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Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de Salhia Brakhlia et Renaud Dély.

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00:00Générique
00:08Des informés spéciaux ce matin dans l'attente du jugement du procès et des affaires des assistants parlementaires du FN devenu RN.
00:15Marine Le Pen dans le viseur de la justice, on en parle avec Renaud Dely.
00:19Bonjour Renaud.
00:19Bonjour Salia.
00:20Et nos informés du jour, Myriam Mankawa, présentatrice de l'émission Ça vous regarde, du mardi au vendredi à 19h30 sur LCP.
00:26Bonjour Myriam.
00:26Bonjour Salia, bonjour à tous.
00:27Côté Aurélie Herbement, journaliste au service politique de France Info.
00:31Bonjour.
00:32Bonjour.
00:32Et Mathilde Lemaire, journaliste au service police-justice de France Info aussi, merci d'être là Mathilde.
00:38Renaud Dely, c'est dans une heure.
00:39Voilà, à partir de 10h effectivement, le tribunal correctionnel commencera à rendre ce jugement dans l'affaire des assistants parlementaires du FN.
00:47Marine Le Pen est accusée de détournement de fonds publics.
00:50Le préjudice total est évalué à 4,6 millions d'euros pour des faits qui se seraient produits entre 2004,
00:55un système qui aurait été mis en place par son père Jean-Marie Le Pen, dont elle aurait en quelque sorte hérité,
01:00puisque ce système aurait fonctionné selon l'accusation jusqu'en 2016.
01:03De lourdes réquisitions qui visent d'ailleurs, rappelons-le, pas seulement Marine Le Pen, il y a aussi 24 co-accusées,
01:08mais les réquisitions qui visent Marine Le Pen sont 300.000 euros d'amende, 5 ans de prison dans deux fermes,
01:155 ans d'inéligibilité avec, de surcroît, exécution provisoire, c'est-à-dire en fait immédiate.
01:22Et donc cette exécution provisoire pourrait menacer sa participation à l'élection présidentielle dans deux ans.
01:29Voilà pourquoi le sort politique de Marine Le Pen est aussi suspendu à cette décision de justice.
01:34– Un jugement dans une heure et tout de suite je vous propose de rejoindre Pierrick Bonneau
01:37du service politique de France Info en direct du palais de justice de Paris.
01:42Une certaine effervescence règne Pierrick Bonneau aux abords de la salle d'audience.
01:47– Oui, énormément de monde à l'entrée du tribunal de Paris ce matin
01:50et une file d'attente qui grossit à l'heure actuelle à l'entrée de la salle d'audience.
01:55Des journalistes, 200 journalistes accrédités pour ce procès,
01:58mais pas que, j'ai croisé tout à l'heure de simples citoyens,
02:01des électeurs du Rassemblement National qui espéraient pouvoir entrer dans la salle d'audience
02:04qui ne contient que 90 places.
02:06La lecture du jugement sera retransmise dans une autre salle pour ceux qui,
02:10ils seront nombreux, qui ne pourront pas accéder à cette salle d'audience,
02:14la salle 2-01 que connaît bien Marine Le Pen
02:16puisqu'elle a assisté pendant les deux mois du procès fin 2024
02:20à quasiment toutes les audiences.
02:22Elle sera là tout à l'heure pour la lecture du jugement avec les principaux prévenus
02:26dont Louis Alliot, vice-président du RN,
02:28qui risque lui de perdre immédiatement son mandat de maire de Perpignan
02:32si l'inéligibilité avec exécution provisoire était prononcée.
02:3625 prévenus au total plus le parti, ça fait du monde,
02:39mais l'enjeu principal c'est bien évidemment, vous l'avez dit,
02:42le sort réservé à Marine Le Pen qui risque de perdre tout simplement son ticket.
02:46Pour la présidentielle de 2027.
02:48Pierrick Bonneau en direct du Palais de Justice de Paris.
02:52Mathilde Le Maire, quelles sont les charges précisément qui pèsent sur Marine Le Pen ?
02:57C'est détournement de fonds, complicité de détournement de fonds.
03:00Donc c'est tout un système, c'est le terme qu'on emploie,
03:03qui a été selon l'accusation organisée avec 25 personnes,
03:07des assistants parlementaires, des eurodéputés
03:10qui utilisaient leurs enveloppes, l'argent du Parlement européen
03:13pour, d'après l'accusation, finalement rémunérer des tâches et des missions
03:18qui étaient en faveur du parti FN.
03:21Je dis FN parce qu'à l'époque ce n'était pas encore le RN.
03:23Et effectivement, l'idée, ce qu'ont dit les procureurs,
03:27c'est qu'ils ont fait du Parlement européen leur vache à lait.
03:30Voilà ce qui leur est reproché.
03:32Marine Le Pen est arrivée combative,
03:34on l'a vu vraiment énergique, combative, sereine en septembre
03:38quand le procès a débuté.
03:40On l'a vu au fur et à mesure être un petit peu moins sereine devant ses charges
03:43jusqu'au 13 novembre, le réquisitoire, où elle avait carrément les larmes aux yeux.
03:47Elle s'est bien battue, c'est une tribunicienne, on l'a vu vraiment, c'est une avocate.
03:51Elle a expliqué que non, un eurodéputé, il travaille avec son assistant,
03:56l'eurodéputé est politique, l'assistant nécessairement est politique.
03:59Elle a construit sa défense, ça avait un sens.
04:01Mais les autres prévenus, ça s'est un petit peu effondré
04:04quand ils sont arrivés à la barre.
04:06Pour expliquer ce qu'ils faisaient, notamment dans leur journée.
04:08Ou ne faisaient pas, en l'occurrence, au service de la mission européenne de leur eurodéputé.
04:12Quelquefois, ils ne le connaissaient pas.
04:14On se souvient de Julien Audoul, qui porte parole aujourd'hui du RN,
04:16qui était assistant parlementaire et qui, au bout de 4 mois de son CDD,
04:21CDD ou CDI, je ne sais plus, mais en tout cas, il était CDD,
04:25depuis 4 mois assistant parlementaire, il demande à rencontrer son eurodéputé,
04:29à faire connaissance et à venir au Parlement.
04:31Il y a des SMS, il y a des mails, il y a beaucoup de choses qui ont été accablantes.
04:34Et du coup, Marine Le Pen, au fil de l'audience, même si elle a été combative,
04:37on l'a vu quand même un petit peu s'effondrer.
04:4024 prévenus sur le banc des accusés, plus le parti qui est poursuivi.
04:45Quel rôle, particulièrement pour Marine Le Pen, parce qu'on parle d'un système ?
04:50Il y a une réunion qui est centrale, où le FN passe de 3 eurodéputés à 23 eurodéputés
04:57au lendemain d'un scrutin qui leur a réussi.
05:00Et elle continue, elle veut, d'après plusieurs témoignages,
05:03continuer le système qui permet de profiter de cet argent européen
05:06pour financer des missions internes au parti.
05:10Et il y a une réunion où plusieurs témoins disent qu'elle a clairement expliqué
05:13comment ça allait se passer et que les eurodéputés devaient accepter ce système.
05:17Il y a des mails aussi qui le disent.
05:19On parle d'un système aujourd'hui qui aurait été mis en place
05:23par le FN, devenu Rassemblement National.
05:27Mathilde le disait au début, elle était combative, Marine Le Pen, en septembre.
05:32Aujourd'hui, elle s'est confiée à nos confrères de la tribune dimanche.
05:36Elle dit qu'elle est sereine dans l'attente du jugement.
05:38Il faut la croire, Myriam Mankawa ?
05:40C'est difficile de la croire.
05:42Honnêtement, elle le sait très bien.
05:44C'est sa survie politique qu'elle joue aujourd'hui.
05:47Je précise quand même qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel.
05:49Je pense qu'il faut le dire sur les faits.
05:50Ça fait quand même une différence majeure.
05:52Là, ce n'est pas du tout le cas dans le dossier.
05:54On finance, avec de l'argent public du Parlement européen,
05:59le parti au niveau national.
06:01C'est intéressant de voir comment il n'en parle pas.
06:04On est un peu dans le déni au Rassemblement National.
06:07En général, on espère le meilleur et on se prépare au pire.
06:11Là, on a l'impression qu'on ne se prépare pas au pire.
06:14Ça ne veut pas dire forcément que cette mesure d'exécution provisoire
06:18sera prononcée dans la matinée.
06:20Mais quand même, la réalité, et elle l'avait dit d'ailleurs
06:25sur le plateau du 20h de TF1,
06:27elle parle d'une peine de mort politique.
06:29Ce qui va être si, effectivement, cette charge est retenue.
06:32Ce qui est particulier, c'est vraiment de voir,
06:35au fond, quel que soit le jugement,
06:38la manière dont il sera interprété,
06:41voire instrumentalisé par le RN, le gouvernement des juges ou pas.
06:45Il y a pas mal de questions qui vont se poser dans la matinée.
06:49On va regarder la condamnation.
06:51Ça, c'est très important.
06:52Je crois qu'il fait peu de doutes aujourd'hui.
06:54Mathilde l'a parfaitement exposée, qu'elle soit condamnée.
06:57On va regarder, évidemment...
06:58C'est 50 prisons, donc c'est quel risque ?
07:00Ça, c'est maximal.
07:02300 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité allant jusqu'à 50 ans.
07:06Dans l'acquisition, c'est 50 prisons, dont deux fermes.
07:08Absolument.
07:09Après la condamnation, il faudra regarder l'inéligibilité.
07:12Ce qui est fondamental, c'est la durée de l'inéligibilité.
07:15Les magistrats pourraient décider six mois.
07:17Et à ce moment-là, c'est un peu le jugement de Salomon.
07:20On coupe la poire en deux et les choses s'éclaircissent pour la suite.
07:23Si c'est six mois, c'est pas la même chose que si c'est 24 mois ou deux ans.
07:26Et puis, évidemment, la mesure d'exécution provisoire ou non.
07:30Ce qui est intéressant, ce sont les éléments de langage des LURN ces derniers jours,
07:34où Marine Le Pen elle-même dit « je n'ose croire à une condamnation d'inéligibilité ».
07:41Oui, c'est vrai.
07:42C'est ce que tout le Rassemblement national, depuis plusieurs jours...
07:47Alors, évite d'en parler au maximum.
07:49Mais quand ils finissent par en parler, ils ne veulent pas croire tellement
07:52que ce serait le monde qui s'écroulerait sous leurs pieds.
07:56Parce qu'il y a effectivement, Myriam le disait, cette espèce de déni.
08:00Ils ne veulent pas y croire.
08:01Ils ne veulent pas y croire parce qu'effectivement,
08:03c'est toute la carrière politique de Marine Le Pen
08:05qui pourrait s'effondrer par une décision de justice ce matin.
08:09Donc, ils se disent que ça ne peut pas aller jusque-là.
08:12Même si c'est vrai qu'au moment des réquisitions,
08:14c'est ça qui leur a mis un vrai coup sur la tête.
08:16Une peine de mort politique, et puis avec tout l'argumentaire de
08:19on va priver des millions de Français de leur candidate naturelle.
08:22C'est tout ce discours-là qui est développé par le Rassemblement national.
08:26Et ce matin, par exemple, Louis Alliot, qui fait aussi partie des co-accusés,
08:31qui est maire de Perpignan et qui, lui, peut aussi risquer de perdre sa mairie très vite,
08:38commençait déjà à parler de jugement politique.
08:40Donc, ils ont décalé le procès au-delà de l'affaire, sur la scène politique.
08:46Et ce qui est très intéressant, c'est que là, les juges sont sous le regard,
08:51non seulement du Rassemblement national, mais depuis des semaines et des mois,
08:55on entend quand même d'autres partis politiques aussi,
08:57qui sont rentrés dans le débat.
08:58Il faut se souvenir de Gérald Darmanin, qui à l'époque n'était pas garde des Sceaux,
09:02mais député, qui avait dit que ce n'est pas possible,
09:05Marine Le Pen, il faut la battre dans les urnes, pas dans les prétoires.
09:08François Bayrou, Premier ministre, qui disait en janvier
09:12qu'il trouverait ça très dérangeant
09:14l'exécution provisoire de la peine,
09:16ou Jean-Luc Mélenchon aussi, qui disait
09:18qu'il ne devrait pas y avoir de peine d'inéligibilité
09:23tant que les appels ne sont pas allés jusqu'au bout.
09:26Donc, il y a toute une ambiance politique autour de ce procès
09:29qui fait qu'on dépasse largement le fond de l'affaire
09:31des assistants parlementaires européens.
09:33On va revenir quand même sur les interprétations tout à l'heure
09:35de ce jugement qui va être prononcé tout à l'heure.
09:39Mais, quand même, il faut rappeler la loi au Renault.
09:42Il faut juste rappeler que les juges ne font pas de politique,
09:44ils font du droit.
09:45Ils appliquent ce que les députés ont voté.
09:47Donc, ils appliquent la loi qui a été votée précisément
09:50par les élus, comme le disait Aurélien Rebeumont à l'instant.
09:53Donc, la loi d'abord, la peine d'inéligibilité de 5 ans,
09:58elle est quasi automatique, obligatoire,
10:00depuis la loi Sapin 2 de 2016,
10:02qui avait été adoptée après notamment l'affaire Cahuzac.
10:06Donc, là, je parle de la peine d'inéligibilité,
10:08pas de l'exécution provisoire.
10:10Quant à l'exécution provisoire,
10:12elle est devenue un peu plus fréquente,
10:14on va dire, pour ce qui est des mandats locaux.
10:16Par exemple, Louis Alliot s'inquiète pour sa mairie de Perpignan,
10:20à savoir s'il va la conserver ou pas.
10:21Il faut savoir, par exemple, qu'il y a une décision
10:23qui a concerné le maire de Toulon, Hubert Falco,
10:27prise au printemps 2023, qui a été immédiatement démis
10:31de sa fonction de maire de Toulon.
10:33Décision confirmée en appel en 2024.
10:36En l'occurrence, c'est parce qu'il continuait,
10:37alors qu'il ne dirigeait plus le conseil général du Var
10:39depuis déjà des années, d'aller manger très régulièrement
10:42à la cafétéria du conseil départemental.
10:44Le préjudice a été estimé à peu près à 80 000 euros.
10:46Il a été démis immédiatement de ses fonctions.
10:48Il y a eu une exécution provisoire de cette décision
10:50qui, d'ailleurs, par parenthèse, ouvre, à priori,
10:53la mairie de Toulon ou Rassemblement national,
10:56la porte-parole du parti Laure Lavalette,
10:58étant la grande favorite de la prochaine municipale à Toulon.
11:00Donc, dans le cas des élus locaux,
11:02ce qui pourrait concerner Louis Alliot,
11:04c'est vrai que ça se fait de plus en plus fréquemment
11:07les exécutions provisoires et donc les démissions d'office
11:09d'un certain nombre d'élus.
11:11Et puis sinon, la loi Sapin, de toute façon,
11:13maintenant, rend quasi automatique la peine d'ingébilité.
11:16Donc, tout l'enjeu pour Marine Le Pen
11:18est de savoir si, avec des recours,
11:20recours en appel, recours en cassation,
11:22si elle n'a pas l'exécution provisoire,
11:24elle pourrait, évidemment, franchir le cap de la présidentielle
11:27et donc pouvoir se présenter avec un autre intérêt.
11:29D'ailleurs, puisqu'on sait que si jamais on est élu
11:31président de la République ou présidente de la République,
11:33en l'occurrence, on bénéficie d'une immunité
11:35pendant tout son mandat, donc c'est aussi, évidemment,
11:37une motivation supplémentaire pour Marine Le Pen
11:39pour être candidate en 2027.
11:419h17 sur France Info, les informés continuent
11:43après le Fil Info de Marine Clete.
11:46Alors que Donald Trump ne ferme pas la porte
11:48à des frappes américaines sur les infrastructures nucléaires
11:51en Iran, le pays, par la voix de son guide suprême,
11:54promet ce matin une riposte ferme en cas d'attaque.
11:57Début du procès d'ampleur à Pologna,
11:59à Marseille aujourd'hui.
12:01La société est accusée d'avoir ruiné 300 familles
12:04en leur faisant acheter des logements qui s'avéraient
12:06beaucoup moins rentables que prévus.
12:08Marine Le Pen, elle, est fixée sur son sort,
12:10sur sa possibilité ou non d'être candidate
12:12à la présidentielle de 2027.
12:14Le parquet a requis 5 ans d'inéligibilité
12:17pour détournement de fonds publics
12:19via les assistants parlementaires européens
12:21du Front National.
12:22Débrayage demain à France Travail.
12:24C'est la première grève d'ampleur depuis la réforme.
12:26Les agents dénoncent une surcharge
12:28avec plus d'un million de nouveaux inscrits
12:30depuis le 1er janvier.
12:32Enfin, le guide Michelin dévoile
12:34ses nouvelles étoiles françaises ce soir.
12:36Cérémonie à Metz. L'année dernière,
12:38632 tables étaient étoilées
12:40et 7 à Monaco.
12:44France Info.
12:47Les informés.
12:48Renaud Dely.
12:49Saliha Brakia.
12:52Et les informés continuent avec Mireille Mankawa,
12:54journaliste présentatrice sur LCP,
12:56avec Mathilde Lemaire,
12:58journaliste au service police-justice de France Info.
13:00Aurélie Herbemont,
13:01journaliste au service politique de France Info.
13:03Et Renaud Dely, après le rappel des faits,
13:05après le rappel de la loi,
13:07il y a le risque politique d'une inéligibilité
13:09de Marine Le Pen.
13:10La décision que vont prendre les juges
13:12est une décision purement juridique,
13:13sauf qu'elle va avoir probablement
13:15des répercussions politiques,
13:16des conséquences politiques.
13:18Vous le disiez tout à l'heure,
13:19il y a déjà un certain nombre d'élus,
13:20pas seulement du RN,
13:22qui ont mis en cause la justice
13:24ces derniers mois,
13:25qui ont dénoncé des jugements
13:27entre guillemets politiques.
13:28Le fameux gouvernement des juges,
13:30qui est pointé du doigt.
13:32Que se passera-t-il donc si Marine Le Pen
13:33est privée d'élection présidentielle
13:35au cadre d'exécutions prévisoires
13:36d'une peine d'inéligibilité ?
13:37Voici ce qu'en disait hier
13:39le député LR du Val-de-Marne,
13:40Vincent Jeanbrun,
13:41qui est porte-parole du groupe droite républicaine
13:43à l'Assemblée nationale,
13:44qui considère que certes,
13:46Marine Le Pen, si elle est coupable,
13:48doit être condamnée,
13:49mais pas tout et n'importe quoi,
13:51selon lui.
13:52Moi, ça ne me choque pas.
13:54Si Marine Le Pen est reconnue coupable,
13:56qu'elle soit mise à l'amende,
13:58qu'elle soit payée, qu'elle soit condamnée,
14:00il y a des Français aujourd'hui
14:01qui voudraient qu'elle puisse se présenter
14:03et qui, à mon avis, ne comprendraient pas
14:05qu'elle soit empêchée par la justice,
14:07ce qui aurait des conséquences assez graves.
14:09Si demain, la justice empêchait
14:11une formation politique dans son ensemble
14:13de participer au débat démocratique,
14:15là, on aurait une sorte d'attaque à la démocratie.
14:17Là, ce n'est pas le cas.
14:18C'est d'autant moins le cas que le RN
14:20dit que dans le même temps,
14:21il est déjà prêt au cas où,
14:23puisque Jordan Bardella serait prêt
14:25à prendre la suite et être candidat
14:26à l'élection présidentielle,
14:27il est aussi sujet à débat politique,
14:29y compris en interne, d'ailleurs, au sein du parti.
14:31Est-ce que la popularité indéniable
14:33de Marine Le Pen et son poids dans les sondages
14:35de l'ordre de 35% de l'intention de vote
14:37fait peser un risque supplémentaire
14:39sur une décision éventuelle d'inégibilité
14:41ou est-ce que, finalement, la loi
14:43doit être la même pour tous,
14:44y compris pour tous les élus,
14:45qu'ils soient estimés à 2% ou à 35%
14:47de l'intention de vote dans les sondages ?
14:49Parce que les mots qu'on a entendus,
14:50ils sont forts, quand même, Amiré Mankawa.
14:52Une attaque à la démocratie,
14:53Marine Le Pen empêchée.
14:54En fait, Marine Le Pen,
14:55c'est pas injusticiable comme les autres.
14:57Elle devrait l'être, comme les autres,
14:59évidemment, mais elle est aussi,
15:01et ça, les juges le savent bien,
15:03les juges, ils sont pas hors sol,
15:04ils savent bien qu'elle sera candidate
15:07si elle peut l'être légalement
15:09après ce procès à la présidentielle.
15:13Il y a quelque chose qui, je trouve,
15:15est intéressant.
15:16Vendredi, il y a eu une QPC,
15:19une question prioritaire de constitutionnalité
15:21qui a été posée au juge constitutionnel,
15:23un petit détail supplémentaire
15:25et qui explique qu'au fond,
15:27même si c'est différent,
15:28il s'agissait d'un élu local
15:29et pas d'une élue nationale comme Marine Le Pen,
15:32mais qu'il va falloir motiver,
15:34motiver en droit cette mesure
15:37d'exécution provisoire.
15:39Et qu'est-ce qu'elle dit, cette décision ?
15:40Elle dit qu'au fond, si cette mesure,
15:43il ne faudrait pas que cette mesure
15:45d'exécution provisoire porte atteinte
15:48à la liberté des électeurs.
15:49Ça veut dire que la question des élections,
15:52elle existe.
15:53Est-ce que les juges vont considérer
15:56qu'au fond, il n'y a pas de risque de récidive
15:58l'exécution provisoire ?
15:59Il y a deux possibilités.
16:00Soit on considère que vous pouvez recommencer,
16:03donc il faut absolument que la décision
16:04soit appliquée tout de suite.
16:05Autrement dit, vous pouvez continuer
16:07à détourner des fonds publics
16:09quand on vous arrête.
16:10Ça, il est évident
16:11que si cette interprétation-là est choisie,
16:14ce n'est pas le cas
16:15puisque les caisses du parti sont pleines,
16:17si je puis dire.
16:18Soit vous considérez qu'au fond,
16:19ça fait tellement longtemps
16:21que ce procès traîne
16:23et que les faits remontent,
16:25on l'a dit, 2004-2016,
16:26qu'il est temps, enfin,
16:28que la décision de justice s'applique.
16:30C'est vraiment ce nœud-là.
16:31Vous l'aurez appelé un nœud ventre procédure
16:32car, entre cours, la justice est travaillée.
16:35Absolument.
16:36Donc il va y avoir forcément
16:38cette question de la présidentielle
16:40qui se pose
16:41et vous avez beaucoup de magistrats,
16:43beaucoup d'acteurs du droit
16:45qui vous disent
16:46le juge, il applique la loi,
16:48il applique la loi Sapin,
16:49mais il n'est pas complètement en dehors du monde.
16:53C'est là, effectivement,
16:54qu'on se met deux secondes à la place des juges,
16:55Mathilde Lemaire,
16:56et on se dit,
16:57ils écoutent tout ça,
16:58la pression, elle est lourde
16:59parce qu'on leur dit, en fait,
17:00vous allez vous substituer aux Français,
17:02ils ne vont pas pouvoir choisir à cause de vous
17:04si vous la condamnez.
17:05C'est un peu plus compliqué que ça,
17:06il y a une séparation des pouvoirs,
17:07mais en effet,
17:08ils ont une très lourde responsabilité
17:09sur les épaules
17:10et eux, leur boussole,
17:11dans ce dossier
17:12comme dans tous les dossiers
17:13qu'ils traitent chaque semaine,
17:14c'est le code de procédure pénale,
17:16le code pénal
17:17et la jurisprudence.
17:18Et en l'occurrence,
17:19là, ils doivent être guidés
17:20pour choisir exécution provisoire
17:21ou pas de cette inéligibilité,
17:23ils doivent se fier à l'intérêt général.
17:26C'est ça qui doit guider le juge.
17:27Oui, ils ne sont pas hors sol
17:28dans le secret de leur huis clos,
17:30évidemment que ça doit être
17:31au moins présent dans leurs esprits,
17:33mais leur guide, leur boussole,
17:34c'est ça.
17:35Et la question,
17:36c'est celle de la récidive.
17:37Pourquoi on met une exécution provisoire
17:39à une peine ?
17:40Le grand classique,
17:41c'est la suspension du permis de conduire.
17:42Très souvent,
17:43on a une exécution provisoire
17:45parce qu'il ne faudrait pas
17:46que la personne recommette
17:47le même délit.
17:48En l'occurrence,
17:49Marine Le Pen
17:50et les autres prévenus
17:51dans ce procès,
17:52ils n'ont cessé de nier.
17:53À la toute fin du procès,
17:54ils continuent de dire
17:55que non,
17:56ils n'ont pas détourné d'argent.
17:57Donc forcément,
17:58la crainte du juge,
17:59c'est qu'il y ait réitération,
18:00d'autant qu'ils sont encore
18:01tous en politique
18:02et qu'ils pourraient,
18:03puisqu'ils ne voient pas
18:04où était le problème,
18:05reproduire le même délit.
18:07Ça, c'est ce qui va les guider.
18:09La défense du RN,
18:11c'est de dire
18:12qu'on n'a pas du tout
18:13la même appréciation
18:14de ce que doit faire
18:15un assistant parlementaire.
18:16Ce serait une question
18:17de fiche de poste, selon vous.
18:18La fiche de poste
18:19du Parlement européen
18:20aux yeux du RN
18:21ne serait pas suffisamment claire.
18:22Oui, parce que le RN
18:23dit évidemment
18:24que nos assistants
18:25font de la politique
18:26parce que les eurodéputés
18:28et leurs assistants
18:29ne sont pas des fonctionnaires
18:30du Parlement européen.
18:31Donc ils ont vraiment
18:32cette divergence d'appréciation
18:34et du règlement du Parlement européen.
18:36Il y a un règlement,
18:37noir sur blanc, c'est écrit.
18:38Mais vous savez,
18:39le rôle des assistants parlementaires,
18:41on en a déjà aussi entendu parler
18:42dans une autre affaire.
18:43Je repense à François Fillon
18:44et le rôle de son épouse, Pénélope,
18:47sur ce sujet-là.
18:49Et le RN, effectivement,
18:52reste mordicus
18:53accroché à sa ligne.
18:54Oui, on fait de la politique.
18:55On assume de faire de la politique
18:56parce qu'en plus,
18:57l'Union européenne
18:58telle qu'elle est,
18:59telle qu'elle fonctionne,
19:00ne nous convient pas.
19:01Donc c'est vrai que forcément,
19:02il y a un côté
19:03de faire de la politique
19:04contre l'institution
19:05qui rémunère
19:06ses assistants parlementaires.
19:07Donc c'est là
19:08qu'est toute la difficulté
19:09dans ce dossier.
19:10Mais le RN,
19:11effectivement,
19:12continue à clamer son innocence.
19:14Il y a une foule de cas
19:15dans ce dossier
19:16qui sont assez pittoresques.
19:17Mathilde Le Maire
19:18en citait tout à l'heure
19:19à propos de Julien Audoule.
19:20Il y a Thierry Légier,
19:21par exemple, qui est impliqué.
19:22Thierry Légier,
19:23tous ceux qui ont suivi
19:24les activités du FN.
19:25C'est le garde du corps
19:26de Jean-Marie Le Pen
19:27depuis 1992
19:28qui, ensuite,
19:29s'est mis à travailler
19:30pour Marine Le Pen.
19:31Il n'a jamais été
19:32assistant parlementaire
19:33au Parlement européen.
19:34Il n'a pas été rémunéré
19:35comme tel.
19:36Un autre point,
19:37c'est-à-dire qu'on dit
19:40que l'argent de l'Europe
19:41qui aurait été utilisé
19:42si jamais l'accusation
19:43est confirmée par les juges,
19:44en fait,
19:45c'est l'argent du contribuable
19:46puisque c'est le contribuable,
19:47y compris le contribuable français,
19:48qui contribue à financer,
19:49évidemment,
19:50les institutions européennes.
19:51Et juste un tout dernier point
19:52sur les conséquences
19:53politiques éventuelles
19:54et puis sur le débat
19:55sur ce fameux gouvernement
19:56des juges.
19:57Le fait est que cette décision
19:58n'arrive pas
19:59dans un ciel serein.
20:00C'est-à-dire qu'on le disait,
20:01ça fait un moment
20:02que nombre d'élus
20:03et pas seulement du RN
20:04mettent en cause les juges
20:06ou le Conseil constitutionnel,
20:08d'ailleurs,
20:10Il faut souvenir
20:11que Bruno Tailleau a expliqué,
20:12a dit il y a quelques mois,
20:13que l'état de droit
20:14n'était pas intangible.
20:16Avant de se reprendre,
20:18puisque l'état du droit
20:19n'est pas intangible,
20:20il peut changer,
20:21mais l'état de droit,
20:22a priori,
20:23c'est un cadre qui nous est commun
20:24et qui est intangible.
20:25Laurent Wauquiez
20:26lui avait dénoncé
20:27un coup d'état de droit
20:28du Conseil constitutionnel
20:29lorsque celui-ci
20:30avait invalidé
20:31l'essentiel de la loi immigration,
20:32enfin une bonne partie
20:33de la loi immigration,
20:34il y a maintenant
20:35près de deux ans.
20:36Bref, il y a ce climat
20:37qui est extrêmement inquiétant
20:38et puis, évidemment,
20:39il y a le grand vent
20:40de populisme Trumpiste,
20:41anti-juge,
20:42qui souffle jusqu'en Europe.
20:43Il n'y a qu'à penser
20:44à la Hongrie
20:45et au cas de Viktor Orban.
20:46Donc, dans ce contexte-là,
20:47je pense qu'il est,
20:48quelle que soit la décision
20:49des juges,
20:50quelle qu'elle soit,
20:51important que ceux
20:52qui sont vraiment soucieux
20:53du bon fonctionnement
20:54de la démocratie
20:55défendent l'institution judiciaire
20:56par rapport à ce contexte.
20:57Et juste,
20:58un tout dernier point,
20:59il est possible aussi,
21:00d'ailleurs,
21:01si jamais Marine Le Pen
21:02était condamnée
21:03à l'inégibilité,
21:04qu'on entende
21:05un certain nombre de propos,
21:06non seulement du RN,
21:07mais encore une fois,
21:08de ses responsables politiques-là,
21:09avec aussi des larmes de crocodile,
21:10bien sûr,
21:11parce que certains,
21:12dans ces cas-là,
21:13vont vraiment déplorer
21:14le fait que Marine Le Pen
21:15soit éventuellement
21:16écartée de la présidentielle,
21:17ce serait un scandale,
21:18en espérant récupérer
21:19une partie de ses électeurs.
21:20Plus ils manifesteront
21:21leur solidarité,
21:22il y a des élus de droite,
21:23évidemment,
21:24qui pensent à ça
21:25vis-à-vis de Marine Le Pen,
21:26plus ils peuvent espérer
21:27récupérer
21:28un certain nombre
21:29de ses électeurs.
21:30C'est ça, Myram Ankawa,
21:31en fait,
21:32il va y avoir
21:33de la stratégie politique.
21:34Il y en a déjà.
21:35Il y a beaucoup de gens
21:36qui se frottent un peu les mains,
21:37notamment à droite
21:38et à la droite de la droite,
21:39en se disant,
21:40finalement,
21:41ils sont prenables,
21:42les électeurs,
21:43si c'est Bardella qui y va.
21:44Et moi, je note aussi
21:45que les envies de censure
21:46commencent à monter
21:47du côté du RN.
21:48Elle était en retrait,
21:49il y a eu,
21:50effectivement,
21:51cette période de deuil
21:52pour Marine Le Pen
21:53qui a perdu son père,
21:54mais depuis quelques jours,
21:55là,
21:56on sent bien que
21:57si une fenêtre s'ouvrait
21:58peut-être à la faveur
21:59du conclave sur les retraites,
22:00les socialistes,
22:01peut-être à la fin
22:02de l'année,
22:03les spécialistes,
22:04peut-être à la fin
22:05du mois de mai,
22:06début juin,
22:07elle s'engouffrerait.
22:08Et pourquoi pas,
22:09d'ailleurs,
22:10quel que soit le scénario.
22:11Donc, il va falloir vraiment
22:12bien regarder
22:13ce qu'elle décide de faire.
22:14Déjà,
22:15elle s'engage en disant,
22:16je ferai appel
22:17quelle que soit la décision.
22:18C'est un pari risqué
22:19parce qu'on attend la décision.
22:20Peut-être qu'elle n'a pas intérêt,
22:21sauf si elle est acquise.
22:22Mais, elle-même,
22:23on connaît que ce n'est pas
22:24le cas le plus probable.
22:25Bon, la décision est attendue
22:26à partir de 10h,
22:27évidemment.
22:28L'édition spéciale continue
22:29sur France Info.
22:30Merci beaucoup
22:31à tous les quatre.
22:32Merci Amira Mankawa.
22:33Les trois autres,
22:34vous restez avec moi.
22:35Merci beaucoup.

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