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Avec Darius Rochebin, journaliste

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##SUD_RADIO_MEDIA-2025-02-24##

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News
Transcription
00:00Le 10h midi, Sud Radio Média, Valérie Expert, Gilles Anzmann.
00:05Bonjour à toutes et à tous. Une nouvelle semaine qui redémarre.
00:08Bienvenue dans le 10h midi, deux heures d'info avec vous. Bonjour Gilles Anzmann.
00:12Bonjour Valérie. Vous avez passé un bon week-end ?
00:14Oui, très bon week-end. Bonjour Darius Rochebin.
00:16Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous. Vous êtes l'une des figures, des grandes figures de LCI.
00:22On vous retrouve tous les soirs à 20h pour le 20h face à Darius Rochebin.
00:29Ce soir, trois ans de guerre en Ukraine. C'est évidemment une date importante.
00:35C'est en plus une actualité hélas qui a beaucoup propulsé LCI en matière d'audience.
00:43Oui, c'est vrai. C'est un moment important pour nous parce que c'est pas seulement,
00:46évidemment c'est le sort de l'Ukraine, mais c'est aussi le sort de l'Europe
00:48et maintenant évidemment ce qui se joue avec Trump et la visite du président de la République.
00:52Emmanuel Macron à Washington. On va en reparler avec vous dans un instant.
00:55Mais au moins on se dirige plus vers la paix que vers la guerre d'après vous.
00:58Qui sait franchement, c'est tellement difficile de le dire,
01:00mais en tout cas la paix imposée par les Américains certainement.
01:03Et oui, mais la guerre, personne n'y a réellement intérêt.
01:07La guerre non, évidemment, sauf que certains Ukrainiens continuent à penser
01:11qu'ils devraient pouvoir par les armes reconquérir leurs territoires qui sont la Crimée et le Donbass.
01:16On va voir tout ça avec vous dans un instant. Tout de suite, c'est le zapping de Gilles.
01:21Sud Radio Média, l'instant zapping.
01:24Alors c'était la rencontre attendue ce week-end le 15 de France face à l'Italie pour le tournoi Destination.
01:31Alors un massacre, je ne sais pas si vous avez suivi.
01:34Certes 73 à 24, 73 pour la France.
01:38Une équipe italienne peu combattante et qui a brillé Valérie ?
01:43Antoine Dupont, notre chouchou à Sud Radio qui est venu ici souvent à Sud Radio,
01:48qui a même signé un des murs de Sud Radio.
01:52Ramos qui porte, qui donne, Barassi tout de suite pour Barilla.
01:56L'accélération du pied derrière et le soutien d'Antoine Dupont.
01:59Du tableau noir pour le troisième essai français.
02:03Le quatorzième essai du capitaine Dupont.
02:06La France se donne de l'air désormais. 10-9-10.
02:11Elle a cette combinaison.
02:14Le crochet intérieur, la passe après contact de Léon Barré.
02:17Et le 2 contre 1. Antoine Dupont avait bien suivi sa course à l'intérieur.
02:22Darius, vous êtes suisse. Vous, c'est plus le hockey que le rugby.
02:25Et je suis nul en sport, de façon générale.
02:28Ça m'éloigne encore.
02:29Non, si, je regarde des grandes compétitions, mais je suis assez nul en sport, j'avoue.
02:32Je me fais aider par les collègues.
02:34Bon, vous avez remarqué, ce week-end fini, salaud, ordure, pourriture, enculé.
02:38Enfin, comment ça va Manu ?
02:40Ah, c'est quand même mieux.
02:43Alors, un petit peu de fromage, un petit canon de vin.
02:46Ah, c'était reposant.
02:48Samedi, Emmanuel Macron a enfin visité dans le calme le Salon de l'agriculture.
02:52Et il s'est bien régalé.
02:54Bonjour, messieurs, dames.
02:56Des bonjours et même des baisers adressés aux agriculteurs.
03:00Emmanuel Macron a été bien accueilli lors de ce Salon 2025.
03:05Et ça se passe bien ?
03:06Ça va.
03:07Un marathon, une tournée des goûts et des saveurs.
03:10Elle est très bonne. Elle est très godée.
03:13Un climat apaisé qui tranche avec les violences de l'an dernier.
03:18Heures entre manifestants et CRS.
03:21Bousculades et un président pris à partie.
03:25Macron, démission !
03:27Vous êtes mieux accueilli que l'an dernier ?
03:29Oui.
03:30C'est content d'être là à nouveau ?
03:31Mais c'est pour ça que je suis là.
03:32Je suis là les années difficiles, je suis là les années plus faciles.
03:34Parce que c'est comme ça qu'on mène un pays.
03:36Il faut tenir.
03:37On faisait plus fromage suisse, j'imagine.
03:40Vous vous rappelez le mot de Chirac ?
03:42On lui dit à quelqu'un de passant qui lui dit « connard »
03:44et il répond « enchanté, moi c'est Chirac ».
03:46Moi j'admire plutôt les hommes politiques.
03:48Il y a des journalistes qui méprisent un peu.
03:50Moi j'ai plutôt de l'admiration pour les hommes et femmes politiques
03:52parce que qu'est-ce qu'ils prennent ?
03:53C'est-à-dire pendant des heures, affronter les colibés, les huées,
03:56parfois les gens sympathiques, devoir répondre avec la suite,
03:59dire « je m'occuperai de votre cas ».
04:01Après ils l'ont voulu, ils se sont présentés à l'élection.
04:02C'est beaucoup de travail.
04:03Et je trouve souvent que les journalistes sont plutôt paresseux par rapport à eux.
04:06C'est-à-dire ?
04:07Nous on n'a pas les mêmes exigences,
04:09on n'a pas le même poids sur les épaules.
04:11C'est plus facile de critiquer que d'agir évidemment.
04:14Vous l'avez interviewé Emmanuel Macron ?
04:17Oui, plusieurs fois, quatre fois, bien sûr.
04:19C'est un cas très intéressant.
04:21Il est très séducteur et en même temps le rapport de force est là.
04:24Et d'ailleurs c'est intéressant de voir comment ça se passera avec Trump aujourd'hui.
04:27Il ne faut jamais sous-estimer Emmanuel Macron
04:29parce qu'effectivement il a cet air charmeur
04:33qui lui a été d'ailleurs reproché.
04:35C'est-à-dire qu'il était léger.
04:36Et en réalité il peut jouer un rapport de force.
04:38Mais là, face à Trump, ce sera une grande affaire.
04:41On va en reparler avec vous de Trump puisque vous l'avez croisé.
04:43On l'a évoqué juste avant l'émission.
04:45Et oui, en tout cas c'est une tradition depuis le général de Gaulle,
04:48le président utilisé au Salon de l'Agriculture.
04:50Le seul qui n'y a jamais été en 14 ans de président,
04:52c'est François Mitterrand qui n'a jamais mis des pieds au Salon de l'Agriculture.
04:55Et toi non !
04:56On parle beaucoup de la fin de 6-8,
04:58mais on oublie également le personnel et la chaîne NRJ12
05:01qui est aussi impactée par cette décision de l'ARCOM.
05:04Alors il a décidé de diffuser une émission spéciale de 20 ans,
05:08le vendredi prochain.
05:10C'est déjà vendredi la fin.
05:12C'est quand même fou.
05:13Alors si Mathieu Delormeau,
05:14qui a été la figure de la chaîne NRJ12,
05:16ne sera pas là,
05:17il y a une autre figure qui va être là.
05:19Vous devinez qui ?
05:20Jean-Marc Morandini ?
05:21Bah non !
05:22Il n'a pas été sur NRJ12 ?
05:24Oui, mais ça n'a pas été autant important.
05:27Ecoutez, regardez.
05:29Attendez les amours.
05:31Je crois qu'on a oublié quelqu'un.
05:34Vous croyez vraiment qu'on n'allait pas venir pour NRJ12 ?
05:37Pour l'anniversaire d'NRJ12 ?
05:39Les 20 ans d'NRJ12 ?
05:40Non mais allô quoi !
05:41Bien sûr qu'on sera là !
05:42Je rêve !
05:4520 ans de grandes émotions.
05:47Présenté par I am Nour.
05:49Vendredi 28 février à 21h sur NRJ12.
05:52Et oui, Thomas et Nabila.
05:54Nabila avec...
05:57Bah oui, Nabila, elle est incontournable.
06:00Vous avez déjà rencontré Nabila ?
06:02Je ne crois pas l'avoir rencontrée.
06:04Vous avez interviewé tout le monde.
06:06Vous auriez pu interviewer Nabila.
06:09C'est triste, deux chaînes qui s'en vont.
06:12J'ai un devoir de réserve.
06:14Mais de façon générale, je suis pour la liberté
06:16et la diversité des médias.
06:18Il ne doit pas y avoir de parole interdite.
06:21Plus la parole est ouverte, mieux c'est.
06:24Ça vaut d'ailleurs pour la politique aussi.
06:26On essaie d'inviter tous les points de vue.
06:28Je suis frappé de voir que dans l'opinion,
06:30il faut se battre pour ça.
06:31On reçoit beaucoup de courriers de gens
06:32qui voudraient qu'on parle qu'entre gens du même avis.
06:35C'est la fameuse bulle internet dont on parle maintenant.
06:38Et j'avoue que je ne suis pas réactionnaire.
06:40Je ne dis pas que c'était mieux avant.
06:41Mais dans ce domaine-là, il y a une déperdition.
06:44La jeune génération voudrait qu'on parle
06:46qu'entre gens de droite ou de gauche,
06:48ce qui est assez étonnant.
06:50Même les intervenants eux-mêmes.
06:51Si je parle de mon expérience sur LCI,
06:53j'avais cette émission le matin
06:56dans laquelle je recevais des gens très à droite
07:00face à des gens très à gauche.
07:01Et il y avait un débat tout à fait serein et apaisé
07:05qui était en place.
07:06On avait quelqu'un comme Charb de Charlie Hebdo
07:08qui parlait avec François d'Orcival
07:09ou avec Yvan Rioufol.
07:10Ce sont des gens qui s'entendaient
07:12et qui étaient capables de débattre en plateau
07:14même s'ils avaient des idées complètement opposées.
07:16Aujourd'hui, ça ne semble plus très possible non plus.
07:19Je me rappelle très bien Jean Dormeuson
07:20qui était un cas extrême,
07:21qui était un libéral de centre-droite tout à fait assumé
07:23mais qui avait parmi ses meilleurs amis
07:25Morand qui était un type d'extrême-droite,
07:27très extrême-droite.
07:28Sa femme était pour ainsi dire nazie.
07:30Ou Aragon qui était un type d'extrême-gauche,
07:32très extrême-gauche, stalinien,
07:34qui avait fait l'éloge des crimes staliniens, etc.
07:36Il dialoguait avec les deux extrêmes
07:37et je trouve que c'est ça.
07:39– Vous ne regardez pas le rugby,
07:40est-ce que vous regardez The Voice ?
07:42– Non plus.
07:43– Franchement pas, mais ça m'arrive.
07:44Enfin, je suis quand même un peu.
07:45– Vous regardez la télé ?
07:46– J'ai deux filles.
07:47J'ai une fille de 15 ans,
07:48elle me tient au courant de ce genre de choses.
07:50– Vous regardez la télé ?
07:51Vous avez le temps ?
07:52– Un peu, bien sûr.
07:53– Tous les soirs, par la force des choses,
07:55vous ne pouvez pas regarder les films.
07:56– Par extraits sur Twitter, voilà.
07:58Je crois beaucoup, la démocratie médiatique
08:01c'est quelque chose de très fort.
08:02Je trouve que quand on regarde Twitter,
08:04ça fait remonter les extraits les plus forts
08:06de n'importe quelle émission.
08:08– Alors samedi s'est passé quelque chose
08:09à la fois d'extraordinaire et tellement émouvant
08:12sur le plateau de The Voice.
08:14Vous l'avez vu ou pas Valérie ?
08:15– Non.
08:16– Je vais prendre mon lancement.
08:17Vous n'avez pas vu Colette ?
08:19Écoutez Colette.
08:20– Je l'ai vu en extrait.
08:21– Est-ce que vous êtes bien assise ?
08:22– Je suis très bien assise.
08:24Ça va très bien.
08:25– Vous savez que vous venez de battre
08:26un record aujourd'hui dans l'émission.
08:27– Ah bon ?
08:28– Oui, vous êtes la doyenne historique de The Voice.
08:33Puis-je me permettre de vous demander votre âge ?
08:37– 95 ans.
08:39– Ah bah voilà !
08:40– Quoi ? C'est pas vrai ?
08:44– Vous connaissez les chansons de Patricia ?
08:46– On va se faire connaître.
08:47– Patricia.
08:48– J'avais envoyé une chanson, tu te souviens ?
08:50– Ah bon ?
08:51– Non, j'en avais envoyé une.
08:52– Ah bon ?
08:53– Elle a une si belle voix, on peut l'applaudir elle.
08:55– En plus elle fait l'animation.
08:58Mais est-ce qu'il y a une chanson de Patricia
09:00que vous connaissez ?
09:01– Mon mec, ah moi !
09:03Il me parle d'aventure.
09:07La la la la la.
09:08– Oui, dans ses yeux je pourrais y passer la nuit.
09:11Il parle d'amour comme il parle des voitures.
09:16– Pas voyou ?
09:17– Bah non, pas voyou, pas voyou.
09:19– Bah si, il parle d'amour comme il parle des voitures.
09:22– Mais il était jeune, il était jeune.
09:24Comme quoi il n'y a pas d'âge pour chanter.
09:27Merci d'être là Colette.
09:29– Alors les sièges ne se sont pas retournés pour Colette
09:32qui a beaucoup ému la France et en effet il y a eu beaucoup d'extraits.
09:37Cette année il y a une option où vous pouvez donner une seconde chance.
09:41– Pas mal.
09:42– Et Colette est revenue à chanter une chanson de Charles Trenet.
09:45Il faut noter que Colette a écrit pour un tas de personnes,
09:48entre autres beaucoup de chansons pour Juliette Gréco, pour Marcel Hamon.
09:52Et en fait ces chansons marchaient tellement qu'elle s'est oubliée,
09:55qu'elle n'a pas décidé d'aller chanter alors que c'était son rêve.
09:58Et donc à 95 ans, elle réalise son rêve de chanter
10:01alors qu'elle était toute sa vie auteur de chansons à succès.
10:04– Belle histoire.
10:05– Que vont-ils devenir, les enfants amoureux ?
10:09Comment faire, comment faire pour être heureux ?
10:18– Mais donc elle n'a pas été choisie.
10:20– Oui, j'ai peur des fuites.
10:24– Ça va être compliqué après de prendre si c'est un concours de chant quand même.
10:28– Donc le buzz, pardon.
10:30– Mais non !
10:31– Pardon de ce rabat de joie.
10:33– Oui, mais c'est le buzz quand même.
10:35Allez, on se retrouve dans un instant avec Darius Rochebin.
10:37– Ça mérite d'exister !
10:41Le 10h midi, Sud Radio Média, Valérie Expert, Gilles Gansman.
10:47Sud Radio Média, l'invité du jour.
10:51– L'invité du jour, c'est le journaliste Darius Rochebin.
10:54Darius Rochebin qui est avec nous.
10:55Vous êtes sur LCI depuis 5 ans, 4 ans, depuis 2020, 2021.
11:01Vous présentez le 20h face à Darius Rochebin,
11:05enfin à 20h face à Darius Rochebin et puis à 22h Rochebin-Broussoulou.
11:10Donc deux émissions, des interviews prestigieuses
11:15depuis de nombreuses années quand vous étiez en Suisse
11:18puisque vous êtes un expat dans l'autre sens.
11:21– Vous étiez une star en Suisse.
11:23Vous présentiez le 19h30.
11:25Oui, mais c'est pas la même chose.
11:27Vous présentiez le 19h30 tous les soirs.
11:30Vous étiez une figure de la chaîne.
11:33Et puis vous aviez aussi le dimanche un grand rendez-vous d'interview
11:37aussi bien avec des gens du divertissement que de l'info.
11:40Vous ne regrettez pas d'avoir quitté ce statut de star de la Suisse romande ?
11:46– Non, mais j'aime toujours beaucoup la Suisse, évidemment.
11:48Mais là, les deux pays ont leur charme.
11:51Et puis ici, l'art de la parole est différent.
11:54Moi, je suis toujours frappé de voir, et en voyageant dans d'autres pays,
11:57à quel point les Français aiment la parole.
11:59Je pense que c'est un cas unique au monde.
12:01Les Américains répondent de façon assez brève.
12:03Les Allemands, c'est une toute autre culture, quand même plus protestante.
12:06Les Français aiment la parole et ça a beaucoup de charme.
12:09Certains invités, d'ailleurs souvent à raison,
12:11les téléspectateurs disent vous coupez trop la parole.
12:14Et c'est vrai, c'est vrai, pardon, mea culpa nostra culpa.
12:17Et en même temps, certains, si on n'arrête pas le discours,
12:19ils pourraient parler pendant 30 minutes sans difficulté.
12:22– Et ça, il n'y a pas ça en Suisse ou dans d'autres pays ?
12:24– Ni en Suisse, ni en Allemagne, ni aux États-Unis,
12:26ni même en Italie, les Italiens sont bavards pour les petites choses.
12:28Mais quand vous faites une interview avec un Italien,
12:30j'ai pas mal interviewé de responsables italiens,
12:32président du conseil.
12:33– Oui, évidemment la Suisse.
12:34– Oui, et en réalité non, ils sont beaucoup moins,
12:36il y a un goût de la parole française qui est sans fin.
12:39– Aujourd'hui, c'est plutôt le 24 février
12:44qu'on entrera dans la quatrième année de guerre.
12:49Guerre en Ukraine, attaque de la Russie,
12:53cette guerre que vous avez longuement traité sur les antennes de LCI.
12:57Ce soir, une émission spéciale ?
12:59– Oui, émission spéciale avec les voix, toutes les voix.
13:02On aura des voix comme Gérard Haraud qui a toujours été,
13:04depuis le début, du camp plutôt de ce qu'on appelle la réelle politique,
13:07ceux qui disaient tôt ou tard, il faudra négocier avec Poutine.
13:10Mais aussi des voix ukrainiennes,
13:12il y a Ina Shevchenko par exemple, qui était toujours pour dire
13:14non, non, on ne négocie pas avec Poutine,
13:16on se bat jusqu'à la dernière minute pour reconquérir
13:18le dernier centimètre carré de territoire occupé.
13:20– Oui, j'ai vu une émission jeudi ou vendredi
13:22où elle a été très contestée par tous vos invités.
13:25Je ne sais pas si c'est elle,
13:27mais il y a eu une invitée ukrainienne qui était…
13:29– Oui, il y a des débats vifs absolument,
13:31donc il y a vraiment les deux avis qui s'exprimeront,
13:33et d'ailleurs jusqu'à la fin, on verra quand cette guerre prend fin ou non.
13:36– Mais il a fallu se mettre, j'ai envie de dire,
13:39vous avez appris en même temps que la guerre s'intensifiait,
13:44puisque ce n'est pas évident, vous êtes très…
13:47– Moi j'avais beaucoup voyagé dans ces pays-là,
13:49j'avais fait beaucoup d'interviews à la fois de Poutine,
13:51ensuite de Zelensky…
13:53– Vous avez déjà rencontré Poutine ?
13:55– Oui, j'avais interviewé Poutine en 2015,
13:57Poutine c'est une sorte de policier,
13:59la marque policière est très forte chez lui,
14:01c'est-à-dire qu'il vous regarde avec un air assez méfiant, assez ironique.
14:04Il est intéressant d'interviewer,
14:06parce que comme Trump d'ailleurs, c'est des gens qui ont vraiment le pouvoir,
14:09donc contrairement à des dirigeants occidentaux
14:12qui pensent tout de suite à ce que dira leur parlement,
14:14leur parti, leur chef de parti, etc.,
14:17ils vous répondent vraiment ce qu'eux veulent,
14:19donc ça donne une certaine densité à l'entretien,
14:21pour le meilleur et pour le pire.
14:23Mais oui, il vous regarde un peu comme un policier de haute police,
14:27ce n'est pas le policier du commissariat du coin,
14:30mais le policier de sûreté,
14:32qui se dit, oui j'ai ton dossier,
14:34vas-y, vas-y, pose-moi ta question,
14:36en plus il parle allemand, moi je parle un peu allemand,
14:38et hors interview… – En anglais aussi, un peu.
14:40– Si, il parle anglais, mais moins bien,
14:42il parle très bien allemand parce qu'il était en poste à Dresde
14:44quand il était lieutenant-colonel du KGB,
14:46et donc j'avais eu après un entretien assez complet avec lui,
14:48en plus après l'entretien.
14:50– Et vous avez plus de stress face à quelqu'un comme Poutine,
14:55que face à Zelensky par exemple.
14:59– Il y a une tension,
15:01et en même temps c'est une tension saine,
15:03parce que disons, il se passe vraiment quelque chose.
15:05– Oui c'est ça, vous savez que vous avez quelqu'un de…
15:07– Comment ça se passe en coulisses,
15:09quand on vous dit oui,
15:11vous êtes fouillé quand vous arrivez,
15:13vous savez qu'il y a une enquête des Russes sur vous,
15:15il y a des moyens de pression ?
15:17– La première, le premier interview que j'avais faite
15:19de ce type de personnage, c'était Arafat,
15:21c'était en 93 je crois,
15:23et ils avaient tellement peur des attentats,
15:25et vous savez, moi je suis un peu, comment dire, parano,
15:28j'ai toujours peur de manquer de stylos,
15:30donc j'avais une boîte avec 50 stylos,
15:32et c'était l'époque où on avait peur des stylos empoisonnés,
15:35et donc les gardes du corps m'avaient forcé à mettre sur le doigt
15:38un point avec chaque stylo de mes 20 stylos,
15:40parce qu'on avait peur qu'on pique Arafat pour l'assassiner.
15:43– C'est un stylo seringue empoisonné.
15:46– Et on vous demande d'avoir rien sur vous alors ?
15:48– Alors en l'occurrence, en réalité,
15:50souvent ça se fait dans un certain désordre, on a l'impression,
15:52et même Poutine par exemple,
15:54on était à Saint-Pétersbourg,
15:56dans un palais tout près du golfe de Finlande,
15:58et on avait progressé salle par salle,
16:01jusqu'à arriver à lui, et jusqu'à la dernière seconde,
16:03on ne savait pas si on pouvait vraiment l'interviewer,
16:06ce qui est aussi une façon de faire pression sur les gens,
16:08pour les intimider, bien sûr.
16:10Il y a beaucoup de stratégies d'intimidation comme ça, toujours.
16:12– Donc vous aviez voyagé dans ces pays,
16:14vous aviez déjà réalisé certaines interviews,
16:17néanmoins, le Donbass, parfois sur LCI,
16:20quand on regarde des émissions,
16:23on voit parler de territoires dont on a d'opérations militaires,
16:26de choses extrêmement précises,
16:28et c'est ce qui a fait la qualité de l'antenne d'LCI d'ailleurs,
16:31et qui a fait son succès sur cet événement.
16:33Vous avez été leader de l'information.
16:35– C'est vrai, et en même temps, il y a l'incertitude de la guerre,
16:37on ne sait jamais de quoi le lendemain sera fait,
16:39et d'ailleurs, objectivement, on s'est beaucoup trompé,
16:43les journalistes se trompent beaucoup, heureusement,
16:45ça montre qu'il ne faut pas trop se tromper quand même,
16:47mais enfin, la guerre est imprévisible.
16:49La guerre est imprévisible.
16:51Moi, je suis toujours frappé dans la génération,
16:53vous savez, j'avais beaucoup fait d'interviews de Badinter
16:55ou de Yann Carrière d'Encausse, qui étaient des nonagénaires,
16:58et ils disaient à quel point, pour eux,
17:00l'effondrement de la France en 1940 avait été un choc inouï,
17:03parce que pour les Français de 1940,
17:05la France, la grande puissance française,
17:07c'était inimaginable que l'armée française puisse se déliter.
17:10Eh bien, de la même façon, aujourd'hui,
17:12qui sait exactement ce qu'est la vraie puissance des armées respectives ?
17:15Il y a encore aujourd'hui un facteur d'incertitude qui est énorme,
17:18et ça se sent d'ailleurs chez les invités,
17:20quand vous êtes face caméra, souvent, ils prennent l'air assez assurés,
17:23et puis juste après, vous leur dites « mais vous êtes sûrs ? »
17:25et vous comprenez que les plus grands généraux,
17:27les plus grands spécialistes doutent,
17:29et heureusement, ça montre qu'ils sont...
17:31Mais justement, est-ce que des fois, on n'a pas l'impression
17:33que ce ne sont pas des invités de pacotille,
17:35mais c'est du bavardage, mais ils ne sont pas sur le terrain,
17:38ils n'ont pas forcément...
17:40C'est un peu des reproches qu'on a faits au Covid aussi,
17:42avec beaucoup de gens qui venaient en plateau s'expliquer.
17:45Comment vous... Alors, il y a Anne Nivin,
17:47qui est une vraie spécialiste, qui avait...
17:49– Oui, c'est un peu injuste, ces reproches sont un peu injustes,
17:51parce que beaucoup de ses invités ont vraiment une expérience.
17:53Vous citez Anne Nivin... – Oui, vous avez des généraux.
17:55– Moi, j'avais voyagé avec elle en Russie,
17:56elle vous apprend ce qu'est la mentalité russe,
17:58par exemple, la dureté des rapports de force.
17:59Moi, je me rappellerai toujours, on a fait une émission spéciale
18:01avec Anne Nivin dans un restaurant russe...
18:03– Qui sera là ce soir.
18:04– Qui sera là ce soir, elle fait partie de nos invités.
18:06Et elle m'avait appris, par exemple, comme c'est une battante,
18:08elle aime le MMA, moi qui suis un nul en sport,
18:12comme je vous le disais, c'est un autre monde.
18:13– Elle est du caractère.
18:14– Et si vous entrez dans un restaurant russe,
18:16si vous n'êtes pas un peu désagréable, vous êtes un plouc.
18:18Parce qu'il faut jouer le rapport de force, il faut dire,
18:20je ne veux pas être assis là, je veux être assis là,
18:22non, je change d'avis, etc.
18:23C'est comme dans le film de Louis de Funès, vous savez,
18:25la folie des grandeurs, si vous êtes riche,
18:27vous êtes désagréable, dit Louis de Funès.
18:28C'est ça, si vous êtes puissant, il faut montrer que vous êtes puissant,
18:30un peu désagréable.
18:31De la même façon, oui, quand vous connaissez, par exemple, le terrain,
18:35vous avez un atout, des gens comme Michel Goya, par exemple,
18:38ils ont dirigé des groupes de snipers, ils ont fait la guerre pour de vrai,
18:41donc ils ont une expérience qui est très forte.
18:43– Amneva qui publie d'ailleurs un article dans Le Point,
18:46expliquant à quel point les Russes sont un peu fatigués de cette guerre,
18:51le peuple russe.
18:52Vous avez vu cet article ?
18:54– Bien sûr, bien sûr.
18:55– Vous êtes d'accord avec elle ?
18:57– Vous savez, on dit tout.
18:58On dit les forces et les faiblesses des uns et des autres.
19:00Du côté russe, évidemment, la fatigue de la guerre.
19:02Du côté ukrainien, les désertions, il y a eu beaucoup de désertions.
19:05Je crois qu'il y a eu environ 600 000 Ukrainiens qui sont hors de l'Ukraine,
19:09qui peut-être, si l'Europe le voulait, les armées pourraient revenir combattre,
19:13mais on dit tout, les faiblesses et les forces des uns et des autres.
19:16– On a été quand même surpris de voir que la Russie, finalement,
19:19n'était pas l'armée qu'on imaginait, c'est-à-dire qu'on a trois ans de guerre,
19:25on le dit, dans la quatrième année aujourd'hui même, et la Russie n'a pas gagné.
19:29– La Russie n'a pas gagné, mais elle n'a pas perdu non plus.
19:32Ils n'ont pas réussi à prendre Kiev, donc ça a été un grand échec.
19:35Mais aujourd'hui, on assiste quand même à cette chose incroyable
19:37que même le président de la République dit,
19:39on ne pourra pas reconquérir par les armes la Crimée et le Donbass.
19:43Et ça, c'est la partie réussite des Russes.
19:45Il y a l'échec et il y a la réussite.
19:47– Oui.
19:48– Et est-ce que vous pensez que Poutine a une vraie volonté de la paix, désormais ?
19:54– Je crois que Poutine a une volonté impériale, en tout cas dans son espace,
19:57c'est-à-dire la nostalgie de l'Union soviétique.
20:00Vous savez, il y a sa phrase fameuse qui dit
20:02« si on n'a pas de cœur et pas d'esprit, est-ce qu'on regrette l'Union soviétique ? »
20:06Il y a une volonté, en tout cas, d'empire sur les anciens territoires soviétiques.
20:10Et quelle est sa volonté d'empire plus loin ?
20:13Ça, c'est une question ouverte.
20:15– Ce matin, je crois que c'est Libération qui titrerait
20:18« Trois ans de guerre, l'Ukraine entre la menace russe et l'appétit de Trump ».
20:21Trump qui réclame des terres à l'Ukraine.
20:24– Des minerais.
20:25– C'est des terres riches, c'est un businessman.
20:29– Je crois surtout que plus loin que ça, il y a une idée presque de Yalta,
20:33de partage du monde, du partage des influences,
20:36qui est une vieille idée américaine.
20:38C'est-à-dire, on dit toujours Trump, Trump, Trump,
20:40mais il y a une continuité, c'est le génie des nations.
20:42Les américains pensent américains, les français, français, les russes, russes.
20:45Et en réalité, déjà, par exemple, Bush, Bush le père, était allé à Kiev en 91.
20:51Le discours existe sur Internet.
20:53Et c'est saisissant parce qu'il dit aux Ukrainiens en 91,
20:56rester en Union soviétique en substance.
20:59Parce que déjà à l'époque, les Américains,
21:01qui sont souvent des réels politiciens assez durs,
21:04considéraient qu'il y avait un espace russe,
21:07et puis qu'on se partageait en réalité des influences.
21:10– Et Trump, vous l'avez interviewé ?
21:12– J'ai rencontré à Davos, je ne l'ai pas interviewé, mais dans un petit groupe.
21:14Et c'est toujours intéressant de voir les gens,
21:16physiquement, parler de Poutine.
21:18Et Trump dégage une impression de puissance, de densité.
21:22Il est très grand, d'abord, c'est ce qui frappe.
21:24Il est gros, il est massif, mais il est aussi très grand.
21:27Et très concentré, très travailleur.
21:32En réalité, on comprend à sa façon d'écouter qu'il a les dossiers en tête.
21:35Il faut toujours se méfier, vous savez, la légende des gens qui ne travaillent pas.
21:38En général, c'est faux.
21:39– Oui, c'est ça, le cliché, il joue au golf, il mange des hamburgers, il boit du coca.
21:42– Bien sûr, très concentré, très travailleur,
21:44qui sait très bien là où il veut en venir.
21:46Tout ça habillé par des déclarations qui peuvent être un peu excessives, excentriques.
21:50– Qui décroient ces déclarations ?
21:52– Vous savez, c'est le travers où la qualité, chacun jugera, du promoteur new-yorkais.
21:58C'est-à-dire, vous commencez par gueuler très fort pour attendrir la viande,
22:01pour impressionner, et après, vous entrez dans le vif de la discussion.
22:05Mais le travail, ça, ça m'a beaucoup impressionné.
22:07Je suis passionné de biographies historiques.
22:09Il y a un personnage, Talran.
22:11Il y a des centaines de biographies qui ont été écrites sur lui,
22:13avec la légende du… il ne travaillait pas,
22:16il passait son temps dans les salons jusqu'à tard le soir.
22:19Non, il y a une biographie qui est fantastique,
22:21qui est Varesquiel, qui a examiné exactement son travail,
22:23qui montre que tous ces gens de pouvoir, en réalité, sont de très grands travailleurs.
22:27– Vendredi, il y a des émissaires américains qui vont aller en Russie pour des négociations.
22:32Comment vous faites pour les suivre à ce moment-là ?
22:35Par exemple, vendredi, est-ce que vous aurez des envoyés spéciaux là-bas ?
22:39– Oui, alors, on a beaucoup d'envoyés spéciaux.
22:41En Ukraine, souvent en Russie, on est allé vraiment partout.
22:44Ça, c'est aussi la force, pas seulement de LCI, mais TF1,
22:47puisqu'on est adossé à ce groupe-là.
22:49Et puis, une liberté de pensée qui est très grande,
22:52c'est-à-dire qu'on a pu interviewer sur la chaîne,
22:55à la fois un diplomate chinois qui faisait l'éloge de Mao.
22:58Alors, à ce moment-là, il faut évidemment le reprendre.
23:00– Ah, c'était l'ambassadeur, non ? – Oui, l'ambassadeur.
23:02– Vous vous êtes confronté à lui ? – Voilà, il est parti.
23:04Il est revenu, parce que je crois maintenant qu'il est nommé pour toute l'Europe.
23:07Et là encore, c'est intéressant.
23:09– Vous n'allez pas se fâcher avec lui ?
23:11– On verra en 2100 peut-être qu'il faudra parler chinois, disent les pessimistes.
23:15– C'est vrai ?
23:16– Qui sait ce que seront les empires en 2100 ?
23:20Leuropas de Bourges, quand même.
23:22– Oui, mais ce que vous dites est très juste sur le physique des politiques
23:28qui sont parfois très parlants et très impressionnants.
23:32– Oui, c'est toujours intéressant de…
23:34– De les voir en vrai, comme on dit.
23:36Parce qu'ils se dégagent quelque chose de particulier.
23:40Ce sont des hommes, quand même, à part des hommes et des femmes.
23:42Moi, j'ai pas eu la chance des femmes, je ne sais pas,
23:44mais en tout cas des hommes politiques qui vous transpercent parfois.
23:48– Bien sûr, bien sûr.
23:49C'est Gisèle Halimi qui racontait de manière très drôle, vous savez,
23:51la première fois qu'elle a vu de Gaulle,
23:53et elle décrivait à quel point elle la regardait,
23:55elle a l'impression qu'elle avait une montagne face à lui.
23:57Je ne sais pas si vous vous souvenez de l'histoire de Gaulle,
24:00qui était un peu vieux genre, qui a voulu un peu la rabaisser,
24:02qui lui dit, mais alors, dois-je vous appeler madame ou mademoiselle ?
24:05Et Gisèle Halimi lui a répondu, mais appelez-moi maître,
24:08mais avocate.
24:09Alors, il s'est un peu rembruni.
24:10– Allez, on va marquer une pause et on se retrouve dans un instant
24:13avec vous, Darius Rochbin, pour parler de cette émission spéciale ce soir.
24:16– Puis un peu d'info française.
24:18– De l'info, de la manière dont on traite l'information.
24:21À tout de suite.
24:23Le supplément Média, toujours avec Darius Rochbin,
24:35à partir de 20h sur LCI, ce soir, et tous les soirs de la semaine,
24:40jusqu'à minuit, c'est une tranche importante quand même.
24:44– Du lundi au jeudi, et dimanche on commence à 18h,
24:49et ensuite c'est Margouada qui prend le relais,
24:51et on finit ensuite 22 minutes, donc ça fait pas mal d'ampleur horaire.
24:55– Comment vous travaillez ? Vous arrivez tôt le matin,
24:58on a envie de connaître un peu les coulisses.
25:00– On s'imprègne, c'est des métiers où il faut s'imprégner,
25:02c'est-à-dire l'heure d'arrivée, d'ailleurs je me fais parfois engueuler
25:05avec raison par mes collègues si j'arrive en retard,
25:07mais on s'imprègne, c'est-à-dire…
25:09– Le retard pour un Suisse, c'est la honte.
25:11– Oui, ça c'est le problème, je sais que c'est la honte.
25:13– Mais vous arrivez, en fait c'est une vie d'être journaliste,
25:17c'est-à-dire que c'est l'expérience,
25:19mais est-ce que vous écrivez vos questions, comment vous travaillez ?
25:21– Pas mal, pas mal, je suis d'abord assez scolaire,
25:23après on peut improviser, il faut essayer d'écouter le plus possible,
25:26enfin vous pratiquez le même métier,
25:28sinon c'est les sketchs de Maizraï, vous avez la liste des questions,
25:32et vous dites alors question 1, question 2, voilà.
25:34– Mais tout le monde ne travaille pas de la même manière, c'est ça ?
25:36– Non, en tout cas il faut être curieux, il faut vraiment s'intéresser.
25:40– Vous avez un choix, enfin pas un droit de regard,
25:42mais vous choisissez les invités, comment ça se passe ?
25:46– Avec la direction, le truc direct, l'audio de bruit qui tranche le plus souvent,
25:50mais en réalité il y a une forme de symbiose qui fait qu'on tombe très vite d'accord
25:54sur ce qui est les moments forts du jour.
25:56– Alors j'en parlais dans mon zapping,
25:59deux chaînes vont disparaître à la fin de la semaine,
26:01et par du coup une renumération de l'ARCOM,
26:05vous allez être dans la numérotation devant BFM,
26:08est-ce qu'il y a un plan stratégique qui se met en place à LCI,
26:12en se disant on va avoir une nouvelle visibilité,
26:14vous êtes les vrais gagnants de cette renumérotation,
26:18vous passez du canal 23 au canal 15,
26:24qui est l'ancien canal de BFM, donc par réflexe on va tomber sur LCI,
26:28est-ce que ça va changer ?
26:30Alors je ne parle pas d'un point de vue direction et tout ça,
26:32parce que je m'adresserais aux dirigeants,
26:34mais vous d'un point de vue contenu,
26:36est-ce que vous réfléchissez à faire évoluer votre émission ?
26:38– Si il y a un plan il est secret, par définition,
26:40donc je n'ai pas le droit de…
26:42– Il doit y avoir des aménagements…
26:44– Bien sûr, bien sûr, de toute façon le but c'est d'être à la fois,
26:46disons, de qualité autant que possible,
26:48et grand public autant que possible,
26:50parler vraiment à tout le monde.
26:52– Mais c'est une chance pour LCI.
26:54– Oui bien sûr c'est une chance, de toute façon c'est une grande chance,
26:56hier on avait parlé d'Edouard Philippe,
26:58et typiquement c'est vrai qu'on peut lui poser des questions assez pointues,
27:00où il dit par exemple que Trump fait une sorte de Kissinger ou Nixon à l'envers,
27:04c'est-à-dire que Trump a une pensée très sophistiquée,
27:08contrairement à ce qu'on veut dire, qu'on soit d'accord ou non,
27:10qui est de séparer la Russie de la Chine,
27:12donc c'est quand même des propos et des sujets quand même assez exigeants,
27:16mais à d'autres moments on peut être beaucoup plus grand public,
27:20et on traite aussi des sujets grand public,
27:22l'affaire des OQTF comme celle qui a occupé la semaine.
27:24– Vous avez été surpris des succès d'audience de LCI,
27:28sur ce sujet de l'Ukraine,
27:30parce que ça a été quand même,
27:32ça a occupé une très grande partie des sujets traités par LCI,
27:38et ça a mis la chaîne finalement sur le devant,
27:42avec des très bons scores, ça a donné des très bons scores.
27:46– Il y avait ce côté vraiment,
27:48la réalité de la guerre nous éclate à nouveau au visage,
27:52et ça c'est vrai qu'on l'avait complètement oublié,
27:54moi je suis de cette génération qui a vécu pendant la guerre froide,
27:56et j'avais pas mal voyagé dans les pays de l'Est avant la chute du mur,
27:58et j'ai vécu l'ancien sentiment,
28:00c'est-à-dire le vieux fantasme que les chars soviétiques allaient déferler sur nous,
28:04je me rappelle très bien,
28:06ça m'avait frappé, j'étais dans un supermarché à Prague,
28:09en 86 ou 87,
28:11et puis le caissier du supermarché,
28:14je me suis dit peut-être que dans un jour,
28:16dans une armée, on sera dans deux camps opposés,
28:19et je m'étais rappelé plus tard d'une interview de Giscard,
28:21qui disait, Giscard a fait une guerre,
28:23comme on disait à l'époque, entre guillemets une belle guerre,
28:25et il avait combattu sur la fin de la guerre,
28:27et il racontait avec vraiment émotion,
28:29à quel point dans le viseur de son arme,
28:31je crois qu'il était dans les chars,
28:33il avait vu l'œil d'un Allemand qu'il allait tuer,
28:35sur lequel il allait tirer,
28:37et on était sortis de tout ça, pendant des décennies,
28:39on se disait, c'est fini la guerre, c'est ringard,
28:41en réalité, et la guerre nous a rattrapés,
28:43ce sentiment est vraiment très fort.
28:45– Très fort, et c'est ce qui a peut-être, justement,
28:47suscité cet intérêt des téléspectateurs,
28:49des Français en général.
28:51– Avec l'incertitude dont on parlait tout à l'heure,
28:53avant l'émission, je veux livrer un off,
28:55Gilles Gansman disait parfois, je suis angoissé par la guerre,
28:57c'est vrai. – Oui, que je trouvais votre chaîne
28:59parfois très angoissante, justement.
29:02– Et c'est vrai que même les gens les mieux informés,
29:04ont le doute, au début de la guerre,
29:06quand on a parlé le plus du danger nucléaire,
29:08moi j'ai été frappé, j'ai un copain ambassadeur français
29:10dans un pays étranger,
29:12il m'avait appelé pour me dire,
29:14Darius, si tu as une information,
29:16avant les autres, sur un danger nucléaire,
29:18appelle-moi,
29:20parce que ma fille est encore à Paris,
29:22et j'aimerais être averti avant, ce qui est absurde,
29:24parce qu'il imaginait que quand le missile part,
29:26pendant les 3 minutes,
29:28et puis je vais appeler en disant,
29:30au fait, averti ta fille que le missile arrive,
29:32mais il y a tellement d'incertitudes,
29:34et la guerre est quelque chose de tellement effrayant,
29:36que même les gens les mieux informés,
29:38ont des doutes. – Des doutes, forcément.
29:40– Mais maintenant, vous en avez un peu moins,
29:42on parle sur des négociations, quand même.
29:45– Bien sûr, et là on voit la puissance,
29:47la puissance des États-Unis, c'est-à-dire que,
29:49en réalité, même ceux qui s'élèvent
29:51contre les États-Unis,
29:53qui contestent la puissance américaine,
29:55souvent, ploient les épaules.
29:57Le thème des négociations, je vous rappelle quand même,
29:59par exemple que l'Ukraine disait,
30:01dans l'interview qu'on avait faite en 2022,
30:03jamais on ne négociera avec Moscou
30:05tant que Poutine est là, c'était un engagement.
30:07– Et maintenant, il veut dialoguer.
30:09– Et maintenant, il dit le contraire, puisqu'il dit,
30:11je veux négocier avec Poutine.
30:13– Et Trump dit d'ailleurs qu'ils doivent se parler.
30:15– Mais en réalité, c'est uniquement parce que
30:17les États-Unis d'Amérique, avec toute leur puissance,
30:19l'imposent, et ils ont la puissance d'imposer ça.
30:21– Mais à l'inverse, imaginons qu'il n'y ait pas eu Trump,
30:23on partait pour 10 ans de guerre.
30:25– Qui sait ?
30:27En tout cas, les Américains donnent le la,
30:29toujours de façon extrêmement impressionnante.
30:31– Ça veut dire que l'Europe ne compte pas ?
30:33– Non, ce n'est pas vrai. L'Europe, d'ailleurs,
30:35dans leur esprit, compte beaucoup. Je ne sais pas si vous voyez
30:37à quel point ça va à double sens.
30:39Musk et Trump s'intéressent à l'Europe.
30:41Musk y va à Notre-Dame de Paris.
30:43Le fait que Musk est obsédé, y compris pour pousser
30:45certains partis nationalistes en Europe.
30:47Pour eux, l'Europe fait partie du plan.
30:49Ils ont une obsession de l'Empire romain.
30:51Je ne sais pas si vous suivez le compte Twitter de Musk.
30:53Ils considèrent qu'ils sont l'Empire romain,
30:55le nouvel Empire romain,
30:57mais qu'ils ne tomberont pas,
30:59contrairement à l'Empire romain.
31:01Et on fait partie, en tout cas, de leur point de vue,
31:03de leur empire.
31:05– Pourtant, on a l'impression qu'ils ne veulent pas actuer en Europe.
31:07– Je ne pense pas. Ils veulent, mais ils veulent l'Europe à leur manière.
31:09C'est l'Europe de Mme Mélanie,
31:11c'est l'Europe de l'AFD ou des conservateurs.
31:13Ce n'est évidemment pas l'Europe
31:15d'Emmanuel Macron ou d'Ursula von der Leyen.
31:17– Mais quel poids ? Parce qu'on voit qu'en ce moment même,
31:19plusieurs dirigeants européens sont à Kiev
31:21pour rappeler que l'Ukraine, c'est l'Europe.
31:23Quel poids, effectivement,
31:25peut avoir cette Europe ?
31:27– On vit vraiment un moment de bascule,
31:29de révolution.
31:31Jusqu'où ira cette révolution ?
31:33C'est intéressant.
31:35En tout cas, on voit à quel point
31:37des États-Unis partent dans chaque génération
31:39des mouvements très puissants.
31:41Rappelez-vous, ici, on est forcément euro-centré,
31:43donc mai 68, pour nous, c'est un phénomène français-parisien.
31:45En réalité, c'était un phénomène américain.
31:47C'est parti des campus américains.
31:49Il y a eu cette grande vague libertaire de 67-68.
31:51Après, dans les années 80,
31:53il y a eu la vague Reagan.
31:55Rappelez-vous, la grande vague libérale,
31:57Reagan, Thatcher, qui a déferlé sur l'Europe.
31:59Aujourd'hui, il y a cette vague,
32:01Musk, Trump, Vance,
32:03les nationalistes qui sont très poussés.
32:05Jusqu'où ça ira, ça, c'est l'inconnu.
32:07– Mais ils donnent le là.
32:09– Ils donnent le là, toujours, parce qu'ils ont la puissance économique.
32:11– Est-ce que vous allez rencontrer de nouveaux présidents ?
32:13– Ils ont la puissance même culturelle.
32:15Je vous parlais de mes filles tout à l'heure.
32:17Là, je suis allé à Disney.
32:19Et j'étais frappé de voir,
32:21en réalité, c'est comme sous l'Empire romain,
32:23si elles voyaient les déesses de l'époque,
32:25c'est leur monde.
32:27Hollywood, c'est imposé.
32:29En réalité, plus personne n'apprend le grec ou le latin,
32:31ou presque plus personne.
32:33La domination américaine, je pense,
32:35est toujours sous-estimée.
32:37– Est-ce que vous allez rencontrer
32:39de nouveaux dirigeants allemands ?
32:41– J'espère, M. Mertz.
32:43Bien sûr, j'avais rencontré M. Scholz.
32:45C'était difficile, parce qu'il ne parlait pas un mot de français.
32:47D'ailleurs, j'ai rencontré,
32:49parce qu'il ne parlait pas un mot de français.
32:51D'ailleurs, c'est intéressant, vous disiez,
32:53rencontrer des personnages, c'est toujours intéressant.
32:55La France était très loin de lui.
32:57Parce qu'il y a des dirigeants comme ça,
32:59qui ne parlent pas un mot la langue,
33:01c'est toujours important.
33:03Et lui, allemand du nord,
33:05ne parlant pas un mot de français, mais rien.
33:07Zelensky, c'est pareil.
33:09On voit d'ailleurs que Volodymyr Zelensky,
33:11qui parlait d'abord russe à l'origine,
33:13qui a appris à parler ukrainien mieux,
33:15et qui ensuite a un peu appris le français.
33:17Il a dit « Bohar ».
33:19Parce que son univers, c'est compréhensible.
33:21Là encore, pour eux,
33:23les Etats-Unis restent quand même la puissance décisive.
33:25Mais quand on voyage,
33:27vous avez beaucoup voyagé, on se rend compte que la France,
33:29l'actualité française,
33:31tient assez peu de place en général.
33:33Oui, et en même temps,
33:35la grande histoire reste.
33:37En même temps, Napoléon, par exemple,
33:39ça reste un fantasme.
33:41Vous allez en Pologne,
33:43vous savez que dans l'hymne national polonais,
33:45il rend hommage à Napoléon, parce qu'il était contre les russes.
33:47Comme quoi, il y a des constances historiques.
33:49Voltaire, pro-russe.
33:51Napoléon, anti-russe.
33:53Et encore aujourd'hui, en 2025,
33:55chez les Polonais, c'est présent à l'esprit.
33:57Donc la grande histoire française, ça compte quand même.
33:59Le jeudi 30 mai, vous avez rencontré Benjamin Netanyahou.
34:01C'était en 2024,
34:03j'ai dit le 30 mai, mais c'était en 2024.
34:05On vous interroge sur
34:07tous les dirigeants.
34:09Comme ça, on est à
34:11une personne de deux dirigeants.
34:13Vous connaissez, c'est la légende.
34:15Je suis un lien de
34:17Trump avec vous.
34:19Avec une manifestation qui était autour de la tour
34:21de TF1, sortie par une porte
34:23dérobée.
34:25Parce qu'il ne voulait pas
34:27que vous receviez Benjamin Netanyahou.
34:29On revient à ce débat qu'on avait tout à l'heure.
34:31C'est-à-dire qu'il faut
34:33interviewer tout le monde, je pense.
34:35Ce qui n'empêche pas qu'on peut considérer
34:37typiquement Netanyahou qu'il est
34:39sous mandat d'arrêt international, donc il faudrait
34:41arrêter. Ça n'empêche pas le débat libre
34:43à ce sujet-là, mais Netanyahou,
34:45Poutine,
34:47Zelensky, Trump,
34:49Biden... Je pense que le métier de journaliste,
34:51c'est d'interviewer tout le monde. Ce qui n'empêche pas, encore une fois,
34:53qu'on peut être, après, dans la position
34:55éditoriale, très sévère à leur égard.
34:57Et vous avez aussi...
34:59Quelle image vous avez de ce dirigeant ?
35:01Dur.
35:03C'est-à-dire que c'est des gens...
35:05Et d'ailleurs, il y a dans le cabinet Netanyahou
35:07des gens qui sont des extrémistes.
35:09Bien sûr, des extrémistes extrêmement durs.
35:11Mais il faut
35:13comprendre aussi ça.
35:15Serait-ce pour le condamner ensuite, mais il faut comprendre
35:17cette diversité du monde.
35:19Vous avez également régulièrement animé
35:21des émissions,
35:23« Comment sortir de la crise ».
35:25François Bayreau vous a-t-il convaincu ? Ce type d'émission
35:27aussi, très différent
35:29d'une interview ou d'un plateau,
35:31est un exercice qui vous plaît,
35:33j'imagine.
35:35Oui, et puis là, vous disiez,
35:37la minute de promotion, pardon,
35:39j'ai honte, mais vous savez, c'est comme
35:41au salon du livre, il y avait
35:43Joseph Joffo, je ne sais pas si vous soutenez,
35:45extraordinaire écrivain, il avait ses piles de bouquins
35:47et il dit « Venez acheter, je vous en donne 3 pour 2 »,
35:49etc. Mais la minute de promotion,
35:51c'est que LCI fait évidemment l'actualité
35:53beaucoup internationale, mais beaucoup nationale.
35:55Les propos de François Bayreau sur
35:57le sentiment de subversion migratoire,
35:59ou bien ce qu'a dit
36:01Retailleau
36:03sur l'immigration n'est pas une chance pour la France,
36:05qu'on soit d'accord ou non, mais c'est des débats
36:07qui ont eu lieu sur LCI et qui ont eu beaucoup de suites après.
36:09Et Anthony Blinken, qui était votre invité,
36:11qui disait qu'il avait peur que les Russes utilisent
36:13l'arme nucléaire, c'était aussi...
36:15Absolument, c'est là, il avait dit
36:17effectivement que les Américains ont craint
36:19qu'à l'automne
36:212022, si ma mémoire est bonne, les Russes
36:23utilisent l'arme tactique nucléaire
36:25dans une partie de l'Ukraine.
36:27Ben voilà, ça c'est pas du tout angoissant.
36:29On va empêcher de dormir, c'est pas bien,
36:31vous allez empêcher Jephens Pan de dormir cette nuit.
36:33Vous vous dormez bien ?
36:35Oui, oui, plutôt bien.
36:37Comme vous me disiez, il faut être imprégné,
36:39donc souvent la nuit, vous levez, vous regardez
36:41les dernières dépêches.
36:43C'est vrai ? Vous vivez dans la nuit ? Ben oui, bien sûr.
36:45C'est horrible.
36:47On se rendort après. Vous êtes addict à votre téléphone ?
36:49Oui, bien sûr.
36:51Ça m'est arrivé, vous savez, selon les interviews,
36:53justement, quand vous devez mettre le téléphone
36:55dans une boîte, dans une cage de faraday,
36:57ça c'est l'angoisse totale. Vous vous sentez mal ?
36:59Ah, c'est l'enfer. Je partage.
37:01Merci, Darius Rangevin, d'avoir été avec nous ce soir.
37:03Donc, édition spéciale,
37:05émission spéciale à l'occasion
37:07des trois ans de guerre en Ukraine.
37:09C'est à partir de 20h
37:11et toute la soirée avec
37:13ceux qui ont été à vos côtés
37:15pendant ces trois ans. Evidemment, on va retrouver,
37:17j'imagine, Michel Goya,
37:19qui a été un de ceux qui ont été là assez régulièrement.
37:21Le général Yakovlev. Avec les punchlines de Yakovlev.
37:23Absolument. Merci à vous.
37:25À noter, Valérie, demain, vous serez
37:27à 9h à l'antenne pour les débats,
37:29jusqu'à 10h30. Pas d'émission
37:31média, parce que dès 10h30,
37:33on retrouvera Patrick Roger
37:35depuis notre stand au Salon de l'Agriculture.
37:37Vous pouvez aller voir Sud Radio
37:39sur le stand de l'agriculture.
37:41Allez voir Patrick Roger, qui a eu
37:43une belle belle temps. Je ne suis pas sûr
37:45qu'il aille un prix
37:47là-bas, mais...
37:49Le CIE est au Salon toute la semaine.
37:51Demain, on vous retrouve à 9h.
37:53Absolument. Merci à vous. Dans un instant,
37:55les débats d'actualité
37:57sur Sud Radio.

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