13c'est-à-dire prendre un certain nombre de décisions,
00:18:16mais ne pas les annoncer.
00:18:17Est-ce qu'ils ont annoncé qu'ils ne reprendraient pas du ALM ?
00:18:20Est-ce qu'ils ont annoncé qu'ils refuseraient l'embarquement à Orly
00:18:25d'un Algérien qui avait un laissé-passer consulaire et un passeport ?
00:18:29Non, ils l'ont fait et nous avons pris note exactement.
00:18:32Donc il faut prendre des décisions, mais ne pas les annoncer.
00:18:35Est-ce qu'il est possible, monsieur l'ambassadeur,
00:18:37d'avoir votre décryptage sur ce qui s'est passé en 2021
00:18:40quand Gérard Darmanin décide de réduire de manière sérieuse le nombre de visas,
00:18:45puis il était revenu sur sa décision en disant que cela n'avait eu aucun effet ?
00:18:49Que s'est-il passé concrètement ?
00:18:51On ne peut pas mesurer les effets en un mois.
00:18:53La décision a été prise le 1er octobre,
00:18:59au moment où le président de la République avait parlé, vous savez,
00:19:02de la rente mémorielle et du système politico-militaire.
00:19:07On a annoncé en même temps qu'on réduisait de 50% les visas
00:19:11et un mois plus tard, monsieur Darmanin est allé à Alger,
00:19:15madame Colonna à Rabat, pour dire qu'on faisait marche arrière.
00:19:20Parce qu'on n'assume pas ces décisions.
00:19:21Alors un exemple.
00:19:22Il faut de la continuité.
00:19:23Expliquez-nous, est-ce qu'il y a un double discours ?
00:19:25Parce que c'est vrai que cette information du journal Marianne a de quoi surprendre,
00:19:29puisque nous avons appris que, d'ailleurs ce qui se fait,
00:19:33c'est la période du ramadan qui arrive dans quelques jours,
00:19:37et donc des imams algériens vont arriver sur le sol français.
00:19:41Ce sont des imams récitateurs.
00:19:43Alors moi, j'ai posé la question au service et au ministère de l'Intérieur.
00:19:48On m'a répondu, mais attention, ce sont deux dossiers différents.
00:19:51Ne confondons pas tout, parce que le ministre de l'Intérieur
00:19:55veut quand même avoir un dialogue avec, c'est le ministre des cultes,
00:19:58avec les musulmans de France, sans punir tous azimuts, tout le monde.
00:20:01Enfin, on peut se demander, si on veut jouer sur les visas,
00:20:05pourquoi ces imams peuvent avoir des visas si faciles ?
00:20:08La venue de ces imams résulte d'un vieil accord
00:20:11d'il y a déjà plusieurs années sur l'organisation d'imams étrangers
00:20:16sur le sol français pendant le ramadan.
00:20:20Mais aujourd'hui, la conjoncture est quand même très différente.
00:20:24Donc ça vous est difficile, ça nous est difficile d'expliquer ça aux Français.
00:20:30On fait venir des imams qui sont quand même un peu endoctrinés
00:20:34par le régime algérien aujourd'hui.
00:20:36Donc le contexte est différent.
00:20:38Alors cette décision, voilà, c'est un signal qui peut être interprété
00:20:44de manière négative.
00:20:47Moi, je pense que le sentiment des Français,
00:20:51c'est que la France est considérée par M. Théboune comme un paillasson
00:20:55et que la France est également considérée par M. Macron
00:20:58comme étant un paillasson.
00:21:00Je suis désolé.
00:21:01Quand on est président de la République et que la France est assise, attaquée,
00:21:04ainsi, insultée, on nous insulte quand même,
00:21:07on nous accuse d'avoir commis un génocide.
00:21:09Mais vous vous rendez compte, Sonia, on a commis un génocide
00:21:12d'après M. Théboune.
00:21:14À un moment, ce n'est plus possible.
00:21:16Le malheur pour la France, c'est que M. Retailleau
00:21:19ne soit pas président de la République.
00:21:21Parce que peut-être qu'avec lui, ça bougerait.
00:21:23Tandis que M. Macron, il est dans sa mollesse, son idéologie,
00:21:27il est dans la repentance.
00:21:28Il ne faut pas avoir un mot plus haut que l'autre.
00:21:30Il ne veut pas rompre avec l'Algérie.
00:21:32Mais c'est incompréhensible.
00:21:34Quand on représente la France, quand on représente ses intérêts,
00:21:38on agit et on tape du poing sur la table.
00:21:40On ne peut pas répondre face à une dictature algérienne
00:21:42par de la mollesse. Il faut de la dureté.
00:21:45D'autant que, je ne peux pas parler en leur nom, évidemment,
00:21:48mais j'imagine que beaucoup de Français d'origine algérienne,
00:21:51première, deuxième ou troisième génération,
00:21:53seraient peut-être aussi fiers que leur pays, la France,
00:21:56se montre aussi ferme sur certains points.
00:21:59C'est un droit à la sécurité que nous réclamons.
00:22:02Sans nul doute.
00:22:03J'en suis l'admirante.
00:22:04On ne le dit pas souvent, mais je pense que beaucoup aussi
00:22:08admirent une forme de fermeté.
00:22:10On ne parle pas d'autocratie, on parle d'autorité.
00:22:12Oui, sans nul doute.
00:22:14Et là, encore une fois, le message est brouillé.
00:22:17Parce qu'on ne comprend pas.
00:22:19On a du mal à suivre la ligne politique.
00:22:21Quel gâchis avec ces pays de l'autre côté de la Méditerranée.
00:22:24Que la relation entre nous et la France.
00:22:27Quel gâchis.
00:22:28Je pense qu'il aurait fallu lire l'énigme algérienne,
00:22:31déjà il y a longtemps.
00:22:33Je l'avais envoyé au président de la République.
00:22:36Et il vous a répondu ?
00:22:37Très gentiment, oui.
00:22:38Il n'en a pas trouvé raison, en tout cas.
00:22:41Comme toujours avec Emmanuel Macron, la réponse est polie,
00:22:44très gentille, mais on ne sait pas ce qu'il pense.
00:22:46À l'heure actuelle, qui est capable de dire
00:22:48quelle est sa colonne vertébrale sur l'Algérie ?
00:22:50Qui pense véritablement ?
00:22:52Ça aurait été une diplomatie de gribouille.
00:22:54Parce qu'il a fait tapis avec l'Algérie en début de premier quinquennat.
00:22:58Rappelez-vous.
00:22:59Avec tout ce que cela a donné en termes de travail mémoriel.
00:23:03Pour après, avec la décision sur Sarah Occidental,
00:23:08faire volte-face avec un basculement étonnant.
00:23:13Pardonnez-moi que l'Algérie exprime sa surprise.
00:23:16C'est assez surprenant.
00:23:17C'est-à-dire qu'il y a quelqu'un qui n'est pas au courant de quelque chose.
00:23:21C'est-à-dire que l'Algérie ne serait pas au courant
00:23:23que certains de ses dignitaires sont visés par des restrictions.
00:23:26D'après ce que je comprends,
00:23:28c'est le directeur de cabinet du président algérien,
00:23:31l'ancien directeur de cabinet, en même temps ancien ministre,
00:23:35qui a été refoulé à l'aéroport d'Orly.
00:23:39Pourquoi ?
00:23:40Parce qu'il avait un passeport diplomatique,
00:23:42mais je pense qu'il faudrait le faire à grande échelle.
00:23:44Vous nous confirmez cet accord de 2007
00:23:46qui fait que les Algériens qui ont un passeport diplomatique
00:23:50sont exemptés de visa, de même que les Français.
00:23:53Vous voyez la file sur la droite, celle à laquelle nous n'avons pas accès,
00:23:57qui vous permet d'arriver très vite.
00:23:59De même que les Français qui ont un passeport diplomatique,
00:24:03quand ils se rendent en Algérie, n'ont pas besoin de visa.
00:24:06Il y a une réciprocité.
00:24:09Mais il y a peut-être 50 Français titulaires d'un passeport diplomatique
00:24:13qui se rendent en Algérie.
00:24:15Les agents de l'ambassade, en gros, du côté algérien,
00:24:19c'est beaucoup plus de monde qui vient en France.
00:24:21Il y a moins de biens mal acquis français en Algérie
00:24:24que de biens mal acquis algériens en France.
00:24:26Quelle serait la mesure la plus efficace ?
00:24:28Monsieur Philippe Bilger, on va marquer la pause.
00:24:31Pardonnez-moi.
00:24:32On est bien dans votre émission, ma chère.
00:24:35On va parler de la fermeture de Consulat et d'autres.
00:24:37On verra ce qu'il en sera. Merci.
00:24:39Je pense qu'il faut maintenir l'ambiguïté.
00:24:41On a bien compris.
00:24:42Mais vous avez été clair tout en voulant maintenir l'ambiguïté.
00:24:44Merci, Xavier Driancourt.
00:24:46On marque une pause.
00:24:47On va revenir sur les conditions de détention de Mohamed Amra.
00:24:50Et vous m'expliquerez, s'il vous plaît,
00:24:52pourquoi on a besoin d'entrer dans tous les détails.
00:24:54En prison, à l'isolement, point la ligne.
00:24:56Est-ce qu'on doit savoir ce qu'il va manger,
00:24:58quand il va sortir, quand il va rentrer ?
00:25:00Et surtout, deux heures de communication.
00:25:02Je ne vois pas pourquoi il en a besoin.
00:25:04Une pause et on se retrouve à tout de suite.
00:25:06A priori, pour s'évader, peut-être de nouveau.
00:25:12Beaucoup de sujets à la une ce midi
00:25:14avec la réaction de l'Algérie
00:25:16qui a exprimé sa surprise
00:25:18après que le ministre des Affaires étrangères
00:25:20ait annoncé des restrictions pour les visas
00:25:22de certains dignitaires algériens.
00:25:24On reviendra sur le sujet.
00:25:26On va également parler des conditions de détention
00:25:28de Mohamed Amra,
00:25:30ennemi public n°1, ancien fugitif.
00:25:32Mais tout d'abord, le rappel des titres.
00:25:34Avec vous, Somaya Labidi.
00:25:36Vous en parliez à l'instant, Sonia.
00:25:38La tension monte encore d'un cran entre Paris et Alger.
00:25:40L'Algérie se dit surprise et étonnée
00:25:42suite à la proposition de Jean-Noël Barraud
00:25:44d'appliquer des restrictions
00:25:46de délivrance de visas à l'échelle européenne.
00:25:48Une mesure de rétorsion
00:25:50pour les Etats qui ne reprennent pas leurs ressortissants.
00:25:52Expulsé précise le chef
00:25:54de la diplomatie française.
00:25:56Un homme muni d'armes blanches
00:25:58tué par la police ce matin,
00:26:00aux alentours de 7h à 12h,
00:26:02l'assaillant était assis à un arrêt de bus
00:26:04avec un couteau dans chaque main.
00:26:06Lorsqu'il s'est jeté sur un équipage de fonctionnaires,
00:26:08sans dire un mot, la sûreté territoriale
00:26:10de Seine-Saint-Denis a été saisie de l'enquête.
00:26:12Grâce à des négociations
00:26:14indirectes au CR,
00:26:164 corps d'otages seront rendus ce jeudi
00:26:18à Israël en échange de prisonniers palestiniens.
00:26:20Une information confirmée
00:26:22par Benjamin Netanyahou lui-même.
00:26:24Et ce samedi,
00:26:266 Israéliens en vie devraient être libérés
00:26:28par le Hamas dans le cadre
00:26:30de l'accord de Trèves entré en vigueur le 19 janvier.
00:26:32Merci Somaya,
00:26:34je vous dis à tout à l'heure.
00:26:36Nous n'allons pas montrer l'attitude et la réponse
00:26:38de Mohamed Hamra à une question qui lui a été posée
00:26:40sur le sourire narquois
00:26:42qu'il a affiché lors de son arrestation
00:26:44en Roumanie puisqu'il continue de se complaire
00:26:46dans la provocation la plus indigne
00:26:48alors que, je vous le rappelle,
00:26:50deux agents pénitentiaires ont été
00:26:52froidement abattus lors de l'attaque du fourgon
00:26:54au péage d'un Carville. Mais on va s'interroger
00:26:56d'abord sur la phrase du ministre de l'Intérieur
00:26:58Bruno Retailleau qui affirme
00:27:00que plus aucun narco-trafiquant
00:27:02n'est plus en sécurité, où il se cache.
00:27:04Mais tout d'abord, sur les conditions
00:27:06de détention.
00:27:08Heureusement qu'il est à l'isolement
00:27:10ennemi public numéro un, à la prison
00:27:12de Condé-sur-Sarthe. Heureusement qu'on a pris
00:27:14conscience de la folie meurtrière de cet
00:27:16individu. Alors,
00:27:18il est vrai qu'il est
00:27:20présumé...
00:27:22Oui, heureusement,
00:27:24personne ne nous a ressassé
00:27:26cette chose-là depuis hier.
00:27:28C'est le seul élément positif.
00:27:30Nous sommes d'accord. Célia, revenons sur
00:27:32ces conditions. On écoutera dans quelques instants
00:27:34le garde d'Esso. C'est tout un
00:27:36dispositif qui est détaillé et présenté.
00:27:38Oui, le juge des libertés
00:27:40de la détention l'a placé dans un quartier d'isolement
00:27:42vous le disiez, au centre pénitentiaire
00:27:44d'Alençon-Condé-sur-Sarthe.
00:27:46Cette prison permet un régime d'isolement
00:27:48strict et il est important
00:27:50de considérer, dit Gérald Darmanin,
00:27:52que des personnes extrêmement
00:27:54dangereuses doivent être à total isolement
00:27:56pour protéger les agents de l'administration
00:27:58pénitentiaire, pour qu'ils ne
00:28:00fassent pas de pression sur les témoins
00:28:02mais aussi sur les magistrats.
00:28:04Selon Gérald Darmanin, Mohamed Amra
00:28:06aura le droit à une heure de promenade
00:28:08par jour seule, sans croiser
00:28:10les autres détenus, deux heures
00:28:12de communication téléphonique, des communications
00:28:14bien évidemment écoutées par les services
00:28:16de renseignement et trois visites
00:28:18par semaine, des visites fouillées.
00:28:20Il y aura toujours deux agents
00:28:22qui accompagneront Mohamed Amra dans la prison
00:28:24et ce régime d'isolement
00:28:26préfigure le régime de détention que le garde
00:28:28d'Esso va présenter au Parlement
00:28:30la semaine prochaine pour la prison
00:28:32de haute sécurité qui sera choisie
00:28:34également la semaine prochaine. Gérald Darmanin
00:28:36est satisfait que Mohamed Amra
00:28:38soit dans une prison pour peine
00:28:40alors qu'il est en détention provisoire
00:28:42enfin il sera surveillé 24h
00:28:44sur 24, mais attention, petite précision
00:28:46il ne sera pas vidéo-surveillé
00:28:4824h sur 24, donc quand on parle
00:28:50de surveillance en continu, c'est
00:28:52de la part des agents de l'administration pénitentiaire.
00:28:54Merci d'abord pour toutes ces précisions
00:28:56je ne sais pas si je suis la seule
00:28:58à être choquée par tous ces détails
00:29:00moi j'aurais préféré qu'on nous dise
00:29:02qu'on a retenu des leçons
00:29:04du fait que cet individu
00:29:06sa cellule avait été sonorisée
00:29:08en fait il était sur écoute, Philippe Bilger
00:29:10et que l'information de sa dangerosité
00:29:12de ce qu'il préparait n'a pas été transmise
00:29:14à l'administration pénitentiaire
00:29:16à l'administration pénitentiaire
00:29:18Vous avez raison, c'est un grave dysfonctionnement
00:29:20et d'une certaine manière
00:29:22le garde d'Esso, si j'ai bien saisi
00:29:24l'a admis puisqu'il a dit
00:29:26je ne me suis pas rendu compte
00:29:28que c'était dangereux
00:29:30apparemment le régime pénitentiaire
00:29:32mis en oeuvre maintenant
00:29:34et qui sera développé
00:29:36vient du régime italien
00:29:38qui apparemment offre
00:29:40toute garantie
00:29:42je vous rejoins Sonia
00:29:44sur ce que j'ai cru comprendre
00:29:46de votre point de vue tout à l'heure
00:29:48j'ai éprouvé une véritable nausée
00:29:50quand j'ai vu cette espèce
00:29:52de profusion médiatique
00:29:54autour de ce criminel
00:29:56et ça n'est pas du tout
00:29:58à lui que j'en veux
00:30:00lorsqu'il répond
00:30:02je vais pas pleurer
00:30:04aux journalistes qui a l'indécence
00:30:06de poser une question à Mohamed Amra
00:30:08moi ça me dépasse
00:30:10Il faut se rappeler que
00:30:12le garde d'Esso d'aujourd'hui
00:30:14était ministre de l'intérieur à l'époque
00:30:16de l'évasion de Mohamed Amra
00:30:18que c'était un véritable fiasco
00:30:20puisque Amra a préparé son évasion
00:30:22depuis sa cellule
00:30:24c'est le problème de moyens
00:30:26pour le renseignement pénitentiaire
00:30:28qui est le parent pauvre de notre administration pénitentiaire
00:30:30et je trouve qu'il y a
00:30:32trop de communication sur le futur statut
00:30:34et sur les conditions
00:30:36de détention de Mohamed Amra
00:30:38on n'a qu'à simplement dire
00:30:40que c'est un isolement total
00:30:42sans donner d'autres éléments
00:30:44parce que cela peut créer dans l'opinion publique
00:30:46le fait qu'il pourrait
00:30:48bénéficier d'un statut particulier
00:30:50et presque avantageux
00:30:52Je ne sais plus
00:30:54pour lequel
00:30:56peut-être que vous pourrez m'aider
00:30:58pour l'un des terroristes
00:31:00nous avons eu tellement de choc
00:31:02que je ne sais plus pour quel attentat
00:31:04malheureusement nous savions quasiment
00:31:06en prison ce qu'il faisait
00:31:08c'était Abdeslam
00:31:10avec la salle de sport
00:31:12avec le vélo
00:31:14on connaissait tout
00:31:16les équipements dans la cellule
00:31:18il y avait une certaine transparence
00:31:20il y avait aussi du respect des victimes
00:31:22et des familles de victimes
00:31:24parlons-en
00:31:26c'est deux agents pénitentiaires
00:31:28j'ai lu un reportage
00:31:30deux pères de famille
00:31:32l'un avait sa femme
00:31:34qui était enceinte de 5 mois
00:31:36l'autre avait deux enfants
00:31:38et le plus expérimenté
00:31:40le plus âgé
00:31:42avait senti que la journée
00:31:44il avait dit avant de partir
00:31:46je ne sens pas cette journée
00:31:48à son épouse et à son père
00:31:50et les administrations ne communiquent pas
00:31:52c'est incroyable
00:31:54c'est pour ça qu'avec le PNACO
00:31:56le PNACO va permettre d'avoir
00:31:58un juge qui va centraliser
00:32:00les informations comme en matière de terrorisme
00:32:02ce qui va permettre d'avoir
00:32:04des fichiers regroupés
00:32:06et c'est là où on peut se dire
00:32:08pourquoi cela n'a pas été fait avant
00:32:10pourquoi on a autant de séparations
00:32:12entre informations, entre dossiers
00:32:14sur des individus qui sont dangereux
00:32:16c'est ce qu'on sent Sonia
00:32:18dans beaucoup de tragédies
00:32:20et pas seulement judiciaires
00:32:22à chaque fois on projette
00:32:24de faire une loi
00:32:26au lieu de regarder précisément
00:32:28ce qui s'est passé
00:32:30et la plupart du temps
00:32:32vous avez raison
00:32:34on s'aperçoit que les services
00:32:36sont demeurés en autarcie
00:32:38dans leur enfermement
00:32:40et n'ont pas communiqué aux autres
00:32:42ce qui était nécessaire
00:32:44d'abord il n'a pas à l'être
00:32:46il ne sait même pas qui l'accompagne
00:32:48parce que là ce sont des armes de guerre
00:32:50qui sont sorties
00:32:52la prison de Condé-sur-Sarthe
00:32:54là on a tous les détails
00:32:56je vais vous faire l'architecture
00:32:58surtout pas les prisonniers
00:33:00mais elle dispose de murs de 8 à 12 mètres d'eau
00:33:02de miradors, d'un double périmètre de sécurité
00:33:04le centre a déjà hébergé
00:33:06des criminels notoirs comme Redouane Fayd
00:33:08ou encore Youssouf Fofana
00:33:10chef du gang des barbares
00:33:12on va revenir sur ces prisons
00:33:14que nous voudrions développer sur notre sol
00:33:16avec Augustin Donadieu
00:33:42272 personnels dont 206 surveillants
00:33:44qui se relaient jour et nuit
00:33:46aidés par 4 miradors constamment occupés
00:33:48en cas de besoin
00:33:50les détenus sont placés à l'isolement
00:33:52c'est le cas de Mohamed Amra
00:33:54arrivé la nuit dernière
00:33:56il ne verra personne si ce n'est les agents
00:33:58pénitentiaires qui en auront la charge
00:34:00qui seront je pense
00:34:02une équipe dédiée, spécialisée
00:34:04et sensibilisée
00:34:06au profil de Mohamed Amra
00:34:08mais ça sera un régime d'isolement strict
00:34:10avec une surveillance intense
00:34:12de manière à ce qu'il y ait
00:34:14une étanchéité parfaite entre lui
00:34:16et l'extérieur
00:34:18les visites au parloir de l'ex-fugitif
00:34:20le plus recherché de France seront très encadrées
00:34:22surveillées, Mohamed Amra sera séparé
00:34:24de son interlocuteur par une paroi
00:34:26transparente et transpercée
00:34:28par ailleurs il ne pourra rentrer
00:34:30en contact avec aucun autre détenu
00:34:32de la prison
00:34:36je voudrais simplement préciser
00:34:38que la scène qui a choqué
00:34:40où on voit Mohamed Amra traversant
00:34:42comme s'il descendait de l'avion pour aller chercher ses bagages
00:34:44et qu'il traverse l'aérogare international
00:34:46de Bucarest, c'est en Roumanie
00:34:48que ça s'est passé
00:34:50la France n'aurait pas pris les mêmes dispositions
00:34:52même si on peut saluer la coopération internationale
00:34:54le mandat d'arrêt européen
00:34:56ça ils ont été parfaits, l'état de droits
00:34:58ne les entrave pas
00:35:00Gérald Darmanin reconnaît quand même
00:35:02je ne sais pas quel est le mot
00:35:04on va l'écouter
00:35:06on va réagir à l'avocat
00:35:08à la stratégie de l'avocat
00:35:10tout d'abord Gérald Darmanin
00:35:12aujourd'hui
00:35:14nous ne sommes pas capables de garantir
00:35:16que ça ne se reproduise pas puisque
00:35:18notre difficulté dans l'administration
00:35:20pénitentiaire et au ministère de la justice
00:35:22c'est d'abord manifestement un défaut de compréhension
00:35:24de qui sont ces narcotrafiquants
00:35:26il y a 17 000 narcotrafiquants
00:35:28aujourd'hui dans les prisons
00:35:30françaises, nous n'avons pas été capables
00:35:32dans l'affaire Amra manifestement
00:35:34de bien savoir qui était extrêmement dangereux
00:35:36parce que nous n'avons pas su regrouper
00:35:38toutes les informations, il y avait plusieurs affaires
00:35:40dans plusieurs juridictions différentes
00:35:42et monsieur Amra qui était dans un régime
00:35:44de détention on va dire classique
00:35:46à la maison d'arrêt d'Evreux
00:35:48aurait dû être mis à l'isolement
00:35:50dans un lieu spécialisé
00:35:52et donc d'abord nous devons améliorer cette information
00:35:54on ne peut pas imaginer ce que peuvent
00:35:56ressentir les familles en écoutant
00:35:58que c'est en fait un empilement
00:36:00d'erreurs
00:36:02et puis de l'administration
00:36:04en grande partie
00:36:06alors l'avocat, ça m'intéresse, l'avocat
00:36:08qui minimise l'implication de Mohamed Amra
00:36:10dans l'attaque du fourgon
00:36:12l'attaque sanglante du fourgon
00:36:14écoutons-le son avocat français
00:36:16ce qui concerne Mohamed Amra
00:36:18sans doute
00:36:20s'il est impliqué dans cette évasion de manière active
00:36:22on est passé à côté de certaines choses
00:36:24incontestablement
00:36:26mais alors venir dire que ce serait quelqu'un
00:36:28d'une ampleur considérable parce qu'il avait des téléphones en permanence
00:36:30en cellule, on pourrait le dire de 80%
00:36:32aujourd'hui des détenus en France
00:36:34donc il faut éviter
00:36:36à chaque fois que quelque chose se produit
00:36:38de développer comme ça
00:36:40un univers, je le dis, purement
00:36:42fantasmé, donc la réalité
00:36:44de son implication et notamment dans le trafic de stupéfiants
00:36:46je crois tristement être assez
00:36:48bien placé pour en parler, pas simplement pour Mohamed Amra
00:36:50mais pour d'autres, c'est pas une
00:36:52implication importante
00:36:54déjà je serai son avocat
00:36:56je me taierai
00:36:58c'est le premier point
00:37:00et vous comprendrez ma chère Sonia pourquoi je n'ai jamais
00:37:02voulu être avocat
00:37:04en ayant admiré
00:37:06quelques grandes figures du Barreau
00:37:08que j'ai eu l'honneur
00:37:10je peux le dire, d'affronter
00:37:12dans les cours d'assises
00:37:14mais lorsque j'entends ça
00:37:16comme si c'était une préparation de la défense
00:37:18qu'il allait faire, c'est absurde
00:37:20et puis il y avait une autre avocate
00:37:22qui a affirmé qu'elle était en vacances
00:37:24en Roumanie
00:37:26c'est n'importe quoi
00:37:28alors qu'il y a un avocat
00:37:30de parti civil
00:37:32qui est remarquable, je l'ai entendu
00:37:34ce matin
00:37:36et d'une manière très normale
00:37:38on lui posait des questions
00:37:40d'ailleurs peut-être
00:37:42parfois discutables
00:37:44mais il a su garder un ton
00:37:46tout à fait digne
00:37:48et modéré.
00:37:50Quelle est la suite à présent Célia ?
00:37:52Des tensions provisoires pour Mohamed Amra
00:37:54puisque
00:37:56c'est l'instruction, l'information
00:37:58judiciaire qui commence
00:38:00de nouvelles investigations vont
00:38:02également être établies
00:38:04avec, on l'espère
00:38:06une coopération de la part de Mohamed Amra
00:38:08qui va devoir répondre
00:38:10aux questions des enquêteurs
00:38:12devoir aussi donner des noms
00:38:14sur les personnes qui l'ont aidé
00:38:16à s'évader
00:38:18à se cacher
00:38:20il y a toujours une vingtaine de gardes à vue
00:38:22qui ont pu l'aider
00:38:24de près ou de loin
00:38:26dans son évasion et dans ce crime
00:38:28au péage d'un Carville
00:38:30en attente d'un jugement
00:38:32d'un procès
00:38:34et d'un arrêt des investigations
00:38:36c'est vrai que c'est que le début d'un nouveau chapitre
00:38:38aussi pour les victimes.
00:38:40Je ne voudrais pas, pardon Sonia
00:38:42que la multitude des mises
00:38:44en cause à un moment donné
00:38:46si on en renvoie
00:38:48la plupart devant la cour d'assises
00:38:50fassent disparaître
00:38:52l'élément central
00:38:54qu'est Mohamed Amra.
00:38:56Non mais ça montre quand même que cette organisation criminelle
00:38:58qui passe par le Maroc, l'Espagne
00:39:00la France, les Pays-Bas
00:39:02a pu dans notre sol
00:39:04mener une attaque avec des armes
00:39:06de guerre et à battre
00:39:08froidement comme des chiens, il n'y a pas d'autre mot
00:39:10que des agents qui sont restés à terre.
00:39:12Ils n'ont même pas souhaité
00:39:14une rédition.
00:39:16Ils ont tué tout de suite.
00:39:18Merci Célia.
00:39:20Vous le savez, cette semaine
00:39:22va marquer la fin de la chaîne C8
00:39:24après le non-renouvellement
00:39:26de sa fréquence TNT.
00:39:28Vous avez sans doute vu que de nombreux journalistes
00:39:30animateurs, présentateurs de différentes
00:39:32émissions aimaient.
00:39:34Des Français suivis ont exprimé
00:39:36leurs émotions pour certains.
00:39:38Ça y est, fait leur adieu en tous les cas
00:39:40sur cette chaîne-là et de nombreux responsables
00:39:42politiques se sont exprimés.
00:39:44Je voudrais qu'on écoute ce matin
00:39:46Eric Ciotti.
00:39:48Il y a un élément.
00:39:50C'est François-Olivier Gisbert en début de semaine.
00:39:54Il a parlé du haut de son expérience
00:39:56aussi journalistique. Il connaît beaucoup
00:39:58de responsables politiques. Il dit
00:40:00« Impossible qu'une telle décision a-t-il dit
00:40:02ait pu être prise sans que ce soit
00:40:04au plus haut sommet de l'État. A-t-il dit ? »
00:40:06Et voilà ce que dit Eric Ciotti ce matin.
00:40:08Bien sûr,
00:40:10c'est une décision politique. Vous savez, moi j'aimerais
00:40:12qu'on ferme l'ARCOM plutôt que fermer C8.
00:40:14D'ailleurs, nous défendrons un texte
00:40:16dans ce sens à l'Assemblée nationale
00:40:18parce que ça fait partie
00:40:20de ces institutions politisées
00:40:22qui ne servent à rien
00:40:24sauf à être des courroies de transmission
00:40:26de volonté politique. Cette décision
00:40:28est scandaleuse. C8, c'était
00:40:30la chaîne de la TNT,
00:40:32avec ses news, la plus populaire,
00:40:34la plus suivie, aimée
00:40:36des Français. Et on prive
00:40:38des millions de Français de leur chaîne
00:40:40préférée parce qu'un petit Sénac
00:40:42a obéi à des instructions
00:40:44politiques pour
00:40:46sanctionner un groupe de médias
00:40:48parce qu'il est considéré comme malpensant.
00:40:50Voilà, c'est le problème français.
00:40:52Bien.
00:40:54Hier, j'ai dit une phrase,
00:40:56certains la commentent, j'ai dit
00:40:58« si ». Je crois qu'ils n'ont pas
00:41:00entendu le « si » dans la phrase, pourtant c'est assez clair.
00:41:02« Si », imaginons un autre groupe
00:41:04de presse, imaginons Mediapart.
00:41:06Même s'il avait eu des sanctions
00:41:08pour d'autres raisons et qu'il soit
00:41:10contraint à la fermeture,
00:41:12eh bien, je pense que
00:41:14nous aurions vraiment, j'en suis
00:41:16sûre, milité,
00:41:18même si nous ne partageons pas, je peux le dire,
00:41:20ni les méthodes, ni parfois les
00:41:22thèses et les analyses, souvent d'ailleurs,
00:41:24eh bien, pour ne pas...
00:41:26La fermeture, ça paraît
00:41:28évident. La liberté d'expression
00:41:30n'est pas divisible.
00:41:32Elle ne devrait pas l'être. C'est juste une question
00:41:34de démocratie, en fait. C'est de défendre
00:41:36la liberté d'expression, de défendre la liberté
00:41:38journalistique, et évidemment, c'est
00:41:40quelque chose qui est politique. Vous voyez bien
00:41:42que dans notre pays, il y a notamment
00:41:44cette petite caste de gauche
00:41:46qui essaye de tout verrouiller
00:41:48en capolarisant
00:41:50notamment les institutions,
00:41:52à la tête de l'ARCOM, à la tête
00:41:54du Conseil d'État, à la tête du Conseil
00:41:56constitutionnel, et aller à l'encontre de la volonté
00:41:58populaire. En tout cas, c'est ce que je comprends.
00:42:00Et M. Macron, comment voulez-vous qu'il
00:42:02soit crédible, qu'il donne des leçons de démocratie
00:42:04à M. Théboune ou qu'il donne des
00:42:06leçons de démocratie à M. Poutine
00:42:08alors qu'on est dans un pays
00:42:10au sein de laquelle on ferme une chaîne de télévision
00:42:12qui est extrêmement populaire, puisque c'est la
00:42:14première chaîne de la TNT. Et dernière
00:42:16chose aussi qui m'a profondément choqué, c'est le mépris
00:42:18populaire. Parce que cette chaîne, elle est
00:42:20aimée par les Français. Et quand je
00:42:22vois les bobos en train de s'extasier
00:42:24face à cette fermeture
00:42:26en disant que finalement, sur C8,
00:42:28c'était des programmes qui ne tenaient pas la route
00:42:30ou c'était des programmes qui étaient
00:42:32mauvais, etc., c'est le mépris du peuple,
00:42:34c'est le mépris populaire. Vous avez là-dedans
00:42:36finalement tout ce qu'incarne aujourd'hui cette gauche
00:42:38bobo, cette volonté de censurer
00:42:40ce non-respect de la liberté d'expression
00:42:42et ce mépris abyssal pour le
00:42:44peuple. Et ça, c'est très grave.
00:42:46Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, parce qu'on est libre d'aimer
00:42:48ou de ne pas aimer des programmes, fort heureusement.
00:42:50La question n'est pas là.
00:42:52La question, c'est de laisser
00:42:54s'exprimer. On n'éradique pas une chaîne.
00:42:56Et puis, grâce à
00:42:58Pierre Lelouch, hier soir,
00:43:00j'ai pris connaissance
00:43:02de l'argument central
00:43:04du Conseil d'État.
00:43:06Qui était chez nous le matin et que vous avez rediffusé le soir.
00:43:08Mais cet argument est
00:43:10incompréhensible.
00:43:12Il a lu, effectivement, l'arrêt du Conseil
00:43:14d'État.
00:43:16On va marquer une pause. On va parler dans quelques instants
00:43:18de ce Conseil interministérel de l'immigration
00:43:20mais si vous êtes d'accord avec des faits.
00:43:22Avec nous, comme toujours, avec vous d'ailleurs,
00:43:24va nous rejoindre Nicolas Pouvreau-Monti.
00:43:26C'est le directeur de l'Observatoire de l'Immigration
00:43:28et de la Démographie que je trouve excellent.
00:43:30Il est excellent.
00:43:32Parce que les faits, les chiffres, permettent d'avoir une analyse
00:43:34croîte, clinique, sur un sujet passionnel.
00:43:36Qui est chaud bouillant.
00:43:38Lui, il refroidit
00:43:40intelligemment.
00:43:42Exactement.
00:43:44On va marquer une pause. On va garder quand même la chaleur
00:43:46sur ce plateau, grâce à vous.
00:43:48Et on se retrouve dans quelques instants, tout de suite.
00:43:54Merci d'être avec nous pour la seconde partie de
00:43:56Midi News. Elle a une de l'actualité.
00:43:58C'est la réponse du régime algérien.
00:44:00L'Algérie affirme qu'elle ne cèdera pas
00:44:02aux menaces.
00:44:04Alors que le Premier ministre a déclaré tout à l'heure
00:44:06qu'il y aurait des décisions.
00:44:08Vous le savez, notamment, après l'attaque islamiste
00:44:10à Mulhouse. Nous en avons largement parlé
00:44:12avec l'ancien ambassadeur d'Algérie, Xavier Driancourt.
00:44:14Autre information,
00:44:16c'est ce Conseil interministériel
00:44:18sur l'immigration. Ce sera tout à l'heure.
00:44:20Et nous allons en parler, et je le salue,
00:44:22avec Nicolas Pouvreau-Monti. Bonjour.
00:44:24Merci d'être là. Directeur de l'Observatoire
00:44:26de l'immigration et de la démographie.
00:44:28Des chiffres, des faits, pour un débat passionnel.
00:44:30Je salue également
00:44:32Denis Jacob. Bonjour Sonia.
00:44:34Merci d'être là. Ancien policier, directeur
00:44:36de Sécurité Consulting. On va parler
00:44:38notamment avec vous de cette attaque.
00:44:40Cet homme qui a attaqué d'abord,
00:44:42c'est ça l'information, qui a attaqué des policiers
00:44:44qui avaient un couteau dans chaque main
00:44:46et qui a été neutralisé, comme on dit.
00:44:48Mais tout d'abord, il est 13h. Place au journal.
00:44:50Rebonjour à vous, chère Somaya Labedi.
00:44:52Bonjour Sonia. Bonjour à tous.
00:44:54A la une de l'actualité, nous n'avons
00:44:56pas été capables de voir qu'il était
00:44:58dangereux. C'est l'aveu de Gérald Darmanin
00:45:00au lendemain du placement en isolement
00:45:02de Mohamed Amra, à la prison
00:45:04de Condé-sur-Sarthe. Raison de plus,
00:45:06selon le garde des Sceaux, d'adopter
00:45:08le nouveau régime carcéral qu'il va présenter
00:45:10au Parlement.
00:45:12Avec le régime de détention que je propose
00:45:14au Parlement, il n'y aura plus
00:45:16ces sorties de prisonniers dangereux,
00:45:18puisqu'il s'agit bien de parler que des personnes
00:45:20les plus dangereuses, puisque le régime de la
00:45:22visioconférence sera généralisé,
00:45:24comme c'est le cas
00:45:26en Italie. C'est l'autre
00:45:28actualité de cette mi-journée. L'ex-otage
00:45:30Gerdane Bibas a demandé pardon
00:45:32à ses proches lors de leurs funérailles.
00:45:34Des funérailles organisées dans la
00:45:36plus stricte intimité pour inhumer sa
00:45:38femme chérie et ses deux enfants,
00:45:40Ariel et Kfir. Et comme vous pouvez le voir sur ces images,
00:45:42une foule dense et compacte
00:45:44s'est déplacée pour suivre le cortège funéraire
00:45:46de Tel Aviv au Kiboutz,
00:45:48où il vivait. Pendant
00:45:50ce temps, un rassemblement symbolique
00:45:52se tient au Trocadéro, à Paris.
00:45:54Un lâcher de ballons est prévu,
00:45:56en mémoire de la famille Bibas. Et tout
00:45:58comme en Israël, l'émotion est vive
00:46:00sur place.
00:46:02Je suis rarement dans des manifestations,
00:46:04mais aujourd'hui, je me devais
00:46:06d'être là pour ces deux petits anges.
00:46:08Et je pense que le monde entier
00:46:10aurait dû être là aujourd'hui. Pas uniquement
00:46:12les personnes de confession juive.
00:46:14Nous avons rencontré une personne de confession
00:46:16musulmane qui est là et qui fait
00:46:18honneur, justement,
00:46:20que toutes les personnes devraient être là.
00:46:22Aujourd'hui, c'est un très grand jour de
00:46:24deuil, un très grand jour de peine.
00:46:26Et mon idée,
00:46:28c'était de partager
00:46:30cet instant, non pas
00:46:32seul, mais avec le plus
00:46:34grand nombre. Pas forcément avec
00:46:36des gens de ma communauté.
00:46:38Et puis le pape, toujours
00:46:40dans un état critique, a passé une nuit tranquille
00:46:42et se repose, c'est ce qu'indique ce matin
00:46:44le Saint-Siège, dans un bref communiqué.
00:46:46Je vous rappelle que depuis le 14
00:46:48février, le souverain pontife est hospitalisé
00:46:50pour une double pneumonie, soit sa
00:46:52plus longue hospitalisation depuis
00:46:54son élection en 2013.
00:46:56Voilà ce qu'on pouvait dire
00:46:58de l'actualité à 13h, Sonia.
00:47:00Je vous dis à tout à l'heure pour le rappel
00:47:02des titres. Nous sommes toujours avec
00:47:04Olivier Dartigold, Philippe Bilger,
00:47:06avec Sabrina Medjeber, Kevin
00:47:08Bossuet, je l'ai dit, Denis Jacob
00:47:10et Nicolas Pouvreau.
00:47:12Monty, un conseil interministérel
00:47:14sur l'immigration au moment, vous le savez,
00:47:16où la question des OQTF devient une urgence
00:47:18et même vitale, compte tenu
00:47:20des victimes sur notre sol.
00:47:22Au moment aussi où nous sortons d'un débat
00:47:24vif, c'était il y a encore quelques jours,
00:47:26quelques semaines, un débat sémantique sur la
00:47:28submersion migratoire. Et avec vous,
00:47:30M. Pouvreau-Monty, on va rentrer dans la réalité
00:47:32des chiffres et des faits. Est-ce qu'on
00:47:34peut dire déjà, est-ce qu'on peut dire
00:47:36qu'on vit une situation
00:47:38inédite en matière migratoire en France ?
00:47:40Autrement dit, est-ce que factuellement
00:47:42il n'y a jamais eu autant d'immigrés
00:47:44aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut le dire sans que ça
00:47:46provoque des cris d'orfraie ?
00:47:48On peut le dire de manière tout à fait établie.
00:47:50Le terme de submersion, c'est un terme politique
00:47:52qu'on peut juger connoté, qu'on peut juger
00:47:54péjoratif, qu'on peut reprendre ou non.
00:47:56Mais ce qui est effectivement incontestable, c'est qu'il n'y a
00:47:58jamais eu autant d'immigration en France
00:48:00qu'aujourd'hui. On peut prendre tous les indicateurs
00:48:02disponibles. Le nombre de premiers
00:48:04titres de séjour que notre pays a accordé l'an dernier
00:48:06est quasiment le triple de ce qu'il accordait
00:48:08à la fin des années 90. Le nombre
00:48:10de demandes d'asile que nous avons reçues est plus
00:48:12que le triple de ce que nous recevions à la fin des années 2000.
00:48:14L'immigration clandestine
00:48:16par nature, elle est difficile à appréhender.
00:48:18Par l'AME, non ? Par l'AME, absolument,
00:48:20l'indicateur typique. Le nombre des bénéficiaires
00:48:22de l'aide médicale d'État qui est donc réservé aux étrangers
00:48:24en situation irrégulière a eu aussi
00:48:26triplé en 20 ans. Et tout ça décide d'une situation
00:48:28qui est effectivement sans précédent dans l'histoire
00:48:30migratoire de la France. Le nombre,
00:48:32c'est souvent une question qui est posée, le nombre
00:48:34total d'immigrés aujourd'hui
00:48:36en France. Alors, selon l'INSEE,
00:48:38je suis allée voir, c'est près de
00:48:4010-11% de la population,
00:48:42mais en réalité, si on compte, comment dire,
00:48:44il faudrait ajouter les descendants d'immigrés,
00:48:46nous en serions à combien ? Quel pourcentage
00:48:48la population ? C'est ça, c'est-à-dire que si on
00:48:50prend seulement les immigrés au sens strict, c'est-à-dire
00:48:52les personnes nées étrangères à l'étranger, ce qu'on appelle
00:48:54communément la première génération,
00:48:56on a aujourd'hui 7,3 millions
00:48:58d'immigrés en France, ce qui fait environ
00:49:0011% de la population. Et à cela,
00:49:02on peut effectivement ajouter également
00:49:0411% de descendants d'immigrés de deuxième
00:49:06génération, c'est-à-dire de personnes qui ont au moins
00:49:08un parent immigré, et ça fait que sur deux
00:49:10générations, il y a aujourd'hui environ
00:49:1222% de la population du pays qui est
00:49:14issue de l'immigration. J'ai dit tout à l'heure
00:49:16situation inédite, mais est-ce qu'on peut dire que ce sont
00:49:18des niveaux historiques ?
00:49:20Ce sont des niveaux historiques, et typiquement,
00:49:22on parle beaucoup là des flux
00:49:24du nombre de titres de séjour accordé l'an dernier, je vous ai dit
00:49:26que c'était un record, mais si on regarde les stocks,
00:49:28finalement, c'est-à-dire le nombre de titres de séjour en
00:49:30cours de validité, qui
00:49:32finalement consolident les records
00:49:34historiques des dernières années, on se rend compte
00:49:36qu'il y avait, à la fin de l'année
00:49:38dernière, plus de 4 millions de titres
00:49:40de séjour en cours de validité en France,
00:49:42c'était 35% de plus qu'en 2017,
00:49:44c'était presque 60% de plus
00:49:46qu'en 2012, donc on voit qu'il y a un effet
00:49:48d'accumulation de l'immigration
00:49:50qui accélère depuis maintenant 25 ans.
00:49:52Arrêtons-nous sur ce point, puisque c'est ce que vous dites souvent dans vos
00:49:54travaux, d'abord la dynamique est très forte, et la
00:49:56réalité française, je ne sais pas si c'est la singularité
00:49:58française, c'est un...
00:50:00Alors, je ne peux pas parler, ce sont quand même des personnes,
00:50:02ce ne s'agit pas, mais ce sont des strates, en fait,
00:50:04de flux migratoires continus, qui n'ont
00:50:06cessé de s'accélérer.
00:50:08Absolument, alors il y a eu une période relative
00:50:10à quelques migratoires entre la fin
00:50:12des années 70 et le milieu des années 90,
00:50:14l'immigration s'est poursuivie, entendons-nous bien,
00:50:16mais à un rythme moins fort que pendant les Trente Glorieuses,
00:50:18et ce qu'on constate depuis la fin
00:50:20des années 90, c'est une reprise très forte
00:50:22à la hausse des flux migratoires,
00:50:24notamment depuis les années 2000, la population
00:50:26immigrée au sens strict en France, de
00:50:28première génération, a augmenté de 40%
00:50:30depuis 2006, et c'est vrai que c'est un phénomène
00:50:32d'accélération qui, contrairement
00:50:34aux Trente Glorieuses, se trouve décorrélée
00:50:36de toute logique économique.
00:50:38C'est un phénomène qu'on voit aussi en Europe, cette accélération
00:50:40migratoire, mais la situation française a
00:50:42cela de singulier, qu'elle s'inscrit dans
00:50:44une immigration qui était aussi déjà présente,
00:50:46qui est plus ancienne, et dont on peut dire qu'elle se cumule.
00:50:48On va susciter le débat, il y a quand même une autre
00:50:50particularité ou singularité
00:50:52française, je ne sais pas, vous nous
00:50:54direz s'il y a d'autres pays comparables, mais c'est qu'il y a
00:50:56une immigration concentrée sur
00:50:58une zone, une région,
00:51:00alors Maghreb et j'imagine Afrique subsaharienne,
00:51:02peut-être une région plus qu'une autre,
00:51:04est-ce que c'est une particularité pour notre pays ?
00:51:06Très clairement, c'est-à-dire que la France accueille
00:51:08l'immigration la plus africaine,
00:51:10la plus largement originaire du continent africain
00:51:12au sens large, Maghreb et hors Maghreb,
00:51:14parmi tous les pays d'Europe, et même parmi tous les
00:51:16pays développés. On a aujourd'hui environ la
00:51:18moitié des immigrés en France qui sont originaires
00:51:20du continent africain. Dans ces
00:51:22immigrés, 6 sur 10 viennent du Maghreb,
00:51:24mais ce qui est notable depuis les
00:51:26années 2000, c'est la forte poussée de l'immigration
00:51:28subsaharienne, c'est-à-dire que le nombre
00:51:30d'immigrés originaire d'Afrique sahélienne,
00:51:32guinéenne ou centrale, a doublé en France
00:51:34depuis 2006, ce qui fait aussi écho
00:51:36aux dynamiques démographiques très fortes de cette région d'Afrique.
00:51:38Alors moi je dis souvent, cette accélération
00:51:40elle est documentée, elle est
00:51:42chiffrée, elle est expliquée d'ailleurs,
00:51:44merci de venir nous le dire ici même,
00:51:46est-ce que
00:51:48on peut dire, sans que ce soit un
00:51:50jugement, eh bien c'est hors de contrôle,
00:51:52à partir du moment où c'est inédit, c'est historique,
00:51:54est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que ce n'est plus
00:51:56un choix
00:51:58approuvé, si je puis dire,
00:52:00et admis par les Français ?
00:52:02Très clairement, si on prend le
00:52:04simple exemple de l'immigration reçue l'an dernier,
00:52:06336 000 premiers titres de séjour,
00:52:08130 000 premières demandes d'asile,
00:52:10sur ces 336 000 premiers titres de séjour,
00:52:12vous en avez à peine la moitié qui relève
00:52:14vraiment d'un choix du politique, c'est l'immigration
00:52:16étudiante et l'immigration professionnelle.
00:52:18Si vous prenez les grandes masses de l'immigration
00:52:20familiale, les grandes masses de l'immigration
00:52:22humanitaire, c'est-à-dire le droit d'asile,
00:52:24vous avez une forme de droit opposable
00:52:26à l'immigration, garantie par
00:52:28les conventions internationales, garantie par les droits
00:52:30européens, garantie par notre jurisprudence interne,
00:52:32qui fait que le gouvernement ne peut pas décider
00:52:34du jour au lendemain de réduire
00:52:36de 20%, de 30% ou de 50%
00:52:38les titres attribués pour motif familial, par exemple.
00:52:40Alors, autre fait
00:52:42notable dans vos travaux, c'est la
00:52:44concentration
00:52:46sur notre sol et la répartition des
00:52:48migrants, ça quand même, moi je ne savais pas
00:52:50qu'il y avait quand même des régions, enfin autant,
00:52:52c'était aussi marqué, certaines régions,
00:52:54certaines villes, avec une concentration de répartition
00:52:56voulue, consciente
00:52:58ou inconsciente, je ne sais pas, mais est-ce que vous pourriez
00:53:00nous citer quelques exemples ? Bien sûr, c'est-à-dire que
00:53:02pendant très longtemps, le débat public en France
00:53:04sur l'immigration s'est concentré sur
00:53:06quelques zones qui semblaient, je peux dire,
00:53:08archétypales des questions posées par l'immigration,
00:53:10l'agglomération parisienne, la vallée du Rhône,
00:53:12Marseille, certaines régions post-industrielles
00:53:14et ce qu'on voit depuis les années 2000,
00:53:16de manière corrélative à cette poussée de l'immigration,
00:53:18c'est une diffusion de la réalité migratoire,
00:53:20de ces réalités migratoires, dans des régions
00:53:22qui sont et ont resté assez
00:53:24longtemps à l'écart de ces flux-là.
00:53:26Typiquement, si on prend les villes de plus de 100 000
00:53:28habitants dont la part d'immigrés dans la population
00:53:30a le plus augmenté depuis les années 2000,
00:53:32on trouve Le Mans, Brest et Caen,
00:53:34donc trois villes du Grand Ouest dont la part d'immigrés
00:53:36dans la population a doublé en 15 ans.
00:53:38Dans ces mêmes régions du Grand Ouest,
00:53:40si on va voir des communes un petit peu plus petites,
00:53:42entre 10 000, 20 000, 30 000 habitants,
00:53:44on a parfois des phénomènes encore plus marquants,
00:53:46comme la part d'immigrés multipliée par 5, par 6,
00:53:48par 8 en 15 ans.
00:53:50C'est le résultat en partie d'une politique de répartition
00:53:52voulue par l'État, par exemple l'ouverture
00:53:54de centres d'accueil pour demandeurs d'asile
00:53:56dans des régions qui étaient moins saturées que d'autres.
00:53:58Et puis c'est aussi le résultat de la dynamique
00:54:00de notre immigration qui est très largement pour motifs familial
00:54:02et qui fait que l'implantation de l'immigration
00:54:04dans une ville attire l'immigration
00:54:06parce qu'il y a des phénomènes de diaspora, tout simplement.
00:54:08Effectivement. Et le président Emmanuel Macron
00:54:10avait appelé à cette répartition.
00:54:12Et d'ailleurs, d'un point de vue immigré,
00:54:14on peut dire que,
00:54:16c'est quand même, comment dire,
00:54:18cette idée de dire qu'on va prendre des hommes et des femmes
00:54:20et qu'on va les placer dans une région,
00:54:22aussi d'un point de vue, de leur point de vue,
00:54:24c'est quand même assez aberrant.
00:54:26Je ne sais pas si vous y avez déjà pensé,
00:54:28mais de penser qu'on peut ainsi répartir dans des zones
00:54:30ou dans certaines régions des personnes
00:54:32qui sont malgré tout libres de s'installer
00:54:34quand elles sont en toute légalité,
00:54:36c'était aussi un processus bizarre.
00:54:38C'était aussi aberrant dans certaines villes
00:54:40de dire là ça sera la tour des Maliens,
00:54:42là ça sera la tour des Comoriens,
00:54:44là ça sera la politique de la ville.
00:54:46C'est la politique de la ville.
00:54:48Certains l'ont fait d'autres noms.
00:54:50Le président, c'était typique,
00:54:52comme on ne peut pas résoudre le problème
00:54:54de l'immigration, on le diffuse.
00:54:56C'est la méthode présidentielle.
00:54:58Bien. Dans quelques instants, allez-y,
00:55:00vous voulez peut-être poser une question.
00:55:02En tout, vous arrivez au 22% avec les immigrés,
00:55:04puis les secondes générations.
00:55:06Quelles sont en proportion les pays
00:55:08au sein de l'Union Européenne des 27,
00:55:10quels sont les pays qui ont une proportion
00:55:12plus importante ?
00:55:14Il y a des pays qui ont une proportion
00:55:16plus importante que nous d'immigrés
00:55:18au sens strict de première génération
00:55:20parce qu'ils ont eu des foules plus importants
00:55:22et plus récents. C'est le cas en Allemagne
00:55:24par exemple, c'est le cas en Suède,
00:55:26mais globalement il y a une accélération.
00:55:28L'Allemagne a ouvert ses portes comme jamais.
00:55:30Syrie a eu 1 million.
00:55:32On voit le résultat aujourd'hui avec les élections.
00:55:34Absolument. En une décennie, l'Allemagne
00:55:36a reçu 2,6 millions de demandeurs d'asile
00:55:38sur son sol, contre 1 million en France
00:55:40qui est déjà notable.
00:55:42Cette hausse de l'immigration, on la constate partout.
00:55:44Si on prend les titres de séjour,
00:55:46le nombre de titres de séjour accordés en 2023
00:55:48dans l'ensemble des États de l'Union
00:55:50était supérieur de 140% à ce qu'il était
00:55:5210 ans auparavant. En une décennie,
00:55:54l'Union Européenne a accueilli 8 millions de demandeurs d'asile
00:55:56sur son sol. Ce sont des phénomènes que l'on retrouve aujourd'hui
00:55:58dans une large part de l'Union.
00:56:00La définition de l'immigré ?
00:56:02L'immigré au sens de la statistique publique,
00:56:04c'est une personne qui est née étrangère à l'étranger.
00:56:06C'est-à-dire que ce n'est pas une personne
00:56:08née de parents français à l'étranger.
00:56:10Ce n'est pas non plus une personne née de parents
00:56:12immigrés en France. C'est quelqu'un qui est né
00:56:14avec une autre nationalité
00:56:16dans un pays étranger.
00:56:18Cela nous amène à parler...
00:56:20Je voulais poser une question à monsieur Nicolas Pouvremonty.
00:56:22J'ai observé
00:56:24et lu vos chiffres que vous indiquiez
00:56:26récemment.
00:56:28Des chiffres qui étaient basés
00:56:30sur ceux de l'OCDE
00:56:32qui précisent par exemple qu'en 2020,
00:56:34la moitié des étrangers étaient sous le seuil
00:56:36de pauvreté, soit 4 fois plus
00:56:38que les Français. Et qu'en 2020,
00:56:4042% de ces étrangers n'avaient aucun
00:56:42diplôme ou diplôme niveau brevet.
00:56:44C'est-à-dire 26 points
00:56:46de plus que les Français.
00:56:48C'est-à-dire qu'en réalité, l'immigration
00:56:50d'aujourd'hui est sur-consommatrice
00:56:52et sous-contributrice
00:56:54des dispositifs de solidarité
00:56:56collective
00:56:58et des dépenses publiques.
00:57:00Est-ce que vous pensez qu'avec ces chiffres-là,
00:57:02ils annoncent la fin de l'état-providence
00:57:04en France ?
00:57:06Ce qui est certain, c'est que ces chiffres qui sont tout à fait exacts
00:57:08et qui portent sur les étrangers extra-européens, pour être précis,
00:57:10dessinent le profil d'une immigration
00:57:12en France qui est en moyenne moins intégrée
00:57:14au marché du travail et plus pauvre qu'ailleurs en Europe.
00:57:16Et elle amène à poser la question
00:57:18du choix qui doit être fait entre
00:57:20d'une part le maintien d'un état-providence
00:57:22qui se conçoit dans des sociétés liées entre
00:57:24elles par un fort sentiment de solidarité
00:57:26et un éventail de bénéficiaires
00:57:28relativement restreints d'autre part.
00:57:30C'est le choix d'une immigration plus nombreuse.
00:57:32Un certain nombre de pays européens se sont posés cette question.
00:57:34L'exemple type étant évidemment le Danemark.
00:57:36Les gouvernements danois, quelles que soient leurs étiquettes,
00:57:38ayant fait le choix de restreindre
00:57:40l'immigration pour préserver le modèle
00:57:42d'état-providence qui a fait la spécificité
00:57:44du monde.
00:57:46Malheureusement, nous sommes cadenassés par l'Europe puisque le Danemark
00:57:48a fait le choix du push-out, c'est-à-dire des dérogations
00:57:50au traité d'Rome et au traité d'Amsterdam, pour établir
00:57:52ce fameux plan anti-ghetto devenu loi
00:57:54sur les sociétés parallèles.
00:57:56Le Danemark a plusieurs dérogations.
00:57:58C'est-à-dire qu'il y a la démographie
00:58:00de l'immigration.
00:58:02Vous êtes aussi directeur de l'Observatoire
00:58:04de l'immigration et de la démographie.
00:58:06C'est peut-être un jugement
00:58:08et vous ne pourrez pas répondre,
00:58:10mais la question s'oppose.
00:58:12Compte tenu de notre dénatalité en France,
00:58:14est-ce que pour un observatoire
00:58:16comme le vôtre, qui s'intéresse
00:58:18à la démographie,
00:58:20la solution peut venir de l'immigration
00:58:22par rapport à
00:58:24notre démographie française ?
00:58:26L'immigration peut être perçue
00:58:28comme un palliatif de court terme
00:58:30à certains manques qui existent
00:58:32dans certains secteurs d'activité
00:58:34qui sont en pénurie de main-d'oeuvre,
00:58:36mais c'est une solution sectorielle de court terme
00:58:38qui emporte des conséquences structurelles
00:58:40de long terme, y compris des conséquences
00:58:42fiscales et budgétaires.
00:58:44Les mêmes entrepreneurs qui, aujourd'hui, peuvent demander
00:58:46un recours plus grand à l'immigration,
00:58:48seront demain ceux qui, sur leur feuille d'impôt,
00:58:50parce qu'ils payent des impôts,
00:58:52paieront le résultat du bilan fiscal globalement négatif
00:58:54en France. Et peut-être un point
00:58:56complémentaire là-dessus, aujourd'hui,
00:58:58l'immigration, c'est déjà une part importante
00:59:00des naissances en France. En 2023,
00:59:02pour la première fois, plus de 30%
00:59:04des naissances en France ont été issues
00:59:06d'au moins un parent né en dehors de l'Union Européenne,
00:59:08donc cette solution n'est pas nouvelle,
00:59:10elle est déjà dans la natalité. En fait, la question
00:59:12ne se pose même plus, elle est déjà
00:59:14actée. C'est déjà un fait en partie constaté.
00:59:16Alors, à l'instant,
00:59:18l'immigration, c'est lié quand même
00:59:20à ces individus dont on parle, qui sont sous
00:59:22le coup d'une OQTF
00:59:24et qui ne sont pas repris. Alors là,
00:59:26c'est vrai que 14 fois pour l'assaillant
00:59:28de Mulhouse. On va en parler
00:59:30avec vous, notamment Denis Jacob.
00:59:32À l'instant, l'Algérie
00:59:34alerte sur des conséquences
00:59:36incalculables et dénonce une nouvelle
00:59:38provocation après les premières
00:59:40sanctions de la France, je vous rappelle.
00:59:42Des conséquences incalculables. D'accord.
00:59:44C'est une menace.
00:59:46C'est vrai que ce qui s'est passé...
00:59:48Je reviens vers vous. Ce qui s'est passé
00:59:50à Mulhouse, je veux dire...
00:59:52C'est pas même un truc qui n'est plus
00:59:54audible, je veux dire.
00:59:56C'est plus du tout audible. Les policiers sont en première ligne
00:59:58pour le constater au quotidien sur le terrain.
01:00:00Et quand on apprend que l'attentat
01:00:02commis par cet individu
01:00:04est la conséquence
01:00:06d'un refus de l'Algérie à 14 reprises
01:00:08de l'accepter sur son territoire,
01:00:10à un moment donné,
01:00:12et moi je regrette, c'est bien qu'ils le fassent,
01:00:14mais je regrette qu'on fasse un conseil sur l'immigration
01:00:16pour faire le constat que les policiers
01:00:18ont depuis des années.
01:00:20Depuis des années, la problématique
01:00:22des centres de rétention administratifs
01:00:24et du nombre de places, le fait de la possibilité
01:00:26qu'un OQTF puisse très rapidement
01:00:28être mis en liberté, qu'il puisse faire
01:00:30des recours sur son OQTF.
01:00:32Bon, à un moment donné,
01:00:34il faut siffler la fin de la récréation
01:00:36et puis dire stop.
01:00:38Moi, c'est ce que je portais avant
01:00:40en tant que responsable syndical
01:00:42policier, c'est ce que je continue à porter.
01:00:44Un OQTF doit
01:00:46rester en centre de rétention administrative
01:00:48tant que le pays d'origine
01:00:50ne l'a pas récupéré.
01:00:52Mais vous savez, cher Denis, la question,
01:00:54mais regardez où nous en sommes, nous sortons quand même d'une semaine
01:00:56où un maire est passé devant un juge
01:00:58parce qu'il a refusé de marier
01:01:00un OQTF. Nous sommes sur les droits
01:01:02familiaux plus que de savoir
01:01:04s'il doit rester en rétention.
01:01:06J'ai suivi le sujet.
01:01:08Je reste prudence du conseil constitutionnel.
01:01:10J'ai suivi cette affaire
01:01:12et effectivement, là où le gouvernement doit
01:01:14taper du poing sur la table,
01:01:16c'est sur toutes les mesures qui sont à sa
01:01:18disposition pour qu'un
01:01:20pays qui refuse qu'un ressortissant
01:01:22ne revienne,
01:01:24soit contraint. Ça peut être
01:01:26une remise en question du
01:01:28financement de l'aide au développement.
01:01:30Ça peut être une réduction du nombre
01:01:32de visas accordés.
01:01:34Il y a des mesures.
01:01:36Mais vous avez vu la réponse, là. Comment vous l'analysez ?
01:01:38Parce que des conséquences incalculables...
01:01:40C'est un ultimatum.
01:01:42C'est une menace.
01:01:44Quand de toute façon,
01:01:46on a une sourde
01:01:48une oreille sourde en face de nous
01:01:50pour récupérer ces ressortissants,
01:01:52aujourd'hui, on n'en est plus
01:01:54à entendre la menace.
01:01:56À un moment donné, il faut que l'État français
01:01:58montre sa force et dise
01:02:00c'est comme ça ou c'est fini.
01:02:02Et rappelons combien c'est dévastateur
01:02:04pour tous ceux qui veulent venir en France
01:02:06dans un parcours légal et légitime.
01:02:08Je ne sais pas si vous observez dans votre
01:02:10directoire, dans votre observatoire,
01:02:12pardonnez-moi aussi,
01:02:14cette distorsion aujourd'hui
01:02:16entre une immigration légale...
01:02:18Moi j'en ai fait partie, mais il y a quelques années
01:02:20qu'il y a vraiment des difficultés pour être
01:02:22naturalisé, avoir les papiers. C'est pas si évident
01:02:24qu'on ne le dit. Et une immigration
01:02:26illégale, beaucoup de fonctionnaires
01:02:28me l'ont dit, et Patrick Stéphanigny invite ici
01:02:30même, il dit que c'est plus facile d'entrer aujourd'hui
01:02:32illégalement en France et puis d'avoir les papiers
01:02:34et d'y rester, ne pas les avoir et d'y rester
01:02:36tranquillement, que de passer par un parcours
01:02:38tout à fait légal et légitime.
01:02:40Par bien des aspects, la situation
01:02:42irrégulière emporte des avantages que n'emporte
01:02:44pas la situation irrégulière. L'exemple type, souvent
01:02:46cité à juste titre, c'est l'aide médicale d'État.
01:02:48Aujourd'hui on a un système de régularisation
01:02:50par ailleurs assez contre-intuitif,
01:02:52on va le dire comme ça, où il faut
01:02:54justifier, alors autrefois c'était 5 ans, maintenant c'est
01:02:56au moins 7 ans de présence en France,
01:02:58donc finalement on est incité à rester irrégulièrement
01:03:00en France au moins 5 ans, puis au moins 7 ans
01:03:02et attester qu'on ait bien resté 7 ans
01:03:04en situation irrégulière pour avoir un titre,
01:03:06c'est une forme de prime à l'irrégularité
01:03:08qui pose quand même question. Et pour ce qui est
01:03:10des mesures de rétorsion envers l'Algérie,
01:03:12je crois que la France gagnerait à mobiliser
01:03:14ses partenaires européens sur ce sujet. Il y a
01:03:16deux leviers importants pour ça, il existe
01:03:18un accord de coopération entre
01:03:20l'Union Européenne et l'Algérie, que l'Algérie souhaite
01:03:22renégocier à son avantage, sachant qu'elle ne respecte pas
01:03:24les clauses à ce jour, donc évidemment la France
01:03:26n'a aucune raison de faciliter cette renégociation.
01:03:28Et le deuxième volet, c'est la délivrance
01:03:30des visas aux Algériens au niveau européen,
01:03:32parce qu'on a aujourd'hui un trou dans la raquette,
01:03:34si on souhaite réduire les visas français accordés
01:03:36aux Algériens, c'est que les visas
01:03:38chéniennes, accordées par l'Italie
01:03:40ou par l'Espagne, permettent de se rendre
01:03:42régulièrement sur le territoire français.
01:03:44Le droit des visas au niveau européen permet
01:03:46de suspendre la délivrance de ces visas aux pays qui ne
01:03:48coopèrent pas. Il y a une spécificité en Europe,
01:03:50c'est la spécificité italienne, puisque
01:03:52Giorgia Meloni a réussi à négocier directement
01:03:54avec les trois pays du Maghreb, Tunisie, Algérie
01:03:56et Maroc, pour qu'il
01:03:58récupère les ressortissants
01:04:00sous aucu, alors TI,
01:04:02obligation de quitter le territoire italien,
01:04:04ça se dit ainsi.
01:04:06Un pays, semble-t-il, réussi.
01:04:10Allez-y, tous en même temps, les questions
01:04:12s'il vous plaît. Qui commence, Philippe ?
01:04:14Allez-y.
01:04:18Les demandeurs d'avis en Allemagne
01:04:20sont très nombreux.
01:04:22Est-ce qu'il y a des pays
01:04:24qui règlent bien le problème
01:04:26des gens, une fois que leur demande
01:04:28a été rejetée ?
01:04:30En France,
01:04:32la Cour des comptes nous dit que 96%
01:04:34des déboutés du droit d'asile
01:04:36restent sur le territoire après le rejet de leur dossier.
01:04:38C'est un problème partout en Europe, hélas.
01:04:40La difficulté étant que beaucoup de ces demandeurs d'asile
01:04:42viennent de pays, soit au gouvernement instable
01:04:44soit qui ne coopèrent pas dans la réadmission.
01:04:46Donc la vraie question est plutôt, en amont,
01:04:48comment fait-on pour réduire le flux d'entrée des demandeurs
01:04:50d'asile, et en particulier des demandeurs d'asile
01:04:52dont on sait qu'ils ne remplissent pas les critères pour
01:04:54obtenir ce statut ? On va continuer à en parler, on va se rendre
01:04:56à Matignon, puisque ce conseil interministériel
01:04:58sur l'immigration va commencer à 14h.
01:05:00Merci, vous tenez bien
01:05:02la chaleur de ce qui se passe
01:05:04à Matignon, et on retrouve notre journaliste
01:05:06Dunia Tengour. Alors,
01:05:08Dunia, ce comité existait
01:05:10auparavant, il a été réactivé
01:05:12semble-t-il après l'attaque
01:05:14islamiste à Mulhouse, et on nous prévient
01:05:16qu'il s'agit de parler, pas seulement
01:05:18des individus sous OQTF,
01:05:20mais du sujet migratoire plus largement.
01:05:22C'est le cas ?
01:05:24C'est cela,
01:05:26Sonia. Alors, petite rectification,
01:05:28ce comité
01:05:30interministériel autour du contrôle
01:05:32de l'immigration était prévu avant
01:05:34cette attaque de Mulhouse.
01:05:36Ça commence, vous l'avez dit, à 14h,
01:05:38sous l'autorité du Premier ministre
01:05:40François Bayrou. Plusieurs membres du
01:05:42gouvernement sont invités à prendre
01:05:44part aux discussions, parmi eux
01:05:46Bruno Retailleau, Gérald Darmanin
01:05:48ou encore Jean-Noël Barraud.
01:05:50Au programme des échanges, maîtrise
01:05:52des flux migratoires, mesure d'éloignement
01:05:54pour les personnes en situation
01:05:56irrégulière ou encore
01:05:58politique des visas. L'objectif
01:06:00recherché, Sonia, c'est bien de mener
01:06:02une politique transversale en matière
01:06:04d'immigration et s'assurer
01:06:06de l'exécution rapide des
01:06:08mesures déployées. Reste
01:06:10à savoir si ce comité débouchera
01:06:12sur une politique migratoire
01:06:14lisible du gouvernement
01:06:16qui va réussir,
01:06:18disons-le, à allier le contrôle
01:06:20des frontières, mais aussi
01:06:22la diplomatie et ainsi
01:06:24mettre d'accord à la fois le
01:06:26ministère de l'Intérieur et
01:06:28le Quai d'Orsay. Ce n'est pas une
01:06:30mince affaire.
01:06:32En tout cas, ce que je peux d'ores et
01:06:34déjà vous dire, c'est qu'une prise de parole
01:06:36de François Bayrou est attendue
01:06:38à l'issue de ce comité interministériel,
01:06:40Sonia. Effectivement, je vous remercie
01:06:42Donia Attengour. On va écouter, il était notre
01:06:44invité tout à l'heure, l'ancien ambassadeur
01:06:46en Algérie, Xavier Driancourt,
01:06:48sur ce qu'il faudrait faire en réalité.
01:06:50Déjà, l'ambiguïté stratégique,
01:06:52c'est-à-dire ne pas annoncer ce qu'on va
01:06:54faire, mais le faire, ce qu'on n'a pas fait
01:06:56depuis des semaines. Écoutons-le.
01:06:58Je crois qu'il y a une situation très paradoxale
01:07:00aujourd'hui, parce que d'un côté,
01:07:02il y a eu tous ces événements des derniers
01:07:04jours, Mulhouse, mais aussi Robert
01:07:06Ménard, les influenceurs,
01:07:08Boilem Sansalle,
01:07:10évidemment, et
01:07:12face à cela, nous avons l'impression,
01:07:14vous l'avez dit, que le gouvernement
01:07:16ne fait rien, ou appuie sur le bouton,
01:07:18mais ça ne répond pas.
01:07:20Et en même temps,
01:07:22il mène une politique, je dirais,
01:07:24contradictoire, parce qu'au même moment,
01:07:26on envoie Mme Rachida Dati
01:07:28au Sahara Occidentaux,
01:07:30ce qui est vu comme une provocation
01:07:32majeure par l'Algérie. Donc, d'un côté,
01:07:34nous ne réagissons pas
01:07:36aux provocations
01:07:38de l'Algérie, et d'un autre,
01:07:40on fait nous-mêmes une provocation,
01:07:42et aujourd'hui, c'est Gérard Larcher,
01:07:44président du Sénat,
01:07:46le troisième personnage de l'État,
01:07:48dans l'ordre protocolaire, qui est lui-même
01:07:50au Sahara Occidental.
01:07:52Alors, on est dans une impasse.
01:07:54Voilà, une impasse.
01:07:56On va marquer une pause.
01:07:58Je vous remercie, Nicolas Pouvremonti,
01:08:00c'est toujours carré, et ça nous permet
01:08:02d'alimenter
01:08:04nos débats. On va parler dans quelques
01:08:06instants de ce qui s'est passé
01:08:08en Seine-Saint-Denis, et là encore,
01:08:10soutien à nos policiers, avec cette
01:08:12attaque d'un homme muni de deux
01:08:14couteaux. Nous parlons également, autre
01:08:16sujet, de la fermeture. C'est dans
01:08:18quelques heures de C8, et vous allez le voir,
01:08:20de nouvelles réactions politiques.
01:08:22A tout de suite.
01:08:26Merci d'être
01:08:28avec nous. Dans quelques instants, nous parlons
01:08:30de cette attaque, cette agression de
01:08:32policiers aux couteaux, par
01:08:34un homme en Seine-Saint-Denis, qui a été
01:08:36neutralisé, qui a été abattu. On va revenir
01:08:38avec vous, Denis Jacob, sur
01:08:40cette situation. Mais tout d'abord, le rappel des titres
01:08:42avec Somaïa Labidi. À la une de
01:08:44l'actualité, Sonia a lâché de ballons priviaux
01:08:46aux trocadéros à Paris, pour honorer
01:08:48les mémoires de Chiri Bibas, et
01:08:50de ses deux enfants, Ariel et Kfir,
01:08:52inhumés aujourd'hui en Israël.
01:08:54Et comme vous pouvez le voir sur ces images, des dizaines
01:08:56de personnes se sont déplacées pour assister
01:08:58à ce rassemblement symbolique.
01:09:00Des chercheurs
01:09:02du CNRS passent aux aveux, après
01:09:04l'attaque contre le consulat de Russie à Marseille.
01:09:06Interpellés lundi soir, les deux
01:09:08scientifiques, un ingénieur et un chimiste,
01:09:10disent avoir agi pour la cause ukrainienne.
01:09:12Et puis, la réunion,
01:09:14placée en alerte orange cyclonique,
01:09:16à partir de cet après-midi, 14h,
01:09:18à cause de l'arrivée de la tempête
01:09:20tropicale Garance. Conséquence,
01:09:22fermeture de toutes les écoles
01:09:24de l'île, alors que la population se prépare
01:09:26au pire.
01:09:28Merci, Somaïa. Un homme qui a attaqué des
01:09:30policiers au couteau à Duny, en Seine-Saint-Denis,
01:09:32a été abattu. L'homme était porteur d'un couteau à chaque
01:09:34main. Il s'est jeté sur les forces de l'ordre.
01:09:36L'un des policiers a d'abord fait usage
01:09:38de son pistolet électrique,
01:09:40qui est resté inefficace,
01:09:42parce que l'individu portait plusieurs
01:09:44couches de vêtements. Et c'est là qu'un autre agent
01:09:46a fait usage de son arme.
01:09:48Je voudrais tout d'abord qu'on écoute le maire adjoint
01:09:50à la sécurité de la ville, puis on en parle juste après.
01:09:54Un SDF
01:09:56a brandi des couteaux envers les policiers
01:09:58nationaux qui passaient par là.
01:10:00Donc,
01:10:02il était apparemment très énervé,
01:10:04etc. Donc, ils ont essayé de le raisonner,
01:10:06de le calmer.
01:10:08Ça ne marchait pas. Ils ont essayé,
01:10:10avec un PIE, de l'arrêter.
01:10:12Mais là, s'il avait des couches de vêtements
01:10:14très importantes sur lui, ça n'a pas marché.
01:10:16Et il a brandi des couteaux.
01:10:18Il est venu vers les policiers avec les couteaux,
01:10:20peut-être dans l'idée
01:10:22de faire quelque chose. Et donc, les policiers
01:10:24ont été obligés de sortir leur arme létale.
01:10:28Et on a appris que, regardez,
01:10:30puisque c'est une enquête, quand il y a maintenant
01:10:32un mort, le policier auteur
01:10:34du tir est en audition libre.
01:10:36De source policière, pas en garde à vue.
01:10:38C'est plutôt une bonne chose.
01:10:40Je ne vais pas revenir sur les affaires du passé,
01:10:42où on a eu
01:10:44des mouvements de mécontentement
01:10:46légitime des policiers,
01:10:48où, avant même qu'une enquête soit terminée,
01:10:50le policier était
01:10:52au mieux suspendu,
01:10:54au pire placé en détention provisoire.
01:10:56Donc, moi, je suis de ces partisans
01:10:58de dire que tant qu'une enquête n'est pas close,
01:11:00une mise en détention provisoire
01:11:02d'un policier ne se justifie pas.
01:11:04Là, en l'occurrence, à Duny,
01:11:06il faut souligner le sang-froid
01:11:08et le professionnalisme des policiers,
01:11:10parce que, vous savez, j'ai été moi-même confronté dans ma carrière.
01:11:12Vous avez un millième de fraction de seconde
01:11:14pour savoir si vous allez tirer ou pas,
01:11:16et si vous êtes dans les conditions de la légitime défense.
01:11:18Là, les collègues, ils ont pris le temps d'essayer
01:11:20de neutraliser, avec une arme non létale,
01:11:22la personne qui était très menaçante.
01:11:24Le maire adjoint l'a rappelé.
01:11:26Il avait un couteau dans chaque main,
01:11:28particulièrement agressif.
01:11:30A priori, il s'agirait d'un sans-domicile fixe,
01:11:32puisque des informations que j'ai pu avoir
01:11:34très, très rapidement,
01:11:36il y a quelques instants,
01:11:38il serait connu de la ville de Duny
01:11:40comme étant un sans-domicile fixe.
01:11:42Ça sera l'enquête qui déterminera
01:11:44l'identité, qui n'est pas encore connue.
01:11:46Mais les policiers ont réagi
01:11:48comme ils le devaient,
01:11:50et en finalité, ils n'ont pas eu d'autre
01:11:52possibilité que d'utiliser l'arme de service
01:11:54pour neutraliser...
01:11:56Après avoir utilisé le pistolet électrique.
01:11:58Ils ont pris
01:12:00toutes les mesures
01:12:02avant d'utiliser
01:12:04l'acte ultime de l'arme à feu.
01:12:06Mais quelles que soient
01:12:08les motivations, le mobile,
01:12:10le porteur de couteau, cette épidémie,
01:12:12cette litanie
01:12:14d'utilisation du couteau,
01:12:16c'est pas le couteau en tant que tel,
01:12:18c'est surtout la violence.
01:12:20Pourquoi un individu,
01:12:22semble-t-il, SDF,
01:12:24connu de la ville,
01:12:26à des policiers qu'il peut-être côtoie
01:12:28assez souvent dans la ville,
01:12:30ce qu'il faut souligner, c'est qu'aujourd'hui,
01:12:32les représentants des forces de l'ordre
01:12:34sont devenus des cibles.
01:12:36Alors, soit vraiment,
01:12:38c'est ciblé parce que c'est l'uniforme,
01:12:40soit il y a quand même des cas psychiatriques
01:12:42et qui restent...
01:12:44Mais à la fin, c'est toujours la même chose.
01:12:46Malheureusement, je dirais,
01:12:48ça fait partie de notre métier, et c'est pas nouveau
01:12:50que nous sommes des cibles.
01:12:52Je rappelle quand même
01:12:54la grande manifestation de policiers en 2001
01:12:56où on avait mis une cible dans le dos
01:12:58lors de nos manifestations en marquant
01:13:00qu'on n'était pas des lapins.
01:13:02On n'est pas là pour être tirés comme des lapins.
01:13:04C'était suite à l'affaire des deux policiers
01:13:06qui avaient été tués par
01:13:08le criminel, dit le chinois,
01:13:10dans le Val-de-Marne à l'époque.
01:13:12Donc malheureusement,
01:13:14c'est pas nouveau.
01:13:16Mais c'est vrai que la violence
01:13:18est exponentielle,
01:13:20de plus en plus forte.
01:13:22Et ce qui est le plus compliqué pour nous,
01:13:24c'est que sur une intervention au départ,
01:13:26somme toute, a priori banale,
01:13:28peut se transformer en un drame.
01:13:30Et ça, c'est le quotidien
01:13:32dans toutes les missions, que ce soit les policiers,
01:13:34les gendarmes, les policiers municipaux.
01:13:36Et les agents pénitentiaires,
01:13:38où je veux en venir avec l'ennemi
01:13:40public n°1, l'ancien fugitif
01:13:42Mohamed Hamra, avec
01:13:44quand même cette phrase du garde des Sceaux
01:13:46qui a reconnu une faille,
01:13:48et la mauvaise appréhension
01:13:50de la dangerosité de cet individu.
01:13:52Alors maintenant, on nous donne par le menu
01:13:54presque comment il va vivre
01:13:56dans la prison.
01:13:58Comment le policier que vous êtes voit tout ça ?
01:14:00Là, on sait combien il va se promener,
01:14:02combien d'heures, qui va téléphoner,
01:14:04s'il va croiser quelqu'un. Pourquoi tous ces détails ?
01:14:06Alors déjà, moi je suis choqué.
01:14:08Je le dis très clairement.
01:14:10J'ai plutôt une pensée
01:14:12pour les deux collègues de la pénitentiaire
01:14:14qui ont été tués, et leurs familles
01:14:16qui sont endeuillées à vie,
01:14:18et qui vont subir les conséquences
01:14:20pendant toute leur vie.
01:14:22Je pense que Gérald Darmanin
01:14:24est dans une démarche de communication
01:14:26par rapport à toutes les annonces qui ont été faites
01:14:28sur le gros centre,
01:14:30réservé aux plus gros, sans
01:14:32narcotrafiquants,
01:14:34et de montrer qu'il y a vraiment une volonté
01:14:36des autorités d'être fermes
01:14:38dans l'enfermement de la personne
01:14:40avec une restriction. Et quand on va en prison,
01:14:42on n'y va pas pour avoir des libertés,
01:14:44à mon avis,
01:14:46on n'y va pas pour avoir des libertés,
01:14:48on y va plutôt pour justement
01:14:50être bel et bien enfermés.
01:14:52Il y avait des massages, alors.
01:14:54Oui, mais vous savez, c'est comme
01:14:56les déclarations qu'il a faites.
01:14:58Un quotidien en prison, ce n'est pas une colonie de vacances,
01:15:00quand on voit...
01:15:02J'avais pas terminé.
01:15:04En maison d'arrêt, quand on voit le taux
01:15:06de surpopulation, on ne peut pas dire
01:15:08que les conditions de détention
01:15:10c'est la colonie de vacances.
01:15:12D'ailleurs, nous sommes concernés par le problème des droits de l'homme.
01:15:14Je suis d'accord avec vous sur la problématique
01:15:16de surpopulation carcérale,
01:15:18mais enfin, vous savez,
01:15:20vous avez des détenus qui ont bien plus
01:15:22de choses mises à leur disposition
01:15:24pour occuper leur temps
01:15:26que des Français qui n'ont pas
01:15:28les moyens de s'acheter.
01:15:30Télé, console de jeu,
01:15:32table de ping-pong et autres.
01:15:34Ce sont d'ailleurs
01:15:36les gros truands qui, en prison,
01:15:38j'ai bien connu Ferrara,
01:15:40bénéficient du régime le plus favorable
01:15:42parce qu'en général, ils font peur.
01:15:44Et deuxième élément,
01:15:46c'est le pédopsychiatre
01:15:48Maurice Berger qui avait énoncé
01:15:50cette évidence en disant
01:15:52qu'il faut que le régime en prison
01:15:54soit tout de même plus contraignant
01:15:56que celui qu'ils vivent
01:15:58à l'extérieur.
01:16:00Sinon, ils ont envie
01:16:02de continuer à l'extérieur.
01:16:04Mais cette surcommunication
01:16:06sur ces centres pénitentiaires peut-être
01:16:08à un jour nous revenir en boomerang
01:16:10parce que le jour où il y aura,
01:16:12on ne l'espère absolument pas,
01:16:14une évasion, un risque d'évasion.
01:16:16Il y a déjà eu un attentat
01:16:18en plus dans cette prison, me semble-t-il.
01:16:20Une attaque.
01:16:22Je sais qu'il y en a eu,
01:16:24mais je ne sais pas si c'est arrivé sur ça.
01:16:26Le jour où il y a quand même un problème,
01:16:28là on va se dire, attendez, vous nous avez promis
01:16:30la plus haute sécurité, les conditions extrêmes
01:16:32et regardez qu'il y a quand même des failles.
01:16:34Très clairement, Sonia. Moi, je ne suis pas convaincu
01:16:36de l'efficacité de la mesure
01:16:38qu'il souhaite prendre.
01:16:40L'exemple italien, on est d'accord.
01:16:42Imaginez qu'on mette au même endroit
01:16:44les 100 plus gros narcotrafiquants,
01:16:46là ce n'est pas une petite évasion par hélicoptère
01:16:48qu'on va avoir.
01:16:50C'est peut-être des actions
01:16:52armées, lourdement armées
01:16:54pour libérer des gros bonnets.
01:16:56Quand Gérald Darmanin dit qu'on n'est pas à l'abri
01:16:58à ce que ça se reproduise,
01:17:00ce n'est pas nouveau, je vous rappelle Rédouane Faïd.
01:17:02Il s'est évadé combien de fois ?
01:17:04Trois, quatre fois ?
01:17:06Je crois Denis tout de même
01:17:08de la part d'un gardesseau
01:17:10qui a l'honnêteté de dire qu'il avait
01:17:12commis une erreur avant.
01:17:14C'est tellement rare
01:17:16que pour ma part,
01:17:18je le félicite.
01:17:20Non, mais je ne remets pas en cause la démarche
01:17:22de Gérald Darmanin. Il faut trouver des solutions
01:17:24pour éviter justement
01:17:26qu'une évasion comme celle-là se reproduise.
01:17:28Mais je ne suis pas sûr...
01:17:30Il a fait des déplacements en Italie. Est-ce que l'exemple italien
01:17:32est efficace ?
01:17:34Quand on avait dit pour les islamistes
01:17:36les plus dangereux qu'il fallait les regrouper,
01:17:38puis après on s'est dit, ah ben non.
01:17:40C'est un nid à radicalisation,
01:17:42comme si de toute façon ils avaient besoin les uns des autres pour se radicaliser.
01:17:44Mais on s'est dit, mauvaise idée.
01:17:46Là, j'espère qu'on ne va pas détricoter
01:17:48ce qu'on va essayer.
01:17:50L'idée est bonne,
01:17:52mais à condition
01:17:54qu'on ait un établissement
01:17:56qui soit hyper sécurisé,
01:17:58ultra sécurisé justement
01:18:00pour le placement de ces individus-là.
01:18:02Je ne suis pas sûr qu'on ait le bâtiment...
01:18:04Je ne suis pas sûr que le bâtiment,
01:18:06il existe à ce jour.
01:18:08Et puis derrière, il faut les moyens matériels
01:18:10et les moyens humains.
01:18:12Et aujourd'hui, a priori,
01:18:14on ne les a pas.
01:18:16Donc l'idée, ok, mais il faut que derrière
01:18:18il y ait tous les moyens immobiliers,
01:18:20mobiliers, humains.
01:18:22Ce régime d'isolement,
01:18:24il a débuté.
01:18:26Nous sommes sur place devant
01:18:28ce centre pénitentiaire
01:18:30de Condé-sur-Sarthe avec notre journaliste
01:18:32Adrien Spiteri.
01:18:34C'est vrai, Adrien, que nous avons
01:18:36tous les détails de cette incarceration
01:18:38et de cet isolement.
01:18:42Oui, exactement. Sonia Mohamed Amra
01:18:44a passé ici sa première nuit en détention
01:18:46au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe,
01:18:48une prison de très haute sécurité.
01:18:50Elle fait d'ailleurs partie des prisons
01:18:52qui pourraient accueillir à partir de juillet prochain
01:18:54les 100 plus gros narcotrafiquants français.
01:18:56Ce matin, le garde des Sceaux Gérald Darmanin
01:18:58a donné des détails sur les conditions
01:19:00de sa détention. Il va être
01:19:02surveillé 24 heures sur 24.
01:19:04Ses balades quotidiennes ne dureront qu'une heure.
01:19:06Il sera évidemment tout seul et toutes
01:19:08ses conversations téléphoniques également
01:19:10seront écoutées. Mohamed Amra,
01:19:12il a été mis en examen
01:19:14hier pour meurtre, tentative de meurtre
01:19:16et évasion, le tout en bande
01:19:18organisée. Cette évasion avait eu lieu
01:19:20en mai dernier. Ce jour-là,
01:19:22deux agents pénitentiaires avaient
01:19:24perdu la vie dans une attaque à la voiture
01:19:26bélier et au fusil d'assaut.
01:19:28Depuis, Mohamed Amra était en
01:19:30cavale. Neuf mois de cavale, il a été
01:19:32retrouvé samedi avec
01:19:34de l'argent liquide et de faux papiers sur lui.
01:19:36Selon la police roumaine, Mohamed
01:19:38Amra tentait de changer d'identité,
01:19:40de faire de la chirurgie esthétique avant
01:19:42de partir en Colombie. Il aura été aidé
01:19:44également par deux complices, un Albanais
01:19:46et un Français. Depuis son arrestation,
01:19:48plus de 20 gardes à vue
01:19:50ont eu lieu. Pour le moment, Mohamed
01:19:52Amra clame toujours son innocence.
01:19:54Il a gardé aussi le silence face
01:19:56au juge hier soir.
01:19:58Pour le moment, Mohamed Amra risque
01:20:00la prison à perpétuité.
01:20:02Merci beaucoup Adrien Spiteré
01:20:04et qu'on apprend par Adrien qu'il a
01:20:06aussi gardé le silence.
01:20:08De toute façon, compte tenu de ses premières réactions,
01:20:10toute coopération semblait illusoire
01:20:12mais on va suivre cela.
01:20:14De près, rappeler aussi évidemment,
01:20:16d'abord c'est la mémoire de ces deux agents
01:20:18pénitentiaires, père de famille
01:20:20abattu froidement et cette
01:20:22attaque à l'armelot dans des armes de guerre.
01:20:24Pleine de guerre.
01:20:26On ne peut pas croire
01:20:28qu'il n'y avait pas une organisation criminelle
01:20:30derrière cette évasion.
01:20:32Ils l'ont tué immédiatement.
01:20:34Je suis assez choqué.
01:20:36Je ne veux même pas reprendre ce qu'il a dit
01:20:38mais qu'un média puisse retransmettre
01:20:40comme quoi
01:20:42il n'y avait pas de quoi pleurer.
01:20:44Non, nous ne l'avons pas fait effectivement.
01:20:46Honnêtement,
01:20:48moi je suis sidéré que
01:20:50il se donne une tribune
01:20:52qui renforce,
01:20:54qui valorise.
01:20:56Il est traversé ainsi l'aéroport international
01:20:58de Bucarest comme s'il allait chercher
01:21:00sur le tapis roulant son...
01:21:02Pourquoi on ne peut pas prendre
01:21:04du tarmac directement dans une voiture ?
01:21:06C'est ce qu'ils auraient fait en France.
01:21:08C'est ce qu'ils auraient peut-être fait en France.
01:21:10Chaque police fonctionne différemment
01:21:12mais il faut quand même souligner
01:21:14qu'il y a eu un travail
01:21:16particulièrement efficace
01:21:18et dans l'ombre
01:21:20de cette police judiciaire
01:21:22qu'on a voulu démanteler il n'y a pas si longtemps que cela
01:21:24qui a fait un travail très efficace
01:21:26dans une coopération
01:21:28européenne tip-top
01:21:30parce qu'il ne faut pas oublier
01:21:32qu'Amra est interpellé
01:21:34et que dans le même temps, quasiment,
01:21:36il y a des interpellations partout en Espagne,
01:21:38en Normandie
01:21:40et que ça démontre bien l'organisation d'enquête
01:21:42qui a été mise en place
01:21:44par la police judiciaire pour que simultanément
01:21:46tous ceux qui sont
01:21:48dans cette affaire
01:21:50de près ou de loin soient interpellés
01:21:52en même temps pour éviter des fuites
01:21:54et ça c'est quand même particulièrement à souligner.
01:21:56Il nous reste quelques minutes
01:21:58vous le savez, on évoque
01:22:00l'émotion autour de la fermeture
01:22:02de la chaîne C8
01:22:04beaucoup de réactions politiques je vous le disais
01:22:06on va tout d'abord écouter Laurent Wauquiez
01:22:08qui s'est exprimé à ce sujet.
01:22:10C'est un organisme administratif
01:22:12qui n'a pas de légitimité démocratique
01:22:14et qui va à l'arrivée
01:22:16décider à la place des Français
01:22:18au fond, quelle chaîne a un droit de vie ou de mort.
01:22:20Et on ne m'empêchera pas
01:22:22de penser que derrière ça
01:22:24évidemment, il y a un
01:22:26arrière-plan idéologique et que
01:22:28au fond, c'est parce que ce que dit
01:22:30C8 ne correspond pas à ce qu'il faudrait dire
01:22:32qu'à l'arrivée l'Arkham les sanctionne.
01:22:34A l'instant également
01:22:36la réaction de Marine Le Pen
01:22:38sur le réseau social X. Dans quelques
01:22:40heures, C8 cessera d'émettre par une décision
01:22:42partielle, unique et unique
01:22:44dans nos démocraties occidentales.
01:22:46Une chaîne de télévision est condamnée par le
01:22:48principe de la censure politique sous la pression
01:22:50d'une extrême-gauche au relan totalitaire
01:22:52affirmée et les soupçons de plus
01:22:54en plus lourds d'interférences du pouvoir
01:22:56et de ses relais administratifs.
01:22:58On ne peut être que scandalisé par l'insoutenable
01:23:00légèreté dont font preuve ceux qui
01:23:02légitiment cette décision
01:23:04oubliant que la liberté, ce droit fondamental
01:23:06protégé par la Constitution
01:23:08c'est toujours la liberté de celui qui pense
01:23:10autrement. Et moi je
01:23:12m'interroge toujours pourquoi
01:23:14comment se fait-il que les censeurs d'aujourd'hui
01:23:16ne se rendent pas compte
01:23:18qu'ils seront les censurés de demain ?
01:23:20C'est l'histoire bégaie dans ce domaine.
01:23:22Sonia, c'est que je pense
01:23:24que beaucoup de gens
01:23:26après avoir affiché abstraitement
01:23:28leur passion de la liberté
01:23:30d'expression, ne la veulent pas
01:23:32pour ceux qui ne pensent pas comme eux.
01:23:34C'est une réaction
01:23:36d'Odi Jacob. Moi je suis un
01:23:38spectateur comme tout le monde et moi je suis
01:23:40particulièrement choqué de la fermeture de C8
01:23:42comme NRJ12 d'ailleurs.
01:23:44Parce qu'on ferme
01:23:46C8
01:23:48comme argument, c'est le procès de
01:23:50Cyril Hanouna et TPMP.
01:23:52Une émission que je ne regarde pas, je le dis très honnêtement
01:23:54mais par contre je regarde d'autres émissions
01:23:56sur C8 et notamment celle
01:23:58pour laquelle j'ai un attachement
01:24:00puisque j'adore les animaux. Cette émission
01:24:02animalière où les deux
01:24:04présentatrices
01:24:06ont fait beaucoup pour faire avancer
01:24:08la cause animale et le travail de la
01:24:10SPA en diffusant régulièrement
01:24:12des émissions et j'ai vu d'ailleurs
01:24:14la dernière. Beaucoup d'émotions.
01:24:16Et franchement, quand
01:24:18on sait que derrière on a 400 personnes
01:24:20qui vont perdre
01:24:22leur emploi, elles le retrouveront peut-être
01:24:24mais il y en a qui ne le retrouveront peut-être pas
01:24:26et faire
01:24:28l'histoire d'une émission
01:24:30d'une personne...
01:24:32Elles ne le retrouveront pas en tout cas comme
01:24:34semblait présenter le président
01:24:36Mais bien sûr, comme s'il fallait traverser la rue
01:24:38pour aller trouver...
01:24:40On pouvait aller sur des chaînes qui n'auront pas les moyens
01:24:42d'accueillir 400 personnes.
01:24:44Mais on le peut très facilement, il suffit de traverser la route.
01:24:46Et pardonnez-moi pour ceux qui affirment que
01:24:48la décision de l'ARCOM n'a pas entraîné
01:24:50la fermeture. Le non-renouvellement
01:24:52de la fréquence de fait
01:24:54entraîne une fermeture
01:24:56et malheureusement la mise
01:24:58au chômage sur le carreau
01:25:00de centaines de personnes. Ce qui est
01:25:02dommage, c'est de ne pas avoir tout le spectre politique
01:25:04réagir.
01:25:06Quel que soit
01:25:08ce qu'on pense...
01:25:10Et on voit bien derrière
01:25:12toutes les frustrations,
01:25:14les agreurs, tous les jaloux
01:25:16qui sont heureux de voir
01:25:18une personne talentueuse, stigmatisée
01:25:20et ratée.
01:25:22Je dis qu'on aime ou qu'on n'aime pas, c'est une forme de déposition.
01:25:24Comment vous pouvez, dans un pays libre...
01:25:26Sinon vous avez une télécommande...
01:25:28Ça va créer beaucoup de ressentiments
01:25:30parce qu'on a beaucoup de personnes qui nous disent
01:25:32la vie est difficile et c'était notre
01:25:34petit moment de bonheur, de fin de journée.
01:25:36Ça va beaucoup déstabiliser
01:25:38la TNT, beaucoup.
01:25:40Ceux qui pensent faire une opération
01:25:42profitable en éliminant
01:25:44le premier, sous-estiment
01:25:46la déflagration que cela aura.
01:25:48Et ça va créer en effet
01:25:50du ressentiment.
01:25:52Et même au-delà des téléspectateurs, Olivier, ça inquiète beaucoup
01:25:54de Français, je pense, de l'affaissement
01:25:56de la liberté d'expression.
01:25:58On se demande comment, dans un pays tel que le nôtre,
01:26:00on peut fermer une chaîne.
01:26:02Je me demande comment je vais faire avec mes élèves
01:26:04pour expliquer la différence entre un régime totalitaire
01:26:06et une démocratie.
01:26:08Vraiment ? On ferme une chaîne
01:26:10de télévision ?
01:26:12Vous aviez dit quelque chose qui m'avait beaucoup interpellé.
01:26:14Attendez, pour rester dans la
01:26:16mesure aussi qui va être la nôtre.
01:26:18Vous avez dit...
01:26:20C'est un autre domaine.
01:26:22Charlie Hebdo, je ne fais aucune comparaison.
01:26:24Comment vous expliquez la liberté
01:26:26dans un domaine qui a quand même de la presse ?
01:26:28Et expliquez qu'une chaîne
01:26:30ferme, il est vrai, il y a eu
01:26:32des sanctions et les amendes ont été
01:26:34payées et réglées.
01:26:36On ne juge jamais deux fois
01:26:38les mêmes faits.
01:26:40Olivier, je ne pense pas être excessif.
01:26:42Vraiment, c'est une question que je me pose.
01:26:44C'est double.
01:26:46Vous saluez vos élèves ? Je ne vous l'ai jamais dit.
01:26:48Je ne sais pas s'ils nous regardent.
01:26:50Je les salue avec grand plaisir et je vais les retrouver lundi.
01:26:52Je ne suis pas sûr qu'ils aient hâte.
01:26:54Est-ce que ça sera la fin des vacances ?
01:26:56Très heureux de les retrouver.
01:26:58J'espère qu'ils seront en pleine forme.
01:27:00Vous, vous le serez en tous les cas.
01:27:02On vous a mis en pleine forme.
01:27:04Merci, c'était un plaisir de vous avoir autour de la table.
01:27:06C'est déjà fini.
01:27:08Vous voulez qu'on reste ensemble ?
01:27:10On voudrait.
01:27:12Ne dites pas tout.
01:27:14C'est à la fin que je veux parler.
01:27:16Déjà, je retrouve nos téléspectateurs
01:27:18demain pour la grande interview.
01:27:20Je vous dis à très bientôt.
01:27:22À l'après-midi.