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Mercredi 26 février 2025, retrouvez Fabien Sécherre (directeur, Jobs that make sense), Clément Pecastaings (directeur de la formation, Circul'R), Jean Pralong (psychologue et professeur RH, EM Normandie) et Dominique Boucherel (Secrétaire général, ANEFA) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.

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00:00Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans Smart Job. Votre rendez-vous emploi RH Management, débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles, évidemment, bien dans Smart Job.
00:16Aujourd'hui, on parle de la crise d'attractivité dans le secteur public. Que se passe-t-il ? Une étude passionnante portée par Jean Prallon. Il est psychologue et professeur RH à l'EM Normandie.
00:27Il nous expliquera cette étude. Il a lui-même été surpris d'ailleurs par certains résultats de l'étude. Le cercle RH, les métiers de la transition écologique, c'est une mine d'or en matière de recrutement et de nouveaux postes.
00:38Des centaines de milliers de postes sont à pourvoir. On en parlera avec deux experts, le directeur président fondateur de Jobs That Make Sense et Clément Pécastin, directeur de la formation chez Circul.
00:48On fera le point sur ces métiers d'avenir. Et pour terminer notre émission, fenêtre sur l'emploi, la filière agricole, évidemment, c'est le salon de l'agriculture au défi du renouvellement générationnel.
00:59Beaucoup de départs en retraite et peu d'exploitations sont reprises. On en parlera avec Dominique Boucherel. Il est président de l'ANEFA. Voilà le programme. Tout de suite, c'est bien dans Smart Job.
01:19Bien dans Smart Job pour parler de la crise d'attractivité dans le secteur public, sujet dont on a souvent parlé sur ce plateau en invitant notamment des collectivités publiques qui cherchaient des outils innovants pour recruter.
01:32Jean Prallon, merci d'avoir répondu à notre invitation. Psychologue, professeur RH à l'EM Normandie. Je le disais dans le lancement, vous-même surpris par le travail d'étude que vous avez mené sur la crise d'attractivité et sur le pourquoi ou pas, d'ailleurs, on pousse la porte du service public.
01:48Ce qui ressort, c'est qu'avant, on rentrait dans le service public pour une carrière entière. On était, j'allais dire, protégé. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
01:55Alors on a découvert un peu par hasard en commençant l'étude qu'un tiers des agents du public étaient en fait des contractuels. Donc on a l'image du fonctionnaire avec un deal qui est emploi-vie pour simplifier, salaire un peu modeste mais des conditions de travail qui sont relativement homogènes.
02:11Donc il y avait un deal un peu historique qui est le fonctionnaire pas très bien payé mais avec en échange une forme de sécurité de l'emploi.
02:17Là, vous dites dans l'étude, c'est des contractuels. En fait, ils sont considérés comme des emplois privés dans le public.
02:21C'est exactement ça. C'est-à-dire que sans qu'on s'en rende compte, telle collectivité, telle agence a ouvert la porte à des contrats de droits privés. Donc c'est mis, sans s'en rendre compte, à concurrencer le privé sur des terres qui ne sont pas les siennes.
02:33Donc ça devient compliqué en effet d'intéresser des gens quand le deal n'est plus équitable. Et c'est ça qu'on voulait comprendre. Qu'est-ce qui attire des candidats dans la fonction publique ? Sur quels critères on peut jouer ? Sur quels leviers on peut jouer ?
02:45Et encore, pour le dire plus radicalement, qu'est-ce que la fonction publique a encore de particulier à raconter à des candidats aujourd'hui ?
02:51Que cherchent les candidats du service public ? Ce sont quelques chiffres extraits de votre étude. 45,56% c'est l'équilibre vie pro-vie perso. 22,45% le contenu du travail et la mission.
03:03A 18% l'ambiance de travail. 4,73% la stabilité de l'emploi qui corrobore ce que vous nous dites. Et 3,55% les valeurs du service public.
03:13Alors on parlait des hussards noirs de la République, vous vous rappelez, sous la Troisième République. 3,55% le service public, ça ne les intéresse pas vraiment en fait.
03:21Alors je crois qu'à force de dire sur ce point-là, à force de dire que le service public a un peu vieilli, qu'il est un peu mort, qu'il s'est un peu délité, ça finit par alimenter cette idée-là auprès des candidats.
03:32Donc ça veut dire qu'un candidat va se dire que le service public ayant un peu disparu, c'est pas ça qu'on va aller chercher dans la fonction publique.
03:39Alors si je vais un peu plus loin dans l'étude, vous nous dites qu'ils sont frontalement en concurrence avec le privé, qu'il y a de meilleures offres à faire que dans le public.
03:47Ça veut dire en creux que le public doit repenser son offre.
03:50Alors là il y a un vrai sujet. C'est d'introduire dans la fonction publique une RH un peu innovante. Un peu innovante et un peu ambitieuse.
03:59Vous êtes très poli en disant ça. Un peu innovante.
04:02Un peu innovante. C'est pas facile de faire de la RH dans la fonction publique parce qu'il y a des systèmes de règles, il y a des statuts différents, il y a les fonctionnaires, il y a les agents publics, il y a plein d'agents publics différents, puis il y a des systèmes un peu complexes.
04:14Donc c'est pas facile de faire de l'innovation RH quand on est dans un environnement aussi cadré.
04:18Donc il y a un sujet effectivement de réintroduire un peu d'innovation et un peu d'ambition dans ce secteur qui a aussi ses codes.
04:24Un mot quand même sur l'étude qui montre l'endogamie du recrutement public.
04:28Ça je trouve ça assez intéressant. Un peu comme dans l'armée ou dans certaines grandes entreprises. On est chez Renault de père en fils.
04:34Là c'est pareil, il y a 58,57%. C'est des candidats intéressés qui étaient déjà contractuels dans la fonction publique.
04:40C'est-à-dire qu'ils avaient goûté déjà, ils connaissaient.
04:42Alors ça veut dire que ceux qui sont intéressés par le public y sont déjà.
04:45Ce qui veut dire que ceux qui n'y ont pas goûté n'ont pas l'idée que ça pourrait être fait pour eux.
04:51Ce qui déjà est un problème.
04:52Ça veut dire que si on interroge un peu n'importe lequel des individus dans la rue, si on lui dit où est-ce que vous aimeriez travailler,
04:57le public n'est pas une option.
04:59Ou plutôt le public apparaît sous la forme d'une offre en particulier pour un poste et une collectivité et pas comme une raison d'être dans son ensemble.
05:06Le salaire, les enjeux financiers, on sait qu'aujourd'hui c'est un élément important.
05:09Il y a le cadre de vie, le bien-être au travail mais le salaire compte.
05:12Il compte là dans le désappointement ou le recul que peuvent avoir les salariés ?
05:17C'est le même sujet que celui que vous évoquiez sur la question du service public.
05:21À force de dire qu'on est mal payé là-bas, à force de dire que le service public n'est plus un sujet en soi,
05:26à force de dire qu'on n'aurait pas de carrière intéressante, c'est pas ça que les gens vont aller y chercher.
05:30Ce qui est sûrement un peu faux parce que le service public est quand même très hétérogène.
05:34Entre une collectivité territoriale qui a de l'argent, une fonction publique nationale qui en a un peu moins et l'hôpital qui va très mal,
05:43il y a des situations évidemment très différentes.
05:45Juste un mot sur le management, c'est un sujet dont on parle souvent ici dans Smart Job.
05:49Quand on entend des fonctionnaires ou des contractuels, ils vous disent qu'il y a un management un peu à l'ancienne.
05:55Est-ce que ça ressort aussi ? Est-ce que ça peut expliquer aussi le recul qu'ont certains salariés qui veulent plus d'horizontalité et moins de verticalité ?
06:02Il y a deux sujets là-dessus. Il y a effectivement des règles assez générales qu'il faut appliquer un peu partout.
06:08Il y a cette idée d'un service public uniforme, un peu comme si tous les profs de maths de collège faisaient le même cours à la même heure.
06:13C'est un peu le fantasme du ministre.
06:14Totalement impossible.
06:15Ça c'est le sujet un peu de l'homogénéité qu'on imagine du service public.
06:19Et après il y a aussi des gens talentueux dans différentes collectivités locales, dans différents services.
06:23Donc il y a des gens qui sont bons et qui vont savoir faire là où ils se trouvent.
06:26Mais c'est évidemment très hétérogène. On a appelé l'étude le patchwork public pour montrer justement cette hétérogénéité.
06:32Mais votre étude peut aussi donner envie aux différentes fonctions publiques, territoriales et autres, de peut-être mieux se montrer, mieux expliquer les métiers.
06:40Parce qu'on ne le sait pas finalement pour conclure.
06:42Oui, je pense que les collectivités savent très mal faire parler d'elles-mêmes.
06:47Quand on parle du service public, c'est quand même pour parler souvent de l'hôpital et des lieux où ça ne va pas très bien.
06:52Donc c'est compliqué de donner une image positive.
06:54Et pourtant il y a des motivations, des motivateurs disons intéressants pour attirer des candidats.
06:59Et il y a des services publics qui ont des choses à dire.
07:02Et une palette de métiers très large.
07:04Il ne suffit pas uniquement derrière un guichet de recevoir du public.
07:07Il y a des dizaines de métiers possibles, notamment sur les métiers de l'écologie, de la transformation.
07:11Merci en tout cas Jean Pralonde d'être venu nous rendre visite.
07:14Le patchwork public, l'attractivité de l'emploi public face à la fragmentation du rapport au travail.
07:19C'est le rapport que vous êtes venu nous présenter.
07:22Il a été porté par l'EM Lyon.
07:24Vous êtes professeur RH à l'EM Lyon.
07:26Merci EM Normandie évidemment.
07:28Merci de nous avoir rendu visite.
07:30On tourne une page.
07:31On s'intéresse justement au métier de la transition écologique.
07:34C'est une pépinière d'emplois possibles.
07:37C'est aujourd'hui, c'est en ce moment.
07:39Comment faire pour créer de l'attractivité et déployer ces emplois ?
07:42On en parle avec des experts.
07:44C'est le cercle RH.
07:45C'est le débat de Smart Job.
07:59Le cercle RH pour parler de la transition écologique.
08:01Alors pas d'une manière je dirais philosophique parce que c'est vrai qu'elle nous impacte tous.
08:04Mais d'une manière concrète.
08:05Dans nos emplois, dans vos entreprises, les métiers qui vont se transformer.
08:09Et puis, il faut le dire, de nouveaux métiers qui ont fait leur apparition.
08:12Mais c'est souvent des métiers en transformation la transition.
08:15Ça représente 430 000 emplois qui seraient créés en 2030 dans les métiers.
08:20Écoutez, juste au niveau de l'économie circulaire.
08:22Je ne parle pas de l'ensemble de la transition.
08:24J'ai deux experts, deux acteurs de ce sujet spécialistes.
08:27Ils sont mes invités aujourd'hui dans le cercle RH.
08:29Fabien Seychère, ravi de vous accueillir.
08:31Vous êtes porte-parole de Jobs That Make Sense.
08:34Pas si facile à dire.
08:35Non, c'est un exercice de diction.
08:37Bravo, bravo.
08:38Je vous remercie.
08:39Parce que je suis souvent un petit peu taquiné sur les réseaux sociaux pour mon anglais.
08:42C'est un job board qui publie en moyenne 3000 annonces d'offres d'emploi par mois.
08:49Et 150 organismes de formation aussi qui présentent des formations à la transition écologique.
08:54Très intéressant.
08:55Merci d'avoir répondu à notre invitation.
08:57Clément Pécastain, ravi.
08:58Vous êtes directeur de la formation de Circulaire.
09:02Et vous faites, vous aussi, de l'accompagnement de la formation auprès des entreprises.
09:05Et on a compris, circulaire, c'est l'économie circulaire.
09:08C'est le chiffre que j'évoquais.
09:10Concrètement, quelle place prend ce sujet sur l'emploi ?
09:14Parce que vous avez une visibilité à travers ce job board.
09:17La transition écologique, elle représente quoi aujourd'hui ?
09:20Alors ça, ce n'est pas moi qui le dit.
09:21C'est le secrétariat général à la planification écologique qui dit que 8 millions d'emplois sont
09:26ou seront concernés par la transition écologique.
09:28Donc c'est énorme.
09:29C'est quasi un emploi sur trois.
09:31Quand on essaie de segmenter, c'est quoi ?
09:33C'est des emplois autour des déchets, de la valorisation, de l'informatique ?
09:37Tous les secteurs, en fait, sont impactés.
09:39On différencie souvent les métiers verts et les métiers verdissants.
09:42Souvent, quand on pense transition écologique, on pense métier vert.
09:45C'est-à-dire l'ingénieur en énergie renouvelable, la personne qui va faire de l'éco-conception.
09:51Ça, c'est à peu près 150 000 emplois aujourd'hui.
09:53La majorité des emplois, c'est des métiers verdissants.
09:56Je vais prendre mon exemple à moi.
09:57Je fais du marketing dans une association.
09:59Le marketing, ce n'est pas du tout un métier vert,
10:01mais je le fais au service de la transition écologique
10:04puisque je travaille dans une association qui œuvre pour ça.
10:06Tous les métiers vont se transformer pour intégrer une part verdissante.
10:10On reviendra sur ce tableau des salaires parce qu'il y a un débat aussi sur les enjeux financiers.
10:14Il faut créer aussi un secteur attractif.
10:16On en saura plus.
10:17L'économie circulaire, on n'en a jamais autant parlé.
10:22On répare sa machine à laver.
10:23On va chez le cordonnier, on nous donne 10 euros si je comprends bien.
10:26Les métiers dans l'économie circulaire, c'est quoi ?
10:29Les métiers qui sont là ou qui vont arriver ?
10:33La logique est un peu la même que la transition écologique
10:35puisque la transition circulaire est imbriquée dans la transition écologique.
10:38Donc, on va avoir cette même logique d'avoir des métiers qui vont se transformer majoritairement.
10:43On va avoir quelques emplois qui vont être créés.
10:44Typiquement, les responsables d'économie circulaire.
10:46C'est Bordeaux qui a classé récemment le responsable d'économie circulaire
10:50comme job à impact qui va le plus recruter en 2025.
10:53C'était déjà le cas en 2023.
10:55Donc, on voit que ces nouveaux métiers vont apparaître.
10:57Mais la majorité des emplois, ça va être des emplois qui vont se transformer,
11:00qui vont se verdir, qui sont des emplois de concepteurs, de marketeurs, d'acheteurs
11:05qui vont devoir intégrer des critères d'économie circulaire
11:07dans leur métier qu'ils font déjà aujourd'hui.
11:09Un mot chacun sur les entreprises.
11:11Vous êtes un job board, on l'a compris, parce que votre mission,
11:13ce n'est pas rien, c'est orienter un million de citoyens vers des métiers à impact.
11:17Tout à fait, d'ici trois ans.
11:20Donc, il faut faire beaucoup de passage télé.
11:22Mais comme je le disais, il y a 8 millions d'emplois qui vont être concernés.
11:25Donc, ça veut dire qu'il faut à la fois convaincre les entreprises
11:27qui, à mon avis, sont bien convaincues de la transfo,
11:30il faut surtout convaincre ceux qui cherchent un emploi.
11:32C'est surtout eux qu'il faut convaincre.
11:34Ça, c'est assez facile en fait, parce qu'il y a 92% des salariés, encore des chiffres,
11:38qui se posent des questions de sens au travail.
11:41Et nous, ce dont on est persuadé, c'est que pour répondre à cette question de sens,
11:44aller vers des métiers utiles à la planète, c'est une des façons d'y répondre.
11:48C'est pas la seule, mais c'est une des bonnes façons d'y répondre.
11:51Du coup, nous, c'est vraiment le chemin qu'on fait,
11:53c'est d'aller chercher ces personnes qui sont un peu,
11:55on utilise souvent l'expression, paumées dans leur job,
11:57et leur dire, voilà, retrouvez un petit peu de sens, de dignité,
12:01avec un emploi à impact positif.
12:03Donc, c'est aussi des rebonds de reconversion, ça peut être des étudiants.
12:06Il y a énormément de reconversion.
12:07Mais beaucoup de reconversion.
12:08On est à peu près moitié-moitié sur la plateforme Job.MakeSense.
12:10Il y a la moitié d'étudiants qui sortent de leurs études,
12:13qui se disent, moi, je suis né avec la crise écologique,
12:15je ne vais pas m'orienter vers un job.
12:17C'est 70%, je crois, des étudiants en sortie d'école
12:20qui refusent d'aller travailler vers des entreprises polluantes.
12:25Ça, c'est une étude pour un réveil écologique, le collectif étudiant.
12:29Et puis, on a énormément de personnes.
12:31En deuxième partie de carrière, à partir de 35,
12:33donc deuxième tiers, on va dire, de carrière,
12:36parce qu'on fait 10 ans, il y a une petite crise,
12:40et on se dit, tiens, on va peut-être se reposer des questions.
12:43Je pense que le Covid aussi a accéléré.
12:45On a vu énormément d'accélérations post-Covid.
12:48Et du coup, nous, encore une fois, on est là pour les aider
12:50à s'orienter vers des métiers qui recrutent.
12:53Et il y en a énormément dans l'économie circulaire,
12:55comme dans plein d'autres secteurs.
12:56L'économie circulaire, c'est les déchets classiques.
12:58Je pense à Veolia, mais je pense aussi à Nespresso,
13:00parce que c'est des gens que vous accompagnez.
13:02C'est des entreprises que vous accompagnez
13:03qui essaient de réfléchir à la manière dont ils vont recycler leurs capsules,
13:06qui est un vrai sujet de l'écologie.
13:08Comment vous faites ? Comment vous leur expliquez ?
13:10Comment vous réussissez à les convaincre ?
13:12Est-ce qu'ils sont déjà convaincus ?
13:13Ou c'est vous qui avez réussi à les convaincre ?
13:15Il y a deux familles d'acteurs.
13:16Il y a des acteurs qui sont effectivement déjà convaincus,
13:18qui savent qu'ils ont besoin de passer l'action sur l'économie circulaire.
13:21C'est le cas notamment dans des secteurs
13:22comme l'industrie électrique, électronique,
13:24où ils vont avoir des grosses pénuries de matières premières
13:27qui vont arriver, sur les matériaux critiques, par exemple,
13:29sur le cuivre, sur le cobalt, le nickel.
13:31On va avoir des risques de rupture d'appro.
13:33Les fameuses terres rares d'Ukraine ?
13:35Exactement, par exemple, qui font actualité.
13:38Et donc là, ces entreprises-là sont bien conscientes
13:40qu'elles ne vont pas pouvoir survivre dans un modèle linéaire.
13:42Donc elles ont besoin de se transformer
13:43et besoin d'aller vers l'économie circulaire.
13:45C'est là où on peut les accompagner
13:46en mettant en place des boucles d'économie circulaire.
13:47Le recyclage en est une.
13:48Mais il y a aussi des boucles qu'on appelle plus courtes,
13:50plus vertueuses d'économie circulaire
13:51comme le réemploi, la réparation, etc.
13:53Et c'est là qu'il y a des gisements d'emploi qui sont assez importants.
13:56Les écoles sont prêtes pour former ?
13:58Parce qu'en fait, les entreprises vont elles aussi
14:00avoir besoin de se tourner vers des gens compétents, formés.
14:03Je vous vois...
14:04On est prêts ou on n'est pas prêts ?
14:05Parce qu'il faut bien que les gens soient formés.
14:07Il y a pas mal d'organismes quand même de formation qui se créent.
14:11Il y a des écoles aussi qui intègrent.
14:13Si on prend par exemple toutes les écoles de commerce,
14:15maintenant on commence à intégrer des questions de durabilité.
14:17Alors ce n'est certainement pas assez rapide.
14:19Je pensais aux écoles d'ingénieurs
14:20parce qu'on cherche aussi des ingénieurs.
14:21Pareil.
14:22Je pense qu'aujourd'hui,
14:23le réflexe qu'il y a eu au départ,
14:25et tu m'arrêtes si je me trompe,
14:27mais nous ce qu'on voit,
14:28c'est les écoles d'ingénieurs d'abord et de commerce
14:30qui ont créé des majeurs spécialisés.
14:32C'est vrai.
14:33Et de plus en plus,
14:34et c'est lié à ce qu'on disait tout à l'heure,
14:36tous les métiers vont se transformer,
14:37de plus en plus,
14:38on intègre dans les majeurs classiques
14:39des questions de durabilité.
14:41Et c'est ça vraiment la clé.
14:43C'est de dire,
14:44tout le monde doit intégrer les enjeux de durabilité.
14:48Ce qui est important aussi de comprendre,
14:49c'est que ce n'est pas uniquement des compétences dures.
14:51Il faut des compétences dures.
14:53Il faut comprendre comment fonctionne l'économie circulaire,
14:55ce que c'est que l'éco-conception.
14:57Mais c'est aussi des compétences,
14:59ce qu'on appelle des soft skills en anglais,
15:01des compétences comportementales.
15:02Parce qu'en fait, il faut apprendre à naviguer.
15:04Alors là, on va partir un peu dans de la philosophie,
15:05mais à naviguer dans un environnement incertain.
15:07Parce que c'est ça, en fait, la transition écologique.
15:09Les crises écologiques qu'on voit actuellement,
15:12c'est comment on est capable de shifter rapidement.
15:16On voit qu'il y a un côté militant, engagé.
15:18On entend dans ce que vous nous dites,
15:20et j'imagine que vous êtes sur cette même ligne,
15:22mais il y a un marché pour ça.
15:23Parce qu'on voit aujourd'hui,
15:24même des entreprises comme Veolia,
15:25qui parfois ont des difficultés,
15:26elles recyclent des matériaux de construction,
15:28mais elles ne peuvent pas les écouler.
15:30Enfin, je veux dire, ça crée du stock.
15:31Ça crée des coûts.
15:32Il y a un marché pour ça aujourd'hui,
15:34en termes de business pur ?
15:36C'est un peu la promesse de l'économie circulaire, finalement.
15:38C'est de réconcilier la transition écologique
15:40et la profitabilité pour les entreprises.
15:42Et oui, il y a un marché.
15:44Allez-y, allez au bout.
15:45Non, mais clairement, je pense qu'il y a un marché,
15:46et ce qu'on appelle les business models de l'économie circulaire,
15:48qui vont être portés par les écoles de commerce, par exemple.
15:50C'est là aussi où, comme disait Fabien,
15:52il faut qu'on arrive à transmettre les bonnes connaissances
15:54sur l'état de l'économie planétaire
15:55et les modèles alternatifs à l'économie linéaire
15:58qu'on connaît aujourd'hui,
15:59pour que ces étudiants qui vont arriver demain
16:00sur le marché du travail
16:01puissent porter ces nouveaux modèles d'affaires
16:03dans les entreprises.
16:04Vous vouliez compléter ?
16:05Oui, je disais, il y a un marché dans l'économie circulaire
16:07et sur d'autres secteurs.
16:09On parle souvent, par exemple,
16:10de la rénovation énergétique des bâtiments.
16:12C'est très concret.
16:13Oui, c'était plutôt un échec, ça.
16:14Il y a quand même 300 000 offres
16:17qui seront à pourvoir dans les prochaines années.
16:19C'est vrai qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre.
16:20Il y a besoin de rénover.
16:21Il y a une pénurie de main-d'oeuvre.
16:22Sur les énergies renouvelables, pareil.
16:24Les techniciens de maintenance dans les transports,
16:27dans les entreprises, les usines,
16:29les Gigafactory, par exemple,
16:31c'est une vraie pénurie également.
16:33Il y a vraiment de l'emploi.
16:34Juste pour être concret,
16:35des deux côtés, les nouveaux métiers
16:36ou les métiers en transfo chez vous,
16:38dans les job-board,
16:39qu'est-ce qu'on peut trouver comme métier,
16:40pour être concret ?
16:41Il y a même des noms qui sont un peu barbares,
16:42qui sont un peu surprenants.
16:43Je vais vous surprendre,
16:44mais ce ne sont pas des nouveaux métiers.
16:45Ce qu'on voit principalement, en fait,
16:47c'est des métiers classiques.
16:48C'est du marketing, des commerciaux.
16:50Dans un secteur qui est de la transition.
16:53C'est ça qui est intéressant aussi.
16:54Parfois, on dit qu'il faut se reconvertir.
16:56Je reprends mon exemple.
16:57Je n'ai pas fait de reconversion, en fait.
16:59J'ai juste changé de secteur d'activité.
17:01Tout en apportant vos compétences en marketing.
17:04C'est ce dont ont besoin les assos,
17:06les petites structures qui se créent
17:07dans l'économie circulaire ou d'autres secteurs
17:09liées à la transition écologique.
17:11Pas de mots barbares chez vous ?
17:12Parce que j'ai vu qu'il y avait quand même
17:13du diagnostiqueur PMCB, par exemple.
17:16Ça sort d'où, ça ?
17:18Ça, c'est le BTP qui crée ces emplois-là.
17:20Notamment l'apparition de la filière REP pour le BTP.
17:24On ne détruit pas l'immeuble ?
17:26Exactement. On va essayer de démonter l'immeuble.
17:29Et on garde la structure ?
17:30Exactement. On va surtout récupérer
17:31les éléments qui constituent l'immeuble.
17:33On peut avoir des poutres, des parois,
17:35des éléments électroniques aussi, de domotique,
17:37par exemple, qu'on va récupérer dans les bâtiments.
17:39Le diagnostiqueur PMCB va être chargé
17:42d'analyser les éléments qui vont sortir du bâtiment
17:45et qui vont pouvoir être replacés dans de nouveaux bâtiments.
17:49La fameuse étude de 430 000 emplois dont vous parliez,
17:52qui est issue du secrétaire général à la planification.
17:55430 000 emplois, c'est jusqu'à 2030 ?
17:57On aura créé ou transformé 430 000 emplois à 2030 ?
18:02C'est bien ça ?
18:03Oui, c'est ça. Exactement.
18:04Dans tous les secteurs ?
18:05Dans tous les secteurs liés à l'économie circulaire.
18:07Ce sont des métiers qui seront liés à l'économie circulaire.
18:09Et dans ces 430 000, il y aura 330 000 emplois
18:11qui seront liés uniquement à l'allongement
18:13de la durée de vie des produits.
18:15C'est un gros sujet d'agacement des consommateurs.
18:18Exactement.
18:19C'est vrai.
18:20L'obsolescence programmée qui existe toujours.
18:23Bien sûr.
18:24Malgré les annonces, malgré la loi, ça existe toujours.
18:28Bien sûr, ça existe encore malheureusement.
18:30C'est un peu la raison d'être de l'économie circulaire.
18:32C'est d'allonger cette durée de vie des produits.
18:34Une fois qu'ils seront éco-conçus,
18:35il faut qu'on ait des services qui permettent d'allonger
18:37la durée de vie des produits.
18:38C'est là où on va avoir pas mal de gisements d'emplois,
18:39notamment sur la réparation dans le secteur des équipements électriques.
18:43Qui commence déjà par des petits ateliers de quartier,
18:46notamment dans Paris.
18:47Mais quand je vous entends, j'ai l'impression
18:49qu'on est au début de quelque chose.
18:50On n'est pas au milieu du guet encore.
18:52On démarre quelque chose.
18:53Vous avez ce sentiment-là d'être des pionniers en quelque sorte ?
18:55C'est un peu, pour moi, on peut faire le parallèle,
18:57alors il faut toujours faire attention sur les parallèles,
18:59mais avec la révolution digitale.
19:01Et se dire qu'en fait, c'était la rapporteuse
19:06du rapport Pisani-Ferry sur la transition écologique
19:09qui disait que c'est une révolution industrielle
19:12en deux fois plus rapide.
19:13Parce qu'aussi, il y a une urgence écologique.
19:16Et du coup, ça veut dire que tous les emplois vont être impactés
19:19et on sent que là, il y a un frémissement actuellement.
19:22Et donc, il y a une question de compétence aussi
19:24à développer très rapidement.
19:27Mais vous qui portez ces messages,
19:29qui dites aux étudiants, qui dites aux salariés,
19:31venez sur le site, notre site JobThatMakesSense,
19:35je l'ai dit pour la deuxième fois confiablement.
19:37Venez, il y a des métiers intéressants,
19:40qui donnent du sens.
19:41Vous avez face à vous des grandes entreprises
19:43qui, eux, veulent vendre des produits.
19:45Ça les oblige à transformer leurs modèles.
19:48C'est un casse-tête pour une entreprise.
19:50Elle, elle veut vendre.
19:51Tant mieux.
19:52Mais certaines entreprises disent,
19:53attendez, comment on bascule ?
19:55C'est un vrai sujet parce qu'aujourd'hui,
19:57le monde est à moins de 10% circulaire.
19:59Il y a une étude qui sort tous les ans
20:00de Circle Économique, un think tank néerlandais,
20:03qui dit que le monde est à 9% circulaire.
20:05Donc, on sait qu'il y a un grand, grand chantier
20:07encore devant nous.
20:08Et donc, ces modèles d'affaires vont devoir se transformer.
20:10Les entreprises vont soit y aller de leur bon gré
20:13et être proactives sur ces sujets,
20:15soit elles vont subir ces transformations.
20:17Et ce dont je parlais au début
20:19sur la réaction des matières premières,
20:20elles vont devoir se transformer.
20:21Mais le ministre de l'Économie,
20:23récemment, ça a été très critiqué,
20:24a évoqué que les entreprises n'étaient pas là
20:26pour faire de la rentabilité,
20:27que ce n'était pas forcément sa mission première.
20:29Alors qu'on sait tous, quand on crée une entreprise,
20:31c'est d'abord créer de la valeur.
20:32Qu'est-ce que vous en pensez ?
20:33Vous êtes d'accord avec lui ?
20:34L'entreprise, c'est autre chose.
20:35C'est aussi un lieu de bien-être,
20:36c'est un lieu de partage,
20:38je ne sais pas.
20:39L'entreprise, elle doit respecter
20:41les contraintes planétaires,
20:42les limites planétaires,
20:43sinon elle ne peut pas survivre.
20:44Et en fait, je pense que
20:46toutes les parties prenantes
20:47commencent à réaliser ça.
20:49Et du coup, la pression est de plus en plus forte
20:51sur les entreprises.
20:52Donc, il vient expliquer la phrase
20:53du ministre de l'Économie, Lombard.
20:54On est d'accord.
20:55Ça vous a choqué ?
20:56Non, en fait, c'est vrai que les travaux du GIEC
20:58ont montré que si on n'anticipe pas
21:00la transition écologique,
21:01on va la subir,
21:02et le coût de l'inaction sera bien supérieur
21:03à celui qu'on aurait si on agitait...
21:05Ça fait plus de 15 ans que le GIEC nous le dit, ça.
21:07Exactement.
21:08Là, par contre, on n'est pas au milieu du guet.
21:09J'ai l'impression qu'on est très avancé.
21:10Là, on a des preuves.
21:11On a des preuves, quand même, maintenant,
21:12que les crises climatiques
21:14ont des impacts directs sur les entreprises.
21:16D'ailleurs, Clément, vous avez formé,
21:17vous et vos équipes,
21:18vous êtes 37 dans votre boîte,
21:19500 dirigeants.
21:21C'est quoi ? C'est de la pédagogie ?
21:23On fait le débat qu'on a là,
21:24d'une manière sans caméra, évidemment,
21:25mais vous les prenez par la main
21:27pour leur expliquer tous ces sujets ?
21:29Oui, on fait deux choses.
21:30On leur montre un peu l'état des lieux
21:32des limites planétaires.
21:33C'est ce qu'on commence à discuter là.
21:34On leur montre à la fois l'état des lieux
21:36des limites planétaires pour leur culture personnelle
21:38et à la fois, on leur montre l'impact
21:39que ça pourra avoir sur leur activité.
21:40Donc, selon leur secteur,
21:41ça aura un impact différent.
21:42Bien sûr.
21:43Mais ça aura forcément un impact.
21:45C'est la première chose qu'on fait.
21:46Après, on les aide à réfléchir
21:47aux solutions alternatives
21:48qu'ils pourraient mettre en oeuvre
21:49par rapport à leur modèle d'affaires actuel.
21:50Et comment est-ce qu'ils peuvent utiliser
21:51l'économie circulaire
21:52pour se prévenir,
21:53être plus résilients face à ces crises.
21:55Et créer de la valeur.
21:56Vous incitez,
21:57vous êtes à combien ?
21:58Un million de Français,
21:59de citoyens, de salariés
22:00que vous voulez flécher
22:02sur les métiers impact.
22:03Vous avez tout là.
22:04Nous, chaque mois,
22:05on a 250 000 personnes
22:06qui viennent sur la plateforme.
22:07On a, comme je le disais tout à l'heure,
22:083 000 offres d'emploi.
22:0910 000 structures, en fait.
22:10De formation.
22:11Alors, il y a 150 structures de formation.
22:13Il y a 10 000 entreprises et associations
22:15qui recrutent sur la plateforme.
22:17Et donc, on est à peu près
22:18à 100 000 aujourd'hui,
22:19personnes qui ont changé de job
22:21grâce à nous,
22:23ou grâce surtout aux entreprises
22:25qui recrutent chez nous.
22:27Donc voilà, on est au début.
22:29100 000, donc ça veut dire,
22:31si vous augmentez,
22:33sans faire de mathématiques,
22:34je pense qu'il y a des matheuses
22:35autour de la table.
22:36Ça fait quoi ?
22:37Dans 3 ans, vous touchez le million ?
22:38Dans 3 ans.
22:39L'objectif, c'est dans 3 ans.
22:40C'est ça l'objectif.
22:41Merci messieurs d'être venus
22:42nous rendre visite.
22:43Vous vouliez rajouter quelque chose ?
22:44Circulaire, il y a un site.
22:45Et si vous voulez aller sur le site
22:47jobs.makesense.org
22:51Jobs, dites-le face caméra.
22:53jobs.makesense.org
22:56Allez-y, il y a à la fois l'offre
22:58et la demande.
22:59Les entreprises sont présentes
23:00et puis vous pouvez aussi,
23:01j'imagine, déposer votre CV.
23:03Vous pouvez être contacté
23:04directement par les entreprises.
23:05Et bien c'est formidable.
23:06Et puis on se donne rendez-vous
23:07dans 3 ans.
23:08Pour fêter le million.
23:09Pour fêter le fameux million,
23:11comme le faisait une émission
23:12de télévision très célèbre.
23:13Merci Fabien Seychère,
23:14porte-parole de Jobs.makesense.
23:16Et Clément Pécastin,
23:17merci d'être venu
23:18directeur de la formation
23:19chez Circulaire.
23:20L'économie circulaire,
23:21c'est un enjeu.
23:22Et c'est évidemment à la fois
23:24des enjeux en matière d'emploi.
23:26Merci messieurs d'être venus
23:27nous rendre visite.
23:28C'est Fenêtre sur l'emploi
23:29et j'accueille mon invité.
23:42Et on termine avec Fenêtre sur l'emploi
23:44pour parler du Salon international
23:46de l'agriculture, le SIA,
23:47qui a ouvert ses portes.
23:48Et on accueille Dominique Boucherel,
23:50qui vient régulièrement sur notre plateau,
23:51d'ailleurs, j'ai envie de dire,
23:52traditionnellement,
23:53à chaque Salon de l'agriculture.
23:54Alors, vous êtes président de l'ANEFA,
23:57qui est l'Association nationale
23:58pour l'emploi et la formation
24:00en agriculture,
24:01avec, allez sur le site,
24:02un site très moderne d'ailleurs,
24:03avec des vidéos de jeunes
24:04qui racontent leur expérience,
24:05tous les diplômes,
24:06l'accompagnement et la formation.
24:08Un petit mot sur ce Salon.
24:10Oupette, qui est montré
24:13par toutes les chaînes
24:14de télévision mainstream,
24:15est-ce qu'elle cache pas
24:16un peu la réalité un peu douloureuse
24:18du monde agricole,
24:19au-delà du fait que tout soit
24:20très bien passé cette année ?
24:22Oui, disons qu'il y a moins
24:24de revendications de la part
24:26des agriculteurs,
24:28parce que je rappellerai
24:29que l'ANEFA,
24:30c'est une association paritaire,
24:32donc avec des représentants
24:34employeurs et des représentants salariés.
24:37Actuellement, c'est moi
24:39qui assume la présidence
24:41de l'association,
24:42mais en tant que représentant
24:44du collège salarié.
24:45Donc oui, je pense qu'il y a
24:48eu une accalmie de la part
24:50des agriculteurs par rapport
24:52aux différentes revendications
24:53qu'ils pouvaient avoir l'an passé.
24:55Je dirais qu'il y a toujours
24:57un certain mal-être
24:59et une assez mauvaise rétribution
25:03des produits tels qu'ils devraient l'être,
25:06parce qu'il ne faut pas
25:07se voiler la face,
25:08mis à part ceux qui peuvent
25:09travailler et qui font du commerce
25:12en vente directe,
25:13des AMAP ou autres.
25:14En général, ces gens-là,
25:16ces structures-là,
25:17s'en sortent assez bien.
25:19Voilà, c'est ça.
25:20Mais ceux qui travaillent
25:21traditionnellement avec les services
25:24de grandes distributions,
25:26centrales d'achat ou autres,
25:28ils sont confrontés bien souvent
25:30aux prix mondiaux
25:31et puis à la concurrence
25:32des importations.
25:34Donc on a quand même
25:35cette problématique qui est évidente.
25:38Dominique Boucherel,
25:39l'enjeu de l'emploi est important
25:40pour le monde agricole.
25:41Vous représentez
25:42le collège des salariés
25:43en première ligne
25:44avec une conférence
25:45sur l'inclusion professionnelle
25:47des personnes éloignées de l'emploi.
25:49Ça veut dire que vous ouvrez
25:50grand les portes
25:51de vos exploitations
25:53et de tous les métiers
25:54à des personnes qui n'auraient
25:55même pas imaginé
25:56à un instant pouvoir le faire.
25:57C'est ça l'objectif,
25:58c'est d'aller chercher des gens
25:59qui ne sont pas forcément
26:00issus du milieu agricole.
26:02Comme on le dit,
26:03je dirais que l'acronyme NIMA,
26:05les non-issus du milieu agricole,
26:10on essaye de les capter
26:11et je dirais que ce n'est pas d'aujourd'hui
26:13parce qu'on le voit bien
26:15à travers les lycées professionnels,
26:17les lycées agricoles.
26:18À un moment donné,
26:20à l'époque où je suis allé
26:21en école d'agriculture,
26:23majoritairement,
26:24moi qui suis non-issu
26:25du milieu agricole,
26:27première génération,
26:28seconde génération automatiquement.
26:30On a tout ça dans cette maison.
26:31Exactement.
26:32Donc je faisais partie,
26:36pas de la singularité,
26:37mais presque.
26:38Aujourd'hui ?
26:39Aujourd'hui, c'est l'inverse.
26:40On a beaucoup plus de gens
26:42qui sont originaires hors du milieu agricole,
26:47voire du milieu urbain,
26:49qui viennent et qui sont intéressés
26:51par les métiers de l'agriculture.
26:53Après, nous, à NIFA ou autre,
26:55on essaye,
26:56et ça fait depuis déjà de nombreuses années,
26:58je dirais que le Covid a donné,
27:01en quelque sorte,
27:02un coup de boost
27:03et a donné une visibilité
27:04vers nos métiers.
27:06Retour à la nature,
27:08retour à la terre.
27:09Malheureusement,
27:10ça a été trop éphémère.
27:12Là, vous le ressentez,
27:13c'est plus difficile ?
27:15Je dirais que ça a toujours été
27:16un peu la grosse difficulté
27:18dans notre secteur.
27:20Quand on parle agriculture,
27:21on parle agriculteur,
27:23mais on ne parle pas salarié agricole.
27:25Aujourd'hui,
27:26on a un peu moins de 400 000 agriculteurs,
27:29alors qu'on a plus d'un million
27:30de salariés agricoles.
27:32Pas que des permanents,
27:33mais on a plus de 400 000 salariés
27:37qui ont plus de six mois d'ancienneté.
27:43Et comme vous le dites,
27:44par exemple,
27:45actuellement,
27:46sur les salariés agricoles,
27:48sur les un million qu'on a sur l'année,
27:5240 %, en gros,
27:54c'est le secteur de la viticulture.
27:56Tout en sachant
27:58qu'ils traversent aussi aujourd'hui
28:00une crise,
28:01surtout dans la région du Bordelais.
28:03C'est mis pas mal en avant,
28:05pour moi,
28:06qui suis originaire de la région nantaise.
28:08On a été aussi touché à un moment donné.
28:10Maintenant, un peu moins,
28:12mais on l'a été touché fortement
28:14au début des années 2020.
28:16Je vous laisse filer sur votre stand SIA à Nefa,
28:19parce que vous êtes présent
28:20et vous avez fait un petit détour,
28:21là, par le huitième arrondissement,
28:22que vous allez retraverser la Seine
28:24pour retourner dans ce salon
28:26qui a quand même malgré tout du sens
28:28pour tous les urbains.
28:29C'est aussi une manière de montrer
28:30le meilleur visage de vous-même
28:32et du monde agricole.
28:33Je rappelle que vous êtes le président de la Nefa
28:34et que vous vous incarnez
28:35et représentez le collège des salariés.
28:37Fallait-il le préciser plus d'un million.
28:39Merci de nous avoir rendu visite.
28:40C'est la fin de notre émission.
28:41Merci à vous tous.
28:42Merci à nos invités, évidemment,
28:44de venir sur notre plateau.
28:45Merci à vous pour vos réactions
28:46et vos messages.
28:47Merci à toute l'équipe.
28:48Merci à Angèle à la réalisation.
28:49Merci à Thibault Ausson
28:50et merci à l'équipe de programmation
28:52Nicolas Juchat et Juliette,
28:54que je salue.
28:55Je vous dis à très bientôt.
28:56Bye bye.
29:04Sous-titrage Société Radio-Canada