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Philippe de Villiers passe en revue l'actualité de la semaine dans #FaceAPhilippedeVilliers. Présenté par Eliot Deval

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Transcription
00:00Dix-neuf heures sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Philippe de Villiers, cher Philippe, bonsoir.
00:06Bonsoir Eliott, bonsoir Geoffroy.
00:08Geoffroy, le jeune, est avec nous comme chaque vendredi soir, bonsoir, bonchoir, j'allais dire.
00:13Pourquoi vous avez mis une crotte la même que moi ?
00:17Mais parce que j'ai trouvé que vous aviez un certain style et qu'il fallait suivre ce certain style.
00:24Non, je n'ai même pas fait exprès, mais la vôtre est très élégante.
00:29Phénomène de suisse, syndrome de stockoling.
00:32Alors, sachez que normalement je me mets des cravates rouges, j'avais trop peur qu'on me dise
00:36le présentateur veut faire comme Donald Trump, donc j'évite.
00:40D'accord, l'argument est accepté.
00:44Voilà, et surtout l'harcombe nous regarde, donc je fais très attention.
00:47Ah oui, mais l'harcombe peut dire deux cravates bleues, bleu ciel ou bleu ciel, la dérive.
00:55Ça peut être comptabilisé, il faut faire très attention.
00:59Philippe de Villiers, je voudrais qu'on commence avec cette information, votre ami Boilem Sansal,
01:04qui est détenu depuis près de 70 jours, toujours aux mains du régime algérien,
01:11et les masques sont en train de tomber.
01:13Pourquoi je vous dis ça ? Parce que le Parlement européen a adopté une résolution
01:17pour condamner l'arrestation et la détention de Boilem Sansal.
01:21Et c'est Rachel Binas, la journaliste de Marianne, qui a donné cette information
01:27que peu avaient jeudi après-midi.
01:29533 votes pour, sur 605 eurodéputés présents.
01:34Côté français, Rima Hassan a voté contre, Manon Aubry s'est abstenue,
01:40les socialistes et les Verts pour.
01:42Vous avez souvent dans cette émission parlé de LFI comme d'une cinquième colonne.
01:47Est-ce que c'en est un nouvel exemple, Philippe de Villiers ?
01:50Ça va très loin, là c'est vraiment très pédagogique.
01:56D'abord, il faut saluer l'initiative de François-Xavier Bellamy,
02:02qui décidément, en ce moment, monte au créneau, puisqu'on parlera peut-être
02:08d'autres sujets dont il s'est emparé.
02:12C'est mon ministre de l'éducation de la grande alternance.
02:17C'est un philosophe, je le connais très bien depuis très longtemps.
02:19Il est au-dessus du panier, c'est vraiment la classe internationale.
02:25Il a eu cette idée courageuse de proposer une résolution au Parlement européen.
02:32Et il s'est passé ce que vous venez de raconter.
02:35Alors, en fait, d'abord c'est une infamie, ce qu'a fait Rima Hassan.
02:44Et j'ai vu ce matin, François-Xavier Bellamy, il a raconté
02:49comment ça s'est passé.
02:52Voilà pourquoi c'est une infamie.
02:54Il a raconté que, en fait, pendant toute la semaine,
02:58des diplomates algériens allaient de bureau en bureau, de député en député,
03:06avec un argumentaire officiel, pour faire pression sur chacun d'entre eux
03:11pour qu'ils ne votent pas la résolution.
03:16Et me dit François-Xavier Bellamy, et il l'a dit ce matin aussi,
03:24en fait, tout l'argumentaire des amendements, c'est le gouvernement algérien.
03:32Donc en réalité, c'est une représentante assidue, ponctuelle, de l'Algérie en France.
03:44Donc c'est grave, parce qu'elle est française,
03:47moi-même sans ça, elle est française, franco-algérien,
03:51et il est emprisonné pour un délit d'opinion.
03:53Et donc une Française qui, au Parlement européen, ne vote pas une résolution
03:57pour la libération d'un homme qui a commis un délit d'opinion,
04:01c'est-à-dire qu'il a critiqué le gouvernement algérien, c'est très grave.
04:06Mais le plus grave, ce n'est pas ça.
04:08C'est que derrière cette infamie, il y a une stratégie.
04:12C'est qu'au même moment, presque au même moment,
04:17Jean-Luc Mélenchon a fait une déclaration que tous les Français devraient connaître
04:23et à laquelle ils devraient réfléchir.
04:24Il a dit ceci, l'immigration, ça nous rend plus forts.
04:30On ne sait pas s'il parle de LFI ou de la France.
04:34Officiellement, il parle de la France.
04:35Donc lui, il a compris mieux quiconque ce qu'était la démocratie.
04:39La démocratie, c'est le nombre.
04:40Bon, ça a des inconvénients, des avantages.
04:42Tocqueville a montré ça et pour l'avoir vécu personnellement,
04:47je sais que ça a des inconvénients et des avantages
04:49parce que ce n'est pas forcément le plus intelligent qui est élu.
04:51C'est celui qui a le sens du bien public, j'en sais quelque chose.
04:54Mais en tout cas, lui, il a compris le nombre.
04:57Donc il se dit, soit j'accède au pouvoir par le chaos, 1848,
05:03soit j'accède au pouvoir par le suffrage universel 1958.
05:09Il a les deux dates en tête.
05:11Il a les deux méthodes en tête.
05:13Et donc là, en fait, il y a 6 millions d'Algériens en France.
05:1610% de la population, ça commence à compter.
05:19Et comme la gauche s'est détournée du monde ouvrier
05:24en livrant le monde ouvrier à la mondialisation sauvage,
05:28il fallait bien trouver des électeurs de substitution.
05:31Ils ont trouvé Lumpen Proletariat et Jean-Luc Mélenchon ont fait son miel.
05:37Donc il y a une cohérence parfaite entre Rima Hassan et Jean-Luc Mélenchon.
05:42Ça s'emboîte parfaitement.
05:44Elle, elle soutient évidemment les Algériens de France.
05:48C'est à elle qu'elle s'adresse en refusant, en votant non à la résolution.
05:53C'est à elle qu'elle envoie un message.
05:55Et Jean-Luc Mélenchon qui dit, qui regarde chaque matin,
06:00non pas sa cote de popularité, mais le nombre d'étrangers
06:04et notamment d'Algériens qui arrivent en France.
06:07On va parler dans un instant de Donald Trump et revenir sur la cérémonie d'investiture.
06:13Mais avant cela, on va faire un tour à Bruxelles toujours,
06:16mais cette fois pour parler de la télé publique belge,
06:19la RTBF qui n'a pas diffusé en direct justement le discours de Donald Trump,
06:24mais en léger différé, un décalage pour prendre le temps de l'analyse,
06:28explique la directrice éditoriale adjointe de l'Information, Aurélie Didier.
06:32Donald Trump avait selon elle tenu des propos racistes, d'extrême droite et xénophobe,
06:36et donc il fallait mettre en place ce qu'ils appellent en Belgique le fameux cordon sanitaire.
06:42Regardez cette séquence.
06:45Si vous êtes là, c'est parce qu'il y a une particularité dans la diffusion de ce discours.
06:49Il va être en léger différé. Pourquoi Aurélie ?
06:53Alors on a constaté à plusieurs reprises que Donald Trump a tenu des propos racistes,
06:57d'extrême droite, xénophobe, d'incitation à la haine également.
07:02Et donc nous avons décidé de diffuser ce discours avec un léger différé
07:06pour prendre tout simplement le temps de l'analyse, du décryptage.
07:10Et c'est une pratique que nous appliquons déjà depuis de nombreuses années à la RTBF,
07:15en Belgique francophone avec d'autres médias,
07:19et que nous appelons avec un terme technique qui s'appelle le cordon sanitaire médiatique.
07:24Geoffroy Lejeune, le cordon sanitaire médiatique.
07:28Vous avez vu comme nous cette séquence invraisemblable cette semaine.
07:32Alors vous avez beaucoup de casquettes Philippe, mais vous êtes aussi un fin observateur des médias.
07:36Qu'est-ce que ça vous inspire ?
07:38Écoutez, c'est hilarant et pathétique.
07:42Évidemment, je me souviens quand j'étais étudiant,
07:48j'avais lu Orwell, je ne comprenais pas Orwell.
07:50Je me souviens, un jour j'avais dit à mon père,
07:52il exagère, c'est n'importe quoi, ça n'arrivera jamais.
07:55Ben ça y est, on y est, les deux minutes de la haine.
07:58Bon, la première puissance du monde quand même.
08:01Alors, première réflexion, c'est le commentariat officiel du Belgiquistan.
08:09Parce que la Belgique, ça y est, c'est presque réglé.
08:13L'islamisation de la Belgique, c'est presque irréversible.
08:17Donc, on voit l'ambiance.
08:21Et ensuite, il faut comprendre le propos.
08:27Se mettre un instant à la portée de cette personne éminente,
08:35d'une parfaite bonne foi.
08:37Qu'est-ce qu'elle dit au fond ?
08:38Elle dit, il faut faire un exercice de salubrité publique.
08:43Mettre à l'abri les ploucs et les beaufs,
08:46qui ne comprennent rien et qui sont influençables.
08:49Les mettre à l'abri.
08:50Comme on fait avec les pompiers pour un accident de la route très grave.
08:53On met des tentes tout autour pour que personne ne voit rien.
08:57Donc, on met une tente autour de Trump en disant, laisse parler le monstre.
09:00En fait, l'Amérique de Trump, elle a mauvaise haleine.
09:05Elle a la tripe vilaine.
09:07Elle a le regard infesté et la bouche en puantiche.
09:11Et ce qu'il y a de terrible pour le camp du bien,
09:15je pense à eux en cet instant, surtout ceux qui regardent cette émission.
09:19Et ils sont en train de se dire, le ventre fécond est encore fécond.
09:27Et il enfante encore la bête immonde.
09:33La bête immonde, Philippe de Villiers, on va en parler.
09:35Et on va revenir sur cette cérémonie d'investiture de Donald Trump.
09:38Le 47e président des Etats-Unis a prêté serment sous le Capitole.
09:43Et pour commencer, je vous propose qu'on revise ensemble quelques temps forts
09:48de son discours, quelques déclarations qui ont marqué et été commentées
09:52tout au long de la semaine.
09:55Mes chers concitoyens, l'âge d'or de l'Amérique commence maintenant.
10:01Aujourd'hui, je signerai une série de décrets historiques.
10:13Avec ces actions, nous commencerons la restauration de l'Amérique
10:18et la révolution du bon sens.
10:22C'est le bon sens qui triomphera.
10:25Tous les clandestins seront refoulés.
10:30Après des années d'efforts fédéraux anticonstitutionnels contre la liberté
10:38d'expression, je vais également signer un décret pour immédiatement
10:42mettre fin à la censure gouvernementale.
10:45Je vais restaurer la liberté d'expression aux Etats-Unis.
10:47À partir d'aujourd'hui, la politique du gouvernement des Etats-Unis
10:54sera la suivante, il n'y a que deux genres, hommes et femmes.
10:59Il y a quelques mois, dans la magnifique Pennsylvanie,
11:03une balle a traversé mon oreille.
11:07Mais à l'époque, et je le crois encore plus maintenant,
11:11je pense que ma vie a été sauvée pour une raison très précise.
11:14J'ai été sauvé par Dieu pour rendre à l'Amérique sa grandeur.
11:19Voilà pour les temps forts de son discours.
11:21Geoffroy Lejeune, vous avez une question pour Philippe Devilliers.
11:23Je vous imagine devant votre télévision en Vendée, Philippe,
11:26devant cette cérémonie d'investiture.
11:29Qu'est-ce que vous en retenez ? Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
11:31Alors d'abord, en le voyant, je pensais à ce que disent
11:36les sociologues de deuxième zone du CNRS, l'incarnation.
11:42Là, on a une incarnation.
11:45Incroyable, ça change tout, vous voyez ?
11:49Il envoie, comme disent les jeunes.
11:54Et je pensais à Edmond Dantes.
11:58Parce qu'en fait, c'est ça, son histoire.
12:00Il était quasiment en taule, il sort, il triomphe.
12:04La foule est à ses pieds et les jolies femmes.
12:07Et alors, ce qui m'a frappé, sur les premières images
12:13et tout au long de la cérémonie d'investiture,
12:16c'est le contraste entre la gauche et la droite de Trump.
12:21Vous regardez sur sa gauche,
12:25c'est une sensation physique que je vais exprimer,
12:28donc superficielle, on me le pardonnera.
12:31Mais à gauche, on voit l'ancienne Amérique,
12:37la vieille Amérique avachie, grise.
12:44Biden, Harris, Obama, les Clintons,
12:50une Amérique à garde,
12:54qui ne comprend pas très bien ce qu'il se passe,
12:57ce qu'il est en train de dire.
12:58Et sur les dévieux, c'est assez immobile et bouche ouverte.
13:06Et à droite du monstre,
13:12il y a la jeune Amérique,
13:14pimpante, enjouée, optimiste,
13:24et qui rit à gorge déployée, sans aucune retenue.
13:31En fait, à droite, vous avez les pin-ups
13:35et à gauche, les cacochymes.
13:38À droite, vous avez l'Amérique conservatrice, décolletée.
13:48Et à gauche, vous avez l'Amérique progressiste, embitouflée.
13:53Voilà, tout est dit, en fait.
13:55Tout est dit dans ce spectacle.
13:58Alors après, dans ce qu'a dit, évidemment,
14:03Donald Trump, tout change.
14:08Ce n'est plus la même Amérique.
14:12Et pourquoi ?
14:15Parce qu'en fait, il est en rupture avec tout ce qui s'est passé avant.
14:21Songez à la chose suivante.
14:22Le Parti républicain était en perdition.
14:27C'était le business, Wall Street et l'Amérique des profits.
14:36C'était la peau de chagrin.
14:38C'était fini.
14:40Et lui, qu'est-ce qu'il fait ?
14:42Il fait un composé sociologique
14:47que aucun alchimiste ne serait capable de faire pour transformer le plan en or.
14:52Il prend l'iron belt, la ceinture de rouille,
14:59il y ajoute les technos libertariens de la Silicon Valley
15:06et il y ajoute les podcasters évangéliques.
15:12C'est-à-dire que aux uns, il promet l'usine,
15:17aux autres, il promet l'espace,
15:19et au troisième, il promet le ciel.
15:22Et ça marche.
15:24Et voilà que s'ajoutent les latinos et tous ceux qui, par-delà leur religion,
15:31de toute religion, le rejoignent contre le wokisme.
15:35Alors quel est le secret de ce mélange des corps nus,
15:42comme on dit chez les alchimistes ?
15:45Alors d'abord, il y a le magnétisme de l'homme.
15:50Il a une phrase extraordinaire, il dit
15:53« Je suis comme eux, sauf que je suis milliardaire. »
16:00C'est magnifique.
16:00En fait, il parle comme les déclassés,
16:03il rêve comme les technos libertariens
16:08et il espère comme les évangéliques,
16:13sachant qu'il a le bénéfice d'avoir l'oreille de Dieu,
16:18oreille percée comme Malcus dans la Bible.
16:22Et en fait, son secret, c'est génial,
16:27son secret, c'est le composé idéologique.
16:32Et c'est là qu'il gagne la bataille culturelle,
16:34c'est-à-dire le progrès technologique allié au conservatisme sociétal.
16:42Oui aux transformations économiques, commerciales,
16:46oui aux transformations technologiques,
16:49en allant toujours plus loin,
16:51non aux transformations de la société et du wokisme.
17:00Et en fait, il a trois diptyques.
17:06Et justement, est-ce que Donald Trump a tout le monde le dos sur ses trois diptyques ?
17:09Oui, alors les trois diptyques, c'est un, la Terre et l'espace,
17:19donc vous voyez, ce qui est fini et ce qui est infini.
17:22Ensuite, il a l'intelligence et l'intelligence artificielle.
17:28Et enfin, l'homme et la femme.
17:31Donc c'est du bon sens appliqué à un pays conquérant.
17:36Et on y vient sur ses trois diptyques,
17:37est-ce qu'il tourne en quelque sorte le dos au mythe fondateur de l'Amérique ?
17:43Mon cher Elliot, vous redites ce que tous les journalistes disent en fait.
17:54Exceptionnel, il va me dire ce que je veux.
17:57Dans l'émission, il y a quelques pièges.
18:00Vous m'entendez ?
18:03Vous vouliez que je tende le bâton pour me faire battre ?
18:07Que je représente la corporation ? Allez-y !
18:13On dirait un candidat de la presse mainstream, par moment, mais c'est normal.
18:17Il y a un côté Voltaire.
18:22Est-ce qu'il tourne le dos ?
18:26Alors justement, en apparence, oui.
18:31Tous les spécialistes de l'Amérique d'ailleurs disent qu'il a complètement tourné le dos au mythe fondateur.
18:35En fait, pas du tout.
18:36Il les revisite avec une fidélité qui est géniale.
18:45C'est-à-dire, premier mythe fondateur.
18:47On va les revisiter ensemble.
18:49Premier mythe fondateur, la destinée manifeste.
18:55De quoi s'agit-il ?
18:57Pour les Américains, depuis les premiers pèlerins puritains qui sont arrivés sur le Mayflower,
19:07comme sont dit les 13 colonies, est promue l'idée d'une croyance mystique en une élection divine de l'Amérique.
19:19Une sorte de prédestination qu'on appelle la destinée manifeste.
19:25Qu'est-ce que fait Trump ?
19:27Trump, dans le discours qu'on vient d'entendre, il dit à un moment donné, j'ai eu l'oreille percée,
19:33et là j'ai compris que c'était Dieu qui m'envoyait un message.
19:37C'est normal, Dieu s'exprime, il parle à l'oreille, à voix basse, il n'a pas besoin de hurler.
19:45Et là, il explique, Dieu m'a dit, il faut sauver la grandeur de l'Amérique.
19:53Donc on est en plein dans la destinée manifeste.
19:57Mais pas à la manière de Woodrow Wilson, après la première guerre mondiale,
20:03pas à la manière de Bush et des néoconservateurs qui, eux, voulaient appliquer la destinée manifeste au monde entier.
20:09C'est-à-dire l'Amérique a vocation à dominer le monde entier pour civiliser le monde.
20:15C'était ça la destinée manifeste.
20:17Là, il revisite la destinée manifeste et il l'applique à l'Amérique et il dit,
20:22oui, la destinée manifeste, aujourd'hui, ça consiste à reciviliser l'Amérique.
20:28On se contentera de ça, mais en appliquant la doctrine Monroe.
20:32Monroe, c'est quelqu'un qui avait dit, l'Amérique doit être chez elle en Amérique, point.
20:36Bon, déjà, c'est pas mal, mais ça suffit.
20:38D'où Panama, Canada, etc.
20:40Donc, il est dans la tradition, il a même cité les premiers présidents, il est jacksonien,
20:47c'est un Jefferson réincarné.
20:52Deuxième mythe fondateur, c'est encore plus génial et plus simple, la frontière.
20:59En fait, il sait, lui, contrairement à nos politiciens, qu'une nation, c'est des compteurs,
21:04des contours, nous, on a perdu les deux.
21:07Et lui, en fait, il dit, voilà, je vais m'occuper des deux frontières,
21:13l'ancienne frontière et la nouvelle frontière.
21:15L'ancienne frontière, il envoie l'armée sur la ligne mexicaine.
21:21Donc, l'ancienne frontière, c'est le Mexique et la nouvelle frontière, c'est Mars.
21:25Et, en fait, dans mes souvenirs de jeune homme, j'ai retrouvé une phrase de Lénine
21:35qui m'avait servi de devise quand j'ai créé le Puy du Fou.
21:39Lénine disait, le communisme, ce sera les soviets plus l'électricité.
21:46Et moi, quand je suis arrivé au Puy du Fou, sur la colline de bois morts et de ruines,
21:52je me souviens que j'avais dit à mes premiers interlocuteurs qui étaient estomaqués,
21:59le Puy du Fou, ce sera la tradition orale plus l'ordinateur.
22:01J'avais en fait plagié Lénine.
22:04Et lui, en fait, il refait le coup à sa manière, il dit, ce sera MAGA plus IA.
22:14C'est-à-dire, en fait, il prend l'Amérique corporate et l'Amérique MAGA et il dit, frontière, nouvelle frontière.
22:20Et donc, il s'adresse à tout le monde.
22:22C'est assez remarquable.
22:25Et donc, en fait, Trump, qu'on qualifiait de personnage grossier, il a un cerveau qui fonctionne.
22:33En fait, c'est un entrepreneur.
22:35Et je me demande si un jour, il ne faudrait pas mettre à la tête de la France un entrepreneur.
22:43On se posera peut-être la question après la publicité.
22:45On revient dans un instant.
22:46J'ai encore beaucoup de questions à vous poser.
22:48J'endosserai ce costume de journaliste qui peut se tromper sur certaines questions, bien sûr.
22:59On revient dans quelques instants pour la suite de Face à Philippe de Villiers.
23:07Quasiment 19h30 pour la suite de Face à Philippe de Villiers.
23:10On est toujours avec Philippe, bien sûr, et Geoffroy Lejeune.
23:13On était en train de parler de Donald Trump avant la publicité.
23:16On revenait sur cette cérémonie d'investiture, les conséquences pour les États-Unis,
23:23mais également pour le monde.
23:25Alors, est-ce qu'il faut y voir à travers cette victoire de Donald Trump, Philippe de Villiers,
23:29une alternance américaine ou une bascule mondiale ?
23:35Pour répondre à votre question, je vous dirai d'abord qu'historiquement,
23:43ce qui vient des États-Unis vient en France, avec un léger délai.
23:53La révolution américaine a précédé la révolution française.
23:58Les émeutes de Berkeley ont précédé les émeutes de Mai 68, etc.
24:03Et dès que vous avez une idéologie qui part de France, comme la French Theory,
24:06elle revient ensuite en boomerang.
24:08C'est ainsi.
24:10Et donc là, à mon avis, on est dans le même cas, sauf que je pense que la tempête Trump,
24:21le moment Trump, comme diraient les politiciens, il a son moment, elle a son moment.
24:30En général, le moment ne dure pas.
24:32Sauf que là, en fait, il a fait bouger la tectonique des plaques.
24:35J'avais dit la dernière fois, quand la tectonique des plaques se met à bouger,
24:39il suffit d'un doigt pour faire levier.
24:41Et là, c'est un gros doigt.
24:43Et la tectonique des plaques, elle s'affole.
24:50Parce qu'il apporte à l'Amérique, et par voie de conséquence au monde,
24:55plusieurs révolutions idéologiques qui vont être des séismes.
25:03On les énumère.
25:04La première révolution idéologique, c'est la fin du mondialisme.
25:10Il met fin au mondialisme.
25:13Qu'est-ce que c'est que le mondialisme ?
25:14Le mondialisme, né dans les années 89-90 avec le traité de Marrakech,
25:22qui instaure l'Organisation mondiale du commerce,
25:26c'est la prime au consommateur sur le producteur.
25:31C'est la fin des protections, c'est la fin des barrières,
25:34c'est la fin des droits de douane, c'est la fin des frontières.
25:39C'est la fin de l'idée que la nation est un espace économique pertinent.
25:46Et c'est l'avènement des chaînes de valeurs globales.
25:52J'ai lu avec attention le discours de l'impératrice van der Leyen à Davos,
26:00dans le temple de Davos.
26:04Et c'est très ennuyeux parce que c'est un discours de fonctionnaire en fait,
26:11de commissaire ou de commissionnaire.
26:13Mais elle dit à un moment donné, en versant une larme,
26:18parce qu'elle pressant la situation à venir,
26:22elle dit, les chaînes de valeurs globales, il n'est pas rare,
26:25je cite mais vous pouvez retrouver le texte,
26:29il n'est pas rare qu'une puce soit conçue aux Etats-Unis,
26:36puis fabriquée à Taïwan avec des machines européennes,
26:41et qu'ensuite elle soit conditionnée en Asie du Sud-Est,
26:44et finalement mise assemblée en Chine.
26:53Ça c'est fini.
26:55Ou presque fini, en tout cas c'est fini du côté américain et les autres vont suivre.
26:59Pourquoi ? Parce qu'on va passer au protectionnisme.
27:02Le protectionnisme, je l'ai dit, le mondialisme c'est la prime aux consommateurs.
27:08Le protectionnisme c'est l'inverse, c'est la prime aux producteurs.
27:12C'est-à-dire on retrouve les protections, les barrières, on protège le producteur.
27:17Et la nation redevient un espace économique pertinent.
27:23Il y a une phrase de Trump qu'il faut méditer, qui est très intéressante,
27:29et qui est la suivante,
27:30jusqu'à présent on taxait les citoyens pour enrichir les pays étrangers,
27:39avec moi et désormais on va taxer les pays étrangers pour enrichir les citoyens.
27:44C'est la définition du protectionnisme.
27:47Parce qu'il veut recréer une industrie, etc.
27:51Ça c'est le premier tremblement de terre.
27:54Le deuxième tremblement de terre c'est la fin du multilatéralisme.
27:59Les gens qui nous écoutent ne sont pas forcément des spécialistes du droit international,
28:03mais c'est très facile à comprendre.
28:06Le multilatéralisme, c'est ce qui s'est passé après guerre, depuis la guerre.
28:10Il y a tout un système institutionnel qui est en train de s'effondrer.
28:17Ce système institutionnel, c'est-à-dire l'ONU, l'OMC, l'OMS, la CPI, la Cour internationale,
28:24les accords de Paris, etc.
28:26Pourquoi ? Parce que Trump a décidé de pratiquer ce qu'on appelle l'unilatéralisme.
28:32Ou encore la diplomatie transactionnelle, c'est-à-dire je parle avec toi,
28:36on ne parle plus à trois, je parle tout seul.
28:38Moi je parle avec toi, je parle avec toi.
28:44En espérant des avantages supérieurs que si on est ensemble dans la même pièce.
28:48Et ça c'est un âge complètement nouveau.
28:50En fait on assiste à trois phénomènes incroyables dans la vie internationale.
28:54Le premier phénomène, c'est le retour des logiques de puissance,
29:02avec des États qui se rêvent en empire.
29:07Trump, il rêve de ce que Raymond Aron appelait la République impériale,
29:11en tout cas sur son continent, avec la doctrine Monroe que j'ai citée tout à l'heure.
29:15Poutine rêve de l'accès aux mers chaudes, comme dans l'Empire russe.
29:23Le sultan Erdogan rêve de l'Empire ottoman.
29:29Les Iraniens rêvent de l'Empire perse.
29:31Et la Chine rêve de l'Empire du milieu.
29:33Donc on va vers cette logique des rivalités géostratégiques.
29:42Le deuxième élément, je viens de le dire, c'est l'effondrement du système institutionnel.
29:46Donc il n'y a plus personne pour réguler les conflits.
29:50Et le troisième phénomène dont j'ai déjà parlé ici, ce sont les pièges de Thucydide.
29:55Vous savez, Sparte et Athènes, quand il y a une nation déclinante mais encore puissante,
30:01qui voit une nation montante et qui est encore prenable.
30:05Passant va dire à Sparte que ses soldats sont morts ici pour obéir à ses lois,
30:10la guerre du Péloponnèse, etc.
30:12Et là, en fait, on a le piège de Thucydide.
30:14En fait, il est obsédé par une chose.
30:16Il ne regarde pas nous, il regarde la Chine.
30:20Trump, voilà.
30:21Et donc ça, c'est le deuxième élément, la fin du multilatéralisme.
30:24Troisièmement, la fin du multiculturalisme.
30:27Ça nous intéresse de plus en plus.
30:30Le multiculturalisme, c'est ce que Mathieu Bocoté,
30:35le seul sociologue que j'ai envie d'écouter au monde,
30:39et qui dit, je crois que c'est lui qui a eu cette formule,
30:42l'Amérique était le laboratoire planétaire du paradis diversitaire.
30:47Tout est dit, le wokies, etc.
30:49Il ne faut pas croire que ça va s'arrêter.
30:51La phrase de Trump, elle va franchir l'Atlantique.
30:56Et donc, je comprends que Elisabeth Borne et toute la bande des wokies du gouvernement
31:01paniquent parce que le LGBT, ce n'est pas des jours heureux pour eux.
31:07On va revenir au bon sens.
31:09Et puis enfin, l'état profond.
31:12Qu'est-ce que l'état profond ?
31:14Parce que dans les lettres que je reçois,
31:16les gens disent, on ne sait pas, vous parlez d'état profond.
31:18Alors l'état profond, c'est simple, c'est des hauts fonctionnaires qui restent en place
31:22et qui regardent les alternances en se marrant.
31:25C'est-à-dire que l'état profond, c'est une entité pérenne qui survit aux alternances
31:31et qui impose l'idéologie des ingénieurs sociaux de Saint-Simon.
31:36C'est-à-dire, on fait la cité sans frontières
31:39et on ne se préoccupe pas du tout de ce que les politiques peuvent penser.
31:43L'état profond par excellence, chers amis,
31:47l'état profond des états profonds, c'est l'Union Européenne.
31:51Pourquoi ? Parce que l'état profond n'est pas élu.
31:54L'Union Européenne n'est pas élue.
31:55La commission de Bruxelles, elle n'est pas élue.
31:58Elle fait ce qu'elle veut.
31:59Et vous savez, quand on a une entité qui n'est pas élue et qui est loin du peuple,
32:06elle est guettée par la corruption.
32:08Et c'est ce qui est en train de se passer.
32:09Et on y vient, justement, Philippe Devilliers,
32:11vous me faites la transition, puisque Emmanuel Beretta, journaliste du Point...
32:16Je me demande si vous n'êtes pas journaliste, en fait.
32:20C'est la grande question.
32:21Peut-être un avenir.
32:23Peut-être qu'il y a de la concurrence.
32:25Ils ont besoin de la respiration artificielle.
32:30La Commission Européenne a payé.
32:32Sujet très intéressant.
32:33Personne n'en parle, Philippe Devilliers.
32:35La Commission Européenne a payé des ONG pour faire son lobbying,
32:38explique Emmanuel Beretta, journaliste au Point, dans son enquête.
32:42L'institution finançait, selon lui, des ONG pour faire pression sur les eurodéputés
32:47en faveur du pacte vert.
32:48Un système de lobbying fantôme que le commissaire au budget a dû reconnaître.
32:53Jean-Paul Garraud, député européen, patriote du Rassemblement National,
32:58qui explique avoir saisi le parquet national financier,
33:03le parquet européen et la présidente du Parlement européen,
33:07ainsi que l'OLAF, je dis pour les téléspectateurs,
33:10l'OLAF, c'est l'Office européen de lutte antifraude.
33:13Et François-Xavier Bielhenny, dont vous parliez en début d'émission,
33:17a lui aussi réagi.
33:19Je vous propose de l'écouter.
33:20C'était ce soir.
33:22Là où la séparation des pouvoirs devrait être évidente entre le législatif
33:26et l'exécutif, entre le Parlement et la Commission,
33:29l'exécutif cherchait à influencer le vote des députés
33:33en mettant de l'argent dans ces organisations
33:35pour qu'elles viennent tenter de nous convaincre.
33:38Et lorsque nous avons voté contre des mesures que la Commission proposait
33:41sur le 100% véhicule électrique, par exemple,
33:44ou bien sur les rénovations énergétiques de bâtiments
33:47et les nouvelles normes que la Commission créait pour cela,
33:50nous le faisions alors que des ONG omniprésentes au Parlement
33:54cherchaient à nous convaincre, au contraire, de soutenir.
33:57Geoffroy Lejeune.
33:58Philippe, vous avez été député européen et vous avez raconté
34:00dans certains de vos livres la manière dont les lobbyistes
34:03venaient essayer de vous convaincre ou de vous corrompre,
34:05je ne sais pas comment on appelle ça, de voter certains textes.
34:09Et à la fin d'ailleurs, vous racontez souvent qu'ils ne toquaient même plus
34:11à votre porte parce que vous avez dit que ça ne servait à rien de venir vous parler.
34:14Est-ce que ce que vient d'écrire Emmanuel Béréta du Point
34:17ou François-Xavier Bellamy, ça vous surprend ?
34:19Et en fait, qu'est-ce que vous pensez de cette information qu'on vient d'apprendre ?
34:22Sous-traité, personne n'en parle.
34:24Il faut remercier François-Xavier Bellamy, courageux comme d'habitude,
34:27et Jean-Paul Garraud, qui est un ami personnel,
34:30qui est un homme remarquable, un grand juriste, un grand magistrat,
34:34et qui a saisi le parquet financier.
34:37On va voir s'ils sont aussi alertes sur cette question-là
34:40qu'avec les hommes politiques.
34:42Ça va être intéressant à observer.
34:44Alors, en fait, on est devant un double scandale.
34:47Un scandale moral et un scandale politique.
34:52Le scandale moral, c'est la corruption.
34:57Vous avez bien compris que...
34:59Moi, je me suis fait expliquer deux fois pour être sûr d'avoir bien compris.
35:01Donc, vous avez la Commission qui paye des ONG.
35:07Elles sont payées pour corrompre les députés.
35:10C'est-à-dire leur dire le pacte vert, c'est extraordinaire, etc.
35:13C'est-à-dire que la Commission a besoin de corrompre son environnement immédiat
35:18avec des entités à sa solde pour aller corrompre les députés.
35:22Et alors, moi, je sais de quoi je parle.
35:24Parce que quand j'étais député européen, écoutez-moi bien.
35:28Vous savez combien il y a de lobbyistes à Bruxelles ?
35:30De lobbyistes, c'est-à-dire les gens qui sont payés pour aller corrompre les députés.
35:34Parce qu'en fait, c'est une corruption légale.
35:36C'est-à-dire que quand vous avez quelqu'un de chez Bayer ou de...
35:38Enfin, je ne devrais pas citer...
35:39– Ah oui, ne citez pas.
35:40– Oui, bon, voilà.
35:41Mais parce qu'à l'époque, je m'occupais des abeilles.
35:44Et donc, les gens de chez Bayer venaient me voir et frappaient à la porte.
35:47Alors, moi, j'avais mis une pancarte interdite aux chiens et aux lobbyistes.
35:5150 000 lobbyistes.
35:53Et donc, ils arrivent jusque dans l'hémicycle, aux portes de l'hémicycle.
35:57Et vous êtes choyés, entourés.
36:00Il y a 70 lobbyistes par député.
36:04C'est extraordinaire.
36:05Et donc, en fait, il arrive ce qui doit arriver, le Green Deal Gate.
36:10Vous allez voir que le mot va faire fortune.
36:12– Après le Qatar Gate, le Green Deal Gate.
36:14– Voilà.
36:15Alors, le deuxième scandale, c'est le scandale politique.
36:18On n'a pas le temps de l'aborder.
36:20Mais le Green Deal, en fait, le pacte vert.
36:23Au moment où la Chine nous vend les panneaux photovoltaïques,
36:29les terres rares pour les rotors de nos éoliennes,
36:34les microprocesseurs, les semi-conducteurs, les batteries.
36:3880% des batteries pour nos voitures électriques sont fabriquées en Chine.
36:42Au moment où les États-Unis vont installer une herse douanière
36:47qui va les renforcer et nous affaiblir.
36:49Nous, qu'est-ce qu'on fait ?
36:50On déclare la décroissance.
36:53Oh ! La décroissance.
36:55Et en fait, réfléchissez bien.
36:57La guerre en Ukraine, le pacte vert en même temps.
37:00Qu'est-ce que ça veut dire ?
37:01Ça veut dire, la guerre en Ukraine, c'est le Buy American Act de l'Europe.
37:09Et le pacte vert, c'est le China Buy Act.
37:19C'est-à-dire qu'on achète, grâce au pacte vert,
37:23tout le matériel nécessaire pour respecter le pacte vert à la Chine.
37:27Et grâce à la guerre en Ukraine, on achète le gaz liquéfié à l'Amérique.
37:33Et qu'est-ce que dit Madame van der Leyen ?
37:35Elle n'a pas honte.
37:36Elle dit, on est prêt.
37:38Monsieur le Président, qu'elle n'a toujours pas rencontré,
37:40parce que le Président, il a appris la phrase de Kissinger.
37:43L'Europe, quel numéro de téléphone ?
37:47Il n'a pas trouvé le numéro, donc il n'a pas appelé.
37:49Et elle, elle dit, Monsieur le Président, elle a dit à l'avance,
37:51Monsieur le Président, c'est adressé à lui comme ça.
37:53Monsieur le Président, les mains jointes.
37:55C'est la première fois qu'elle joint les mains.
37:56Elle dit, Monsieur le Président, on est prêt.
37:59Vous achetez plus de gaz liquéfié.
38:02Épargnez-nous les droits de douane.
38:05Sinon, on est mort.
38:06Donc, cette Europe-là, on en reparlera.
38:08Elle est morte.
38:11C'est une phrase forte, Philippe de Villiers.
38:14Il dit, cette Europe-là est morte.
38:16Je pense que le mur de Maastricht, le mur de Berlin est tombé.
38:20Le mur de Maastricht va tomber.
38:23On en parlera la semaine prochaine.
38:24Ah oui.
38:25Parce que c'est un élément, je n'avais jamais entendu ça.
38:27Je vous dirai pourquoi.
38:29Donc, la semaine prochaine, on doit comprendre pourquoi le mur de Maastricht est tombé.
38:32On est deux à savoir, Van der Leyen et moi.
38:35Je pensais que Saint-Ignan était aussi au fond.
38:39Philippe de Villiers, on va faire.
38:42On va vous laisser beaucoup de temps pour cette dernière partie d'émission.
38:46On va vous laisser du temps parce que vous avez parlé de Donald Trump.
38:49Vous avez expliqué, selon vous, les raisons et les conséquences de sa victoire.
38:55Mais comment peut-on expliquer, Philippe de Villiers, qu'aux Etats-Unis,
38:59il paraît en quelque sorte naturel que les jeunes Américains accrochent leur drapeau aux fenêtres,
39:07alors qu'en France, un tel geste encourt la suspicion, voire les accusations d'extrémistes ?
39:17Alors, il y a une phrase de Jean Jaurès qui est très belle
39:28et qui résume bien la réponse à votre question.
39:31La patrie, c'est le bien de ceux qui n'ont rien.
39:37Et ce n'est pas étonnant.
39:37D'ailleurs, Barrès dit en réponse, la patrie, c'est l'affaire des gueux, pas l'affaire des riches.
39:44Les riches, ils se débrouillent, ils n'ont pas besoin de la patrie.
39:49Et la question qu'il faut poser, c'est qu'est-ce donc que la patrie
39:55pour l'homme de sable de la société liquide, qui est la nôtre ?
40:03L'homme de sable de la société liquide qui ne retient rien, qui ne voit rien,
40:08qui ne regarde rien, qui n'aime plus rien d'autre que l'instant de l'illimitation marchande,
40:15l'hédonisme consumériste ?
40:18La patrie.
40:21Le patriotisme en France est moribond.
40:23C'est le seul pays du monde avec la Belgique où il est moribond.
40:29Alors pourquoi ?
40:30D'abord parce que ce qu'on présente aux Français lorsqu'on parle de la France,
40:37ce n'est pas un pays en fait, c'est un régime.
40:41On ne parle plus de la France, les politiciens ne parlent plus de la France,
40:44ils parlent de la République.
40:47La France, c'est un pays, la République, c'est un régime.
40:51Ce n'est pas du tout la même chose.
40:52On peut faire aimer un pays, un régime, c'est différent, on peut l'aimer ou le critiquer.
40:59Et donc en fait, on a en France remplacé l'imaginaire collectif
41:06par une abstraction, les valeurs de la République.
41:10Et on croit qu'on va mobiliser les jeunes avec les valeurs de la République ?
41:13Non.
41:17Et pire que ça,
41:21la France s'interdit à elle-même d'aller chercher dans son passé
41:26tout ce qui est avant le 21 janvier 1793.
41:32Petite parenthèse, la mort du roi innocent.
41:37Et tout ce qui est avant, c'est affreux.
41:41Depuis la fin du roman national.
41:44La France en fait est divisée contre elle-même,
41:46tout demeure divisé contre elle-même, périra.
41:48La France est amputée.
41:50La France vit une amputation mémoriale.
41:53C'est-à-dire que tout le légendaire du dépôt millénaire est interdit
41:58avant deux siècles.
42:01On n'a le droit de consommer que les deux derniers siècles.
42:04Alors où on va chercher nos rêves ?
42:06Où vont chercher leurs rêves ces enfants de France ?
42:11Mais il y a une autre raison plus récente
42:13qui fait que le patriotisme est en train de mourir.
42:18C'est la souveraineté européenne.
42:20La souveraineté européenne qui surplombe et maintenant efface la souveraineté nationale.
42:25Et ça me fait penser à la phrase de Mitterrand.
42:27Deux phrases de Mitterrand, à vrai dire.
42:29Qui sont deux comme la nation.
42:31Il dit, le nationalisme c'est la guerre.
42:33Je l'ai entendu, j'étais là.
42:35Le nationalisme c'est la guerre.
42:37Curieux d'ailleurs parce qu'un Ukrainien déclaré nationaliste, c'est un héros.
42:44Mais un Français qui se déclare nationaliste, c'est un fasciste.
42:50C'est un monstre, voilà.
42:53Et ensuite il a dit, la France est notre patrie, l'Europe est notre avenir.
43:01Ça veut dire que la patrie c'est du passé.
43:03Heureux ceux qui sont morts sur la terre charnelle, payés.
43:09Et puis la troisième raison, qui est la plus actuelle, qui est récente.
43:15Depuis que les historiens sont devenus des médecins légistes,
43:19qu'on a livré l'histoire, la grande histoire, aux sciences sociales jargonnantes et mortifères.
43:26Eh bien, c'est la suspicion du passé.
43:29La suspicion du passé de la France.
43:33Avec le Wauquistan, la criminalisation du passé par le Wauquistan.
43:40Il faut décoloniser la France pour la recoloniser.
43:42Celui qui a commencé c'est Macron quand il a dit,
43:45la colonisation a été un crime contre l'humanité.
43:49Il a accusé son propre pays d'être criminel contre l'humanité.
43:54Et puis le Wauquistan, j'ai dit aussi l'Islamistan, avec la analysation de l'histoire.
44:02Que tous les profs vivent dans toutes les écoles avec l'auto-censure.
44:06La laïcisation, ça veut dire qu'il y a une histoire haram, une histoire halal,
44:09il y a une histoire interdite, une histoire autorisée.
44:12Donc on se censure.
44:14Comment voulez-vous qu'il y ait des enfants qui s'enthousiasment ?
44:16Et la question que je pose, elle est grave.
44:18Elle est la suivante.
44:19Il y a des Français d'héritage et des Français de désir.
44:27Des Français d'aspiration, des Français de curiosité.
44:32En tout cas, ils s'approchent de la France.
44:34Ils voudraient la connaître, ils voudraient la faire leur.
44:39Et je dis ceci, quand on ne propose plus à la jeunesse de France,
44:46nos drames, nos larmes, nos héros, nos gloires.
44:51Alors il y a la tentation pour ces jeunes qui ne connaissent pas encore la France
44:55et qui voudraient l'aimer, d'aller chercher d'autres drames, d'autres larmes,
44:58d'autres héros, d'autres gloires.
45:03Alors, vous me direz, mais alors comment on fait pour faire renaître le patriotisme ?
45:11Il faut recréer un imaginaire collectif.
45:14Une nation ne peut pas vivre sans un imaginaire collectif.
45:19Et pour recréer un imaginaire collectif,
45:22première condition, le réenracinement.
45:26Se réenraciner, ça veut dire apprendre à nouveau, comme les plantes,
45:31à vivre, à respirer entre l'humus et la lumière.
45:34Pauvres petits poussins d'hommes en batterie, privés, sevrés,
45:42de la sève d'en haut et de la sève d'en bas,
45:46et qui sont guettés par la dénutrition de l'être intérieur.
45:52Il faut cesser de déchirer les tissus vivants comme un enfant déchire une rose.
46:02Le réenracinement.
46:04Ensuite, le retour de la fierté.
46:06Et là, je voudrais insister là-dessus parce que c'est capital.
46:10Moi, depuis que je suis enfant, on m'explique, la France est trop petite.
46:13Le fameux levier d'Archimède.
46:16À plusieurs, on sera plus fort.
46:18Ça, je me souviens des conversations avec Bayrou et avec Valéry Giscard d'Estaing.
46:23Et en fait, un jour, je me suis dit, et j'avais collé Giscard là-dessus,
46:29j'ai dit, mais en fait, votre conception de la puissance,
46:35elle date d'un temps révolu.
46:38Je vous explique.
46:40Et voilà ce que je leur avais expliqué.
46:42Vous parlez du temps de Taylor, où en fait, on disait une grande usine,
46:47c'est une usine qui a une grande taille.
46:51On identifiait la puissance à la taille avec Taylor, le taylorisme.
46:56Et puis comme Vidal de la Blache, le grand géographe qui faisait tourner
47:00sa map monde avec des tâches roses.
47:02Et on disait, un grand pays, c'est un pays étendu.
47:07Mais ça, c'est fini.
47:09L'idée qu'il y ait une identité entre la taille et la grandeur, c'est fini.
47:15Pourquoi ? Parce qu'on est au temps de la miniaturisation du microprocesseur
47:18et de l'atome.
47:20La puissance est comme l'atome, c'est la combinaison contradictoire
47:23de l'infiniment petit et de l'infiniment puissant.
47:25Vous avez des petits pays, Israël, qui sont puissants.
47:28Vous avez des grands pays, l'Australie, qui ne sont pas puissants.
47:31Et donc la France, en fait, c'est une grande puissance.
47:34Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'une grande puissance ?
47:37Une grande puissance, c'est un pays qui est regardé comme puissant
47:40dans le regard des autres, ce qui est notre cas à nous.
47:45Et enfin, et surtout, je terminerai par là,
47:48il faut donner accès aux beautés françaises.
47:53Expliquer à nos jeunes, et chacun peut le faire,
47:59il suffit de sortir de chez soi et de regarder le trésor.
48:01Il est sous nos yeux et on ne le voit plus.
48:04Et on ne le voit pas et on ne le regarde pas.
48:06Et on ne le soupçonne pas.
48:08Il faut leur dire, la France est une romance
48:12qui peut embraser le roman de Vauvich.
48:16Alors aujourd'hui, les jeunes ne sont plus comme avant.
48:20Les jeunes sont des écorchés vifs.
48:22Ils ont une sensibilité à fleurs de peau.
48:26Donc, il ne faut plus leur dire, comme on disait dans le temps du temps du roman national,
48:31où il y a encore 50 ans, aimez la France.
48:33Regardez comme elle est performante.
48:36Non, il faut leur dire, regardez la France comme elle est belle et fragile.
48:45Parce que si on présente la France comme un être qui a la beauté et la fragilité,
48:49on donne envie de l'aimer davantage pour la sauver.
48:54Il faut que les jeunes français soient appelés à aller chercher
49:00dans une quête toute personnelle.
49:03Je pèse mes mots.
49:06Nos splendeurs intimes.
49:12Un grand merci, Philippe de Villiers, pour cette nouvelle émission.
49:16On se retrouve évidemment la semaine prochaine avec nos drapeaux.
49:22Avec nos drapeaux français.
49:24Merci à vous, Geoffroy Lejeune.
49:25Merci, Léod, merci Philippe.
49:27Dans un instant, c'est l'heure des pros.
49:31Deux, avec Elisabeth Lévy, Jean-Sébastien Ferjou, Patrick Roger et Jules Torres.
49:35Merci à tous les deux, c'était un plaisir d'être avec vous.
49:38Et nous, on se retrouve dans quelques instants.
49:40A tout de suite.

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