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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Anne Bourse revient sur les questions qui font l’actualité avec Thomas Ménagé, député RN du Loiret.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Anne Bourse revient sur les questions qui font l’actualité avec Thomas Ménagé, député RN du Loiret.
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00:00Bonjour Thomas Ménager. Hier, Jordan Bardella était à Washington, à la convention des conservateurs américains, il devait y prendre la parole, il a annulé son intervention.
00:11Après que Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, a ostensiblement tendu le bras, faisant référence au geste nazi, vous avez découvert seulement hier qui était Steve Bannon ?
00:22Non, nous avions connu, ça a été rappelé, il y a maintenant 8 ans, Steve Bannon, avec qui il y avait eu des échanges, qui n'a jamais été un allié, ce n'est absolument pas une personne avec qui nous avons des positions qui sont alignées,
00:34mais vous pouvez échanger avec des personnes avec qui vous êtes en désaccord, sauf à partir d'un moment où il y a une limite qui est franchie, et la limite a été franchie,
00:41quand M. Bannon a fait ce geste, et Jordan Bardella a fait le choix courageux de ne pas cautionner ce geste, de ne pas parler après M. Bannon,
00:49et a fait le choix de revenir en France pour dénoncer un geste sur lequel il ne peut y avoir aucune ambiguïté, il ne peut y avoir d'ambiguïté sur des gestes fascistes, nazis,
00:57c'est contraire aux valeurs que nous portons au Rassemblement National, et c'est la raison pour laquelle Jordan Bardella est revenu en France.
01:02Steve Bannon a quand même été conseiller, proche avec Marine Le Pen à une époque, en 2018, il était au Congrès, à l'époque du Front National, c'était à Lille,
01:13vous ne pouvez pas dire quand même que vous le découvrez, Steve Bannon, pourquoi s'afficher encore aujourd'hui avec des personnages comme celui-ci ?
01:21Il avait déjà regardé ce geste, il est quand même similaire à l'époque...
01:26Là, il saluait la foule à l'événement. Vous savez, ce jour-là, il avait été invité comme un certain nombre de personnalités étrangères qui viennent à des meetings,
01:35comme Jordan Bardella allait, là, à Washington, à un congrès de conservateurs.
01:40Quand vous êtes, comme Jordan Bardella, à la tête du premier parti politique français, à la tête du troisième groupe au Parlement européen,
01:46vous allez échanger avec des personnes avec qui vous n'êtes pas d'accord, de la même manière que M. Bannon était venu à Lille, à l'époque, échanger.
01:53Marine Le Pen avait eu un échange avec lui, ce n'est pas pour ça qu'on a les mêmes positions que lui, ce n'est pas la même chose.
01:59On ne peut pas être comptable, vous savez, sept ans après, d'un geste qui va être réalisé par quelqu'un avec qui vous avez échangé.
02:05Vous avez peut-être échangé dans votre vie avec des journalistes qui, cinq ans, dix ans après, vont dériver.
02:10Vous n'êtes pas comptable. Vous êtes comptable, par contre, du fait de dénoncer ou de ne pas dénoncer au moment où la personne fait ce geste, ce geste.
02:16Est-ce qu'il a commis quand même une erreur, Jordan Bardella, en allant à Washington, à ce rassemblement des conservateurs,
02:21alors que dans le même temps, il y avait une réunion à l'Élysée, par exemple, avec tous les chefs de parti, au sujet de l'Ukraine ?
02:27Oui, alors, à cette réunion, le premier vice-président du parti, Louis Alliot, était présent, donc le Rassemblement National était présent.
02:32Il avait pris cet engagement...
02:33Mais en termes d'affichage, est-ce que ce n'était pas une erreur de la part de Jordan Bardella préférée à la Washington ?
02:37Il avait pris cet engagement suite à une invitation bien avant, plusieurs mois avant, quand il avait été invité.
02:43Cette invitation à l'Élysée par le président de la République est arrivée la veille, l'avant-veille, et donc il n'allait pas annuler.
02:51Aujourd'hui, le Rassemblement National était présent et il n'a pas commis d'erreur.
02:54Il aurait commis une erreur s'il était resté à ce rassemblement et s'il avait cautionné ce geste, ce qu'il n'a pas fait du tout.
03:01Alors, Donald Trump est reparti, justement, à la charge hier contre Volodymyr Zelensky,
03:06jugeant que sa présence n'est pas importante à des négociations avec la Russie. Est-ce que vous partagez cet avis ?
03:12Absolument pas. Il n'y aura pas de paix s'il n'y a pas autour de la table à la fois les Russes et les Ukrainiens.
03:17Et donc, Volodymyr Zelensky, depuis le début, depuis le premier jour, la France et le Rassemblement National
03:22a soutenu l'Ukraine face à l'agression russe. Aujourd'hui, on ne peut pas exclure l'un des deux protagonistes.
03:28Si les deux ne sont pas autour de la table et n'arrivent pas à trouver un accord avec des forces diplomatiques
03:33qui peuvent apporter une solution de pacification à la fois à les Européens et la France particulièrement qui doit tenir son rang
03:39et les Américains, il n'y aura pas sorti.
03:41Est-ce qu'on est quand même à un point de bascule quand on voit la teneur des propos de Donald Trump ?
03:45Je considère que les propos de Donald Trump ne vont pas aider à pacifier la situation
03:50et j'espère qu'il va revenir à un peu plus de raison.
03:52C'est-à-dire que l'objectif de puissances comme la France ou les États-Unis, je vous le dis, c'est d'apporter la paix.
03:58Dès le premier jour, on a dit avec Marine Le Pen qu'il faudrait une conférence internationale pour la paix.
04:02Il y a une puissance nucléaire qui est la Russie. Il n'y aura pas d'issue sans de la diplomatie.
04:08Et aujourd'hui, cette guerre a trop duré. Elle a fait trop de morts.
04:11Et j'espère que tous les partis qui peuvent apporter la paix reviendront à la raison et notamment M. Trump.
04:17Justement, Emmanuel Macron sonne le toxin comme il le dit.
04:20Le Président explique que la France doit se préparer à des sacrifices.
04:23Êtes-vous prêt au Rassemblement national à soutenir une nouvelle augmentation des dépenses militaires,
04:28quitte à sacrifier finalement d'autres secteurs ?
04:31Je pense que, comme le dit l'adage, pour préparer la paix, il faut préparer malheureusement la guerre.
04:35Et que depuis la Seconde Guerre mondiale, on n'a jamais eu une situation géopolitique avec une guerre au port de l'Europe,
04:41des guerres et des conflits un peu partout dans le monde qui nous obligent bien entendu à nous réarmer.
04:46Et depuis des décennies, l'institution militaire a été affaiblie.
04:50Donc s'il faut sabrer des dépenses, je ne sais pas, dans l'éducation, dans l'hôpital, pour fournir des moyens aux armées ?
04:57Je pense qu'avant d'aller sabrer sur des services publics ou des dépenses d'avenir comme l'éducation,
05:02il y a des économies à faire sur le train de vie de l'État, sur les agences, sur l'aide publique au développement,
05:07sur l'immigration, des dépenses qui aujourd'hui ne rapportent pas, coûtent beaucoup aux Français
05:13et qui pourraient être bien entendu réinvesties.
05:15Mais ça, ce ne sera pas Emmanuel Macron qui devra le décider, ça devra être décidé à l'Assemblée nationale.
05:19Lors d'un débat, comme on l'a fait déjà et on a déjà augmenté les crédits, nous l'avions voté au Rassemblement national
05:24dans le cadre de la loi de programmation militaire qui déjà augmente fortement les crédits jusqu'en 2030,
05:29peut-être qu'il faudra aller encore plus loin pour être certain que d'une manière dissuasive,
05:33on prépare cette paix sur notre continent notamment.
05:36On parle justement beaucoup à l'échelle européenne. Est-ce que vous êtes toujours contre l'idée d'une armée européenne ?
05:41Oui, nous considérons qu'il ne peut y avoir de diplomatie et de défense européenne.
05:46Mais là, on le voit face à l'Ukraine, ce n'est pas ça la solution.
05:49Ce n'est pas comme ça. Il faut qu'il y ait des nations libres, qu'il y ait des armées puissantes
05:53qui puissent avoir des partenariats. On a par exemple déjà des partenariats avec les Belges
05:56sur un certain nombre d'armements. Il peut y avoir des partenariats avec plusieurs nations.
06:00Mais aujourd'hui, on ne peut pas avoir une armée européenne parce qu'on le voit,
06:02notamment dans le conflit avec l'Ukraine, les positions polonaises, les positions allemandes,
06:07les positions italiennes, les positions françaises ne sont pas totalement alignées
06:11parce qu'il y a des histoires différentes, des situations géographiques différentes.
06:15Donc, qu'il y ait des partenariats européens, c'est une chose.
06:18Qu'il y ait un engagement automatique de la France dans une armée européenne,
06:21dans une défense européenne, c'en est une autre.
06:23Nous, ce que nous défendons aussi, c'est la préférence française et européenne en matière d'achat d'armes
06:28parce que l'augmentation des budgets militaires au sein de l'Europe...
06:31Au sein de l'Europe, vous dites que les partenaires comme les Allemands, par exemple,
06:34vous dites qu'ils vont continuer à acheter les armes américaines, non ?
06:36Et voilà, nous, nous considérons qu'il faut qu'il y ait une priorité française ou européenne
06:40parce que 80% des dépenses militaires des États membres, actuellement, des augmentations,
06:44ont été pour des pays étrangers, pour des prestataires étrangers à l'Europe.
06:48Donc, on finance aussi indirectement nos potentiels adversaires militaires.
06:51Autre actualité, le Salon de l'agriculture qui ouvre ce matin.
06:55Emmanuel Macron l'inaugure en ce moment même.
06:57Depuis la crise de l'an dernier, la coordination rurale gagne du terrain.
07:01Ce syndicat et votre parti avaient des points communs.
07:04Est-ce qu'elle est votre porte d'entrée pour tisser votre toile en milieu rural, la coordination rurale ?
07:09Absolument pas. On a des échanges à foie avec tous les syndicats agricoles, la coordination rurale, la FNSEA.
07:14Donc, tant mieux si certains syndicats ou certaines personnalités voient que le Rassemblement national,
07:18c'est ce qui est prouvé, je crois, dans un sondage Odossa publié hier,
07:21est le parti qui défend le mieux les intérêts des agriculteurs, de la ruralité.
07:25Et donc, nous, on travaille avec tous les syndicats qui veulent faire avancer la cause agricole.
07:30C'est notre rôle. On n'a pas un syndicat attitré.
07:33Hier soir, on apprenait la mise en examen d'un ancien surveillant de Bédarame pour viol.
07:37Il a été placé en détention. Par ailleurs, une ancienne enseignante porte des accusations contre le couple Bayrou.
07:42Est-ce qu'il peut rester en place, François Bayrou ? Ou vous dites déjà qu'il doit démissionner ?
07:47Non, nous, on n'est pas du genre à appeler à la démission. On prend la justice.
07:50Il faut que, par contre, François Bayrou soit clair avec sa conscience.
07:53Moi, je n'ai pas la capacité de sonder les cœurs et les reins et de savoir si François Bayrou est sincère
07:58dans le fait qu'il a tout fait et qu'il n'avait pas plus d'informations qu'il nécessitait,
08:02pour qu'il agisse autrement. Ce qui me gêne un petit peu dans cette histoire Bédarame,
08:06aujourd'hui, c'est qu'on oublie un peu les victimes de ces violences physiques, de ces violences sexuelles,
08:10pour une polémique instrumentalisée, notamment un peu par la gauche et l'extrême gauche,
08:14par la France insoumise, qui cherche au final à faire à la fois le procès des écoles privées,
08:18il y a des choses à dire, et comme dans tous les milieux éducatifs,
08:21il va falloir accentuer, bien entendu, les contrôles pour éviter que ce genre de cas se reproduisent,
08:26et aussi la tête de François Bayrou. Revenons à la raison.
08:29Laissons la justice faire son travail, démontrer les responsabilités,
08:32et travaillons sur le fond pour protéger les enfants.
08:35Merci Thomas Ménager.