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Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Aujourd’hui, il revient sur les polémiques entourant la ministre de l'Education nationale, A. Oudéa-Castéra.

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Transcription
00:00 Amélie Oudéa Castera a résumé ce que beaucoup de parents pensent finalement de l'enseignement en France.
00:05 L'enseignement dans le privé est de meilleure qualité que dans le public.
00:08 Vous croyez que ça me fait plaisir de payer 7000 euros par an pour mes deux filles ?
00:12 C'est ce que m'a dit une femme d'une quarantaine d'années qui est divorcée d'ailleurs,
00:16 pour qui la scolarité de ses enfants est un budget. C'est ce qu'elle m'a dit ce week-end.
00:21 C'est vrai que le privé offre un environnement plus sécure, qu'il ait aussi un état d'esprit,
00:26 les règlements intérieurs ne badinent pas avec certains comportements,
00:29 le crop-top, le jogging, les percings sont parfois interdits.
00:33 Le privé n'est pas la cour des miracles.
00:35 Le privé est plus strict, plus surveillé, plus exigeant. En tout cas, il est perçu comme tel.
00:41 Et puis, le rapport de force est en faveur de l'établissement.
00:44 Si les parents ne sont pas contents dans le privé, qu'ils partent.
00:48 Si l'élève se conduit mal, il est viré. Et croyez-moi, ça change pas mal les choses.
00:53 L'autorité est du côté des professeurs, j'allais dire comme avant.
00:57 Madame Oudéa Castera s'est exprimée il y a quelques instants,
01:01 et elle souhaite évidemment qu'on tourne la page.
01:03 Il y a eu des attaques auxquelles j'ai essayé de répondre avec le plus de sincérité possible,
01:09 et je pense qu'il faut clore ce chapitre-là, des attaques personnelles et de la vie personnelle.
01:15 Ce que je peux vous dire, et je m'arrêterai là, c'est que...
01:21 Jamais Marie et moi n'avons priorisé autre chose que le bien-être de notre enfant.
01:28 Je crois en l'école de la République, je crois en l'école publique,
01:32 je crois que c'est tous que nous ayons eu beaucoup d'ambition pour elle.
01:36 C'est ça que je vais dire ce matin.
01:37 - Je ne suis pas sûr que la polémique soit terminée,
01:39 parce que Mme Oudéa Castera avait justifié de retirer son fils, en l'occurrence Vincent,
01:45 en disant des paquets d'heures qui n'étaient pas remplacés.
01:48 Il se trouve que son fils ne serait resté que quelques semaines, quelques mois,
01:52 dans l'école littrée du 6e arrondissement.
01:55 Et puis certains disent, comme Nicolas Poincaré,
01:58 qui était ce matin sur une chaîne concurrente, sur RMC,
02:01 il a expliqué que son fils est scolarisé dans cette même école,
02:05 qui est l'école littrée, rue littrée, dans le 6e arrondissement,
02:08 c'est une petite école primaire en descendant sur la gauche.
02:11 Il se trouve que je la connais, cette école primaire, tout près de Montparnasse.
02:14 Et je vous propose d'écouter Nicolas Poincaré, qui est l'un de nos confrères,
02:19 qui est d'ailleurs passé par ce micro d'Europe 1.
02:23 - Il se trouve que mon enfant était dans la même école publique que le petit d'Amélie Oudéa Castera,
02:28 l'école qu'elle a citée, l'école littrée.
02:30 Il y a passé 8 ans, entre la maternelle et la primaire,
02:33 il n'y a jamais eu d'absence non remplacée pendant 8 ans.
02:37 - Donc, à la fois, je trouve que Mme Oudéa Castera a dit ce que la plupart des gens pensent,
02:41 mais en revanche, si elle a, j'allais dire, menti, en tout cas, si elle n'a pas dit les choses avec précision,
02:48 il est possible que cette affaire se poursuive.
02:51 Vous savez que dans cette émission, tout est bon pour écouter Michel Sardou.
02:55 Tous les prétextes sont bons.
02:57 Et il se trouve que Sardou a écrit une très jolie chanson sur les deux écoles.
03:00 * Extrait de « Je veux que mes enfants s'instruisent à mon école » de DJ Fab *
03:13 - Alors, je ne sais pas s'il y a des uns et des autres, parce qu'on n'a pas pu parler ensemble dans cette première heure.
03:17 Je salue ce qui a dû faciliter la vie de DJ Fab, parce qu'on est lundi.
03:23 Donc, de toute façon, ses paroles sont plutôt... - Elles sont rares !
03:29 - Bonjour DJ Fab ! - Bonjour Pascal, bonjour tout le monde !
03:32 - Bon, vous avez fait les deux écoles, vous étiez dans le public, dans le privé ?
03:35 - Non, moi j'étais uniquement dans le public.
03:37 - Ah, parce que vous étiez un bon élève ? Parce que souvent, en fait, c'est les élèves qui réussissent pas trop dans le public
03:42 qu'on met parfois dans le privé, parfois, pas toujours.
03:45 Mais quand ça marche pas bien dans le public, les parents disent, bon, soit par le comportement, soit par les notes.
03:51 Le privé a la réputation d'être plus strict et il l'avait déjà il y a 40 ans.
03:54 - Ça lui aurait fait du bien peut-être, non ? Vous ne pensez pas ? À DJ Fab ?
03:58 - Vous, je pense que vous êtes allé dans le public, monsieur Boubouk. - Ah oui, toute ma vie !
04:01 - Je pense qu'il n'y avait pas l'argent pour le privé dans la famille Boubouk.
04:05 - Non, mais surtout que ça me correspond plus.
04:08 - C'est-à-dire ? - Non, mais écoutez, le public, c'est...
04:10 Mais vous n'aimez pas le public, vous ?
04:12 - Moi, je trouve que j'ai fait... Mes enfants étaient dans le public,
04:15 donc ils étaient à Victor-Durhui, dans le 7e arrondissement.
04:18 Mais c'est vrai que c'est aussi un établissement protégé, j'ai envie de dire.
04:22 Victor-Durhui, l'enseignement est de qualité, il y a une exigence des professeurs,
04:28 il y a un environnement qui est agréable, on ne va pas se raconter de salades.
04:32 Puis je vois que Florian Carasso, maillant, est là également.
04:35 Alors il a une... - Bonjour Pascal.
04:37 - Je crois qu'il est très agité, donc on pourra parler tout à l'heure.
04:39 - Oui, très agité.
04:40 - Puisque vous êtes devenu une des stars du Grand Rex.
04:43 - Il a été galactique.
04:45 - Vous avez été hypnotisé par le dénommé "Messmer",
04:48 qui vous avait fait croire que vous aviez des enfants nés sur Mars, des petits martiens.
04:52 - C'est ça, j'ai donné l'avis à tout le monde.
04:54 - On a parlé avec Nathalie Marquet tout à l'heure des esprits,
04:58 vous viendrez en studio pour nous parler de votre expérience ?
05:01 Parce que de la même manière que j'ai du mal toujours à croire,
05:04 moi je pense que Messmer il ne peut rien faire sur moi,
05:06 je vous le dis comme je le pense, je suis réfractaire,
05:08 et je pense que ça ne marcherait pas.
05:10 - On verra vendredi.
05:11 - Pourquoi ? - Il vient vendredi, c'est pour ça qu'on a tellement le dimanche.
05:14 - Ah oui ? - Vous y étiez aussi ?
05:17 - Ah vous êtes tous ensemble maintenant ? - Exactement.
05:19 - Si il me hypnotise Messmer...
05:21 - Et vous savez qu'on a été à votre nom, "Invitation pour Pascal Praud".
05:24 - Oui. - Mais on ne vous a même pas invité.
05:26 - Oui, pourquoi ?
05:28 - Bon, est-ce que sur l'affaire Odea Castera,
05:30 nous avons quelqu'un qui est en ligne avec nous ?
05:33 Jean-Rémi Girard, président du SNALC,
05:35 le syndicat national d'enseignants des lycées et collèges.
05:38 Bonjour M. Girard.
05:40 - Bonjour, Pascal Praud.
05:42 - J'espère que je ne vous ai pas choqué en disant que
05:45 les parents que nous sommes pensent souvent que
05:48 le privé est plus sécure.
05:50 Et je cite un argument qui me paraît pas mal,
05:53 c'est que le rapport de force est en faveur du privé dans ces cas-là.
05:57 C'est-à-dire que les parents ne mouffent pas.
05:59 Ils ne mouffent pas parce qu'autrement le chef d'établissement peut leur dire
06:02 "Bah écoutez, on vous vire".
06:04 Ce qui n'est pas le cas d'un chef d'établissement du public,
06:06 il est obligé de prendre tout le monde.
06:08 - Oui, alors on a des études là-dessus,
06:10 puisque les rapports entre le public et le privé,
06:13 c'est forcément quelque chose qui est étudié à l'Éducation nationale.
06:16 Et on sait qu'il y a différentes raisons pour lesquelles
06:19 une partie des parents met ou souhaiterait
06:22 mettre ses enfants dans le privé.
06:24 La question de la sécurité, notamment.
06:26 La question, effectivement, de la perception du climat scolaire,
06:32 globalement.
06:33 La question du remplacement, c'est rarement la première
06:36 qui vient, pour le coup.
06:38 Mais, effectivement, et alors encore moins
06:40 dans le 6e arrondissement de Paris.
06:42 Mais, effectivement, il y a des raisons,
06:45 parfois réelles, parfois aussi par rapport
06:48 aux représentations qu'on se fait.
06:50 Le privé d'aujourd'hui, puisque vous parliez de,
06:53 parfois, quand ça marche dans le public,
06:55 on met trop d'enfants dans le privé,
06:57 ça existe de moins en moins, ce privé-là.
06:59 Il existe toujours, il y en a une part résiduelle en France,
07:02 de ce privé-là.
07:03 Mais on a eu une étude très récente
07:05 sur les indices de positionnement sociaux des familles,
07:08 et de où elles mettaient leurs enfants,
07:10 suivant qu'elles étaient socialement très favorisées ou pas.
07:13 Et, en fait, plus la famille est favorisée,
07:16 plus l'enfant est dans le privé.
07:18 Dans les 10% des familles les plus favorisées,
07:20 la part du privé, c'est presque les trois quarts, en fait.
07:23 Donc, le privé d'aujourd'hui est beaucoup plus
07:26 un privé de classe sociale que ce privé,
07:30 qui, je vous dis, existe encore,
07:31 mais qui n'est vraiment pas le privé majoritaire,
07:33 du privé de la dernière chance, entre guillemets.
07:36 - On va marquer une pause,
07:37 on va essayer également de sécuriser la liaison,
07:39 elle n'est pas parfaite, c'est vrai que ça coûte cher.
07:41 Le privé, par enfance, c'est 4000 euros par an, peut-être ?
07:45 - C'est ça, à peu près.
07:46 - Avec la cantine.
07:47 - La cantine coûte très cher, c'est même le double.
07:49 Moi, je paye 330 euros par mois pour ma fille.
07:51 - C'est un budget !
07:53 Et pourquoi elle est dans le privé, votre fille ?
07:55 - Parce qu'elle dépendait d'un collège
07:57 où j'ai fait ma scolarité, collège public.
07:59 J'en entends du mal de ce collège,
08:02 j'ai préféré la mettre dans le privé pour un cadre.
08:04 Mais ça me fait mal au cœur.
08:06 Elle est en 6ème, ça me fait mal au cœur d'avoir payé,
08:08 alors qu'on a la chance en France d'avoir une école gratuite,
08:10 de devoir payer pour sa scolarité.
08:12 Mais j'ai fait ce choix-là avec son papa.
08:13 - Et c'est souvent des choix d'opportunité,
08:15 je disais tout à l'heure, plus qu'un choix idéologique,
08:18 il se trouve que quand t'as la chance d'habiter dans le 7ème arrondissement
08:21 et d'avoir Victor Durhui,
08:22 tu ne mets pas forcément tes enfants dans le privé,
08:24 c'était mon cas.
08:26 - Mais quand t'habites en banlieue, voilà.
08:28 - Mais quand t'es dans un établissement qui peut être en difficulté,
08:31 - Et pourtant, ça a été bien.
08:32 - Tu penses à tes enfants.
08:34 - Tout à fait.
08:35 - Tu penses à tes enfants.
08:36 - 15, nous marquons une pause et on revient.
08:38 - Et pour réagir, vous composez ce numéro.
08:40 Pro sur Europe 1.
08:41 - Europe 1.
08:48 - Pascal Pro et vous.
08:49 De 11h à 13h, vous écoutez Pascal Pro sur Europe 1
08:51 et vous réagissez au 01-80-20-39-21.
08:53 - Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national d'enseignants des lycées et collèges.
08:58 Alors, pendant qu'on parlait, il y a un parent qui m'envoie à l'instant
09:02 le mot du directeur d'établissement qu'il a reçu ce matin.
09:07 C'est une directrice qui dit "Mesdames, Messieurs, je vous informe que"
09:12 elle dit le prénom de l'institutrice.
09:15 C'est drôle d'ailleurs parce qu'elle ne dit que son prénom,
09:18 elle ne dit pas "Madame" ou elle ne dit pas "Monsieur",
09:20 elle dit "Je vous informe que le prénom est absent ce jour également.
09:26 Vous pouvez garder votre enfant à la maison ou nous le déposer,
09:30 il sera réparti dans une autre classe".
09:33 Bon, vous pouvez garder votre enfant à la maison, je trouve ça étonnant,
09:37 ou nous le déposer, ça c'est pas mal, il sera réparti dans une autre classe.
09:41 Mais ce même parent d'élève qui m'envoie ce message me dit,
09:45 M. Girard, que c'est régulier en fait,
09:49 qu'une fois par mois, deux fois par mois, les parents reçoivent ce message.
09:54 Et pourquoi ? Parce que cette institutrice, visiblement, est une jeune maman
09:57 ce qu'on peut comprendre, parfois son enfant est malade
09:59 et elle ne peut pas assurer le cours.
10:01 Alors, ce même parent me dit "J'ai envie peut-être de mettre mon enfant dans le privé".
10:07 Un exemple de la vie quotidienne, M. Girard ?
10:10 - Alors, on décrit déjà le système normal,
10:14 qui est d'ailleurs normalement celui qu'a dû connaître la ministre,
10:17 puisqu'on parlait de l'école primaire,
10:19 donc a priori elle n'était pas obligée de garder son enfant chez elle.
10:22 Si l'institutrice était malade ou était absente,
10:27 généralement c'est pour des raisons de maladie
10:29 ou effectivement des raisons de maladie chez leurs enfants.
10:32 Et effectivement, il y a toujours la possibilité,
10:35 enfin c'est le droit, évidemment, de laisser l'enfant à l'école.
10:39 Et là, quand on n'a pas de remplaçant,
10:41 et ce qui est rare quand on apprend la maladie le matin même,
10:45 ou quelque chose comme ça,
10:46 effectivement les enfants sont répartis dans les autres classes
10:49 et il peut y avoir des familles qui préfèrent garder leur enfant dans ces cas-là
10:53 et qui les gardent, mais du coup on accueille de toute façon tout le monde.
10:56 Et si toutes les familles choisissent, disent "bah non,
10:59 je préfère que mon enfant aille à l'école",
11:02 on accueillera évidemment tous les enfants.
11:04 Ensuite, les professeurs des écoles dans le privé
11:09 ont aussi des enfants qui peuvent aussi tomber malade,
11:12 qui sont aussi absents ces jours-là.
11:14 Les enfants seront répartis de la même manière.
11:16 - Vous avez parfaitement raison.
11:17 - C'est vrai qu'il y a toujours eu des différences.
11:19 - Il n'y a pas une totalité chez les professeurs des écoles du public
11:22 qui serait plus importante que chez les professeurs des écoles du privé.
11:25 - Alors il y a cette idée, qui est sans doute fausse,
11:28 qu'il y a une discipline ou un investissement,
11:31 parfois même plus grand, des professeurs dans le privé que dans le public,
11:35 qu'il y a des règles qui sont plus strictes pour tout le monde.
11:39 Bon, sans doute cette idée est fausse, sans doute.
11:44 - Il y a plusieurs choses là-dessus.
11:46 - C'est pas toujours faux, c'est pas toujours vrai non plus.
11:50 Ce que l'on peut dire, c'est que 1) c'est les mêmes enseignants,
11:53 c'est-à-dire que ce sont des enseignants publics-privés,
11:57 ils ont passé le même concours.
11:58 Ça, il faut bien le savoir, c'est les mêmes épreuves.
12:01 Donc il n'y a pas de sélection qui serait plus forte dans le privé que dans le public,
12:06 c'est même le contraire,
12:07 puisqu'il y a plus d'enseignants sans concours dans le privé, sous contrat,
12:12 que dans le public.
12:13 La proportion d'enseignants sans concours est plus importante.
12:15 Ensuite, l'éducation nationale, dans le privé sous contrat,
12:20 ne se charge que des enseignants.
12:22 C'est l'établissement privé qui va pouvoir,
12:25 suivant les moyens propres dont il dispose,
12:28 gérer les questions liées à l'encadrement,
12:30 notamment liées à ce qu'on appelle les écoles scolaires.
12:32 - Oui, mais est-ce que le chef d'établissement...
12:34 - Là, effectivement, il y a des établissements privés
12:35 qui peuvent avoir un encadrement beaucoup plus important
12:38 parce qu'ils payent des gens pour ça.
12:40 - Monsieur Girard, est-ce que le chef d'établissement dans le privé
12:43 a un pouvoir de virer un prof qu'il trouve, par exemple, mauvais ?
12:47 - Alors, c'est un peu plus compliqué que ça,
12:49 parce qu'il y a quand même des instances.
12:51 Il y a le diocèse qui a son mot à dire dans cette histoire,
12:57 puisque lui-même nomme le chef d'établissement.
13:00 Le chef d'établissement dans le privé a plus de pouvoir
13:03 que le chef d'établissement dans le public.
13:04 Mais globalement, un enseignant qui a un concours dans le privé,
13:07 il va quand même finir par revenir quelque part,
13:09 dans un autre établissement privé.
13:11 - Non, mais c'est entendu.
13:13 C'est vrai que, j'ai envie de dire, un prof dans le public
13:17 n'est soumis à aucune autorité, me semble-t-il.
13:19 Il fait ce qu'il veut dans sa classe,
13:20 et il est très important, d'ailleurs, pour lui,
13:22 de pouvoir faire ce qu'il veut dans sa classe.
13:24 - Alors, c'est le cas d'un professeur du privé aussi,
13:26 dans la liberté pédagogique, ça s'applique aussi aux professeurs du privé ?
13:28 - Oui, alors j'ai l'impression quand même que dans le privé,
13:31 il y a une ligne directrice plus forte,
13:33 et que je ne dirais pas qu'un établissement est managé
13:36 comme une entreprise, bien sûr, avec un pouvoir vertical,
13:40 mais il me semble quand même que l'influence du chef d'établissement
13:45 est plus importante que dans le public,
13:47 où si un prof dans le public veut entrer en opposition
13:51 avec son chef d'établissement,
13:53 au fond, il ne lui arrivera pas grand-chose.
13:56 - Il arrive quand même des choses.
13:58 Nous, on est une organisation syndicale,
14:00 donc on siège dans des procédures disciplinaires,
14:02 il y a des procédures disciplinaires qui se tiennent,
14:05 donc c'est pas la liberté pédagogique,
14:09 c'est pas la licence, c'est pas faire n'importe quoi.
14:11 - Non, ce n'est pas ce que je dis non plus.
14:13 - Il n'y a pas non plus un tel contrôle que ça des enseignants,
14:18 il n'y a pas un contrôle tellement plus important.
14:20 Il y a ce qu'on appelle le caractère propre de l'enseignement privé,
14:23 qui fait qu'effectivement, il peut y avoir une sorte de direction
14:26 qui est donnée à l'établissement,
14:28 et il peut y avoir, puisque nous, on s'indique aussi
14:31 des enseignants du privé, au SNALC,
14:33 donc on a les retours des deux côtés, si je puis dire,
14:36 et effectivement, nous, ce que nous disent les enseignants du privé,
14:38 c'est qu'ils sont souvent soumis à une sorte de pression assez forte
14:42 et avec beaucoup moins d'instances de dialogue.
14:46 Il n'y a pas de conseil d'administration, par exemple.
14:49 Vous parliez du fait que le privé ressemble à une entreprise,
14:51 mais il n'y a pas de conseil d'administration, vous voyez.
14:53 Donc, il peut y avoir des caractères parfois un peu autoritaires,
14:56 et ça devient... ça peut être très bien quand le chef d'établissement
14:59 fonctionne bien, évidemment.
15:01 Si humainement, ça dysfonctionne, ça peut devenir...
15:03 Nous, on peut gérer des dossiers où il y a des problèmes
15:06 de harcèlement, des problèmes de tensions interpersonnelles
15:11 très très violentes aussi.
15:13 Il n'y a pas de système parfait.
15:15 La grande différence, et vous l'avez dit avant la publicité,
15:18 Pascal Praud, la grande grande différence,
15:20 c'est que le public a une capacité de sélection de ses élèves.
15:25 Le privé, pardon, a une capacité de sélection de ses élèves
15:27 que le public n'a pas.
15:29 Et ça, ça change tout.
15:31 C'est-à-dire qu'on est tous, tous les deux, en train de courir un 100 mètres,
15:34 mais il y a quelqu'un qui a 50 mètres de distance,
15:37 et si la personne ne court pas assez vite, on peut la mettre dans mon couloir.
15:40 Donc vous voyez, là, c'est ça qui fait quand même
15:43 l'essentiel de la différence entre le public et le privé,
15:45 quand on y réfléchit bien.
15:47 C'est ce point-là qui va, je dirais,
15:50 influer sur les comportements de beaucoup de familles,
15:54 et plus la famille est favorisée, plus elle peut avoir tendance
15:57 à avoir ce type de comportement.
15:59 C'est presque une prophétie autoréalisatrice.
16:01 Le privé marche mieux parce qu'on pense que le privé marche mieux.
16:04 - Merci en tout cas.
16:06 Merci pour tout cet éclairage,
16:08 et bonne année à vous, bonne et heureuse année.
16:11 Et puis j'en profite de dire bonne et heureuse année à tous les professeurs,
16:14 qu'ils soient professeurs du privé, professeurs du public,
16:18 et puis il y a également les professeurs parfois hors contrat,
16:21 parce qu'il y a aussi des écoles, ce qu'on appelait, je ne sais pas si ça existe toujours,
16:24 les boîtes à bacs.
16:25 Alors ça, c'était vraiment les élèves qui étaient les plus en difficulté.
16:28 Une boîte à bacs par exemple, il y a ce film que chacun connaît,
16:31 qui s'appelle "Les Sous-doués".
16:33 - Ah oui, incroyable !
16:34 - Qui est joué par Hubert Deschamps, qui est le directeur,
16:36 et Maria Pacom, c'est le profil de la boîte à bacs.
16:39 Alors là, vous êtes complètement hors contrat,
16:41 vous n'êtes qu'avec des gosses de riches,
16:43 ça coûte une fortune, puisqu'il n'y a aucune subvention, pourquoi vous riez ?
16:46 - Non, non, c'est votre expression, mais dites-moi, dites-moi.
16:49 - Je vous dirais, je n'ai rien à dire.
16:51 - En tout cas, on a une complicité qui est assez belle.
16:55 - Destinée, c'est la musique des sous-doués.
16:58 - Ah, d'accord, je ne sais pas.
17:01 - Vous étiez avec Vladimir Kosma l'autre jour, vous n'écoutez pas nos invités,
17:06 peut-être pendant l'émission ?
17:07 - Non, mais je suis concentré, pardon, je travaille, entre 11 et 13.
17:10 - De tomates ?
17:11 - Pardon ?
17:12 - De tomates ?
17:13 - Oh là là, non, c'est la pub.
17:14 - Bon, je ne veux pas vous déranger, mais il y a la pub qui arrive.
17:16 - Vous écoutez Pascal Frévo sur Europe 1.

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