Best of 2024 de l'émission #FaceAMichelOnfray.
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00:00Bonjour à tous et bonjour à toutes. Bienvenue d'en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe.
00:04Bonjour Michel.
00:05Bonjour Laurence.
00:05Je sais que vous avez suivi avec beaucoup d'attention l'actualité de la semaine.
00:09À commencer par la spectaculaire cérémonie d'investiture de Donald Trump
00:13qui s'est déroulée lundi dans l'enceinte du Capitol à Washington.
00:17Un discours de fermeté bien sûr avec des décisions radicales à la clé.
00:21Quel adjectif employerez-vous pour qualifier ce 47ème président des Etats-Unis
00:26parmi les décisions qu'il a prises sur l'immigration, les taxes douanières, le protectionnisme,
00:31sa volonté d'enrayer le déclin des Etats-Unis ?
00:34Que retenez-vous en priorité et puis quelles leçons en tirer pour nous autres Français et Européens ?
00:39On vous écoute dans un instant Michel.
00:42Emmanuel Macron, lui, aux côtés d'Olaf Scholz, le chancelier allemand,
00:45a estimé que l'Europe devait rester unie face à cette vague de protectionnisme américain.
00:51Il a aussi dit « assumons la préférence européenne ».
00:55Qu'est-ce que cela veut dire ? Est-ce qu'il y a une souveraineté européenne ?
00:58On va voir ce que vous en pensez, j'ai un petit indice quand même sur la question.
01:03Parmi les nombreuses décisions de Trump, il y a aussi ce projet qui vous a interpellé.
01:07Ça s'appelle Stargate, ça concerne bien sûr l'intelligence artificielle
01:11avec des investissements d'au moins 500 milliards de dollars aux Etats-Unis,
01:15un projet civilisationnel dont vous allez nous parler Michel.
01:19On s'intéressera bien sûr à cette mode qui consiste à quitter le réseau social d'Elon Musk,
01:24cela s'appelle Hello Quit X, au passage c'est organisé par un organisme d'Etat, le CNRS, ça pose question.
01:32Il y a des journaux, des associations, des personnalités qui quittent Twitter,
01:35drapées dans leur dignité pour dénoncer les dangers de ces forums où la parole est libre,
01:39mais elle serait faussée par des algorithmes.
01:42Qu'en pensez-vous ? Ce sont les mêmes au passage, qui demandent l'interdiction de chaînes comme la nôtre.
01:46Et puis on reviendra sur ce geste d'Elon Musk qui a été interprété par certains comme un salut nazi
01:51lors d'un discours qu'il faisait lors du bal suivant l'investiture de Trump.
01:55Ce qui nous amènera Michel à parler de l'aveuglement des élites.
01:59Vous trouvez qu'une phrase de Simone de Beauvoir tirée de l'un de ses romans est symptomatique.
02:04« La vérité est une, l'erreur multiple, ce n'est pas un hasard si la droite professe le pluralisme. »
02:09J'ai très hâte de vous entendre à ce sujet.
02:12C'est parti pour aujourd'hui ?
02:13C'est parti.
02:14Allez, on commence par cette cérémonie d'investiture spectaculaire de Donald Trump à Washington,
02:18dans l'enceinte du Capitole.
02:20Là même où ses partisans avaient lancé l'assaut après sa défaite le 6 janvier 2021.
02:25On va y revenir parce qu'il a quand même accordé sa grâce présidentielle à près de 1500 assaillants du Capitole.
02:31Mais d'abord, la cérémonie de prestation du serment, la main sur la Bible,
02:34ou à côté de la Bible, ce qui nous interpelle, nous Français,
02:37on a tant de temps à séparer l'Église de l'État que, évidemment, ça nous interpelle.
02:41Et puis ces quelques mots où Trump explique que l'âge d'or de l'Amérique est revenu.
02:46On écoute la prestation de serment et l'âge d'or.
02:50Je jure, Donald Trump, que je soutiendrai et défendrai la Constitution des États-Unis d'Amérique
03:05et, autant que je le peux, lutter contre tous les ennemis étrangers ou nationaux
03:15et je protégerai la Constitution si Dieu le veut.
03:22L'âge d'or de l'Amérique commence maintenant.
03:25À partir de maintenant, notre pays va connaître la prospérité et va regagner en respect dans le monde.
03:34Nous serons enviés par toutes les nations et nous ne nous permettrons pas d'être exploités chaque jour sous le gouvernement Trump.
03:46Je ferai en sorte que l'Amérique soit devant.
03:56Voilà Michel Onfray pour Donald Trump.
03:58Qu'est-ce qui vous frappe dans ces séquences qu'on vient d'entendre ?
04:01La très belle tenue de son épouse, son beau chapeau.
04:04D'accord. Melania, un bon point pour elle ?
04:06Sa mise à part, le fait que ce soit un discours civilisationnel.
04:09Et on a besoin de discours civilisationnel.
04:11Après, on est d'accord ou pas d'accord, mais au moins on fait une proposition de civilisation.
04:14Je rappelle d'ailleurs que Jean-Luc Mélenchon avait fait un discours à Nantes, je crois me souvenir, sous les auspices de Jules Verne,
04:20qui avait été vraiment un discours civilisationnel, avec lequel je n'étais pas d'accord.
04:23Au moins, c'était un discours civilisationnel.
04:25Il y a tous ceux qui ont mangé des crapauds.
04:28C'était un déjeuner de crapauds pour Biden, pour Kamala Harris, pour Obama, pour Hillary Clinton, pour Mme Bush, M. Bush.
04:40Enfin, tous ces gens qui ont finalement avalé des crapauds, qui étaient là et qui écoutaient.
04:43On se disait que ce n'était pas possible.
04:45Et lui, il fait des propositions.
04:46Ce n'est pas un saint.
04:47C'est un vendeur de voitures, d'immeubles, de chaussettes.
04:50Et il vend l'Amérique.
04:52L'âge d'or est revenu.
04:55Oui.
04:56On ne va pas faire de la philosophie politique, on peut en faire un peu.
04:59Mais l'âge d'or, c'est quelque chose qui n'a plus lieu.
05:01L'idée de restaurer un âge d'or, je ne crois pas moi à la restauration.
05:04Je ne suis pas un réactionnaire au sens étymologique.
05:06Je ne crois pas qu'il faudrait revenir à la révolution française, avant je ne sais pas quoi.
05:09Non, c'est ainsi que les civilisations fonctionnent.
05:12Je ne vais pas lui donner de leçon de philosophie de l'histoire.
05:14Je pense qu'il ne va pas refaire un âge d'or, mais qu'il va faire une autre Amérique.
05:18Et qu'il va faire de telle sorte que cette Amérique soit civilisationnelle.
05:21Moi, je le dis depuis très longtemps.
05:22Je dis que Elon Musk est quelqu'un qui prépare la prochaine civilisation.
05:25C'est-à-dire, si on pense en termes de centenaire, de millénaire, je pense qu'il parle pour mille ans là.
05:30Et il en parle parce qu'il parle de Mars.
05:33Mars, c'est le petit mot qui permet de concentrer...
05:35La planète Mars.
05:36La planète Mars. Pas le dieu de la guerre.
05:38Mais c'est toute la civilisation qui est présentée comme telle.
05:42C'est-à-dire qu'on n'a pas grand temps, il faudrait une heure entière sur ce sujet.
05:46Mais les astrophysiciens nous expliquent que la Terre, elle est née, elle vit, elle va mourir, qu'elle va disparaître, quoi qu'on fasse.
05:52Quoi qu'on fasse.
05:53C'est-à-dire vélo électrique ou pot catalytique ou pas, c'est ce qui va avoir lieu.
05:57Le réchauffement est en relation avec la vie de la planète qui elle-même est en relation avec la vie des univers et de ce qu'on appelle les plurivers ou les multivers.
06:04Il y a une multitude d'univers.
06:06Et on ne sait pas quelles sont les relations de notre univers avec les autres univers, mais il y a évidemment des interactions.
06:11Donc quand il dit on va aller sur Mars, c'est pour se projeter comme ça, au-delà de...
06:15Parce qu'il sait qu'il y a un moment donné où la planète sera devenue inhabitable, quoi qu'on ait fait et quoi qu'on fasse.
06:19Et quand elle sera devenue inhabitable, il faudra la quitter.
06:22Donc soit il y a des exoplanètes, des planètes ailleurs, je dirais.
06:25Soit il y a des planètes susceptibles d'être viables.
06:28On est en train de chercher, il y en a des milliards de milliards de milliards.
06:31Soit il y a des possibilités de vivre sur la Lune ou sur Mars ou dans des stations orbitales dans lesquelles il faut repenser totalement l'humanité.
06:40Et alors là on a Neuralink, il y travaille, c'est-à-dire le puçage des cerveaux.
06:44Les gens qui travaillent à l'avion de cellulaire.
06:46C'est évident que si vous partez avec un vaisseau spatial, vous n'allez pas faire l'Arche de Noé en emmenant le bœuf et la vache,
06:51en emmenant le poulet et la poule.
06:54Et puis voilà, le coq et la poule.
06:56Mais il va falloir emmener des cellules que vous allez cultiver dans des laboratoires
07:00qui sont susceptibles d'être dans des atmosphères que vous allez refabriquer sur la Lune ou sur Mars.
07:05D'ailleurs il s'en va bientôt sur la Lune pour dire bon, on va voir comment on prépare et puis après on va un petit peu plus loin.
07:09Et donc c'est vraiment civilisationnel.
07:12Donc c'est tous les gens de la TEC, donc les Jeff Bezos, ils ont tous un peu compris.
07:15Ils étaient tous là.
07:17Monsieur Zuckerberg, monsieur Bezos.
07:19Absolument, absolument.
07:21Sans honte but, tous ces gens qui ont contribué au contraire de ce que Trump proposait disent
07:27il y a un projet civilisationnel, si on en est c'est quand même mieux que si on n'en n'est pas et donc allons-y.
07:31On va y revenir dans un instant.
07:33Juste sur le côté religion, je jure avec la main, pas sur la Bible mais à côté de la Bible,
07:38c'est vrai que nous Français on reste toujours un peu saisis face à cette constitution américaine qui prend appui sur...
07:45Ah oui mais je crois que les pays laïcs sur la planète, si vous prenez une carte du monde et que vous cherchez les pays laïcs,
07:51il y en a 4 ou 5, je ne sais pas.
07:53Nous sommes l'exception, nous sommes parmi les exceptions.
07:55Et nous avons initié d'une certaine manière, pas tant avec la loi 1905 de la séparation des Églises et de l'État
08:03mais avec la décapitation.
08:05Il y a eu une commémoration il y a quelques temps, le 21 janvier, de la décapitation de Louis XVI.
08:09Quand on décapite Louis XVI, on en finit avec ce qu'on appelle la théocratie, c'est-à-dire le pouvoir de Dieu sur les hommes.
08:15Et l'idée qu'il y ait dans le ciel un Dieu et que sur terre il faudrait l'équivalent, un homme qui serait le roi, etc.
08:21Ça, ça tombe dans la sûre avec le 21 janvier 1792.
08:25Donc à ce moment-là, on passe à la démocratie, c'est-à-dire le pouvoir du peuple.
08:30Pour le coup, quand on veut laisser de côté la religion, il faut trouver quelque chose de nouveau, de neuf.
08:35Et on met à peu près un siècle à trouver la séparation des Églises et d'État, donc la laïcité.
08:39Mais la laïcité, pour plein de pays, ça n'est pas pensable.
08:41Notamment tous les pays arabes, pour lesquels le Coran est un texte politique.
08:45La constitution, ou même en Israël, moi j'ai discuté avec des rabbins.
08:48Ils me disaient, mais vous n'avez pas de constitution.
08:50Un rabbin me regarde, il me dit, bien sûr que si, nous avons une constitution.
08:52Je dis, mais non, vous n'avez pas de constitution.
08:54Il me dit, si, la Torah.
08:56Si effectivement, la Torah, la Bible, le Coran, ce sont des textes politiques.
09:00Ce n'est pas la même politique qu'on propose, que si on dit, non, il y a la souveraineté populaire.
09:03Le peuple qui décide.
09:04Ceci dit, nous, on est en train de mettre tout ça à la poubelle depuis un certain temps.
09:07La souveraineté du peuple, c'est fini.
09:09Autre phrase-choc de Donald Trump devant, vous le disiez, un Joe Biden, une Kamala Harris quasi effondrée.
09:14Ses adversaires démocrates.
09:15Il y avait aussi l'idée de s'attaquer à une élite corrompue et radicale, et de restaurer la liberté d'expression.
09:20Écoutons Donald Trump.
09:22Après des années d'efforts fédéraux anticonstitutionnels contre la liberté d'expression,
09:31je vais également signer un décret pour immédiatement mettre fin à la censure gouvernementale.
09:37Je vais restaurer la liberté d'expression aux États-Unis.
09:40Le pouvoir de l'État ne sera plus jamais utilisé pour exploiter ou pour se battre contre des opposants politiques.
09:49Et je m'y connais.
09:51Ça ne se produira plus.
09:53Sous notre gouvernement, nous allons restaurer une justice équitable qui respecte l'État de droit.
10:01Voilà, Donald Trump qui, d'un côté, a agracié 1 500 assaillants du Capitol d'il y a 4 ans,
10:06et Joe Biden qui, lui, a agracié plusieurs membres de sa famille à titre préventif pour éviter des poursuites pénales.
10:12Qu'est-ce que ça vous inspire ?
10:14La grâce, le phénomène de la grâce.
10:16La grâce, et après on reviendra sur la liberté d'expression et la justice qu'il veut restaurer.
10:20Alors, la grâce, ça s'explique.
10:22Là, je ne regarde pas qui grâcie qui et pour quelle raison.
10:24On peut rentrer dans le détail.
10:26Moi, je trouve qu'on...
10:28Enfin, non, je ne trouve rien sur ce sujet.
10:30Disons qu'on ne va pas rentrer dans le détail de la chose concrète.
10:32Simplement, quand vous êtes investi d'une souveraineté, cette souveraineté, c'est le peuple qui vous la donne.
10:37Et on est sur cette idée que le peuple ayant investi le monarque, le roi, le souverain,
10:42le souverain a une relation directe aussi avec Dieu.
10:44D'où le fait qu'on puisse jurer sur la Bible,
10:46d'où le fait qu'on puisse remercier Dieu,
10:48d'où le fait qu'on puisse invoquer Dieu dans ces cas-là.
10:51Donc à partir de ce moment-là, quand vous êtes le monarque sur terre,
10:54vous représentez d'une certaine manière le monarque au ciel.
10:56Et vous avez donc le droit de grâce.
10:58Les hommes ont jugé, il y a eu un tribunal,
11:00on a décidé que vous étiez coupable.
11:02Le souverain peut, c'est le droit des rois d'une certaine manière,
11:05c'est un héritage direct,
11:07lui dire, non, moi j'ai décidé, parce que je suis le souverain,
11:10j'ai la ligne directe entre le peuple et les hommes,
11:12donc je décide que je grâcie.
11:14Alors vous pouvez grâcier des gens pour lesquels il y a des questions de principe.
11:18Je ne sais pas, vous pouvez grâcier quelqu'un qui est condamné à mort
11:20parce que vous êtes opposé à la peine de mort.
11:22Là, quand il s'agit de grâcier ses copains, c'est pas terrible.
11:24Le principe de grâce est défendable,
11:26simplement quand il est utilisé à des fins personnelles,
11:29il n'est pas défendable.
11:30Michel Onfray, on est sur CNews et Europe 1.
11:32Un tout petit mot aussi de ce projet Stargate
11:34qui vous a interpellé, annoncé par Trump.
11:36500 milliards, je le dis, de dollars aux Etats-Unis.
11:38Une entreprise qui sera basée au Texas
11:40pour développer l'intelligence artificielle,
11:42son stockage de données,
11:44et ce qu'on appelle l'intelligence artificielle générative.
11:46C'est un projet de civilisation, on y revient,
11:50mais ce sont des moyens colossaux qui sont mobilisés.
11:52Colossaux !
11:54Ah oui, et pourquoi ? Nous avons perdu.
11:56Et quand j'entendais, il y a quelque temps,
11:58Emmanuel Macron dire qu'il faudrait que nous soyons
12:00en pointe sur la question des ordinateurs quantiques,
12:02il n'y a pas un ordinateur français.
12:04Il n'y a même pas un ordinateur européen, je crois.
12:06Donc on ne peut tout de même pas dire
12:08qu'on est meilleur pour l'ordinateur quantique
12:10quand on n'est même pas capable de faire un ordinateur classique.
12:12Je dirais thermique, pour être drôle,
12:14pour essayer de l'être, du moins.
12:16Donc lui, il dit voilà, je mets tout ça sur la table,
12:18c'est un projet de civilisation,
12:20c'est un projet politique et étatique,
12:22c'est aussi un projet qui va grouper et regrouper
12:24les génies de la planète.
12:26On pense ce qu'on veut de ces gens-là,
12:28mais Musk est un génie.
12:30L'aide du Korberg, etc.
12:32Tout ce que ces gens-là touchent, ça devient génial.
12:34Enfin, ça devient génial pour le meilleur et pour le pire.
12:36Quand vous êtes ordinateur, quand vous inventez les réseaux sociaux,
12:38enfin bon, ce sont des gens qui font ça.
12:40Et donc, c'est avec ces gens-là
12:42qu'il va falloir compter pour une civilisation nouvelle.
12:44Et là, qu'est-ce qu'on a à mettre en face, nous ?
12:46Vous savez, dans le privé,
12:48c'est très facile.
12:50D'abord, le pays est protestant.
12:52Donc vous avez une ligne directe aussi avec Dieu.
12:54Ce que vous faites de bien, ce que vous faites de mal,
12:56ce n'est pas le curé qui va vous dire,
12:58trois patères, deux aves, c'est réglé, on passe à autre chose.
13:00La fameuse confession auriculaire.
13:02Là, vous êtes en ligne directe.
13:04Et dans tous les pays de tradition protestante,
13:06il y a ça, il y a cette idée que si vous gagnez de l'argent,
13:08c'est que Dieu le veut bien.
13:10Et si Dieu le veut, si Dieu l'a voulu, alors vous rendez cet argent.
13:12Donc vous créez des universités, vous créez des hôpitaux,
13:14vous créez des collections incroyables.
13:16Il y a des musées à Washington qui sont incroyables.
13:18Vous rentrez dans un musée de peinture
13:20et vous avez 10 chefs-d'oeuvre dans une pièce.
13:22Vous passez dans la pièce d'à côté, 10 chefs-d'oeuvre, etc.
13:24Vous avez une pièce d'art égyptien,
13:26vous avez l'impression que les tissus
13:28ont été tissés dans la nuit,
13:30que les sandales ont été tressées dans la nuit.
13:32Et tout ça, ce sont des choses qui ont 3000 ans, 3500 ans.
13:34Parce qu'effectivement, l'argent circule
13:36et que quand quelqu'un dit
13:38« moi je vais travailler sur cette question d'intelligence artificielle,
13:40je donne de l'argent ». Là, qu'est-ce qu'on fait en France ?
13:42On a demandé de l'argent à qui ?
13:44On connaît le ministre de l'Industrie aujourd'hui
13:46et quel individu a un prix Nobel sur ce terrain-là ?
13:48Un prix Nobel français par exemple,
13:50à qui on pourrait dire « on va vous donner
13:52et les moyens et l'équipe ».
13:54Dès qu'on a des gens intelligents et brillants, ils quittent la France.
13:56– Ils vont aux Etats-Unis.
13:58– Bien sûr. Et quand il y a parfois des prix Nobel français,
14:00ce sont des gens, une femme je crois,
14:02qui a inventé les fameux ciseaux
14:04qui permettent de couper dans les séquences génétiques par exemple.
14:06Cette femme est géniale,
14:08elle travaille aux Etats-Unis.
14:10– Elle travaille aux Etats-Unis.
14:12Encore un mot d'Elon Musk, Michel Onfray,
14:14un des membres de l'équipe Trump,
14:16il est chargé de l'efficacité gouvernementale,
14:18couper dans les dépenses publiques.
14:20Au passage, on a un sondage CSA, CNA aux Européens,
14:22pour le juillet, qui dit que 48% des Français
14:24sont favorables à une telle efficacité gouvernementale.
14:26On en est très très loin.
14:28On en reparlera dans un instant.
14:30Et puis à propos de Musk, toujours,
14:32il y a eu cette polémique autour d'un geste qu'il a fait
14:34alors qu'il prononçait un petit discours
14:36après l'investiture de Trump lors d'un bal.
14:38Il se frappe la poitrine en disant
14:40« mon cœur va à vous » et puis il tend le bras.
14:42On regarde juste la petite séquence,
14:44on écoute ce qu'il dit et puis après
14:46on va évoquer s'il s'agit ou pas d'un salut nazi
14:48parce que toute la polémique a tourné
14:50pendant toute la semaine sur ce sujet-là.
14:52– Je veux juste vous remercier
14:54d'avoir rendu cela possible.
14:56Merci.
15:04C'est grâce à vous
15:06que l'avenir de la civilisation est assuré.
15:12– Voilà pour ce geste qualifié
15:14de dérangeant, de nazi.
15:16Pour d'autres, on écoute juste Arnaud Klarsfeld,
15:18avocat et fils des chasseurs de nazis
15:20et Serge Klarsfeld, il vous passe la parole.
15:22– Le contexte et les mots
15:24qui entourent le geste
15:26doivent être pris en compte
15:28et sinon,
15:30ce n'est pas parce qu'on tend le bras
15:32dans un meeting
15:34que c'est un salut nazi.
15:36Donc je trouve cette polémique
15:38tout à fait absurde et d'ailleurs
15:40l'Anti-Defamation League
15:42qui est une organisation puissante
15:44aux États-Unis
15:46considère que la polémique
15:48est elle aussi tout à fait absurde.
15:50Trump n'est pas un nazi
15:52et Musk n'est pas un nazi.
15:54Les deux sont d'ailleurs
15:56des soutiens d'Israël.
15:58– Michel Onfray, qu'est-ce que vous en pensez alors ?
16:00– D'abord, je trouve que tous ces gens
16:02qui jouent avec la Shoah
16:04sont détestables, sont obscènes.
16:06Et quand je dis qu'ils jouent,
16:08c'est ceux qui pensent qu'il y a un salut nazi,
16:10entendons-nous bien.
16:12D'abord, s'il y a un salut nazi,
16:14c'est que c'est de la part d'un nazi.
16:16Si c'est un nazi, il a dit des choses
16:18qui veulent détruire les juifs,
16:20qui veulent supprimer les juifs de la planète entière.
16:22Ceux qui veulent supprimer les juifs
16:24aujourd'hui, c'est plutôt le Hamas.
16:26C'est plutôt la France insoumise et leurs alliés.
16:28Donc il faut arrêter d'aller chercher
16:30des poux dans la tête de quelqu'un
16:32qui a fait, non pas un geste
16:34qui est une photo, mais un geste qui est une vidéo
16:36et vous faites bien de la montrer, cette vidéo.
16:38– Et de la décrypter pour nos auditeurs.
16:40– C'est ce que dit Arnaud Karsfeld, il a raison,
16:42c'est-à-dire qu'il faut contextualiser ce geste.
16:44Il y a toujours un moment donné
16:46des photos de copains comme ça,
16:48vous êtes en train de plaisanter, vous faites une photo
16:50et vous êtes en train de faire une grimace, c'est pas vous.
16:52C'est une grimace qui est inscrite dans un mouvement.
16:54Là il y a un mouvement et surtout il y a un propos.
16:56Et il dit, il est fou, il est un peu hystérique lui aussi,
16:58vous avez vu comment il est. – Il est agité en tout cas.
17:00– Je vous aime, la civilisation, c'est vous, merci.
17:02Le truc américain, c'est-à-dire
17:04on prend son cœur à témoin,
17:06et d'ailleurs quand on écoute l'hymne,
17:08– On a la main sur le cœur.
17:10– Les français qui font ça en France
17:12n'ont pas compris que c'était un geste américain
17:14et qu'il faut laisser ça aux américains
17:16et que nous avons une façon particulière de nous comporter.
17:18Et là quand il fait ce geste,
17:20il dit en gros, vous êtes tellement formidables,
17:22je prends mon cœur et je vous le donne.
17:24Et il lance son cœur en disant,
17:26et à ce moment-là vous avez ce geste,
17:28vous arrêtez le mouvement, vous arrêtez le geste,
17:30vous avez cette main tendue, ce bras tendu,
17:32et vous dites, salut fasciste, salut nazi.
17:34De la part de quelqu'un qui aurait été nazi,
17:36qui aurait tenu des propos nazis, ce geste-là
17:38aurait été nazi bien sûr, mais il n'a jamais tenu de propos nazis.
17:40Il n'a jamais dit qu'il voulait exterminer les juifs.
17:42Lui, il n'a jamais dit
17:44qu'il y avait un génocide à Gaza
17:46ou ce genre de choses.
17:48– Il porte même un médaillon
17:50pour la libération des otages israéliens
17:52en permanence sur lui.
17:54– Ça je n'ai pas vu, mais vous me le dites
17:56et ça va dans le sens de mon hypothèse,
17:58que c'est effectivement un geste qui a été isolé,
18:00mais vous savez, je ne sais pas si c'est Fouquier-Tinville
18:02ou Fouché, en fait des gens, ce n'est pas plus recommandable
18:04que l'autre, qui disaient, donnez-moi deux lignes de quelqu'un
18:06et je l'envoie à la guillotine.
18:08C'est-à-dire que vous sortez du contexte,
18:10– Oui mais il a dit quand, comment,
18:12quelle est la phrase d'avant, quelle est la phrase d'après,
18:14quel est le contexte, et puis là vous voyez que
18:16si c'est un discours antisémite qui nous dit
18:18Hitler a été formidable,
18:20il faudrait quand même restaurer les chambres à gaz
18:22et puis la déportation ça a été fantastique
18:24et puis là il fait le geste, on dit bon d'accord,
18:26mais pas du tout, donc on voit
18:28à quel degré de polémique ces gens sont
18:30en font, enfin ces journaux qui sont incapables
18:32de penser ou de réfléchir, mais qui insultent
18:34et qui veulent voir des nazis, puis à un moment donné
18:36ils disent, vous avez vu, il porte un vêtement
18:38qui est un nazi porté, il porte des chemises
18:40et donc les autres aussi portaient des chemises, d'accord,
18:42elles étaient brunes, mais enfin, tout porteur de chemises
18:44est un nazi, donc c'est bien la preuve que nous avions raison.
18:46– Justement Michel, vous parlez des journaux, des intellectuels,
18:48il y a un petit mouvement qui fait
18:50en sorte de quitter le réseau social
18:52d'Elon Musk, qui s'appelle X,
18:54anciennement Twitter, parce que voilà,
18:56je pense au Monde, l'IB, la Voix du Nord,
18:58West France, qui annonce ce départ
19:00pour dénoncer la toxicité
19:02de la plateforme d'Elon Musk.
19:04C'est un mouvement qui est baptisé Hello Quit X,
19:06enfin Hello Quit X pour parler français,
19:08mais alors qui a été monté
19:10par un collectif français, piloté
19:12par une équipe du CNRS, c'est ça qui pose question.
19:14– Oui. – Un sur le mouvement
19:16et deux sur le fait que ce soit le CNRS, qu'est-ce que vous en pensez ?
19:18– Oui, qu'on pourrait faire
19:20un droit d'inventaire avec le CNRS, c'est-à-dire que
19:22jadis le CNRS il était fait pour que des gens
19:24puissent chercher et trouver des choses
19:26utiles à la nation, etc. Bon,
19:28qui fait quoi au CNRS ? Il y a des gens très intéressants
19:30probablement, simplement il faudrait qu'on voit
19:32combien d'argent pour combien de résultats
19:34et combien de prix Nobel ont travaillé au CNRS,
19:36ont été payés par l'argent public,
19:38moi je demande un droit d'inventaire, je ne dis pas
19:40fermons le CNRS, il y a des études
19:42d'assériologie qui sont faites par des gens
19:44au CNRS, on va dire mais à quoi ça sert
19:46de savoir si Sumer, Babylone,
19:48etc. Non, non, moi je suis pour que
19:50tout ça existe, simplement je suis pour qu'on
19:52rende des comptes, on a de l'argent public
19:54donc moi j'ai été 20 ans professeur,
19:56j'étais fonctionnaire et j'adorais ce métier
19:58et je n'ai jamais oublié que j'étais payé par
20:00le contribuable et que je devais des choses au contribuable
20:02quand j'étais enseignant et que j'enseignais
20:04non pas ce que je pensais, mais ce que pensais
20:06un tel, un tel, un tel, j'étais
20:08spinoziste en enseignant Spinoza, marxiste en enseignant
20:10Marx, freudien en enseignant
20:12Freud et Dieu sait si je ne suis pas freudien
20:14et parce que je faisais
20:16ce métier, donc quelqu'un
20:18qui travaille au CNRS, il est payé par l'État
20:20il devrait rendre des comptes
20:22il y a des gens qui sont au CNRS
20:24à l'époque le CNRS
20:26était noyauté par le parti communiste français
20:28et pour y entrer il fallait vraiment montrer
20:30pas de blanche sur ce terrain là, c'est ce que me disait
20:32un professeur que j'avais à l'université, nous étions dans les années
20:3480 et il était lui-même au parti communiste français
20:36donc aujourd'hui je ne sais pas
20:38comment tout ça fonctionne
20:40mais oui on sait très bien que ce sont des gens
20:42qui ont montré pas de blanche de point de vue
20:44idéologique pour pouvoir entrer là
20:46pas forcément compétence
20:48mais soumission idéologique
20:50et qui au bout du compte sont payés
20:52un an, deux ans, parfois plusieurs années
20:54on en a eu des intellectuels français, je ne donnerai pas des noms
20:56mais qui ont travaillé longtemps au CNRS
20:58à qui on ne demandait pas grand compte
21:00donc on se disait mais combien de livres
21:02publiés, combien d'articles publiés
21:04combien de concepts
21:06mis sur le marché du travail intellectuel
21:08par exemple
21:10Et sur le mouvement de quitter ce fameux réseau social
21:12X, qu'est-ce que vous en pensez ?
21:14Voilà des gens qui estiment qu'on doit pouvoir
21:16insulter avec l'argent du service public
21:18mépriser avec l'argent du service public
21:20faire de telle sorte que le service public
21:22permette de dire voilà ce qui est bien, voilà ce qui est mal
21:24on invite celui-ci, on n'invite pas celui-là
21:26on publie celui-ci, on ne publie pas celui-là
21:28on fait des émissions dans lesquelles on dit
21:30ce type est génial alors qu'il ne l'est pas du tout
21:32mais il a juste la carte au parti
21:34et puis on dit celui-là c'est un nazi, c'est un fasciste
21:36juste parce qu'il pense en homme ou en femme libre
21:38donc on voit bien que ce sont des gens
21:40qui font de la chasse aux sorcières
21:42le pire je ne sais pas si vous avez prévu qu'on parle de la RTBF
21:44mais vous avez vu comment par exemple
21:46en Belgique, on a différé de deux minutes
21:48les discours de Trump
21:50parce qu'on estime que comme il est raciste, fasciste
21:52un nazi bien sûr
21:54c'est dangereux pour la démocratie
21:56il faut que le journaliste puisse dire, nous qui sommes la conscience
21:58éclairée du petit peuple
22:00qui est tellement crétin, ce petit peuple
22:02qui ne comprendrait rien évidemment, il faut qu'en deux minutes
22:04on ait la possibilité de couper, de tailler
22:06il ne faut pas que le peuple écoute ça, il ne faut pas que le peuple entende ça
22:08ce sont les mêmes qui nous disent qu'il faut quitter
22:10les réseaux qui sont des réseaux toxiques
22:12je pense que, comme on dit, la sphère
22:14Bolloré gêne ces gens-là, parce que c'est un endroit
22:16qui n'obéit pas à cette logique-là
22:18on dit mais laissez faire, vous n'aimez pas
22:20c'est pas grave, laissez faire
22:22on peut s'exprimer, ça s'appelle la liberté d'expression
22:24pourquoi est-ce que vous voulez toujours censurer
22:26interdire, faire fermer des chaînes
22:28interdire l'expression des individus
22:30vous avez peur des débats ? Vous avez peur des discussions ?
22:32Vous avez peur qu'on apporte des arguments ?
22:34Ils ont peur de perdre le contrôle du récit mon cher Michel
22:36Bien sûr, et puis du débat
22:38On fait une petite pause, on continue ce débat
22:40parce qu'il est absolument passionnant, on se retrouve dans un instant
22:42dans la deuxième partie de Face à Michel Onfray
22:44sur CNews et Europe 1, à tout de suite
22:48Et on se retrouve pour la seconde partie de Face à Michel Onfray
22:50sur CNews et sur Europe 1
22:52Michel, on évoquait la liberté d'expression
22:54on va évidemment continuer à en parler
22:56à la lumière de l'aveuglement des élites
22:58c'est très lié, vous avez voulu attirer notre attention
23:00sur une phrase de Simone de Beauvoir
23:02tirée de l'un de ses essais Faut-il brûler Sade
23:04cette phrase est très symptomatique
23:06pour vous, la vérité est une
23:08l'erreur multiple, ce n'est pas
23:10un hasard si la droite
23:12professe le pluralisme, expliquez-nous
23:14Michel
23:16On a un exemple de mise au service d'une grande
23:18intelligence au service d'une
23:20cause dictatoriale
23:22ou tyrannique, on a quelqu'un qui met
23:24sa capacité dialectique, sophistique
23:26ou rhétorique au service de cette idée extrêmement
23:28simple, c'est que quand on a la vérité
23:30on doit pouvoir l'exprimer
23:32et tous ceux qui n'expriment pas cette vérité
23:34c'est-à-dire qui disent le contraire de ce qui n'est peut-être pas tellement
23:36une vérité que ça, ou pas tant une vérité que ça
23:38et bien ce sont des gens qui sont dans l'erreur et cela il vaut mieux
23:40non pas débattre avec eux
23:42mais les interdire de parole
23:44c'est une façon de dire, elle dit par ailleurs aussi
23:46dans ce même essai que
23:48il faut avoir le souci du bien
23:50de la liberté des hommes et que tout ce qui
23:52permet ça c'est bien et qu'il faut le défendre
23:54simplement c'est quoi le bien des hommes
23:56quand il s'agit d'en zigouiller
23:58une grande partie en disant mais nous mettons le peuple
24:00en prison pour le bien du peuple
24:02nous décapitons le peuple pour le bien du peuple
24:04c'est les loges du goulag quoi
24:06oui bien sûr, ou comme aujourd'hui Macron, les macroniens
24:08les mastrichiens de droite et de gauche qui disent
24:10nous nous interdisons au peuple de s'exprimer
24:12mais c'est pour le bien du peuple, ou cette dame
24:14de la radio télévision belge
24:16qui nous dit ceci n'est pas de la censure
24:18alors que c'est de la censure, elle nous dit
24:20Trump est un salaud etc.
24:22évidemment on est ni pour ni contre Trump
24:24il y a une dialectique chez ces gens là
24:26qui est assez particulière
24:28je lis régulièrement
24:30les origines de la France contemporaine
24:32avec toute l'histoire de la révolution française
24:34de Dipolite Tène
24:36et il a fait un portrait du Jacobin
24:38ça s'appelle Psychologie du Jacobin
24:40c'est le portrait des Mélenchons et des siens
24:42je vous assure, page après page
24:44quand vous dites c'est ceci, c'est cela etc.
24:46et dans le portrait du Jacobin de l'époque
24:48c'est-à-dire du néo-jacobin d'aujourd'hui
24:50il y a cette idée qu'ils sont
24:52sûrs de détenir la vérité, ils ont la vérité
24:54mais il y a une espèce d'esprit
24:56bigot, d'esprit prêtre à dire
24:58mais nous nous avons la vérité, comme des gens qui nous disent
25:00mais non, Jésus a ressuscité, on est dans la logique
25:02de la religion
25:04et donc les autres, ceux qui ne pensent pas comme ça
25:06ils ont tort
25:08on va rentrer en débat avec vous
25:10on va dire que peut-être, les jacobins n'ont pas forcément raison
25:12surtout, mais on ne discute pas avec des gens
25:14puisque vous avez tort, on ne discute pas avec des gens
25:16qui disent le faux, on a eu ça avec
25:18Geoffroy de Laganerie qui a fait savoir, sur France Inter
25:20qui n'a évidemment pipé mot
25:22qu'il n'était pas question d'interdire des gens
25:24qui ne pensaient pas comme eux, puisque ces gens-là
25:26justement, la phrase de Simone de Beauvoir
25:28étaient dans l'opinion, et que l'opinion
25:30c'est une affaire de droite quand eux sont dans la vérité
25:32puis ils ajoutent qu'ils ont, non pas seulement la vérité
25:34avec eux, mais qu'ils ont la science
25:36qu'ils ont l'université
25:38quand vous avez M. Patrick Boucheron, il vous dit
25:40mais moi je suis le collège de France
25:42vous ne me parlez pas à moi, vous parlez au collège de France
25:44vous insultez une institution, vous dites juste une bêtise
25:46donc est-ce que l'institution peut dire des bêtises
25:48souvent d'ailleurs, c'est le rôle de l'institution de dire des bêtises
25:50elle a à peu près un demi-siècle de retard
25:52pour dire, ouais c'est vrai, à l'époque, on n'aurait peut-être pas dû dire ceci
25:54oui, on n'aurait peut-être pas dû dire cela
25:56l'université au Moyen-Âge, c'est pas terrible
25:58l'université, etc., etc., on pourrait
26:00sur l'université, à l'époque, où il faut être
26:02maoïste, où il faut être trotskiste, c'est pas terrible
26:04non plus, et dans 50 ans, on dira
26:06vous vous rendez compte, à l'université, on enseignait ce genre de bêtises
26:08Alors, on va évoquer aussi
26:10Michel Onfray, vous l'avez
26:12cité il y a quelques instants, Emmanuel Macron
26:14qui, lui, se retrouve face à
26:16l'éruption du phénomène Trump
26:18cet ouragan qui se déchaîne aux Etats-Unis
26:20avec menaces de taxes douanières
26:22menaces de protectionnisme invétérés
26:24et il a reçu cette semaine le chancelier
26:26allemand, Olaf Scholz, à l'Élysée
26:28pour dire, voilà, l'Europe doit
26:30rester unie. On va l'écouter, Emmanuel Macron
26:34Après l'entrée en fonction de la nouvelle administration
26:36aux Etats-Unis, il appartient plus que jamais
26:38aux Européens
26:40et donc à nos deux pays
26:42de jouer tout leur rôle pour consolider
26:44une Europe unie
26:46forte et souveraine
26:48une Europe attachée aux liens transatlantiques
26:50qui sache
26:52affirmer aussi ses intérêts propres
26:54et les défendre. Voilà, la défense
26:56de l'Europe, de l'Union Européenne
26:58qui est absolument vitale
27:00pour Emmanuel Macron face à ce qui arrive des Etats-Unis
27:02Oui, lui aussi c'est un idéologue
27:04et lui aussi c'est un bigot, un cagot
27:06de l'Europe
27:08j'allais vous le dire
27:10et donc il dit, mais vous vous rendez compte
27:12le peuple, quand il ne vote pas bien
27:14il se trompe, le pauvre peuple
27:16donc on met le peuple à l'écart
27:18on essaie de le calmer, si le peuple il prend l'allure
27:20des gilets jaunes, si le peuple il prend l'allure des paysans
27:22si le peuple il prend l'allure des bonnets rouges
27:24ou de gens qui disent, ça suffit, on descend dans la rue
27:26le peuple se trompe
27:28il ne sait pas, le pauvre
27:30moi je suis tellement intelligent, je suis tellement complexe
27:32ma pensée est tellement subtile
27:34et sa femme qui arrive en disant, c'est injuste
27:36ce qu'on fait subir à Emmanuel, il est trop intelligent
27:38les gens ne comprennent pas, vous savez
27:40il faudrait leur expliquer, si ils ont mal voté
27:42c'est parce que finalement, on n'a pas été assez pédagogue
27:44on n'a pas été assez instituteur
27:46sur ce genre de sujet, mais quel mépris
27:48la nouvelle administration
27:50pour ne pas prononcer le nom de Trump
27:52la nouvelle administration
27:54mais c'est le peuple souverain mon garçon
27:56c'est le peuple souverain, la nouvelle administration
27:58mais le peuple souverain, ces gens-là
28:00ça ne les intéresse pas, puisque ce qu'ils veulent
28:02c'est une Europe souveraine
28:04donc le contraire d'une France souveraine
28:06donc surtout pas un peuple souverain
28:08dès qu'on peut passer par-dessus la tête du peuple
28:10vous avez vu au moment des législatives
28:12vous avez vu au moment des élections
28:14vous avez vu au moment des présidentielles, à chaque fois
28:16il s'agit d'animer
28:18une espèce de petit monstre, un petit diablotin
28:20en disant, le fascisme, le fascisme, il faut voter antifasciste
28:22on ne vote pas antifasciste quand on vote mastrichien
28:24encore que, peut-être qu'en votant mastrichien
28:26on vote pour un certain type de nouveau fascisme
28:28cool, light, débridé
28:30parfumé, bien peigné
28:32mais qui reste un fascisme, puisque quand vous interdisez
28:34de parole, d'expression, quand vous dites
28:36on va choisir les journalistes
28:38quand vous dites on va choisir les chaînes
28:40quand vous dites ces chaînes-là on va les détruire
28:42est-ce qu'il n'y a pas un nouveau fascisme là ?
28:44ce que je pense, j'ai écrit un livre qui s'appelle Théorie de la dictature
28:46pour montrer que le 1984 d'Orwell
28:48il ne fonctionne plus
28:50le fascisme casqué, armé, botté
28:52les gens qui rentrent chez vous, qui vous emmènent en prison
28:54qui vous torturent, etc, c'est fini
28:56mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de nouveau fascisme
28:58un néo-fascisme
29:00tous ces gens qui dénoncent un fascisme imaginaire
29:02actif, un fascisme imaginaire
29:04qu'est-ce que le fascisme réel ?
29:06qu'est-ce que ce fascisme réel ?
29:08c'est l'interdiction de la liberté d'expression
29:10c'est l'interdiction de permettre à des gens
29:12d'exprimer des positions différentes
29:14c'est l'interdiction d'un certain nombre de personnages
29:16dont moi par exemple, sur le service public
29:18en disant, on ne veut pas en entendre parler
29:20s'il doit parler de politique et s'il doit encore plus parler
29:22d'Europe, il ne faut pas toucher à l'Europe
29:24l'Europe c'est sacré
29:26c'est un tabou, il ne faut pas y toucher
29:28c'est formidable, c'est un totem
29:30un totem qui est tabou
29:32Michel a parlé d'assumer la préférence européenne
29:34il a vraiment évoqué
29:36cette souveraineté européenne
29:38il y a une souveraineté européenne pour vous ?
29:40oui, quand il n'y a pas de souveraineté française
29:42ce n'est pas compliqué, si vous dites
29:44de toute façon, il y a quelqu'un qui a le pouvoir et il y a quelqu'un qui ne l'a pas
29:46il ne faut pas être plusieurs à avoir le pouvoir
29:48sinon il y a du pouvoir partout, donc il n'y en a nulle part
29:50donc la souveraineté, c'est la possibilité
29:52de dire pour un État, pour un pays
29:54nous avons sollicité le peuple souverain
29:56c'est le général de Gaulle, ce que dit le général
29:58c'est-à-dire, on a demandé au peuple ce qu'il voulait, le peuple il a dit
30:00je veux ça, le général dit
30:02moi je veux ça, je demande au peuple, le peuple lui dit oui, on continue
30:04le peuple lui dit, on ne veut pas de ce que vous nous proposez
30:06je m'en vais, dit-il
30:08Macron il dit, moi je reste, le peuple on n'en veut pas
30:10on n'a pas envie de la vie du peuple
30:12donc tout est fait pour contourner le peuple, tout, tout, tout
30:14et quiconque dit, mais souvenez-vous du peuple
30:16chez le général il était souverain
30:18souvenez-vous du peuple, populiste
30:20donc on a trouvé une espèce d'insulte, il dit, mais moi je suis populiste
30:22parce que le choix il est où, il est entre populiste
30:24ou populicide, c'est un mot que
30:26que Gracchus Baboff
30:28a utilisé quand il s'agissait
30:30de caractériser les jacobins
30:32les fameux jacobins qui ont détruit 200 000
30:34vendéens, 200 000 vendéens
30:36quand même, les guerres de Vendée ça fait 200 000 morts
30:38donc je veux bien les gens qui aujourd'hui
30:40voient du dégenocide partout et à chaque fois
30:42qu'il y avait un vendéen, il était décapité, détruit, massacré
30:44petit, grand, et même s'il était
30:46jacobin ou révolutionnaire
30:48ça c'est un génocide, quand on n'en laisse plus
30:50un seul, et
30:52si on veut faire une parenthèse sur
30:54Israël, je ne sache pas par exemple
30:56qu'on attaque des gens en Cisjordanie
30:58un génocide c'est la destruction des palestiniens
31:00partout où ils sont, c'est les palestiniens partout
31:02à Jérusalem, partout à Tel Aviv, il n'y en a
31:04jamais aucun qui soit détruit parce qu'il serait
31:06palestinien, ce qui justifierait qu'on puisse utiliser
31:08le mot génocide, ça n'en en est donc pas un
31:10je ferme juste la parenthèse pour dire que cet usage
31:12du mot génocide à tout bout de champ
31:14de la part de gens qui ont un génocide
31:16mémoriel chez eux, qui est le génocide
31:18des vendéens, puisque quiconque défend les jacobins
31:20et quiconque défend Robespierre aujourd'hui
31:22défend cette idée qu'on peut faire 200 000 morts
31:24juste parce que les vendéens sont des gens qui disent
31:26laissez-nous dans nos champs, laissez-nous
31:28faire nos foins, laissez-nous faire nos moissons
31:30et si on a des curés avec nous, et si les nobles
31:32sont avec nous, qu'est-ce que ça peut bien vous faire ?
31:34Laissez-nous
31:36penser différemment de vous, la province
31:38c'est pas Paris. Et on salue notre ami Philippe Devilliers
31:40qui fait son excellente émission avec
31:42Eliott Deval. Et Michel Perraudeau, si vous permettez
31:44qui est un ami qui lui m'a éclairé
31:46sur la Vendée, il s'appelle Michel Perraudeau
31:48c'est un historien qui a écrit sur
31:50la Vendée, un historien
31:52libertaire, anarchiste, on est sur la même
31:54position, et qui m'a dit, écoute
31:56regarde ça, c'est pas du tout ce qu'on dit
31:58la Vendée, et c'est lui qui m'a expliqué effectivement
32:00que c'était une révolte populaire, que c'était une jacquerie
32:02populaire, c'est ce que dit Philippe Devilliers
32:04d'ailleurs, et qu'on peut le dire
32:06à droite avec Philippe Devilliers, on peut le dire à gauche
32:08par exemple, avec cet ami Michel Perraudeau
32:10juste parce que si on fait de l'histoire
32:12quiconque estime qu'on peut massacrer 200 000 innocents
32:14pour des raisons d'idées, pour des raisons
32:16d'idéologie, est un génocidaire
32:18– Michel, on est dans
32:20cette émission sur CNews et Europe 1
32:22il faut qu'on juste maintenant un tout petit peu ce que fait
32:24le gouvernement de François Bayrou, qui avance
32:26cas en cas vers la constitution d'un budget
32:28en tout cas la présentation d'un budget
32:30il y a eu un petit ballonçon dans
32:32début de semaine, l'idée de taxer
32:34les retraités les plus aisés, alors quand
32:36on parle des retraités les plus aisés
32:38on parle des retraités qui gagnent entre
32:40plus de 2000-2500 euros par mois
32:42donc on ne parle pas de ceux qui gagnent 20 000 euros par mois
32:44et ça a provoqué
32:46vraiment une levée de bouclier chez
32:48certains partis d'opposition, on va écouter deux réactions
32:50Jérôme Guège du Parti Socialiste,
32:52Eric Ciotti, on va voir ce que vous en pensez
32:54et puis après on parlera d'autres choses
32:56de la loi fin de vie parce que
32:58certains y voient un mouvement en fait coordonné
33:00contre les seniors, d'abord on écoute
33:02des réactions politiques sur cette hausse
33:04des taxations des retraites
33:06sur les plus aisés
33:08Il y a un problème de financement de la sécurité sociale
33:10on est face à un mur
33:12notamment sur l'assurance maladie et des besoins gigantesques
33:14sur l'assurance maladie
33:16et sur la branche autonomie
33:18donc qu'il faille dégager des recettes
33:20pour la sécurité sociale, le sujet doit être
33:22mis sur la table, maintenant on ne peut pas
33:24balancer comme ça des stigmatisations
33:26sur telle ou telle catégorie de la population
33:28C'est une très mauvaise idée à laquelle je suis
33:30totalement, viscéralement opposé
33:32taxer les retraités
33:34s'inscrit dans cette logique
33:36de répondre à un problème
33:38par un impôt, il faut arrêter
33:40avec cette folie fiscale
33:42Voilà, c'était Jérôme Guedj et Eric Ciotti
33:44depuis le gouvernement a fait machine arrière
33:46Eric Lombard a dit
33:48mais non, le ministre de l'économie, nous n'allons pas taxer
33:50les plus retraités, vous y voyez quand même
33:52quelque chose d'évident ?
33:54Moi j'y vois quelque chose de civilisationnel
33:56Là c'est l'autorisation à taper les vieux
33:58Il faut taper les vieux, j'en suis
34:00je serais admissible à la traite je crois
34:02je pense, je ne sais pas
34:04mais c'est la même chose
34:06vous parliez de l'euthanasie
34:08je fais le lien entre les deux
34:10vous avez raison, je pense
34:12une civilisation, elle se dit, elle dit ce qu'elle est
34:14quand elle dit sa façon de considérer les personnes âgées
34:16ses façons, aujourd'hui
34:18souvent de se débarrasser des personnes âgées
34:20en les mettant dans des Ehpad, en disant
34:22on va déléguer notre affection
34:24quand on a des vieux parents
34:26quand on a des vieux grands-parents
34:28et qu'ils nous ont rendus possibles
34:30ils nous ont nourris
34:32ils ont payé nos études, ils se sont souciés de nous
34:34il y a un retour de devoir
34:36là le devoir on le donne à d'autres
34:38en disant, bon, expédiez-les
34:40moi je défends l'euthanasie, mais expédiez-les
34:42ou alors expédiez-les dans une espèce d'antichambre de la mort
34:44c'est terrible les Ehpad
34:46quand vous allez dans les Ehpad c'est terrible
34:48d'abord on infantilise les personnes âgées
34:50on les prend comme pour des enfants
34:52on leur fait jouer des trucs, ça me tue
34:54quand je vois ce genre de choses
34:56on pourrait là aussi, on le dit souvent, avoir une autre politique
34:58une autre politique de santé
35:00une autre politique éducative, une autre politique de justice
35:02mais une autre politique à l'endroit des personnes âgées aussi
35:04laisser les vivre, tranquillement
35:06ils ont travaillé, ils ont cotisé
35:08laissez-les tranquilles
35:10s'ils veulent consommer, même s'ils veulent prendre l'avion
35:12pour aller chercher un peu de soleil
35:14quand il fait froid en plein hiver, tous les écologistes
35:16ils en devraient interdire à ces gens-là
35:18ils auraient le droit de 2 billets d'avion dans l'année
35:20mais ils ont le droit de se reposer, ils ont travaillé
35:22et ils ont contribué à l'effort de guerre nationale
35:24je dirais
35:26donc allez voir ailleurs, il y a de l'argent ailleurs
35:28c'est pas compliqué, un budget, il est pas extensible
35:30vous avez de l'argent, vous n'avez pas d'argent
35:32au-delà de cet argent, il n'y a plus d'argent
35:34mais vous pouvez dire, là, ce poste-là
35:36on va s'en occuper, plutôt ici ou plutôt là
35:38c'est de la répartition nouvelle
35:40alors les socialistes, ils me font rire
35:42parce que quand ils sont dans l'opposition, ils ont des discours
35:44quand ils sont au pouvoir, ils ont des discours totalement inverses
35:46globalement les socialistes, quand ils sont au pouvoir
35:48ils font la politique d'Emmanuel Macron
35:50qui est un socialiste, je rappelle
35:52il vient du socialisme, il a été le ministre
35:54d'un monsieur qui s'appelait François Hollande
35:56donc ça va bien
35:58je n'écoute pas ce que disent ces gens-là
36:00je dis simplement que sur la question des principes, ayons le souci des personnes âgées
36:02on a l'impression aujourd'hui que
36:04c'est plus facile d'avoir le souci des animaux
36:06que d'avoir le souci des personnes âgées
36:08aujourd'hui on est capable de
36:10justifier qu'il y ait un parti animaliste
36:12et c'est très bien qu'il y ait un parti animaliste
36:14c'est quoi la position du parti animaliste
36:16sur le nucléaire par exemple
36:18ou sur la question de la géostratégie internationale
36:20mais il n'y a pas de parti pour les anciens
36:22simplement je pense que la grandeur
36:24de ceux qui ne sont pas encore anciens c'est d'avoir le souci
36:26des plus simples et des plus modestes aux deux extrémités
36:28de la vie, c'est la même chose avec les petits
36:30les enfants et même ceux qui sont à naître
36:32justement j'aimerais qu'on évoque cette loi sur la fin de vie
36:34qui va revenir devant le parlement mais scindée
36:36en deux textes, il y aura un texte qui sera
36:38consacré aux soins palliatifs
36:40et le deuxième donc qui sera consacré
36:42à l'euthanasie, le suicide assisté
36:44comme on dit, l'aide à mourir
36:46vous êtes un partenaire de l'euthanasie
36:48on va juste écouter le témoignage d'une femme médecin
36:50qui a une expérience de 30 ans
36:52de soins palliatifs, elle s'appelle Claire Fourcade
36:54elle publie un livre très puissant
36:56sur la fin de vie, on va l'écouter
36:58et puis vous allez nous dire ce que vous en pensez
37:00La demande de mort
37:02fait partie de notre métier, on entend des demandes de mort
37:04beaucoup moins souvent que ce qu'on imagine
37:06très souvent quand les gens sont soulagés
37:08cette demande disparaît, sur ces 25 ans
37:10d'exercice j'ai eu 3 demandes d'euthanasie
37:12qui ont persisté
37:14donc on voit que c'est vraiment très rare
37:16mais cette demande de mort qui est notre métier
37:18la question c'est comment on y répond
37:20collectivement, qu'est-ce qu'on dit à un patient
37:22qui demande à mourir et moi je veux pouvoir continuer
37:24quand un patient me dit c'est trop difficile
37:26je voudrais mourir, de lui dire pourquoi
37:28et pas quand, comment et quel protocole
37:30on va utiliser
37:32et très souvent quand on parle ensemble avec ses patients
37:34c'est des consultations qui sont à la fois
37:36difficiles mais d'une très grande
37:38vérité
37:40il va pouvoir exprimer ses peurs, ses craintes
37:42et nous on va pouvoir dire qu'est-ce qui est possible
37:44comment on pourra soulager, comment on pourra accompagner
37:46ce qui est une urgence c'est de soulager, c'est pas de faire mourir
37:48Claire Fourcane
37:50qui dit que la vraie urgence c'est de soulager
37:52je rappelle que le vrai scandale dans ce pays
37:54c'est que tous les français sur l'ensemble du territoire
37:56n'ont pas accès, Michel Onfray
37:58à des unités de soins palliatifs
38:00qui permettent justement d'avoir une fin de vie
38:02sans douleur et sans souffrance
38:04c'est ça le véritable scandale
38:06c'est ça la véritable indignité
38:08dans notre pays
38:10je pense que le scandale dans la France
38:12qui est un pays de guerre civile perpétuelle
38:14depuis les guerres de religion jusqu'à aujourd'hui
38:16ça n'arrête pas, il y a toujours cette idée
38:18que l'euthanasie ce serait la gauche
38:20et puis les soins palliatifs ce serait la droite
38:22non, ce sont des hypothèses
38:24possibles, alors il se fait que
38:26quand on a commencé à parler de soins palliatifs
38:28c'était Marie de Henzel, c'était Mitterrand
38:30c'était tout ça et d'un seul coup ce type de gauche
38:32entre guillemets, Mitterrand de gauche c'est une plaisanterie
38:34mais ce type de gauche là il avait finalement
38:36défendu cette idée que peut-être
38:38les soins palliatifs c'était pas mal
38:40et il y avait une espèce de mainmise, de confiscation
38:42des soins palliatifs par la religion catholique
38:44la moins intéressante
38:46c'est-à-dire cette façon de dire
38:48vous allez mourir, vous allez bientôt rencontrer le Seigneur
38:50êtes-vous bien sûr d'avoir fait la paix avec votre âme
38:52est-ce que vous êtes fâché avec vos enfants
38:54ce serait bien de vous réconcilier
38:56voyez-vous ceci cela etc
38:58ça je trouve pas bien, on parlait tout à l'heure des enfants
39:00et des personnes âgées qui sont dans des situations
39:02de fragilité, le mourant est dans une situation
39:04de fragilité, la deuxième chose que
39:06je voulais dire c'est que
39:08cette dame elle nous dit la souffrance
39:10comme si elle était platonicienne avec un S majuscule
39:12elle est pas platonicienne ça fait 30 ans
39:14qu'elle est malade
39:16j'aimerais pouvoir lui poser la question
39:18qu'est-ce que vous faites d'une souffrance psychique
39:20la souffrance physique c'est une chose
39:22quand on vous dit il vous reste 3 semaines à vivre
39:24on me l'a dit moi, on m'a dit votre compagne va mourir
39:26d'ici 3 semaines
39:28qu'est-ce que vous faites avec cette souffrance psychique
39:30on a les moyens de gérer ça en disant
39:32la souffrance physique c'est terrible
39:34vous avez envie de mourir quand vous avez un cancer des os
39:36qu'il est terrible, donc morphine, morphine, morphine
39:38mais vous dites tout va bien
39:40je ne souffre pas, simplement je sais que
39:42dans un mois je ne suis plus là
39:44je pense qu'on doit pouvoir
39:46faire les deux
39:48c'est mon aspect gaullien
39:50ou gaulliste, je pense qu'on doit pouvoir
39:52réconcilier les français, qu'on va pas les opposer
39:54non plus là-dessus
39:56Marie-Claude, ma compagne qui est décédée
39:58elle était pour l'euthanasie et moi aussi
40:00et le jour où ça vous arrive, vous ne savez pas
40:02que ça vous arrive, et quand on m'a dit
40:04venez me voir, je voudrais vous parler
40:06de Marie-Claude, elle va mourir, j'ai dit combien de temps
40:08et elle me dit
40:10le telotubib me dit dans 3 semaines
40:12et je lui dis alors il ne faut pas lui dire
40:14et puis il faut m'aider parce qu'elle est
40:16moins pour les soins palliatifs
40:18mais vous demandez quelque chose que je n'ai pas le droit de faire
40:20je dis peut-être mais vous n'en avez rien à faire
40:22de me dire qu'elle va mourir dans 3 semaines en me disant maintenant retournez la voir
40:24dans sa chambre, et je lui dis quoi moi
40:26et je fais quoi, elle ne souffrait pas physiquement
40:28donc il y a un moment donné où il faut quand même arrêter
40:30de dire oh mais il n'y a pas de demande
40:32qui ne soit satisfaite quand elle est formulée
40:34dans une enceinte qui est celle du
40:36soin palliatif, en gros j'ai 3
40:38exemples seulement dans ma vie
40:40moi j'en ai un exemple
40:42et qui m'a concerné directement
40:44donc moi ce que je veux c'est qu'on puisse ouvrir au maximum
40:46en disant vous avez le droit de vous contredire
40:48c'était l'expression de Baudelaire
40:50vous pourriez avoir défendu
40:52toute votre vie l'euthanasie et puis le jour
40:54où c'est vous qui êtes dans le lit du malade
40:56dire je voudrais continuer le plus longtemps
40:58possible à avoir gros soin palliatif, et l'inverse
41:00c'est-à-dire avoir défendu les soins palliatifs
41:02et dire je suis pour le choix, exactement
41:04comme pour les débats, les discussions
41:06les débats d'idéologie, c'est pas l'un
41:08contre l'autre, c'est l'un et l'autre
41:10Est-ce que vous êtes d'accord par exemple à André Comtes-Pontville qui cette semaine a dit
41:12mais alors il faudrait ouvrir ce droit à l'euthanasie
41:14non pas seulement aux malades en phase terminale
41:16mais aux malades d'Alzheimer, mais jusqu'où
41:18on va aller en fait ?
41:20Là on va sur autre chose
41:22Ça ça s'appelle un assassinat
41:24c'est-à-dire que si vous dites c'est moi qui décide de ta mort
41:26là vous tuez quelqu'un
41:28Si on ouvre ça, on ouvre tout le champ des possibles
41:30Non non, parce que quand vous vous souciez vraiment
41:32du droit à mourir dans la dignité comme il est dit
41:34vous avez ce qu'on appelle des testaments de vie
41:36et vous signalez ce que vous voulez faire
41:38et vous dites à qui vous donnez votre parole
41:40quand vous l'avez perdu
41:42et vous dites cette personne est susceptible de parler pour moi-même
41:44et elle défend les idées qui sont les vôtres
41:46et que vous n'avez plus les moyens de défendre vous-même
41:48donc évidemment qu'il y a des possibilités
41:50de faire n'importe quoi avec l'euthanasie
41:52mais c'est déjà le cas, c'est parce que ça n'est pas encadré
41:54qu'on peut faire n'importe quoi
41:56vous avez la possibilité de faire le pire aujourd'hui
41:58parce que ça n'est pas encadré
42:00et vous n'avez pas les moyens, les pauvres infirmiers, les pauvres infirmières
42:02voire les pauvres médecins, de répondre au quotidien
42:04quand vous êtes devant des gens qui vous disent
42:06j'ai envie de mourir
42:08mais je sais pas si j'ai vraiment envie de mourir
42:10j'avais mal, j'ai envie de mourir, là j'ai plus mal
42:12j'ai pas vraiment envie de mourir
42:14mais oui, justement, accompagnons ces gens
42:16et puis aidons-les, mais pas en disant
42:18moi j'ai la vérité, parce que cette dame elle a la vérité
42:20comme les gens qui interdisent X par exemple
42:22ont la vérité, ou comme la journaliste de la RTBF
42:24a la vérité
42:26moi quand je pense avoir la vérité, je pense que les autres peuvent avoir aussi
42:28leur vérité et qu'il faut
42:30débattre, discuter et choisir
42:32la possibilité de la liberté
42:34je crois que c'est ce que l'on fait dans cette émission
42:36et on aura l'occasion d'en redébattre
42:38puisque le sujet va revenir prochainement
42:40devant le Parlement. Merci beaucoup Michel Onfray
42:42c'est moi, comme toujours
42:44c'était passionnant, merci à vous pour cette émission
42:46sur CNews et sur Europe 1, à la semaine prochaine