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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jean-Baptiste Marteau revient sur les questions qui font l’actualité avec Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jean-Baptiste Marteau revient sur les questions qui font l’actualité avec Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale.
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00:00Bonjour Marc Reynaud, Président du groupe Modem à l'Assemblée Nationale et on peut le dire l'un des plus proches du Premier Ministre François Bayrou.
00:07Beaucoup de questions à vous poser, notamment sur cette visite éclair d'Emmanuel Macron qui vient de se terminer à Washington.
00:12Il a donc rencontré Donald Trump alors qu'on sait que les États-Unis sont en train de vouloir régler le problème ukrainien seul dans leur coin, sans les Ukrainiens et sans les Européens.
00:20Est-ce que vous pensez que comme Emmanuel Macron, les choses sont en train de bouger, qu'une trêve est possible dans quelques semaines ?
00:26Il y a deux choses qui sont en train de bouger. La première c'est que les Ukrainiens et les Européens reviennent dans le jeu avec le sentiment que quelque chose a changé de ce point de vue-là
00:36puisqu'on avait le sentiment que c'était simplement le dialogue entre M. Poutine et M. Trump qui devait régler le conflit.
00:41Or la guerre est en Ukraine, l'agressé ce sont les Ukrainiens et par ailleurs nous sommes sur le continent européen, il n'était pas possible que les choses se fassent sans nous.
00:48Puis deuxième élément c'est la perspective de la paix et la perspective de la paix durable.
00:52Perspective de la paix c'est d'abord le respect de ce qu'est l'intégrité territoriale de l'Ukraine et c'est ça l'objet du débat, reconnaissons-le.
00:59La préservation aussi de ses ressources que je vois bien, j'entends M. Trump dire qu'il y a un droit de tirage sur les minerais et les richesses de l'Ukraine
01:08et j'entends corollairement d'ailleurs que M. Poutine dit la même chose.
01:11Donc ça c'est un problème évidemment parce qu'une guerre ne peut pas avoir pour objet par ailleurs, au-delà de l'annexion, de piller les richesses d'un pays
01:18parce qu'en fait on obère sa capacité à se développer dans les années qui viennent.
01:21Puis un deuxième sujet c'est la capacité, je trouve qu'il y a eu une avancée hier, de garantir une paix durable, c'est-à-dire de faire en sorte que ce ne soit pas une pause dans la guerre.
01:29On connaît M. Poutine, il a souvent gagné des territoires, fait une pause puis repris.
01:33On l'a vu en 2014.
01:36Et donc il faut qu'on puisse la garantir et la meilleure façon de la garantir c'est sans doute qu'il y ait des européens sur le sol ukrainien qui viennent garantir cette paix.
01:43Ça c'est une bonne nouvelle.
01:44Ça veut dire qu'on est en train de préparer les esprits, est-ce que le fait qu'il y ait des soldats, européens et donc français, qui vont s'interposer sur cette ligne, sur la future frontière entre la Russie et l'Ukraine ?
01:51Oui, il me semble que cette hypothèse est une hypothèse sérieuse.
01:54Ce n'est pas la première fois qu'il y a des soldats français dans le cadre d'une opération internationale sur un sol pour garantir la paix.
01:59Avec les casques bleus.
02:00Les casques bleus au Liban, les a toujours d'ailleurs pour un certain nombre d'entre eux.
02:03Donc il n'y a rien de choquant, il n'y a rien d'original d'une certaine façon de ce point de vue là.
02:07Sauf que là on est sur l'espace européen directement et que donc c'est une forme de nouveauté.
02:12Est-ce qu'on devra augmenter une nouvelle fois notre budget militaire pour faire face à cette nouvelle menace avec la Russie qui est toujours présente et de plus en plus menaçante ?
02:19Est-ce qu'il faudra peut-être, comme l'a dit le ministre de l'économie la semaine dernière, qu'on travaille davantage en France pour financer cet effort de guerre ?
02:25On verra les voies et moyens, mais en tout cas qu'il y ait besoin de renforcer encore l'effort de guerre.
02:29Mais saluons d'abord ce qui a été fait depuis sept ans.
02:31Nous en avions rabattu depuis vingt ou vingt-cinq ans, au travers des lois de programmation militaire d'abord qui étaient plutôt plus faibles et deux qui n'étaient jamais respectées.
02:38On a une loi du fond.
02:39Là maintenant on est à plus de 2% du PIB.
02:40On est à plus de 2% et on respecte la trajectoire, ce qui est quand même important dans un pays comme le nôtre qui a pris l'habitude malheureusement de ne pas respecter ses trajectoires.
02:46Peut-être qu'il faudrait 5% du PIB.
02:47Sans doute, oui.
02:48Sans doute il faudra s'y aller plus loin.
02:49Ça doit se passer des Etats-Unis.
02:50Et en répartissant ce qui est le cadre national et le cadre européen aussi.
02:53On voit bien que la question de la défense européenne est une question d'abord de retrait des Etats-Unis singulièrement.
02:59On voit bien que Donald Trump veut retirer les moyens des Etats-Unis considérant que son espace géostratégique n'est plus vraiment l'Europe mais ailleurs en Asie.
03:07Et deuxième élément parce que les menaces grandissent et en particulier c'est les menaces russes.
03:11Donc on aura besoin de mettre des moyens en plus.
03:13Après on regardera la façon de le faire.
03:14Un mot pour finir.
03:15Justement il y a un débat qui sera organisé au Parlement la semaine prochaine sur la question ukrainienne.
03:18Est-ce qu'il faut simplement réaffirmer le soutien de la France ou est-ce qu'il faut aller plus loin ?
03:21Parler déjà de la suite quand la paix sera venue ?
03:23Le soutien de la France évidemment.
03:25J'espère qu'on aura une unanimité et que les voix parfois un peu discordantes qu'on a entendues au début de ce conflit seront tues.
03:32Parce qu'on voit bien maintenant les poussées de Vladimir Poutine.
03:36En tout cas ceux qui avaient les yeux fermés les ont ouvert depuis trois ans singulièrement.
03:39Parlez de LFI et du RN.
03:40Et du RN oui parce que singulièrement huit jours avant il nous expliquait qu'il n'y aurait jamais d'agression en Ukraine et que c'était une lubie pré-présidentielle.
03:47La vérité c'est que la guerre est bienvenue dans les semaines qui ont suivi.
03:50Deuxième élément il faut essayer de trouver effectivement les bases de ce que peuvent être l'implication de la France et de l'Europe dans la résolution de ce conflit.
03:57Marc Fesneau après l'attentat islamiste de Mulhouse, un conseil interministériel de contrôle de l'immigration est prévu demain.
04:02Il devrait prendre une tournure un peu particulière.
04:04Est-ce qu'il faut engager un bras de ferme plus fort, plus ferme avec l'Algérie ?
04:08Regardez la une du Figaro ce matin.
04:10C'est la phrase de François Bayrou hier qui a parlé d'une situation inacceptable.
04:14Il a raison.
04:15C'est une situation inacceptable parce que ce n'est pas la France qui engage de bras de fer.
04:19C'est manifestement l'Algérie malheureusement qui a décidé d'engager un bras de fer avec le pays.
04:23Et nous comment on réagit ?
04:24Ça n'est pas la première fois que nous avons quelqu'un qui doit quitter le territoire français, qui est de nationalité algérienne et qui refuse à la frontière algérienne.
04:30Donc que fait-on ?
04:31Donc il faut dire aux Algériens que nous avons des accords de coopération.
04:35Je pense aux accords de 68 qui viennent faciliter au front l'obtention de visas.
04:39On ne peut pas demander à la fois à la France d'être généreuse, d'avoir un regard particulier sur l'Algérie.
04:44Et quand on demande à l'Algérie de reprendre ses ressortissants, de ne pas avoir de réciprocité.
04:50Donc ces accords au cours les suppriment ?
04:52La question ce n'est pas forcément d'être aussi abrupte que ça.
04:54Mais en tout cas la question doit être posée aux Algériens de la réciprocité.
04:57On ne peut pas se retrouver dans une relation bilatérale qui soit une relation où à chaque fois qu'on demande aux Algériens de reprendre des ressortissants.
05:03Et là on est dans un cas dramatique.
05:04C'est un ressortissant qui a été pour dix fois, on a tenté de le renvoyer en Algérie, et dix fois l'Algérie a refusé.
05:10Vous voyez que l'Algérie se moque de la France, ça va continuer encore comme ça combien de temps ?
05:13Non, je ne crois pas que l'Algérie se moque de la France.
05:15C'est le sentiment qu'ont beaucoup de Français. On a l'impression d'être humiliés.
05:18Ce que les Français se sentiment, il n'y a pas que les Français qui ont ce sentiment.
05:22Les responsables politiques ont ce sentiment.
05:24Et sans doute avons nous laissé trop longtemps tarder cette situation en disant désormais maintenant il faut dire aux Algériens
05:29il y a des accords de coopération, vous ne les respectez pas, ça remet en cause les accords de coopération
05:33que nous pouvons avoir les uns avec les autres.
05:36Nous avons tendu beaucoup de fois la main auprès de nos amis algériens, et beaucoup de fois cette main n'a pas été saisie.
05:41Bon, écoutez, il faut peut-être changer de registre et de braquet, et c'est en tout cas, me semble-t-il, l'objet de cette réunion de demain.
05:47Les retraites. A propos des retraites, une concertation avec les partenaires sociaux qui va débuter jeudi prochain
05:52après l'état des lieux qui a été remis par la Cour des comptes la semaine dernière.
05:55Est-ce qu'il faut laisser faire les syndicats et les représentants patronaux ?
05:58Ou est-ce que ce ne serait pas quand même le rôle du gouvernement de décider quelle réforme des retraites on met sur la table ?
06:02Ah, il va falloir qu'on se mette d'accord dans ce pays. On a pendant longtemps reproché au gouvernement,
06:06au président de la République singulièrement aussi, de bypasser, si vous me permettez l'expression, le dialogue...
06:12Avec les corps intermédiaires.
06:14Avec les corps intermédiaires. Alors moi je conseille, désormais que le cadre budgétaire est posé,
06:18la perspective de déficit est posée, de laisser faire les partenaires sociaux.
06:21Le gouvernement, il a toute l'attitude, à l'issue de ces travaux, de dire je me saisis de ce que peut être un accord éventuellement
06:29pour faire en sorte qu'on puisse améliorer cette réforme des retraites.
06:32Donc ne venons pas, alors ni le gouvernement, ni le parlement, ne venons pas préempter un débat
06:37et préempter un dialogue qui est en train de se construire entre les partenaires sociaux.
06:40Donc pour l'instant, par exemple, comme le dit le ministre de l'Économie là encore, il faudra peut-être augmenter la contribution des seniors.
06:45Non, pour vous, ce n'est pas l'heure de parler de ce genre de mesures.
06:48C'est une contribution au débat, mais il me semble qu'il faut laisser les partenaires sociaux,
06:52les organisations patronales, les organisations de salariés, dialoguer entre elles et essayer de trouver un chemin.
06:57Vous êtes d'accord avec cette idée ou pas ?
06:59Non, ça fait partie de la panoplie des idées, mais on verra sur l'ensemble des idées comment tout ça peut s'équilibrer.
07:05Ça ne peut pas être qu'une contribution unilatérale des uns ou des autres.
07:08Un mot de l'affaire de ce qu'on appelle l'affaire Betarame.
07:10Il y a François Bayrou qui a toujours indiqué qu'il ne savait pas ce qui s'était passé dans ce lycée,
07:13qu'il ne savait pas les dérives qu'il y a pu y avoir.
07:15Et puis il y a eu cette plainte qui a été donc déposée hier par l'un des plaignants,
07:20déposée contre François Bayrou pour non-dénonciation de crime.
07:24Pourtant, regardez ces images, c'est un sujet du 20h de France 2 en 1996.
07:28François Bayrou, il est ministre de l'éducation et on parle déjà de punition humiliante disproportionnée.
07:33En fait, on a du mal à comprendre que François Bayrou n'était absolument pas au courant.
07:37Non, mais écoutez, il y a deux sujets dans cette affaire.
07:40D'abord, il y a le contexte, c'était il y a 30 ans.
07:42Et sur la question de la sévérité dans les établissements, on a un regard aujourd'hui qui n'était pas celui.
07:46Je parle de la sévérité physique, je ne parle pas des actes qui étaient relevés.
07:49Il y a eu une gifle ou une maltraitance de l'époque.
07:52Je rappelle que n'ont été interdits le recours au physique que dans les années 90.
07:58Il était autorisé et je l'ai vu moi quand j'étais en classe jeune.
08:02Il était assez commun.
08:04Il est arrivé de voir une gifle ou une violence dite physique à l'époque et sans que personne s'en offusque.
08:10On a heureusement changé de regard sur ces sujets-là.
08:12On a raison d'avoir changé de regard parce que c'était sans doute un problème.
08:15Mais donc pour vous, les accusations contre François Bayrou sont injustes ?
08:18Pour moi, les accusations sont injustes.
08:20D'abord, quand il a été saisi de cette question-là, je rappelle qu'il y a eu un rapport d'inspection.
08:24Alors on peut regretter que le rapport ait dit qu'il n'y a pas de problème.
08:26Ceci dit, il y a eu un rapport, il n'est pas resté immobile.
08:28Deuxièmement, la question des violences sexuelles, qui sont évidemment d'un autre régime, puisqu'elles relèvent du pénal et sont beaucoup plus graves,
08:34elles interviennent après son départ du ministère de l'Éducation nationale.
08:38Donc si on reprenait les séquences, on verrait que quand il a pu être au courant sur les questions des violences physiques,
08:43il a diligenté un rapport qui a dit ce qu'il a dit.
08:46Alors il a eu tort de le dire ce qu'a dit ce rapport.
08:48Mais en même temps, quand vous êtes ministre de l'Éducation, vous vous en référez à ceux qui font des rapports.
08:52Et pour ce qui est des violences sexuelles, des actes de pédophilie,
08:55de tous les actes horribles qu'on découvre ces dernières années, ces derniers mois,
08:59pour le coup, il n'était plus ministre de l'Éducation nationale.
09:01Et donc on n'est plus dans le même registre, me semble-t-il.
09:04Parfait. Il y a encore beaucoup de questions à vous poser, mais l'heure tourne.
09:06Donc je vous souhaite une belle journée. Merci d'avoir été l'invité des 4EV ce matin.