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00:00Avec Alexandre Devecchio, bonsoir Alexandre, Jules Thorez, merci d'être avec nous,
00:04Thorez, pardon, Jean-Christophe Coville, policier, merci d'être là,
00:08Édouard Tetreault, conseiller de dirigeant d'entreprise, bonsoir Édouard,
00:11on parlera économie tout à l'heure, pas vraiment économie en fait, proposition.
00:15Voilà.
00:16Vous n'aimez pas qu'on parle d'économie, on va parler de proposition.
00:18Naïma Imphadel-Essayis, bonsoir, Jean-Sébastien Ferjou, bonsoir à vous.
00:21On commence évidemment par François Bayrou, il a fait une conférence de presse cet après-midi
00:25après un comité interministériel, qu'a-t-il annoncé réellement ?
00:29Est-ce qu'il y a des avancées très claires, très nettes pour répondre à la demande des Français
00:34de fermeté vis-à-vis de l'immigration illégale ?
00:36On fait le point tout de suite avec Dunia Tengour et Pierre Emko qui se trouvent devant Matignon.
00:42Oui, Laurence, après plus de deux heures et demie de réunion,
00:45le comité interministériel sur le contrôle de l'immigration s'est achevé.
00:49Le Premier ministre François Bayrou a ensuite pris la parole pour préciser les contours de cette rencontre.
00:55Une prise de parole du Premier ministre longuement consacrée à l'Algérie,
00:58allant jusqu'à parler de la remise en cause des accords franco-algériens de 1968,
01:04si les autorités algériennes continuent à ne pas respecter la reprise des citoyens algériens expulsés.
01:10Le ton était ferme, mais François Bayrou appelle le régime algérien à prendre ses responsabilités.
01:16Il a également évoqué le sort de l'écrivain Boalem Sansal.
01:20Reste à savoir si ce comité interministériel réussira à passer de la parole aux actes
01:26et pourra mettre en pratique une politique migratoire ferme et lisible,
01:32mêlant à la fois fermeté et diplomatie.
01:36En même temps, entre la diplomatie et la fermeté,
01:39Jules Thorez, François Bayrou dit qu'il éventuellement va réexaminer les accords de 1968,
01:44mais dans six semaines, et qu'il demande un audit sur la situation d'immigration illégale.
01:49Oui, c'est ce que la porte-parole du gouvernement hier avait qualifié de polyphonie gouvernementale.
01:54C'est-à-dire qu'on l'a bien vu, François Bayrou, à ses côtés, il avait Elisabeth Borne, Jean-Noël Barraud,
01:58l'aile gauche, il avait à droite M. Retailleau, M. Buffet, ministre auprès du ministre de l'Intérieur,
02:03et là encore, François Bayrou, qui est le créateur finalement du macronisme, fait le bayrouisme,
02:09c'est-à-dire une sorte de « en même temps » où on découvre que le droit d'asile est dévoyé,
02:14ce qu'on savait, que nos frontières sont des passoires, ce qu'on savait.
02:18Mais on sait tout ça, c'est ça qui me surprend en fait, Jules.
02:21Le problème, c'est qu'on s'attendait à des choses très concrètes avec ce comité,
02:24mais on aurait dû se dire qu'en créant un comité, c'est comme le conclave sur les retraites,
02:27on ne doit rien en attendre.
02:29La petite chose qu'on peut retenir, c'est que François Bayrou,
02:33il met la pression un petit peu plus sur Emmanuel Macron,
02:36parce que les accords de 68, ce n'est pas François Bayrou ni Bruno Rotailleau
02:39qui va aller les négocier avec Abdelmajid Tebboune.
02:42La question des visas, il y a certes Bruno Rotailleau qui a une partie de l'exécution des visas,
02:47il y a le ministre des Affaires étrangères, mais c'est le président de la République
02:50qui doit ordonner la politique gouvernementale, la politique en tout cas du pays,
02:54sur cette question essentielle et diplomatique, et Emmanuel Macron, il doit agir.
02:58Mais est-ce qu'Alexandre Devecchio, quand on menace de revoir les accords de 68,
03:03ça fait peur à l'Algérie ? Est-ce qu'il tremble, les dirigeants algériens ?
03:06Pour l'instant, ils n'ont aucun respect pour nous, disons-le très clairement,
03:11donc ils ne tremblent pas du tout.
03:13Maintenant, peut-être qu'on peut avoir une heureuse surprise,
03:15avant même de revoir ces accords, parce que ça va mettre du temps,
03:18il y avait des choses à faire.
03:19Par exemple, les dignitaires algériens qui ont un mandat diplomatique,
03:23peuvent venir en France sans même avoir besoin de demander de visa,
03:26donc les empêcher de venir en France, compliquer leur venue en France.
03:31On a vu par exemple l'État d'Israël renvoyer Rima Hassan,
03:34a-t-elle mis le pied sur le territoire ?
03:37Donc il y aurait eu beaucoup de choses à faire avant,
03:40notamment ceux qui viennent se soigner, ceux qui ont leurs enfants dans des écoles en France.
03:44Donc là, vous pouvez commencer à leur faire peur.
03:47Maintenant, j'espère que quelque chose débouchera de tout cela.
03:50Ce qui est intéressant, c'est que tout cela est venu de Bruno Rotailleau pour le coup,
03:54je dis beaucoup que c'est le ministre de la Parole,
03:56mais là, il met la pression sur Emmanuel Macron, et c'est lui qui a la clé.
03:59Si demain, il démissionne du gouvernement, il n'y a plus de majorité pour Emmanuel Macron.
04:04Donc j'espère qu'il a conscience de cette menace-là,
04:07parce que sans la droite, on va vers une élection présidentielle anticipée.
04:11Maintenant, il faut aussi que Bruno Rotailleau soit capable d'aller jusqu'au bout de sa mise sous pression
04:16et se dire qu'il peut aller jusqu'à déclencher une crise gouvernementale.
04:20Jean-Christophe Kouviourna a appris par François Bayrou
04:22que l'individu qui a frappé à Toulouse, qui a tué un homme de 69 ans,
04:25un ressortissant portugais, avait blessé des policiers,
04:27a été refusé non pas dix, mais quatorze fois par l'Algérie.
04:30Et là, il dit que c'est l'Algérie qui est responsable de ce qui s'est passé.
04:33Et il a raison.
04:34Ce qui est terrible, c'est que c'est le système qui est grippé,
04:37c'est-à-dire que le boulot est fait par les policiers, par les juges,
04:40tout va bien jusque-là,
04:42et à un moment donné, on échoue à 30 cm du bol de sangria.
04:45C'est-à-dire qu'on n'arrive pas à éjecter cette personne,
04:48à la renvoyer là d'où elle vient.
04:50Quatorze fois, ils disent non.
04:52Mais du coup, qu'est-ce que vous en faites ?
04:54Même si on dit qu'il a signé à domicile,
04:56que tous les jours, il doit pointer au commissariat,
04:58n'empêche, c'est un individu qui est radicalisé,
05:00qui peut se balader librement sur le sol foncé.
05:02Quand on regarde un petit peu ce qui se passe...
05:04En fait, il faut se remettre en question.
05:06Il faut aussi se comparer par rapport à des pays européens.
05:08Moi, je vais à la Tchéquie, par exemple, c'est pas un pays...
05:10La Tchéquie, quand vous faites une demande d'asile,
05:12vous êtes dans un centre fermé,
05:14vous ne pouvez pas vous balader sur le pays,
05:16et une fois que votre traitement est instruit,
05:18vous êtes toujours dans le centre,
05:20soit c'est validé et vous avez l'asile,
05:22ou des papiers en règle, et vous restez sur le territoire,
05:24soit vous ne les avez pas et vous êtes accompagné à la frontière.
05:26Et pourtant, c'est validé aussi par la CEDH,
05:29par l'Europe, etc.
05:31Il faut aussi peut-être repenser un petit peu notre système
05:33et se dire qu'on n'est pas quand même au top
05:35par rapport à l'accueil qu'on fait,
05:37et par rapport surtout à comment protéger nos citoyens.
05:39C'est ça qui nous inquiète sur le terrain,
05:41c'est comment on doit protéger nos citoyens. Le boulot, il est fait.
05:43Laïma M'Faday.
05:45Pour protéger nos compatriotes,
05:47vous avez le Danemark.
05:49Le Danemark, c'est d'une manière illimitée,
05:51jusqu'à ce que vous partiez.
05:53C'est-à-dire que vous vous mettez en centre de rétention administrative,
05:55comme vous avez nos QTF,
05:57et vous restez jusqu'à ce que vous partiez.
05:59Et souvent, vous devez partir de vous-même,
06:01c'est-à-dire qu'il ne faut même pas le travail de vous raccompagner.
06:03Donc là, ça peut être...
06:05Oui, mais ça, ça peut être aussi une solution.
06:07Nous, en fait, on les remet.
06:09Et surtout qu'il était dangereux,
06:11cet individu.
06:13Il était dangereux.
06:15Donc on l'a laissé dans la nature
06:17jusqu'à ce qu'il commette ce drame terrible
06:19et qu'il tue une personne et qu'il en blesse d'autres.
06:21Édouard Tétrault.
06:23J'ai deux propositions à faire sur la gérie,
06:25mais d'abord une devinette.
06:27Qui a dit en 2023
06:29que Poutine est un ami de l'humanité ?
06:31Un ami ?
06:33Un ami de l'humanité.
06:35Et donc, un an après l'invasion russe en Ukraine,
06:37avec les Tchétchènes,
06:39le président Théboune.
06:41En fait, il faut se rappeler
06:43que si on tape
06:45d'une façon ou d'une autre,
06:47si on réagit face à l'Algérie,
06:49il ne faut pas hésiter parce que l'Algérie
06:51est l'un des partenaires historiques
06:53les plus importants de la Russie.
06:55Derrière l'Algérie, il y a la Russie.
06:57Et donc, il faut quand même
06:59se demander à un moment
07:01si c'est totalement accidentel
07:03que l'Algérie a refusé
07:0514 fois de récupérer
07:07un schizophrène ou s'il n'y a pas
07:09une intentionnalité. Ça, c'est la première chose.
07:11La deuxième chose, c'est quand
07:13vous êtes face à des gens sans foi ni loi.
07:15Et c'est la façon
07:17dont on peut qualifier le gouvernement algérien.
07:19Je ne dis pas les Algériens, mais le gouvernement
07:21algérien. Il faudra faire très attention
07:23à toujours bien cibler
07:25et pas prendre toute la population.
07:27En fait, pour taper des gens
07:29sans foi ni loi, il faut les taper au seul endroit
07:31où ils sont sensibles, c'est le portefeuille.
07:33Alexandre a tout à fait raison.
07:35Il faut, vis-à-vis de cette
07:37junte, lui fermer l'accès
07:39à Paris, à ses appartements parisiens,
07:41etc. C'est contre-bancaire aussi.
07:43C'est contre-bancaire, c'est les acquis.
07:45Et là, tout d'un coup, ça va...
07:47Vous allez voir, ça va réagir. En revanche,
07:49il faut... Mais on n'y est pas, là. On n'y est pas.
07:51Non, mais il faut... On n'y est pas.
07:53Il faut aller aussi un cran
07:55plus loin. En fait, j'ai regardé les chiffres
07:57des échanges commerciaux entre la France
07:59et l'Algérie. C'est 11 milliards.
08:01Et essentiellement, c'est du pétrole
08:03et du gaz. 7 milliards.
08:05C'est beaucoup ? Non.
08:077 milliards d'achats
08:09de pétrole et de gaz algériens.
08:11Aujourd'hui, le gaz naturel
08:13américain est moins cher
08:15pour différentes raisons. On n'a pas le temps
08:17d'évoquer. Moi, je propose que
08:19on ferme le robinet.
08:21Nous n'avons pas besoin de cette
08:23indépendance au gaz et au pétrole algérien.
08:25Il y a du gaz et du pétrole partout
08:27ailleurs dans le monde, souvent
08:29à moindre coût. Eh bien, il ne faut pas
08:31hésiter. Et rendez-vous dans
08:336 mois, 12 mois
08:35et on va voir la tête de ce régime.
08:37Allez, Jean, ça va s'y faire. Je vous donne des mots là-dessus.
08:39Il ne faut pas hésiter à montrer de la détermination.
08:41Les Algériens ont accepté sans moucheter
08:43de reprendre des citoyens algériens
08:45qui étaient en situation irrégulière aux Etats-Unis.
08:47Alors là, ils ont eu, dans des circonstances
08:49juridiques absolument semblables à celles
08:51d'Algériens expulsés venant de France.
08:53Les Algériens eux-mêmes, les associations d'aide
08:55aux migrants disent qu'ils auront
08:57rejeté des dizaines de milliers de migrants
08:59dans le désert, les laissant parfois
09:01mourir dans le désert. Quand on voit
09:03que l'Algérie considère
09:05quasiment que ça relève du crime contre l'humanité,
09:07d'expulser un criminel condamné
09:09en France vers son territoire,
09:11c'est quand même extrêmement ironique, pour dire le moins.
09:13Vous avez de raison de se rappeler
09:15qu'il y a la Russie derrière l'Algérie. Il n'y a pas que la Russie,
09:17il y a aussi la République islamique d'Iran.
09:19Quand on voit là ce qui se passe en Europe
09:21à l'heure actuelle, c'est-à-dire parce que des attaques au couteau,
09:23il n'y a pas que des phénomènes spontanés.
09:25Vous pouvez avoir des individus qui réagissent
09:27parce qu'ils sont manipulés, parce qu'ils sont déséquilibrés.
09:29Je pense que la question se pose
09:31véritablement d'opérations de déstabilisation
09:33à grande échelle du continent
09:35parce qu'il y a des régimes qui jouent
09:37cette carte-là et donc incontestablement,
09:39il faut jouer la carte de la détermination.
09:41Et dernier point, j'en finis par là. J'ai été choqué
09:43de lire aujourd'hui le procureur de Mulhouse
09:45qui a fait interpeller
09:47deux manifestants. Alors, je ne vous dis pas
09:49que je trouve ça respectable d'intervenir dans une cérémonie d'hommage
09:51ni d'aller crier des slogans.
09:53Qu'est-ce qu'ils ont fait, ces deux manifestants ?
09:55Ils ont crié à la cérémonie d'hommage
09:59de ce malheureux
10:01monsieur qui a été très courageux
10:03en voulant protéger
10:05les autres qui ont été tués. Et donc, ils ont crié
10:07exécuter les OQTF,
10:09bande de lâches, et francocide.
10:11On n'est pas obligé de penser la même chose qu'eux.
10:13Ils ont été interpellés. Le procureur de Mulhouse
10:15considère que les faits sont graves.
10:17En tout cas, dans ce qu'on a rapporté par la presse,
10:19c'est ça. Mais où en sommes-nous
10:21en termes de liberté d'expression ?
10:23Parce qu'on peut ne pas partager
10:25ces propos-là. On peut les trouver déplacés,
10:27inappropriés, tout ce qu'on veut.
10:29Mais la liberté d'expression, par principe,
10:31c'est de tolérer les choses qui nous déplaisent.
10:33Et où en sommes-nous en France aujourd'hui ?
10:35Les Français sont très clairs sur leur demande
10:37d'autorité. Je le disais tout à l'heure dans le sommaire.
10:3984% des Français dans un sondage
10:41CSAC News pour Europe 1 et le JDD
10:43demandent que l'on suspende
10:45totalement les visas des ressortissants algériens.
10:47Totalement, je parle de
10:49tous les visas, pour que l'Algérie
10:51accepte de reprendre ses ressortissants
10:53sous OQTF. Et je le teurais, c'est 84%.
10:55Quand on regarde le découpage politique,
10:57c'est très surprenant. Les gens
10:59de gauche sont d'accord.
11:01Les écologistes, c'est quasiment 69%.
11:03Que les sympathisants en Renaissance,
11:05c'est 87%.
11:07Alors que si on allait demander, par exemple, au hasard
11:09à Gabriel Attal ou à Madame Borne,
11:11je ne suis pas sûr qu'ils seraient favorables
11:13à une telle demande. Pourquoi ? Parce qu'il y a
11:15209 000 visas qui sont donnés chaque
11:17année à l'Algérie.
11:19Et pourtant, il n'y a que 470
11:21ça c'était en 2022, laissés passer consulaires
11:23qui nous sont donnés. Donc on voit bien
11:25que la balance est complètement déséquilibrée.
11:27Pourquoi ? Parce que c'est nécessaire aujourd'hui
11:29pour délivrer, pour
11:31exécuter une OQTF.
11:33Normalement,
11:35avec les Algériens, on n'est pas obligé.
11:37Mais on a bien constaté depuis maintenant une semaine,
11:39que l'Algérie bafoue complètement
11:41les accords de 68, puisque normalement,
11:43on peut être expulsé si on a
11:45des cartes d'identité. Or,
11:47R-Algérie impose désormais un laissé-passer
11:49consulaire. Donc les accords de 68,
11:51même les Algériens sont déchirés.