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⚠️ Contenu sensible : Mort, autopsies.

À la fois médecins et enquêteurs, nous avons suivi toute une équipe de médecins légistes afin de découvrir les coulisses de leur profession. Des premiers examens à l’enquête judiciaire, en passant par la dissection, voici toutes les étapes de l’autopsie et ses objectifs.

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Transcription
00:00Je réalise les autopsies.
00:03On a affaire à des corps qui sont putréfiés,
00:06qui sont morcelés, par exemple.
00:07Mais je travaille aussi chez des vivants.
00:09Nékimos, périorbitaire, violacés.
00:12Tout ce qu'on fait, c'est non seulement couvert
00:14par le secret médical, mais aussi par le secret judiciaire.
00:17T'as jamais tourné l'œil ?
00:19Ça m'est jamais arrivé.
00:25Le corps nous est présenté dans une housse blanche,
00:29scellée par un cerflexe portant l'inscription ******.
00:32Il s'agit du corps d'un individu de sexe masculin,
00:35de morphophénotype leucoderme.
00:37Il n'est pas noté d'éléments de putréfaction.
00:42Lorsque le corps arrive sur notre table,
00:44on va réaliser un examen externe,
00:46c'est-à-dire une description de toute la peau et des muqueuses.
00:50Les ongles des mains sont mis longs, intacts.
00:54Les autopsies qu'on va réaliser, c'est des autopsies judiciaires
00:57pour lesquelles il y a une enquête qui a été menée
00:59à la suite d'une suspicion émise par le médecin qui va constater le décès.
01:04Tous les cas de suicide, tous les cas d'overdose,
01:07tous les cas d'accident mortel de la route
01:09doivent nécessiter une autopsie pour étayer le dossier.
01:16Une fois que ça, c'est terminé, on passe au temps de dissection.
01:23Notre principal outil, ça va être le scalpel et la pince
01:27pour disséquer les tissus les uns après les autres.
01:29Et suivant la dureté des tissus, on peut utiliser d'autres matériels.
01:36Donc là, on passe à l'étape de l'incision,
01:38qui s'appelle mentopubienne,
01:39donc qui s'étend du menton jusqu'au pubis,
01:42qui nous permet ensuite d'accéder aux différentes cavités du corps.
01:51Bon, c'est quasiment rien sans qualif' heart free.
01:55Là, on fait l'examen macroscopique des organes.
01:57Une fois qu'on les a sortis,
01:58on les a observés à l'intérieur du corps,
02:00on va les regarder individuellement,
02:02on va regarder leur aspect externe
02:04pour voir s'il y a des aspects pathologiques
02:07qui nous apparaissent immédiatement,
02:09ou des lésions traumatiques, etc.
02:13Le corps est enregistré, là, c'est l'examen.
02:15On prélèvera du sang, de la bile, des urines.
02:19C'est principalement ces prélèvements-là
02:21qui sont faits de manière systématique
02:22dans toutes les autopsies.
02:24Il y a aussi le contenu gastrique.
02:28On prend en moyenne une heure et demie,
02:30suivant les contextes,
02:31soit parce qu'il y a beaucoup de lésions,
02:34soit parce qu'il y a des choses qu'on a du mal à interpréter.
02:36On peut passer plusieurs heures,
02:38voire des journées entières à autopsie.
02:41Il n'y a pas de pneumothorax, ça ?
02:42Chut !
02:43Alors, ce qui est difficile dans le cadre des autopsies judiciaires,
02:46c'est qu'on a affaire à des corps qui ne sont pas forcément intègres,
02:50soit qui sont putréfiés,
02:52qui sont carbonisés ou qui sont morcelés, par exemple.
02:56Alors, ce qu'on ne voit pas ici à la caméra,
02:58c'est qu'en plus de toutes les représentations visuelles,
03:00il y a aussi certains fluides corporels
03:02qui ont une certaine odeur.
03:04Le meilleur moyen, c'est de saturer son nez de l'odeur
03:07et ensuite, on passe un meilleur moment.
03:11On va brancher la scie
03:12pour pouvoir ensuite accéder à la boîte crânienne.
03:17Et c'est le moment rouge, là ?
03:18C'est ça !
03:19C'est ça !
03:36Moi, je n'y fais pas tellement.
03:37En fait, j'ai choisi ce stage parce que, justement,
03:39c'est un métier qui m'intéresse,
03:42qui m'intéressait et qui m'intéresse toujours.
03:44Mais ouais, c'est quand même assez dur, ça, ce qu'on voit.
03:48Tu n'as jamais tourné de l'œil ?
03:51Ça ne m'est jamais arrivé, moi, personnellement.
03:54Je me sens plus à l'aise de ne pas avoir trop d'informations
03:57sur la personne qui est en face de moi.
03:58Ma première autopsie, c'était l'autopsie d'un nourrisson.
04:02Et j'ai trouvé ça, d'un point de vue scientifique,
04:04très rigoureux et très intéressant
04:06d'aller à la recherche de la cause du décès.
04:09Cette curiosité scientifique, ça a vraiment pris le pas
04:12sur le fait que c'était un nourrisson,
04:15le fait que la famille a perdu un être cher.
04:18Parfois, par la force des choses, on est rattrapé
04:21par certains éléments.
04:23Il a déjà pu m'arriver le cas d'un jeune homme
04:25qui était né à une semaine d'intervalle avec moi
04:28et qui était décédé dans un repas festif avec des amis.
04:31Et je me suis forcément identifié à cette personne.
04:37Donc, on a terminé l'autopsie,
04:38on a réintégré l'ensemble des organes à l'intérieur du corps.
04:42Et donc, mis à part la suture qui se trouve
04:46à la face antérieure du corps,
04:47mais qui va être recouverte par les vêtements,
04:49on ne va rien voir.
04:50Tous les prélèvements qu'on a faits au cours de l'autopsie
04:52vont être placés sous scellés.
04:54Ils vont être remis à l'autorité judiciaire
04:57qui nous a demandé de réaliser l'autopsie.
05:00Et donc là, la dernière étape, c'est de nettoyer nos bottes.
05:03On essaye de travailler le plus proprement possible.
05:05J'ai réussi à ne pas me tâcher.
05:08Et voilà, tout beau, tout propre.
05:12Et donc là, on va arriver au sous-sol,
05:15où se trouvent les casiers réfrigérés
05:18dans lesquels se trouvent les corps.
05:21Et donc là, quand on ouvre,
05:23les corps sont là dans les housses.
05:25On a quatre corps par casier réfrigéré.
05:28Et vous voyez qu'il y a une dizaine de casiers.
05:31Donc, on a une activité très importante ici.
05:33On réalise 1200 examens à l'année,
05:36dont plus de trois quarts d'autopsie.
05:38Le reste, c'est des examens externes.
05:40On voit beaucoup plus de victimes vivantes que de morts.
05:43Ici, à l'Institut Médico-Légal de Lyon,
05:46ce qu'on appelle la victimologie,
05:48on voit entre 3500 et 4000 victimes à l'année.
05:51Soit d'accidents du travail,
05:53des accidents de la route ou de violences
05:55physiques, psychiques, sexuelles, par exemple.
05:58Il va y avoir un examen pour nous donner
06:01l'opportunité de trouver des lésions
06:03qui attesteraient des violences que vous avez subies
06:07et qui permettra ensuite de faire avancer l'enquête pour vous.
06:10On a une activité sur le terrain
06:12pendant la moitié du temps.
06:14L'autre moitié du temps, elle est consacrée
06:16à la rédaction des rapports
06:18où on doit décrire de la manière
06:20la plus rigoureuse possible
06:22nos observations, nos conclusions.
06:24Dans un an, je serai médecin légiste.
06:26En France, on est 830 à exercer la médecine légale.
06:30Quand on dit qu'on est médecin légiste,
06:32ça peut avoir tendance à mettre aussi un froid.
06:35Ça peut renvoyer à une image sanguinaire,
06:38violente de la mort.
06:40Le fait de rechercher la vérité
06:42par la réalisation de l'autopsie,
06:44c'est un double objectif.
06:46D'une part, effectivement,
06:48c'est un double objectif.
06:50D'autre part, c'est un double objectif.
06:52D'une part, effectivement,
06:54l'objectif de l'enquête.
06:56Elle sert aussi à établir des statistiques
06:58épidémiologiques à la fin de l'année
07:00sur les causes de décès,
07:02qu'elles soient naturelles ou violentes.
07:04Et à côté de ça, on sait que c'est très important
07:06pour les endeuillés de connaître
07:08les raisons pour lesquelles leur proche est décédé.
07:10Moi, personnellement, c'est ce qui me pousse
07:12à continuer dans cette carrière.

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