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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:0019h, c'est l'heure, ravie de vous retrouver pour Face à l'info, les infos du soir avec notre ami Simon Guillain.
00:08Bonsoir Simon.
00:09Bonsoir à chère Christine et bonsoir à tous chers téléspectateurs.
00:11L'homme jugé pour avoir menacé de mort le préviseur du lycée Maurice Ravel a été condamné à 600 euros d'amende ainsi qu'à une obligation de stage de citoyenneté de 5 jours.
00:20Une peine qui est jugée beaucoup trop faible par l'avocat de la victime.
00:23L'homme de 27 ans avait appelé à Bruxelles le chef de l'établissement parisien.
00:28La mobilisation nationale des agriculteurs a commencé aujourd'hui.
00:31Plus de 80 actions sont menées partout sur le territoire.
00:34C'est le cas notamment à Beauvais dans l'Oise où les agriculteurs ont dressé un mur devant l'office français de la biodiversité.
00:40Enfin au lendemain de frappes israéliennes meurtrières à Beyrouth, toutes les écoles de la capitale libanaise sont fermées jusqu'à demain.
00:46Un responsable du Hezbollah a été tué dans cette attaque d'Israël qui a donc visé le centre de Beyrouth, Christine.
00:52Merci beaucoup mon cher Simon.
00:55Et au sommaire ce soir, protectionnisme ou libre-échange ?
00:59Le monde redevient protectionniste mais l'Europe s'entête dans le libre-échange mondialisé.
01:05Les plus grosses économies du monde sont réunies en ce moment au Brésil.
01:09Un des objectifs principaux du G20 est le projet d'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur.
01:15Un projet de 30 ans toujours pas ratifié.
01:18C'est notamment contre cet accord que les agriculteurs français et européens se mobilisent.
01:23Pourquoi l'Europe s'hommecide-t-elle lorsque le monde change l'édito de Mathieu Bocoté ?
01:29Cette menace des départements dirigés par la droite et le centre est presque passée inaperçue.
01:36Ils veulent suspendre le versement du RSA et arrêter de prendre en charge les nouveaux mineurs isolés
01:44si le gouvernement ne revient pas sur les pensions budgétaires prévues l'an prochain.
01:50Pour renflouer les caisses de ces départements, le gouvernement veut augmenter les frais de notaire.
01:56En quoi est symptomatique de la fuite en avant dans laquelle la France est engagée ?
02:00L'analyse de Gabriel Cluzel.
02:02Parfois le succès éclipse son auteur, on ne retient que la création.
02:07C'est le cas de celui qui vient de disparaître à 95 ans, Charles Dumont.
02:11Que de chansons en tête, des hits parades et surtout le fabuleux « Non, je ne regrette rien » d'Edith Piaf.
02:17A tout jamais, ce titre est ancré dans nos mémoires.
02:21Il fait partie des phares de notre culture.
02:23La chanson française qui éclaire le monde à sa façon, le regard de Marc Meunin.
02:28Crépole, un an après.
02:30Demain, cela fera un an que Thomas Pérotot a été tué dans un bal de village.
02:35Alors que certains témoins auraient affirmé avoir entendu les agresseurs vouloir planter du blanc.
02:40La mère de Roman Surizer parlait dans le journal du dimanche de quartier devenu ethnique.
02:44Que faut-il comprendre ? Est-ce que l'enquête avance ?
02:47Le décryptage de Charlotte Dornelas.
02:49Et puis Joe Biden, torpille-t-il le mandat de Donald Trump ?
02:56Le président démocrate, en fin de mandat, a accédé à la demande du président ukrainien
03:02de frapper le territoire russe avec des missiles américains de longue portée.
03:07La Russie promet de son côté une réponse appropriée en cas d'utilisation de ces missiles.
03:12Joe Biden a appelé les dirigeants du G20 à soutenir l'Ukraine.
03:16Quel est l'objectif de ces dernières offensives ?
03:19L'édito de Mathieu Boccotti.
03:21Une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire et sans tabou. C'est parti !
03:38Non, rien de rien.
03:43Non, je ne regrette rien.
03:48Ni le bien qu'on m'a fait.
03:53Ni le mal, nous sommes bien égaux.
04:00Non, rien de rien.
04:05Non, je ne regrette rien.
04:35Non, rien de rien.
04:40Non, je ne regrette rien.
04:45Non, je ne regrette rien.
04:50Non, je ne regrette rien.
04:55Non, je ne regrette rien.
05:00On annonçait une nouvelle révolte des agriculteurs et ça y est, nous y sommes.
05:04On ne sait pas encore de quelle ampleur elle sera, mais on sait ce qui la motive.
05:07La signature à venir d'un accord de libre-échange avec le Mercosur.
05:12Question, en quoi cet accord serait-il à leur désavantage ?
05:17Plusieurs en ont la certitude. Dans le milieu agricole, c'est un milieu complexe.
05:21Certains croient avoir un avantage avec cet accord.
05:24D'autres disent que c'est un accord qui va finir par nous tuer.
05:27Ça va être le dernier moment de notre liquidation.
05:30La révolte est engagée.
05:33On a vu il y a quelques mois à quel point la révolte des agriculteurs, lorsqu'elle se met en place,
05:36lorsqu'elle s'engage, elle peut bloquer tout un pays.
05:39Finalement, c'est le cœur du pays qui s'arrête,
05:42ou à tout le moins qui envoie le signal.
05:45Si vous ne nous entendez pas, ça s'effondre.
05:48Mais je pense qu'il faut comprendre cette crise à la lumière de cette recomposition du monde
05:54qu'on cherche à décrypter au fil des jours, au fil des semaines.
05:57C'est-à-dire le passage du cycle mondialiste-libre-échangeiste
06:02qui s'est engagé à partir des années 80 et plus encore des années 90
06:05à l'émergence d'un nouveau cycle dont nous sommes témoins
06:09qui marque le retour du protectionnisme dans le monde aujourd'hui,
06:14mais un protectionnisme nouveau.
06:16Il y a des grands blocs civilisationnels qui émergent
06:19et qui, à l'intérieur de leurs frontières, pratiquent un libre-échange assez marqué,
06:23une libéralisation des échanges,
06:25mais entre eux développent des barrières tarifaires.
06:28Donc une forme de protectionnisme à l'échelle des civilisations plutôt que des nations.
06:31Ayons cela à l'esprit.
06:33Mais voyons cela dit, quel cycle se termine devant nous aujourd'hui?
06:38Je pense qu'il commence vraiment dans les années 80.
06:41Dans les années 80, alors que le communisme n'est pas encore tombé,
06:44à l'ouest, on parle de plus en plus du rêve du marché commun en Europe
06:48et en Amérique du Nord, le grand accord à l'époque
06:51qui va incarner cette idée du libre-échange qui doit faire un pas de plus,
06:54c'est l'accord du libre-échange entre le Canada et les États-Unis
06:57et qui va s'étendre ensuite plus tard au Mexique.
06:59Et on verra que cela change déjà le sens de la chose.
07:02Alors il y a cette idée que le libre-échange est une idée sensée
07:05lorsqu'elle est fondée sur le principe suivant,
07:08des pays de niveau de développement à peu près équivalent
07:12décident de faire tomber des barrières tarifaires à l'avantage de chacun.
07:17Et on comprend, c'est-à-dire des pays qui ont à peu près le même niveau de développement,
07:20des salaires équivalents, le même degré de protection sociale,
07:23le même degré de protection environnementale, on dirait aujourd'hui,
07:26le libre-échange entre ces pays, entre ces zones, peut aller de soi.
07:31Donc c'est une politique qui sert les intérêts de chacun.
07:34Donc on maximise la liberté des échanges,
07:36mais parce qu'on en tire avantage et vous en tirez avantage.
07:39À partir des années 90, en Occident surtout,
07:42il y a un changement du sens du libre-échange qui devient une fin en lui-même.
07:46Et on pourrait dire que la mondialisation devient l'horizon indépassable
07:49du genre humain. Et dès lors, il faut faire tomber les frontières
07:52pour faire tomber les frontières. Il faut déconstruire les frontières
07:55parce que les frontières sont fondamentalement mauvaises.
07:58Et qu'est-ce qu'on voit immédiatement ?
08:00Les conséquences, on les voit très très rapidement.
08:03Le travail coûte moins cher un peu plus loin,
08:05donc il y a des fermetures d'usines, il y a toute une série de secteurs économiques
08:08qui, dans le monde occidental, en Europe comme aux États-Unis, s'effondrent.
08:12Pourquoi ? Parce que le travail coûte moins cher ailleurs.
08:14J'ajoute non seulement que le travail coûte moins cher,
08:16mais en plus de cela, il n'y a pas de protection sociale.
08:18Quelquefois, les protections environnementales ne sont pas là.
08:21Donc, les entreprises décident de délocaliser au maximum.
08:24Dans leurs intérêts, mais rarement dans l'intérêt des pays en question.
08:27Il y a eu cette formule souvent utilisée qui n'était pas mauvaise.
08:30Qu'est-ce que le libre-échange mondialisé ?
08:32Ce sont les pauvres des pays riches qui financent les riches des pays pauvres.
08:35Et concrètement, ça correspondait à l'effondrement des classes moyennes
08:39un peu partout.
08:41Le libre-échange maximal qui s'accompagnait aussi,
08:43je me permets de le dire, du libre-échange des personnes.
08:46C'est-à-dire, dès lors qu'il n'y a plus de société organique,
08:49constituée, concrète, il n'y avait que des individus flottants
08:52qui devaient, on pourrait dire, devenir des nomades
08:55à la recherche des meilleures opportunités professionnelles possibles.
08:58Donc, c'est le passage, en fait.
09:00L'immigration massive, version libéraux.
09:02Pas version gauchiste, pas version progressiste.
09:04Mais l'immigration massive des libéraux,
09:06si vous n'êtes plus un être humain au sens complet,
09:08vous n'êtes plus un citoyen, vous n'êtes plus un enraciné,
09:11vous n'avez plus une identité, vous n'êtes qu'une unité économique
09:14qui doit se déplacer en fonction des intérêts du capital.
09:18Et cette idéologie va prendre beaucoup, beaucoup de place,
09:21on pourrait dire, dans les années 90.
09:23C'est les années Clinton.
09:24Les années Clinton incarnent ça assez remarquablement.
09:27Dans les années 2000, l'Union européenne va devenir le laboratoire,
09:30à certains égards, de fanatisme libre-échangeiste,
09:33et on le verra de plus en plus.
09:35Dans les années 2010 aussi, et on a l'impression,
09:38elle se constitue au même moment, une oligarchie mondialisée.
09:41Il faut bien voir une classe sociale qui profite comme jamais
09:45du libre-échange, de la fin des frontières,
09:47de la dérégulation, la mauvaise dérégulation, pourrait-on dire.
09:50Mais que se passe-t-il à partir du milieu des années 2010?
09:55Un peu avant, bien sûr, mais à partir de ce moment-là,
09:58on finit par constater que ceux qui disaient que le libre-échange
10:01coûte cher aux peuples qui y adhèrent sans réserve
10:04n'ont pas complètement tort.
10:06Et on va le voir aux États-Unis, ça vaut la peine de le dire.
10:09Trump 1, mais Trump 1 suivi de Biden,
10:12et Trump 2 aujourd'hui, disent un instant,
10:15on a adhéré à ça de manière absolument décomplexée,
10:18et qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui?
10:20On en paie le prix.
10:22Donc, c'est le retour aux États-Unis
10:24des barrières tarifaires depuis quelques années.
10:26La question des voitures électriques
10:28est un peu le symbole de cela.
10:30La Chine, de son côté, a profité au maximum
10:33du libre-échange mondialisé,
10:35mais non pas dans une perspective libre-échangeiste occidentale
10:38sur le mode, nous allons nous abolir, nous aussi,
10:40dans ce grand triomphe du libre-échange mondialisé.
10:43La Chine a utilisé le libre-échange mondialisé
10:45comme un accélérateur pour son rattrapage économique,
10:48pour son rattrapage technologique, pour son rattrapage industriel,
10:51mais elle a utilisé le libre-échange
10:53en fonction de ses intérêts.
10:55Et quand ses intérêts n'étaient plus servis par le libre-échange,
10:58la Chine a dit, on va changer de politique, tout simplement.
11:02Et là, on le voit aujourd'hui,
11:04une remise des barrières douanières autrefois abolies,
11:07ou être sérieusement diminuées.
11:09Et il n'y a qu'un endroit dans le monde
11:11qui continue de croire absolument à cette vision absolutiste,
11:15à cette vision sans nuance du libre-échange,
11:18c'est l'Europe, aujourd'hui,
11:20qui voit dans le libre-échange l'autre nom d'une mondialisation
11:23à laquelle elle ne cesse de rêver.
11:26Et il y a cette idée que l'Europe doit non pas être
11:29le lieu qui constitue politiquement
11:31la civilisation européenne faite de nations,
11:33mais le premier pas vers un monde
11:35qui se délivrerait des nations et des civilisations.
11:38L'Européen se trouve beau lorsqu'il dit,
11:40regardez, je pense au-delà de mes intérêts.
11:43Regardez-moi, ma grandeur, c'est d'agir contre mes intérêts
11:47et pour le bien de l'humanité.
11:49Peut-être est-ce sa grandeur, mais très concrètement,
11:52tout cela ne sert pas les peuples européens,
11:54sauf peut-être l'Allemagne,
11:56qui derrière le discours sur le libre-échange
11:58et l'idéologie du libre-échange
12:00trouve l'occasion de faire la promotion de ses intérêts.
12:03C'est la formule qu'on entend beaucoup ces jours-ci.
12:05On sacrifie les agriculteurs français
12:07pour permettre à l'industrie automobile allemande
12:10de vendre des bagnoles en Amérique du Sud.
12:13Autrement dit, l'Europe est à contre-temps.
12:15Oui, comme d'habitude.
12:17Comme ça arrive trop souvent.
12:19C'est-à-dire qu'il y a un paradoxe là-dedans.
12:22Il faut voir que même en économie,
12:24les idées mènent le monde en quelque sorte.
12:27Ce que j'entends par là,
12:29c'est que l'Europe s'est convaincue
12:31depuis une trentaine d'années, une quarantaine d'années,
12:33que fondamentalement, elle n'a pas d'identité spécifique.
12:36L'Europe, lorsqu'elle veut nommer ses valeurs,
12:38ne nomme que des valeurs universelles.
12:40Lorsqu'elle veut nommer sa forme politique,
12:42ne nomme que l'État de droit.
12:44Lorsqu'elle veut nommer sa citoyenneté,
12:46ne nomme que des principes comme la République dans un cas,
12:48la société libérale de l'autre.
12:50Et l'Europe peine à définir non seulement son identité,
12:53mais ses intérêts.
12:55Et je reviens sur cette idée.
12:57Les Américains défendent aujourd'hui leurs intérêts.
12:59On le disait pendant la présidentielle.
13:01Que ce soit Harris ou que ce soit Trump,
13:03les Américains, aujourd'hui, vont avoir une politique commerciale.
13:06Il va y avoir une différence de degré.
13:08Mais la nature de cette politique commerciale sera la même.
13:11On le voit aujourd'hui en Chine.
13:13Et qu'est-ce qu'on voit?
13:15Il n'y a que les Européens qui ont l'impression
13:17que s'ils décidaient de ramener à l'échelle continentale
13:19des protections tarifaires significatives,
13:21ils se disent qu'on régresserait dans notre volonté
13:23d'unifier le monde.
13:25Et de ce point de vue, c'est comme si l'Europe
13:27n'avait pas l'idée de ne plus exister.
13:29Ce serait son premier pas au service de l'humanité.
13:31Mais ça ne fonctionne pas toujours ainsi.
13:33Et qu'est-ce qui se passe à travers cela?
13:35On le voit autour de la question de l'agriculture.
13:37Je n'ai pas oublié mon sujet.
13:39La question de l'agriculture est fondamentale.
13:41Qu'est-ce que c'est?
13:43C'est l'indéracinable par excellence.
13:45L'agriculture, c'est le sol, c'est le concret,
13:47c'est la matière réelle.
13:49C'est ce qu'on ne peut pas déraciner,
13:51ce qu'on ne peut pas transposer,
13:53ce qu'on ne peut pas virtualiser, dématérialiser.
13:55Qu'est-ce qu'on voit?
13:57Nos sociétés qui se définissent dans l'abstrait,
13:59qui se définissent dans le pur principe,
14:01qui se définissent dans la désincarnation,
14:03il y a cette réalité, se font archaïques,
14:05mais je dis comme vous le devenez,
14:07le mot archaïque de manière positive,
14:09se font archaïques, indéracinables,
14:11c'est-à-dire cette part de soi,
14:13on a souvent dit que l'agriculture,
14:15c'est une part de l'identité française,
14:17de l'identité européenne,
14:19mais c'est une identité au sens fort,
14:21c'est le lien à la terre, c'est le lien au vivant,
14:23alors qu'est-ce qu'on voit à travers cela?
14:25Le lien avec cet ancien, on parle d'agriculture,
14:27la paysannerie, en fait, est quelque peu sacrifiée,
14:29le terroir est sacrifié,
14:31et qu'est-ce qu'on voit?
14:33Une agriculture artificialisée au possible,
14:35on arrive à ce paradoxe
14:37où les Français n'ont souvent pas les moyens
14:39d'acheter des produits qui viennent de chez eux,
14:41mais ils ont les moyens d'acheter des produits
14:43qui viennent de très loin ailleurs dans le monde.
14:45Mais ça, c'est de la folie.
14:47Mais c'est fou.
14:49Je n'ai pas les moyens de consommer
14:51ce qui se fait à côté de chez moi,
14:53mais j'ai les moyens de consommer
14:55ce qui se fait dans l'île lointaine à côté de l'Australie.
14:57C'est la Nouvelle-Zélande.
14:59C'est pas avec la même qualité.
15:01Bien sûr, parce qu'on y revient.
15:03Je reviendrai dans un instant.
15:05La close miroir fonctionne.
15:07Ils ont les mêmes exigences sanitaires,
15:09les mêmes exigences sociales.
15:11On constate que ce n'est pas toujours vrai.
15:13La fameuse question du poulet ukrainien,
15:15des formules bizarres qui sont juste dans la géopolitique.
15:17La question du poulet ukrainien nous a rappelé
15:19qu'effectivement, derrière l'apparence
15:21de standards semblables, cela ne correspond pas
15:23à la réalité.
15:25Et là, je fais un lien avec ce qui s'est passé
15:27aux États-Unis ces derniers temps, parce qu'il y en a un.
15:29Lorsqu'un pays perd le contact
15:31avec la part vitale de l'existence,
15:33l'agriculture, la culture.
15:35Mais ce qui vient avec ça, la culture de l'alimentation,
15:37la culture des saveurs, la culture des saisons,
15:39la culture des produits, ça nous donne
15:41une alimentation absolument industrialisée,
15:43absolument désincarnée,
15:45dont les effets, ce n'est pas la seule cause,
15:47mais dont les effets, c'est ce que donne
15:49aujourd'hui la population américaine,
15:51qui est aujourd'hui victime d'une épidémie
15:53d'obésité absolument effrayante,
15:55avec une jeunesse qui est diabétique.
15:57Il faut quand même voir l'extension
15:59du domaine du diabète chez les jeunes américains,
16:01c'est effrayant, et ça va rattraper
16:03tous les Occidentaux, si je peux me permettre.
16:05Qu'est-ce qu'on voit à travers cela?
16:07Quand vous sacrifiez le lien vital à ce qu'il y a
16:09de plus près de chez vous, le terroir, le local,
16:11la vie, et vous fonctionnez seulement
16:13par cette espèce d'industrie alimentaire
16:15déracinée, j'allais dire,
16:17artificialisée, et bien là,
16:19il y a des résultats très nets sur la santé publique.
16:21C'est une perte de culture,
16:23comme je l'ai dit, une perte de culture de l'alimentation,
16:25une perte de culture des saveurs,
16:27et ça donne à terme une société
16:29frappée, comme on le voit aujourd'hui, je l'ai dit aux États-Unis,
16:31d'obésité, mais évidemment on ne veut pas le voir,
16:33donc qu'est-ce qu'on fait devant ça? On préfère dénoncer
16:35la grossophobie et célébrer la diversité corporelle
16:37plutôt que de constater que nous sommes devant
16:39une crise de santé publique majeure,
16:41qui n'est pas sans lien avec tout ce que j'ai dit depuis quelques instants.
16:43Mathieu,
16:45revenons directement au libre-échange,
16:47et on met en coursure en entendant qu'il est possible
16:49d'avoir un libre-échange équitable.
16:51Est-ce bien le cas?
16:53Ce l'est bien évidemment. Je le dis,
16:55entre des zones commerciales
16:57qui ont globalement le même
16:59degré de développement de politique sociale,
17:01de règles sanitaires, oui,
17:03dans ce cas-là, personne ne plaide
17:05pour l'autarcie, on n'est pas des hobbits,
17:07on ne va pas vivre entre nous avec notre petit jardin,
17:09on se met ici en du voisin, ça serait
17:11absurde. Mais l'enjeu,
17:13c'est les fameuses clauses-miroirs,
17:15c'est ce qu'on appelle, est-ce qu'elles fonctionnent
17:17bien? Ce qu'on constate
17:19aujourd'hui, ou à tout le moins ce que l'on redoute
17:21pour le libre-échange avec le Mercosur,
17:23c'est que ça ne fonctionnerait pas aussi bien qu'on le dit.
17:25Donc les clauses-miroirs seraient plus
17:27artificielles qu'elles ne seraient concrètes.
17:29Ensuite, on nous dit, et ça j'ai eu l'occasion
17:31de le dire à plusieurs reprises, ne vous en faites pas,
17:33la part des produits venant d'Amérique du Sud
17:35serait mineure,
17:37donc ça ne bouleverserait pas l'écosystème
17:39agricole français. La réponse
17:41est plus complexe, la réalité est plus complexe,
17:43c'est que ça bouleverserait certains secteurs,
17:45certaines filières, ça pourrait mettre
17:47à mort plusieurs filières.
17:49Encore une fois, et chaque fois qu'une filière tombe,
17:51c'est un peu de l'agriculture française qui tombe
17:53aussi. Donc on s'inquiète
17:55de différentes... on pourrait dire en gros,
17:57la filière bovine, la filière porcine. De l'autre côté,
17:59les fromages et les vins disent, ah oui, on a un espace
18:01de conquête en Amérique du Sud grâce à cela,
18:03donc il y a des intérêts contradictoires, mais ce qui est
18:05certain, c'est que des filières vont tomber.
18:07Et là, j'en arrive au point de conclusion.
18:09La révolte des agriculteurs, pour l'instant, n'a pas
18:11la même ampleur que celle d'il y a quelques mois.
18:13Mais elle dit quelque chose d'une résistance
18:15profonde à un monde qui n'est fait
18:17que de tableaux Excel. Un monde
18:19qui n'est fait que d'une conception dématérialisée
18:21de toutes choses. Un monde où les sociétés
18:23sont absolument interchangeables, les populations
18:25sont interchangeables. Un monde qui a coupé
18:27tout lien possible avec la nature,
18:29avec le biologique, l'organique, la réalité
18:31des choses. Je reviens sur ce mot.
18:33C'est une révolte probablement archaïque,
18:35cette révolte des agriculteurs,
18:37mais c'est un archaïque porteur d'avenir
18:39parce qu'il rappelle que l'homme est toujours d'un lieu
18:41et qu'il, s'il sectionne tous les liens
18:43avec le lieu dont il vient, il se desséchera,
18:45il se dématérialisera, il mourra
18:47alors qu'il est encore en vie.
18:49C'est quoi ce livre que vous avez
18:51sur votre table? Ce sont les mémoires de
18:53Boris Johnson. Et vous vous baladez comme ça
18:55avec un livre? Je le lis avant que vous arriviez.
18:57Monsieur lit en permanence.
18:59Ça arrive de temps en temps.
19:01Et alors, qu'est-ce qu'il raconte? C'est tout à fait passionnant.
19:03Je peux faire une chronique sur
19:05Boris Johnson. Je ne le dirai pas.
19:07Globalement, c'est un esprit intelligent,
19:09critiquable à mille points, mais ce sont des vraies
19:11mémoires intéressantes à lire. Ce n'est pas toujours le cas.
19:13D'autant, je pense qu'il les a écrits lui-même. C'est assez rare pour ceux qui écrivent
19:15leurs mémoires.
19:17Merci beaucoup pour cette analyse aussi
19:19sur le Mercosur. Passionnant.
19:21Gabrielle Cluzel, les départements
19:23dirigés par la droite et le centre,
19:25on en a peu entendu parler.
19:27Ils ont menacé de suspendre
19:29le versement du RSA
19:31et d'arrêter de prendre en charge
19:33les nouveaux mineurs isolés.
19:35Pourquoi ils exigent que
19:37le gouvernement revienne sur les
19:39pensions budgétaires prévues l'an prochain?
19:41Le Premier ministre, de son côté,
19:43a annoncé que pour renflouer
19:45les caisses des départements,
19:47il allait augmenter les frais
19:49de notaire. Question
19:51en quoi est symptomatique d'une certaine
19:53fuite en avant dans laquelle la France est engagée.
19:55On en a peu parlé.
19:57Ça s'est passé jeudi.
19:59Il y a eu une sorte de front
20:01des départements de droite,
20:03du centre et indépendants
20:05qui ont déclaré,
20:07ils étaient réunis avec les départements de France,
20:09ils ont déclaré qu'ils ne
20:11pouvaient plus, d'une certaine façon,
20:13régler le RSA.
20:15À partir du 1er janvier,
20:17ils ne verseraient pas aux caisses d'allocations
20:19familiales. Ils n'ont plus les moyens.
20:21Exactement. Et qu'ils ne prendraient
20:23plus en charge non plus
20:25les mineurs isolés. Il faut savoir que
20:27dans cette loi de finances,
20:29on prévoit un effort de 5 milliards
20:31d'euros pour les collectivités.
20:33Selon les départements de France,
20:35c'est les départements de France
20:37qui sont le plus touchés
20:39par cet effort puisqu'on leur demande
20:41plus de 2 milliards
20:43d'efforts. D'où cette
20:45fronde.
20:47Je peux citer
20:49Nicolas Lacroix, ALR,
20:51qui est le président du groupe du département de droite.
20:53Il dit jusqu'à présent
20:55qu'on n'a rien dit, mais la protection
20:57de l'enfance, ce n'est pas la politique
20:59migratoire. Aujourd'hui, les mineurs
21:01non accompagnés,
21:03que l'État s'en débrouille et les prenne
21:05en charge. Il faut savoir que la question
21:07des mineurs isolés, c'est une patate
21:09chaude entre l'État
21:11et les départements. Parce que l'État
21:13dit que c'est l'enfance, c'est la protection de l'enfance,
21:15donc c'est au département de s'en charger.
21:17Et les départements disent que c'est
21:19une question migratoire, c'est des étrangers,
21:21donc c'est à l'État
21:23de s'en occuper.
21:25Or, les départements font face
21:27à une explosion de leur charge
21:29sociale du fait
21:31de la présence
21:33de ces mineurs isolés. Il faut savoir
21:35que depuis l'élection d'Emmanuel Macron
21:37en 2017,
21:39plus de 100 000 mineurs isolés ont été pris
21:41en charge par les départements. Et l'année
21:432023, ça a été vraiment un record absolu,
21:45avec plus de 31%
21:47par rapport à l'année précédente,
21:49donc ça augmente vraiment.
21:51On peut dire qu'ils sont,
21:53ce sont à 90% des garçons,
21:55des hommes,
21:57enfin des garçons si on considère qu'ils sont mineurs,
21:59et ils proviennent essentiellement
22:01d'Afrique subsaharienne, d'Afrique du Nord,
22:03mais aussi d'Asie et essentiellement
22:05d'Afghanistan en particulier.
22:07Et vous dites des hommes parce que souvent
22:09ce ne sont pas de réels mineurs.
22:11On en parle régulièrement ici.
22:13C'est une question qu'on aborde fréquemment,
22:15tous ne sont pas mineurs.
22:17Pourquoi est-ce que c'est devenu
22:19un si grave sujet de préoccupation
22:21pour les départements ?
22:23C'est un sujet grave à plusieurs
22:25titres, et on peut dire que ce sujet
22:27englobe
22:29tous nos
22:31dysfonctionnements, pour parler pudiquement.
22:33Tout d'abord,
22:35les mineurs non accompagnés représentent
22:37aujourd'hui entre 15 et 20%
22:39des mineurs pris en charge
22:41par l'Aide sociale à l'enfance,
22:43qui est aujourd'hui complètement
22:45dépassée, embolisée.
22:47Ces mécaniques,
22:49ce sont les enfants
22:51français qui doivent être aussi pris en charge
22:53qui en pâtissent nécessairement.
22:55Ensuite, il y a le coût
22:57annuel assez exorbitant par personne
22:59de la prise en charge. Il est estimé,
23:01il y a eu des combats d'experts sur ce sujet,
23:03je vais prendre la fourchette
23:05basse, entre 36 500
23:07euros par l'adresse,
23:09la Direction de la recherche, des études,
23:11de l'évaluation et des statistiques,
23:13et 50 000 euros selon
23:15l'Assemblée des départements de France.
23:17À cela, il faut rajouter d'autres coûts, il y a par exemple
23:191 500 euros, vous parliez de la question
23:21de savoir si certains étaient
23:23mineurs ou majeurs,
23:25on peut faire des tests
23:27au ceux, tant et que
23:29la justice les autorise,
23:31et puis il y a le coût en matière
23:33de justice, parce
23:35que certains ont maillé à partir
23:37avec la justice et sont
23:39entraînés dans un phénomène de délinquance
23:41dont nous pourrons peut-être parler plus tard.
23:43Alors, c'est vrai qu'on parle régulièrement
23:45nous deux mineurs isolés, on va essayer
23:47de comprendre pourquoi, par rapport à ce
23:49cri des départements qui ont
23:51besoin de moyens, le gouvernement
23:53répond... Et tout à fait surréaliste !
23:55Ah là, d'augmenter les frais
23:57de notaire, on ne comprend pas
23:59trop, mais on va comprendre après la pub.
24:05Les mineurs isolés,
24:07c'est devenu donc une filière
24:09d'immigration identifiée ? Oui,
24:11d'où la progression des chiffres,
24:13alors il faut savoir qu'un mineur isolé...
24:15Pas tous, pas tous, pas tous !
24:17Pas tous, pas tous, pas tous !
24:21Je ne sais pas
24:23ce qu'on vient de dire, mais pas tous !
24:27C'est la prévention !
24:29Cinture et bretelles !
24:33Le mineur non accompagné
24:35bénéficie d'une protection absolue, c'est-à-dire
24:37qu'il ne peut pas être renvoyé chez lui
24:39durant tout le temps
24:41de sa minorité, et puis
24:43quand il est déclaré réfugié
24:45ou qu'il bénéficie d'une protection
24:47subsidiaire, il bénéficie
24:49du regroupement
24:51familial pour ses parents
24:53mais aussi pour ses frères et soeurs
24:55mineurs, donc c'est
24:57assez intéressant sur ce
24:59plan-là, sur le plan du regroupement
25:01familial, donc il peut être
25:03envoyé en éclaireur
25:05par certaines familles.
25:07D'ailleurs, et ça c'est un sujet
25:09réel parce que c'est le mineur isolé
25:11en l'occurrence qui en pâtit, la sénatrice
25:13LR Valérie Boyer l'a dénoncé
25:15au Sénat l'an dernier,
25:17ce sont des, et Charlotte en parle régulièrement,
25:19ce sont des personnes qui sont
25:21victimes de trafics
25:23en tout genre, ils sont exploités
25:25sexuellement, de façon domestique
25:27un esclavage
25:29dans un foyer,
25:31et ils sont contraints parfois à commettre des délits,
25:33ils sont exploités au travail,
25:35ils sont forcés à faire la mendicité
25:37et on voit même que les narcotrafiquants
25:39les trouvent extrêmement intéressants
25:41parce que de fait ils n'ont
25:43aucune attache, ils ne connaissent personne
25:45et donc ce sont
25:47des employés fidèles.
25:49Alors ça c'est
25:51un vrai sujet, et puis
25:53le dernier point qui est assez peu abordé
25:55et j'en suis quand même très étonnée, c'est que
25:57la convention des droits de l'enfant prévoit qu'un enfant
25:59a le droit de vivre avec ses parents.
26:01Enfin, qui d'entre nous
26:03recueillerait un enfant
26:05sans se préoccuper de savoir d'où il vient,
26:07qui est sa famille,
26:09et sans chercher
26:11à le ramener chez lui, ça paraît complètement
26:13fou, et bien c'est aujourd'hui
26:15ce que fait la France et
26:17un certain nombre de pays occidentaux, dans une
26:19forme de paternalisme bienveillant finalement,
26:21ils se sentent autorisés
26:23à élever tous les enfants du monde
26:25et visiblement il arrive
26:27très mal.
26:29C'est quand même très curieux
26:31que personne ne
26:33dénonce cette immense
26:35violence consistant à séparer
26:37un enfant, un mineur,
26:39de ses parents, et c'est exactement
26:41ce qui se passe aujourd'hui.
26:43Donc, si vous voulez, ce qui est très étonnant
26:45c'est que Michel Barnier aurait pu saisir
26:47cette occasion de la
26:49fronte des départements pour mettre
26:51le sujet à plat.
26:53Que nenni ! On pouvait penser effectivement
26:55qu'il allait saisir l'occasion pour
26:57te remettre à plat, d'autant plus qu'il a dit
26:59sur France Bleu, qu'il avait
27:01urgence à maîtriser, je cite, l'immigration
27:03clandestine, mais ce n'est pas l'option qu'il a
27:05choisie pour aider les départements. Pourquoi
27:07et quelle option a-t-il choisi ?
27:09Il a choisi une stratégie
27:11qu'on pourrait appeler la FADM
27:13fuite en avant, droit dans le mur.
27:17Et il a fait ça ce même
27:1915 novembre, c'est quand même assez étonnant
27:21cette coïncidence de date.
27:23Donc il a expliqué au département
27:25ne vous inquiétez pas, je vais vous régler votre problème
27:27vos soucis d'argent
27:29vont s'évanouir,
27:31on va augmenter ce que l'on appelle
27:33vulgairement les frais de notaire, mais en fait
27:35c'est assez impropre parce que ce n'est pas le notaire qui se le met
27:37dans la poche, en l'occurrence c'est l'Etat
27:39et donc les collectivités locales
27:41en réalité le vrai non-savant c'est
27:43droit de mutation à titre onéreux,
27:45on va les augmenter de 0,5%
27:47donc ni vu ni
27:49connu,
27:51le département va voir
27:53ses caisses renflouées.
27:55Il paraît que ça ne fait pas grand-chose non plus.
27:57Bah écoutez, si en réalité
27:590,5% sur des frais de notaire
28:01c'est beaucoup, parce que si vous prenez
28:03un jeune ménage qui
28:05a 7, j'ai calculé pour vous
28:07un jeune ménage
28:09à seulement
28:11200 000 euros
28:13et ça lui fait 1000 euros
28:15de supplément de frais de notariat
28:17et vous savez que ces frais de notariat
28:19en plus ne peuvent pas être
28:21empruntés à la banque, chacun
28:23doit trouver dans son bas de laine
28:25donc non c'est pas à la portée de tout le monde
28:271000 euros supplémentaires.
28:31Alors c'est très particulier
28:33parce que les agences
28:35immobilières sont au vent debout, vous savez qu'il y a
28:37une crise immobilière très sévère
28:39qui s'est déroulée chez nous
28:41et donc ils se disent
28:43mais ça va être terrible, ça va
28:45continuer dans ce sens-là, loin
28:47de tout régler, ça va tout bloquer
28:49une nouvelle fois et ça va
28:51décourager les jeunes
28:53à acheter et c'est là le point le plus
28:55frappant, c'est que qui aujourd'hui
28:57achète ? Ce sont les enfants des
28:59classes moyennes
29:01l'accession à la propriété
29:03c'est
29:05la première
29:07façon d'investir
29:09et de s'enraciner et
29:11on est en train d'expliquer et un gouvernement
29:13de droite est en train d'expliquer aux classes moyennes
29:15que leurs enfants ne pourront pas
29:17acheter pour
29:19financer notamment
29:21mais le lien est fait très clairement par les départements
29:23l'immigration clandestine
29:25donc imaginez
29:27l'état d'esprit dans lequel
29:29se retrouvent aujourd'hui ces classes moyennes
29:31qui ont une impression extrêmement
29:33forte de déclassement puisque
29:35leurs enfants ne peuvent pas faire
29:37ce qu'ils ont fait eux-mêmes. Vous savez Philippe
29:39de Villiers il a coutume de dire
29:41la droite c'est la gauche
29:43sans les impôts, en fait c'est plus ça
29:45maintenant la droite
29:47fait des impôts
29:49pour tout et pour tous
29:51et ce qui est quand même très particulier
29:53c'est que la propriété était détestée
29:55par la gauche, vous savez la propriété
29:57c'est l'enracinement
29:59c'est l'enrichissement
30:01c'est un pauvre qui arrive ici
30:03et aujourd'hui c'est la droite qui
30:05attaque la propriété et à un moment
30:07où en plus et je terminerai par là
30:09où on dit que les jeunes ménages
30:11n'ont pas d'enfants
30:13les français de façon générale n'ont pas
30:15d'enfants, or le premier souhait
30:17pour avoir un enfant c'est d'installer le lit
30:19qui permettra de l'accueillir
30:21donc tout cela est absolument absurde
30:23je note simplement pour faire une
30:25comparaison que Giorgia Meloni et
30:27Victor Orban dans le même temps
30:29proposent des prêts à trop
30:31zéro pour acheter
30:33une résidence principale
30:35afin de
30:37faire remonter le taux de natalité
30:39Merci pour votre regard
30:41Gabrielle Cusel, j'ai une petite
30:43question pour vous Mathieu Bocoté, dans un instant
30:45après la chronique de Marc c'est sur
30:47James Bond
30:49Débat tout !
30:51Tout à l'heure, je pense que vous allez aimer ma petite
30:53question, petite question simple
30:55ensuite je vais vous montrer quelques images
30:57de Miss France à Miss Universe
30:59je vais vous montrer à tous vos amis ce qu'ils ont pensé
31:01Elle est avec James Bond ?
31:03Elle est avec moi jaloux !
31:05Calmez-vous, calmez-vous
31:07Et puis je vais vous montrer aussi
31:09l'image d'une procession dont personne n'a parlé
31:11Tout le monde parle de Notre-Dame
31:13Vous y étiez ?
31:15On va montrer
31:17tout ça dans un instant
31:19D'abord Marc Menand, on va parler
31:21de Charles Dumont
31:23qui est décédé à l'âge de 95 ans
31:25c'est lui qui a écrit pour
31:27Edith Piaf, notamment
31:29Non, je ne regrette rien
31:31Je vous propose des images en exclusivité
31:33peut-être les dernières images de Charles Dumont
31:35c'était en juin 2022
31:37il chantait avec Chimène
31:39Badie sur des images
31:41de Georges Vincendé, quelques secondes seulement
32:09...
32:33On n'applaudit pas suffisamment
32:35ces stars de l'ombre
32:37C'est formidable
32:39parce que c'est vrai, non rien de rien
32:41monument de la chanson
32:43emblème de notre culture à tout jamais
32:45de la France
32:47et derrière, le nom Charles Dumont
32:49Comment l'histoire, c'est une histoire extraordinaire
32:51Non, je ne regrette rien
32:53On est en 1960
32:55lorsqu'une rencontre se produit
32:57entre le petit Charles
32:59qui a déjà 40 ans
33:01et Edith Piaf, 45 ans
33:03ça fait 4 ans
33:05Edith Piaf a écrit avec son camarade
33:07Michel Wauquer
33:09cette chanson
33:11alors lui il a fait la musique, Wauquer les paroles
33:133 fois il s'est présenté chez Mme Piaf
33:15Mme Piaf, j'ai une chanson à vous proposer
33:17allez écoute, ça ne m'intéresse pas
33:193 fois, renvoyé
33:21puis un jour, il y a Wauquer
33:23qui le relance, il dit
33:25mais il faut que tu ailles la voir
33:27mais 1960, c'est l'année de l'horreur
33:29une de plus pour Edith Piaf
33:31quand elle était petite
33:33elle est tombée aveugle
33:35miraculée grâce à Sainte Thérèse de Lisieux
33:37une enfance de désespoir
33:39avec un père sur le trottoir
33:41qui lui fait jouer les contorsionnistes
33:43le grand amour avec Cerdan
33:45le drame, l'avion qui tombe
33:47l'amour envolé
33:49et puis en 1960
33:51il y a un accident de voiture
33:53qui la fauche
33:55et la voilà
33:57pour essayer de reprendre
33:59un tout petit peu
34:01de vigueur sous les médicaments
34:03mais elle se gave
34:05et de plus en plus
34:07elle s'affaiblit
34:09tant et si bien que quand son impresario
34:11lui propose une tournée
34:13les journalistes
34:15tels les vautours
34:17qui savent son état
34:19écrivent carrément
34:21c'est la tournée du suicide
34:23et c'est comme ça
34:25qu'elle s'en va sur les routes
34:27de ville en ville
34:29et le soir on se dit
34:31elle ne tiendra pas
34:33et il y a Dreux
34:35et à Dreux que se passe-t-il
34:37elle est là
34:39est-ce qu'on la laisse aller sur scène
34:41elle est bien frêle
34:43elle est bien chétive
34:45elle a mon piaf
34:47mais là sa robe noire
34:49elle n'est plus qu'un spectre je dirais
34:51elle n'est plus qu'une ombre
34:53elle est édite
34:55elle a un sourire figé
34:57à l'avance de son petit pas
34:59elle s'accroche au rideau
35:01et puis là il y a quelque chose qui l'apprend
35:03le démon du spectacle
35:05le diable de la joie
35:07et elle essaie de chanter
35:09quelques chansons mais elle se perd dans les mots
35:11c'est la confusion et elle a la septième chanson
35:13elle s'affaisse
35:15elle tombe, elle sera conduite à l'hôpital
35:17où là malheureusement
35:19on estime que son état
35:21est insoignable
35:23elle est arrivée au lit
35:25au pied du lit, il y a Charles Dumont
35:27qui fait attention à elle
35:29il est tombé amoureux, il espérait qu'elle chanterait ses chansons
35:31il lui avait donné
35:33je vous l'ai dit, début 1960
35:35mais elle n'est plus qu'un
35:37cadavre qui attend
35:39simplement
35:41l'officialisation
35:43et on a parlé
35:45à son manager
35:47à son impresario, d'un personnage
35:49Bruno Catrix
35:51l'appellera les mains du miracle
35:53il s'appelle Lucien Wimperer
35:55c'est un chiropractor
35:57et on lui demande de venir, il va redresser
35:59la môme Piaf, je vous ferai
36:01remarcher
36:03je vous ferai rechanter
36:05et que Catrix
36:07attend cet instant, non seulement
36:09parce qu'il l'aime
36:11mais de plus, l'Olympia est en faillite
36:13l'Olympia, ce temple
36:15du music hall français
36:17qui risque de fermer
36:19mais si Piaf était sur scène
36:21elle le relancerait
36:23cet Olympia
36:25alors on est là
36:27on veille et Dumont
36:29qui fait attention
36:31qui l'entend rechanter
36:33la voix qui s'éclaircit
36:35et voici le 29 décembre
36:37la presse est mitigée
36:39mais tout le monde est là
36:41le public, les grandes
36:43personnalités
36:45et on attend
36:47l'entrée en scène
36:49Dumont est dans la coulisse, bien sûr
36:51le petit Charles, pour lui
36:53c'est un moment extraordinaire
36:55il est fils d'un coco, ah oui
36:57son père travaillait chez la Técoère
36:59les avions de la Técoère
37:01et puis il était tombé amoureux
37:03d'Amstrong, il saignait la trompette
37:05mais la trompette, malheureusement
37:07il est opéré des amygdales, reprend
37:09trop tôt, dans le souffle
37:11et plus jamais il ne pourra voir cet instrument
37:13dans une église
37:15il voit un homme sur l'orgue
37:17qui se forme et c'est comme ça
37:19qu'il se lance dans la composition
37:21et là, elle va chanter
37:23ses chansons
37:25écoutez, piaf
37:27le 29
37:29décembre
37:311963
37:33une chanson
37:35de Michel Vauquer
37:37et Charles Dumont
37:39elle est plantée devant son micro
37:47les amants
37:51je ne regrette rien
37:53mes enfants
37:55on l'a mis au début mon chéri
37:57mais non, avec piaf
37:59ne vous fâchez pas, on ne sait pas où on en est
38:01pardon, c'est la chanson
38:03avec piaf, piaf devant le micro
38:05là, effectivement
38:07c'est que, après cette
38:09ce passage
38:11à l'Olympia, le triomphe
38:13elle l'emmène en tournée
38:15en première partie
38:17et c'est en Belgique
38:19mais première partie, ça veut dire quoi ?
38:21c'est que l'amant est reconnu
38:23qu'elle l'a façonné
38:25qu'elle l'a lancé
38:27et pour lui, et bien c'est la fin
38:29elle avait pratiqué de la même façon
38:31avec Montand, avec Moustaki
38:33elle aime les hommes
38:35qu'elle a formés
38:37et ensemble, ils chanteront
38:39les amants
38:41ça sera, je dirais, la marque
38:43en dehors de Non je ne regrette rien
38:45donc les amants qu'on vient d'entendre
38:47mais pour vous faire plaisir, on va repasser
38:49Edith Piaf, vous l'avez tellement bien lancée
38:51d'accord ? Alors refaites-le
38:53on est prêt à réagir pour Edith Piaf ?
38:55le tout premier, oui, celui qu'on a passé au tout début
38:57alors, Renaud, allez !
38:59Ah bon, moi je la voulais sur scène, là
39:01petit spectre, bout de bonne femme
39:03chétif noir, devant le micro
39:05raide
39:07une chanson de Michel Vauquer
39:09et Charles Dumont
39:11la foule applaudit
39:13le triomphant
39:41rien de rien
39:43non
39:45je ne
39:47regrette rien
39:49deux mois avant, elle était donnée pour morte
39:51merci beaucoup
39:53de nous avoir fait vivre
39:55ces instants de culture
39:57française, ces instants
39:59qui nous marquent, instants de culture
40:01française, je vais vous montrer juste une photo
40:03c'est si rare de mettre la France
40:05à l'honneur, coup de chapeau
40:07à Indira Ampio, Miss Guadeloupe
40:09Miss France, qui a dévoilé
40:11un incroyable costume national
40:13en hommage au drapeau français, samedi soir
40:15à Mexico, lors de Miss Universe
40:17elle s'est classée 20ème au concours
40:19mais c'était rare de voir
40:21les couleurs du drapeau
40:23portées fièrement
40:25j'ai encore
40:27une petite image de la fierté française
40:29on se souvient de l'incroyable
40:31engouement des français au pied de Notre-Dame
40:33le 15 avril 2019
40:355 ans après avoir réchappé
40:37de l'incendie de la cathédrale
40:39la statue de la Vierge à l'Enfant a retrouvé sa maison
40:41ce vendredi soir, une procession
40:43a eu lieu avec
40:45plusieurs centaines de fidèles
40:47donc la statue avait trouvé refuge
40:49dans l'église Saint-Germain-Loxerrois
40:51depuis l'incendie a survenu
40:53comme je disais le 15 avril 2019
40:55et vendredi soir, donc la statue
40:57a retrouvé Notre-Dame
40:59c'est important de souligner tout ça
41:01et puis une question pour vous peut-être Mathieu Bocoté
41:03James Bond, je ne comprends pas
41:05deux secondes de réponse
41:07parce qu'on est en retard, mais on ne peut pas
41:09terminer l'émission sans ça
41:11dans une interview, les producteurs du prochain
41:13007 ont fait des révélations sur le
41:15successeur de Daniel Craig
41:17James Bond, je cite, ce sera un homme
41:19bah oui
41:21il aura probablement
41:23la trentaine
41:25jusque là tout va bien, et il ne sera pas
41:27forcément blanc, selon eux
41:29le public va passer par une période d'adaptation
41:31mais c'est fascinant
41:33parce qu'en deux mots
41:35rappelez-vous pour le dernier film, il y avait la tentation de faire de James Bond
41:37une femme, il ne faut pas l'oublier
41:39là aujourd'hui, c'est pas nécessairement
41:41blanc, alors il faut juste distinguer deux choses
41:43si c'est 007, 007 c'est un code
41:45007 peut être noir, blanc, jaune
41:47mauve avec des points verts
41:49mais James Bond est un personnage qui existe
41:51dans l'univers de Ian Fleming
41:53et il est blanc, c'est comme ça, on peut créer un nouveau
41:55personnage, faire en sorte que ce nouveau personnage
41:57soit noir, il n'y a aucun souci, parfait, bravo
41:59merveilleux, ça existe, mais dire que
42:01James Bond devient noir, ça ne marche pas
42:03c'est comme si je veux faire un film remarquable
42:05sur Martin Luther King, mais il va être joué par un blanc, ça ne vous dérange pas
42:07j'espère, et là on me dit, oui mais il existe
42:09dans la vraie vie, oui, mais James Bond
42:11c'est un personnage de fiction identifiée qui a une histoire
42:13mais c'est de la manipulation idéologique comme d'habitude
42:15et ils espèrent qu'on réagisse mal pour nous
42:17traiter de racistes, encore
42:19j'ai lancé à Mathieu sur un sujet
42:21qui lui plaît, c'est pour ça qu'on avait invité
42:23la semaine dernière notre ami
42:25Claude Ribes qui parlait de personnages qui existaient
42:27le général d'humain, il faut
42:29parler de ceux qui existent et qui sont noirs
42:31mais pas besoin d'en inventer, on est d'accord
42:33bon alors, merci beaucoup
42:35mon cher Mathieu. Charlotte Dornelas
42:37aujourd'hui, deux événements
42:39semblent n'avoir rien à voir avec
42:41et font la une de l'actualité
42:43d'un côté les agriculteurs, de l'autre la commémoration
42:45du meurtre de Thomas Acrépole
42:47on peut s'interroger sur
42:49un pays qui abandonne ceux qui sont censés
42:51le nourrir et certains jeunes qui devraient
42:53assurer sa prospérité
42:55on dirait deux abandons, je me permets ce commentaire
42:57demain sera le triste anniversaire
42:59de la mort de Thomas Perrotout
43:01tué à Acrépole l'an dernier dans un bal
43:03de village, on ne sait toujours pas
43:05qui l'a tué
43:07mais est-ce qu'on sait si l'enquête avance ?
43:09Alors, dans ces affaires là
43:11déjà la lenteur de la justice est
43:13difficilement supportable
43:15mais là elle est décuplée par une enquête
43:17extrêmement difficile à mettre en place
43:19cette enquête ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas lieu
43:21évidemment, il y a
43:23350 auditions qui ont été menées
43:25aujourd'hui par les enquêteurs
43:27et donc là c'est l'instruction qui est en cours
43:29il y a 14 mises en examen
43:31qui sont encore en cours
43:33il y en a 3 qui étaient mineures au moment des faits
43:35il y a 9 personnes qui sont en détention
43:37provisoire depuis un an, ils sont en prison
43:39et depuis un an
43:41et 5 sous contrôle judiciaire
43:43pour rappel
43:45Thomas était mort lors de cette soirée
43:47mais il y avait 4 blessés graves en plus
43:49pendant la soirée dont certains ont des séquelles
43:51à vie
43:53ils ont un peu disparu dans le récit
43:55mais la maire de Romand-sur-Isère, vous savez Marie-Hélène Thoraval
43:57a tenu à les mettre aussi
43:59à l'honneur
44:01ces jours-ci. Concrètement
44:03toutes ces personnes mises en examen risquent
44:05la prison à perpétuité aujourd'hui
44:07puisqu'ils sont toujours un an après
44:09mis en examen pour homicide volontaire
44:11et tentative d'homicide volontaire en bande
44:13organisée. Alors pourquoi
44:15l'enquête a du mal à avancer
44:17et en l'absence d'avancer
44:19significative d'ailleurs
44:21on n'est même pas tenus au courant
44:23l'instruction étant évidemment secrète
44:25s'il y avait des grosses avancées ou par exemple
44:27des aveux, on le saurait évidemment
44:291. Personne ne se dénonce ni ne dénonce
44:31le ou les coups mortels
44:33donc parmi les mises en examen
44:35personne ne parle
44:37donc ça c'est la première chose. Deuxièmement
44:39les expertises des blessures, soit mortelles dans le cas de Thomas
44:41soit pour les autres personnes, n'ont pas permis
44:43de déterminer s'il y avait un couteau
44:45ou plusieurs qui avaient
44:47servi à attaquer
44:49ces blessés ou
44:51Thomas. Troisièmement
44:53aucune arme ayant servi
44:55n'a été retrouvée. Toutes les armes
44:57qui sont entre les mains des enquêteurs sont celles qui ont été
44:59confisquées par les vigiles, donc qui par définition
45:01n'ont pas servi, vous le savez
45:03certains ont été virés de la soirée
45:05parce qu'on avait trouvé sur eux des couteaux qui avaient été
45:07confisqués, mais aucune arme n'a été
45:09trouvée. Quatrièmement
45:11il y a beaucoup de versions différentes dans cette soirée
45:13il y avait 450 personnes
45:15donc vous imaginez les auditions, c'était à la fin
45:17de la soirée en plus, donc les versions
45:19diffèrent, en plus la panique évidemment
45:21la scène de crime a été extrêmement
45:23dégradée évidemment, vous savez sur place
45:25on envoie des gens pour faire des relevés, vous imaginez
45:27bien que 450 personnes
45:29et dans la cohue que ça a été
45:31la scène de crime, il n'y avait pas grand chose
45:33à retrouver de plus, et les exploitations
45:35vidéos n'ont pas permis de déterminer
45:37qui avait frappé
45:39la vidéo n'existant pas, j'imagine
45:41alors cette semaine encore, là, dans la
45:43semaine qui arrive, les auditions des mises en
45:45cause vont être faites
45:47encore une fois par l'instruction
45:49et l'enquête
45:51qu'est-ce qui pourrait se passer dans ce genre d'enquête, souvent on parle
45:53de confrontation par exemple, mais là vous avez 14
45:55mises en examen, 450 témoins
45:57potentiels à la soirée, comment vous organisez
45:59une confrontation pareille, c'est extrêmement
46:01difficile évidemment, pareil sur une
46:03reconstitution, une reconstitution sur place
46:05vous avez les personnes qui vont jouer leur rôle
46:07le soir de la soirée
46:09c'est évidemment très difficile
46:11dans une soirée d'une telle ampleur bien sûr
46:13d'autant que non seulement les versions
46:15divergent parmi les gens qui étaient à la soirée
46:17mais également parmi les mises en cause
46:19qui se contredisent beaucoup dans le récit
46:21qu'ils font, qui est arrivé quand, vous savez qu'il y a
46:23cette histoire d'expédition
46:25programmée ou non, mot
46:27qui avait été utilisé par le procureur
46:29à l'époque, donc il y a beaucoup d'incertitudes
46:31beaucoup aussi d'intérêts
46:33à préserver du côté des mises en cause
46:35donc tout ça rend la chose extrêmement
46:37compliquée, la famille de Thomas
46:39qui est évidemment vous l'imaginez dévastée
46:41aujourd'hui comme il y a un an
46:43a fait savoir qu'elle préférait
46:45patienter et obtenir une enquête
46:47extrêmement rigoureuse pour arriver devant
46:49la cour d'assises, c'est pas qu'ils préfèrent
46:51patienter, c'est pas par amour évidemment du temps
46:53qui les sépare de ce procès
46:55c'est simplement que vous le savez, un dossier
46:57doit être extrêmement solide pour que précisément
46:59les condamnations interviennent et tombent
47:01sur les bonnes personnes, évidemment
47:03et leur avocat précise, tout comme
47:05Marie-Hélène Thoraval qui les a régulièrement au téléphone
47:07ils font preuve d'une dignité
47:09hallucinante par rapport à ce qui leur est
47:11arrivé, ça vaut le coup de le préciser
47:13c'est pas le cas dans tous les cas
47:15il y a également une immense solidarité
47:17et ça c'est l'avocat qui le dit, notamment
47:19dans le village, vous savez on avait parlé de ce bal de
47:21village et du fait qu'un village ait percuté
47:23de cette manière sont des amis, des voisins
47:25un village tout entier et la
47:27maire de Romand-sur-Isère précisait que c'était
47:29une région dévastée et
47:31très en colère, également un an après
47:33Une région qui est
47:35par ailleurs touchée effectivement par
47:37un nouveau drame plus récent
47:39la mort d'un autre jeune à l'entrée
47:41d'une boîte de nuit, est-ce qu'on en sait
47:43plus sur cette affaire Charles ? Oui, alors là ça a été
47:45beaucoup plus rapide pour déterminer
47:47les choses, alors le procureur
47:49de Marseille lui-même a confirmé
47:51qu'il était une victime collatérale
47:53d'une, je le cite, mission
47:55lancée à deux hommes qui sont
47:57aujourd'hui mis en examen, on l'avait dit, ils avaient été
47:59interpellés l'un à Valence
48:01non pas à Valence
48:03l'un dans une ville, je ne veux pas me tromper
48:05l'autre à Marseille
48:07et ils ont été interpellés extrêmement
48:09rapidement en raison de la téléphonie
48:11du renseignement humain
48:13ça veut dire ce qui remonte à la police
48:15et qu'ont déduit là encore une fois
48:17Marie-Hélène Thoraval, vous savez ils sont originaires du même endroit
48:19ils étaient dans la même équipe de rugby avec
48:21Thomas, c'est que
48:23les polices de Valence
48:25et de Marseille qui travaillaient sur ce dossier
48:27connaissent parfaitement leurs délinquances
48:29il suffit d'un renseignement pour qu'elles sachent
48:31exactement qui est allé chercher, c'est quelque chose
48:33qui doit rester évidemment dans l'esprit de tout le monde
48:35parce que la police judiciaire travaille
48:37beaucoup sur une délinquance qu'elle connaît
48:39ce qui fait évidemment avancer
48:41les choses beaucoup plus rapidement
48:43et il s'agirait cette fois-ci, et c'est très
48:45différent de ce qui s'était passé à Crépole, d'un
48:47acte d'intimidation, possiblement
48:49d'une extorsion de fond sur
48:51la boîte de nuit dans laquelle se rendait
48:53Thomas, et évidemment plan là-dessus
48:55le procureur a dit pour l'instant il n'y a pas d'éléments matériels
48:57mais évidemment plan là-dessus
48:59le narcotrafic, puisqu'il a dit en revanche
49:01que tout ça nous ramenait
49:03naturellement, je le cite encore, à Marseille
49:05et entre temps, et cela
49:07concerne plus directement le quartier de la
49:09Monet, vous savez ce quartier dont sont originaires
49:11la plupart des personnes
49:13mises en examen dans le dossier de Thomas
49:15donc un quartier dit sensible
49:17comme on dit à
49:19Romain Surizère, et là il y avait eu
49:21un autre mort entre temps, c'était en avril dernier
49:23il s'appelait Zacharia, il avait
49:2516 ans lui aussi, et là
49:27on ne peut pas s'empêcher de penser aux dynasties
49:29délinquantes, vous savez dont avait parlé Marie-Hélène
49:31Thoraval au moment où il y avait des interpellations
49:33dans l'affaire de Thomas, elle avait dit
49:35certains de ces interpellés, on connait déjà
49:37leurs parents à la
49:39police et à la justice
49:41et elle parlait de dynasties délinquantes, ça avait
49:43fait hurler tout le monde, mais là Zacharia
49:45c'est encore une autre histoire, à la base c'est
49:47une altercation violente et filmée entre
49:49deux garçons, ils ont 15 ans tous les deux
49:51l'un revient
49:53se venger quelques jours plus tard
49:55avec son père, son frère
49:57et son beau frère, c'est le père
49:59qui est aujourd'hui soupçonné d'être à l'origine
50:01de l'expédition punitive, et Zacharia
50:03lui n'avait rien à voir avec ça, il a voulu s'interposer
50:05puisque le père avait demandé à son fils
50:07de frapper celui
50:09qu'il venait venger
50:11enfin dont il venait
50:13se venger, le père de Zacharia
50:15qui n'avait rien à voir, qui est mort d'un coup de couteau
50:17donné par le grand frère, a priori
50:19en tout cas il est soupçonné aujourd'hui, il a d'ailleurs reconnu
50:21le coup de couteau, mais il l'aurait trouvé par terre
50:23il ne serait pas venu avec un couteau, il l'aurait trouvé par terre
50:25il s'est confié là à l'endroit où il y avait une altercation
50:27incroyable, et son père, le père de Zacharia
50:29a confié dans la foulée, je note
50:31qu'il n'y a pas eu beaucoup de
50:33relais dans la presse à ce moment-là
50:35a confié vouloir, je le cite, retourner au Maroc
50:37parce qu'en France des jeunes meurent désormais
50:39tous les jours, personne n'a accusé d'être d'extrême droite
50:41on n'en a pas parlé, c'était plus simple
50:43et à l'époque Marie-Hélène Thoraval
50:45déplorait l'omerta, souvenez-vous
50:47dans la foulée de Thomas, sur
50:49le prénom des agresseurs
50:51pour certains fils de la délinquance déjà identifiés
50:53et elle parlait d'une centaine de personnes
50:55quand je vous parlais d'une délinquance connue
50:57une centaine de personnes qui mettaient un quartier
50:59de 4500 personnes
51:01en coupe réglée si l'on peut dire, c'est-à-dire
51:03qu'une minorité numérique devenait
51:05une majorité en influence
51:07jusque dans le bal de Crépole
51:09Alors certains témoins ont réaffirmé
51:11avoir entendu les agresseurs vouloir
51:13je cite, tuer du blanc
51:15planter du blanc, pardon
51:17et la mère de Romain Sureser
51:19parlait dans le journal du dimanche hier
51:21de quartier devenu, je cite
51:23ethnique, est-ce qu'on peut prendre cette donnée
51:25au sérieux ?
51:27La donnée du témoignage le soir du bal
51:29de Crépole, c'est un
51:31en effet vous l'avez dit dans le Dauphiné, le journal local
51:33plusieurs femmes qui étaient notamment organisatrices
51:35de ce bal, je vais les citer
51:37ça va être plus précis
51:39on sait ce qu'on a vécu, mon fils comme d'autres
51:41a entendu dire on est là pour planter du blanc
51:43pourquoi la justice ne l'a-t-elle pas retenue ?
51:45Si on nous prend pour des fachos alors il vaut mieux se taire
51:47notre parole est sans cesse politisée
51:49et nous on s'en tient aux faits
51:51donc elle insiste un an
51:53après en disant nous l'avons entendu
51:55pour dire les faits, moi je n'étais pas à cette soirée
51:57je donne un l'effet
51:59judiciaire et deuxièmement
52:01le comportement de la presse, ce qui sont deux choses
52:03différentes évidemment, un le procureur
52:05de Valence qui est chargé de cette enquête
52:07expliquait, je cite son communiqué
52:099 témoins ou victimes sur les
52:11104 auditionnés entendent des propos
52:13hostiles au blanc
52:15et pour autant dans le même communiqué le procureur
52:17nous explique que la justice considère que ces témoignages
52:19ne sont ni suffisants ni déterminants
52:21juridiquement
52:23alors juste, il y a eu plusieurs
52:25procès sur cette question du racisme anti-blanc
52:27il est arrivé plusieurs
52:29fois que ce ne soit pas retenu en première instance
52:31et que ce soit retenu comme circonstance
52:33aggravante en appel
52:35donc là aujourd'hui l'instruction n'est pas terminée
52:37ça peut être requalifié à l'instruction et ça peut même
52:39être requalifié directement au tribunal
52:41donc c'est pas définitif
52:43la décision du procureur qui reconnaît lui-même
52:45que 9 témoins, c'est pas rien 9 témoins
52:47on n'est pas 450
52:49c'est ça, donc
52:51ça revient souvent et par ailleurs
52:53il y avait une vidéo qui avait circulé sur les
52:55réseaux sociaux dans lequel on entendait
52:57clairement un jeune homme dire
52:59vas-y putain de Gouère, que tout le monde m'excuse
53:01Gouère étant une manière issue
53:03de l'Arabe d'Algérie de qualifier
53:05négativement les blancs
53:07donc ces insultes ont été
53:09proférées, est-ce que c'est la raison
53:11du meurtre, là je laisserai la justice faire
53:13je note simplement que
53:15si ça avait été l'inverse, probablement que ça aurait été pris
53:17un peu plus au sérieux, la justice a du
53:19mal avec le racisme anti-blanc
53:21elle a du mal soit idéologiquement, soit à le qualifier
53:23et c'est parfois, on appelle seulement
53:25que ça arrive, et parfois pas du tout
53:27la deuxième chose, c'est que ça n'a
53:29même pas été pris au sérieux par ceux-là-même
53:31qui sont chargés de relayer la parole des témoins
53:33puisque notre métier de journaliste
53:35fait que nous sommes obligés de donner
53:37la parole à des témoins puisque nous n'y étions pas
53:39or je note que non seulement
53:41la plupart de la presse
53:43n'a pas relayé ce témoignage-là
53:45mais ils ont fait pire
53:47ils ont choisi de ne le relayer
53:49que le témoignage des mises en cause
53:51qui disait qu'il y avait une altercation
53:53à la suite d'une blague sur leurs cheveux, vous vous souvenez
53:55de cette histoire-là, donc ils ont choisi
53:57délibérément certains témoignages
53:59ceux des mises en cause dont certains étaient déjà
54:01connus de la police et de la justice, contrairement
54:03en l'occurrence aux victimes, et pas
54:05d'autres, donc là il y a un choix délibéré
54:07de ne pas
54:09relayer ce témoignage-là
54:11et vous le disiez, Marie-Hélène Thoraval, et là c'est l'autre temps
54:13parle, elle, de quartiers ethniques
54:15elle dit que les quartiers populaires sont devenus des quartiers
54:17communautaires par le biais de
54:19l'immigration massive et ils sont devenus
54:21ces derniers temps ethniques, c'est-à-dire le
54:23degré, le premier
54:25degré on va dire de l'appartenance
54:27et que donc les autorités s'en trouvent affaiblies
54:29et que par conséquent, l'argent
54:31vient supplanter toute autorité, qu'elle soit
54:33étatique ou parentale ou même communautaire
54:35et que dans ce...
54:37il ne faut pas s'étonner donc à la
54:39fin que quand vous voulez qualifier l'autre, vous le
54:41qualifiez de blanc, et par ailleurs
54:43souvent dans les procès, et alors là je ne parle que des
54:45procès qui ont existé, quand il y a des condamnations
54:47blancs, et parfois remplacés
54:49dans la même phrase par français
54:51dans la tête de beaucoup, ça veut dire la même chose
54:53donc il faudrait peut-être le traiter
54:55aussi. Merci pour
54:57vos précisions, Charlotte, un an après
54:59cette affaire
55:01Mathieu Bocoté,
55:03Joe Biden a autorisé l'utilisation
55:05par l'Ukraine de missiles longs portés
55:07qui peuvent frapper directement le territoire
55:09russe, deux mois
55:11avant la fin de son mandat, comment analyser
55:13politiquement cette
55:15décision qui surprend?
55:17C'est ce qu'on pourrait appeler de manière un peu provocatrice
55:19c'est la manière qu'a Joe Biden de prendre
55:21le capital à lui tout seul pour contester les résultats
55:23d'une élection. Je résume
55:25Joe Biden,
55:27l'Ukraine demandait depuis un temps, et on comprend
55:29les Ukrainiens, de dire on veut
55:31avoir les armes nécessaires pour frapper les Russes
55:33sur leur territoire, c'est leur logique
55:35mais on sait ce que ça veut dire concrètement
55:37ça veut dire une logique d'escalade
55:39c'est une logique d'escalade d'autant que
55:41nous sommes dans un contexte où
55:43la Corée du Nord a envoyé ses propres
55:45troupes sur le terrain
55:47donc imaginons que l'Ukraine réussisse à
55:49frapper le territoire russe avec des armes
55:51américaines, avec la permission
55:53des Américains, avec l'autorisation
55:55des Américains, on devine la réaction
55:57des Russes dans de telles circonstances
55:59un conflit qui était encore
56:01pour l'instant relativement localisé
56:03peut à tout moment
56:05se globaliser, se
56:07européaniser, se mondialiser
56:09alors là, de quoi parlons-nous
56:11ici, c'est la possibilité que
56:13Joe Biden dit vous pouvez le faire désormais
56:15vous pouvez dire qu'est-ce que ça veut dire
56:17dans le contexte qui est le l'autre
56:19Donald Trump s'est fait
56:21élire en disant si je suis élu, je vais
56:23régler en 24 heures, on comprend que c'est une image
56:25mais en 24 heures je vais régler ce conflit
56:27parce que je vais arriver avec une approche
56:29neuve, une approche qui n'est pas celle qui
56:31était adoptée jusqu'à présent et je vais proposer
56:33une solution de compromis qui
56:35n'implique pas la reconquête totale des
56:37territoires ukrainiens par l'Ukraine, non plus
56:39que la chute de
56:41Poutine à Moscou, non plus
56:43que de l'autre côté, la disparition de l'état ukrainien
56:45je proposerai une solution
56:47négociée, ce que cherche
56:49à faire Joe Biden, je développerai dans un instant
56:51c'est de rendre à certains égards
56:53impossible cette paix négociée
56:55en Ukraine en permettant
56:57de frapper directement le territoire russe
56:59avec des armes sous autorisation américaine
57:01Oui, rappelons que l'investiture effectivement
57:03c'est le 20 janvier
57:05pour Donald Trump, alors autrement dit
57:07M. Bokoté, Joe Biden, utilise
57:09ces dernières semaines à la présidence
57:11pour rendre impossible
57:13les choix politiques formulés par les Américains
57:15au moment de la présidentielle
57:17Et bien franchement, qui en est surpris
57:19objectivement, quand on parlait de cette élection
57:21on disait, si les démocrates perdent
57:23c'est un scénario, c'est ce qui s'est concrétisé
57:25ils ne tolèreront pas la nouvelle
57:27orientation fixée
57:29par les républicains, version Donald Trump
57:31à la maison blanche. Donc que feront-ils
57:33et on en parlait, je lisais ça dans les journaux français
57:35mais aussi américains ces derniers jours, la question
57:37chez les démocrates en ce moment c'est comment faire
57:39en sorte que nos choix ne puissent pas
57:41être renversés par cette nouvelle administration
57:43qui a pourtant été élue
57:45avec un mandat populaire
57:47pour faire d'autres choix. Donc
57:49il s'agit de créer une situation
57:51qui place l'administration Trump
57:53sous le signe de l'irréversible Bidenien
57:55il s'agit concrètement de dire
57:57vous avez une politique, vous vouliez ne pas négocier
57:59elle ne sera pas possible
58:01est-ce que ce que dit, soit dit en passant, c'est cité dans Le Monde
58:03un conseiller de Donald Trump
58:05Richard Grenell, il s'appelle
58:07personne n'anticipait le fait
58:09ça je suis pas certain mais bon, quoi qu'il en soit
58:11personne n'anticipait le fait que Joe Biden allait
58:13causer une escalade dans la guerre en Ukraine
58:15pendant la période de transition
58:17c'est comme s'il lançait complètement
58:19une nouvelle guerre, tout a changé
58:21à présent, tous les calculs précédents
58:23sont nuls et non avenus
58:25et tout cela pour de la politique
58:27fin de la citation, qu'est-ce que ça veut dire
58:29c'est-à-dire que fondamentalement
58:31et c'est pas surprenant, les démocrates disent
58:33on a mené cette guerre dans une perspective
58:35néo-conservatrice, de croisade démocratique
58:37pas juste de soutien à l'indépendance à l'Ukraine
58:39de croisade démocratique
58:41et bien cette approche est condamnée
58:43les néo-conservateurs n'auront plus la main sur la politique
58:45américaine, dès lors on va propulser
58:47on va jeter la chose tellement rapidement
58:49qu'elle va sortir de nous, on n'aura plus
58:51la maîtrise sur cette situation
58:53et à partir de là, la prochaine administration
58:55quels que soient les choix antérieurs
58:57c'est ce pour quoi elle a été
58:59élue, un changement de cap en politique
59:01étrangère, il faut le dire en trois secondes
59:03c'est une des premières élections où la politique
59:05étrangère a tant compté dans le choix
59:07des électeurs américains, normalement les américains
59:09ne votent pas pour la politique étrangère
59:11mais là il y avait une division fondamentale
59:13sur comment se représentait la politique étrangère
59:15des Etats-Unis, notamment en Ukraine
59:17et bien l'administration Biden à sa manière
59:19dit vous avez été élue, vous en avez le mandat
59:21mais vous ne pourrez pas l'appliquer
59:23c'est pour ça que je disais au tout début que c'est la manière
59:25qu'a trouvé Joe Biden de s'emparer du Capitole
59:27à lui seul, quatre ans plus tard
59:29qu'est-ce que j'entends par là, mais tout simplement
59:31c'est moins brutal, c'est moins vulgaire
59:33c'est moins grossier, mais il décide de ne pas
59:35rendre le pouvoir en imposant ses choix
59:37aux suivants
59:39toujours craindre le dernier saut
59:41de la bête qui meurt
59:43tout de suite Pascal Praud, merci à tous
59:45et au revoir