Le vent, dans la tourmente du changement climatique _ ARTE

  • il y a 4 mois
Affectés par l’élévation des températures en Arctique, les courants-jets, un système venteux qui circule à haute altitude autour de la Terre, ont une influence sur des épisodes météo extrêmes.

Aux États-Unis, ce sont des ouragans qui dévastent avec une fréquence accrue des régions entières, de la côte Est jusqu'au golfe du Mexique. Les pluies diluviennes et les épisodes caniculaires n'épargnent pas non plus l'Europe. Entre 1986 et 2016, les tempêtes et les sécheresses ont fait disparaître 17 % de la canopée du continent. Sur la façade atlantique, exposée au vent du large, l'érosion du littoral menace les constructions côtières. En cause, les courants-jets. Circulant d'ouest en est tout autour de la Terre à plus de 10 000 mètres d'altitude et à une vitesse de 500 km/h, ce système venteux résulte de la rencontre entre les masses d'air chaud venues de l'équateur et celles d'air froid en provenance des pôles. Un premier courant se forme au niveau des tropiques et un second, plus puissant, autour du soixantième parallèle. Le courant-jet polaire de l'hémisphère Nord entraîne la formation de zones anticycloniques ou dépressionnaires au niveau des latitudes moyennes. Mais l'augmentation des températures en Arctique, plus importante qu'ailleurs sur la planète (+ 3° C contre + 1,1° C en moyenne), a pour conséquence d'affaiblir le régime du courant-jet polaire. Un cercle vicieux qui aggrave le dérèglement du climat...

D'une forêt allemande à l'île du Spitzberg, dans l'archipel norvégien du Svalbard, en passant par le littoral de la Nouvelle-Aquitaine et la côte Est des États-Unis, ce documentaire suit, sur le terrain et dans leur laboratoire, des scientifiques (géologue, climatologue, météorologue, ornithologue...) qui étudient le rôle des courants-jets dans des phénomènes météo de plus en plus destructeurs mais aussi les conséquences de leur affaiblissement sur certaines populations d'oiseaux comme les albatros.
Transcript
00:00 Le vent est le moteur de notre météo.
00:02 C'est lui qui provoque l'alternance entre pluie et soleil.
00:05 Mais le changement climatique semble l'avoir fait tourner.
00:09 Les vents vont forcément se transformer
00:11 avec la hausse des températures.
00:13 Aux Etats-Unis, les ouragans se font de plus en plus violents
00:17 et destructeurs.
00:18 Mais l'Europe n'est pas épargnée par les catastrophes naturelles.
00:21 La faute aux courants de jet,
00:24 qui sont les plus dangereux.
00:25 Les uranes sont les plus dangereuses.
00:28 La faute aux courants de jet, un vent d'Ouest très rapide,
00:32 soufflant à 10 km d'altitude.
00:34 Le courant de jet est comme un guide, une autoroute à tempête.
00:39 Ce courant d'altitude subit l'influence des températures de l'Arctique.
00:46 Et leur évolution est alarmante.
00:48 Le vent a tendance à se renforcer,
00:53 ce qui entraîne des épisodes météorologiques extrêmes.
00:57 Les transformations du régime des vents représentent un danger.
01:01 Le vent est un mouvement de l'air
01:18 provoqué par une différence de température ou de pression.
01:22 Mais il est en perpétuelle évolution.
01:25 Plusieurs études ont montré que la vitesse des vents
01:28 durant les tempêtes hivernales
01:29 avait augmenté jusqu'à 5 % en Europe centrale.
01:32 Les tempêtes durent aussi plus longtemps
01:36 et entraînent des dommages plus importants.
01:38 Le phénomène est particulièrement visible en forêt.
01:42 17 % de la canopée européenne
01:45 a disparu entre 1986 et 2016.
01:49 Ici encore, c'est la force des vents qui en est à l'origine.
01:54 Etat des lieux dans une forêt du nord-est de l'Allemagne.
01:57 Heiko Schulz et Mathis Janssen
02:00 sont venus constater les dégâts subis par les épicéas
02:03 suite à une tempête.
02:05 Après de fortes pluies,
02:07 un ouragan venu de l'Atlantique a fendu, couché
02:11 et même déraciné de nombreux arbres.
02:13 Quand il pleut beaucoup avant une tempête,
02:17 le risque d'avoir de la casse est beaucoup plus grand.
02:21 Les racines ont moins de force dans un sol ameubli.
02:24 Alors ça glisse et l'arbre se couche.
02:26 Mais si les tempêtes font de plus en plus de dégâts
02:30 dans nos forêts en hiver,
02:32 cela tient aussi au fait que nos étés sont plus chauds.
02:35 Les épisodes de canicule affaiblissent les arbres
02:38 en les rendant plus vulnérables aux attaques d'insectes.
02:41 Les troncs fragilisés par une infestation de parasites
02:44 seront les premières victimes de la prochaine tempête.
02:48 Un véritable cercle vicieux.
02:50 Les arbres couchés doivent être évacués de la forêt.
02:56 Leur bois mort est un vrai bouillon de culture pour les insectes.
02:59 L'écorce, incapable de se défendre, est rapidement attaquée.
03:04 Un épicéa en bonne santé, lui,
03:06 peut se protéger de nombreuses agressions grâce à sa résine.
03:10 Les arbres sont éliminés par la tempête.
03:16 ...
03:20 -Là, c'est carrément un coléoptère de la famille des buprestes.
03:24 On le voit à ses galeries sinueuses avec des bords très nets.
03:28 Rien à voir avec les capricornes ou les scolites.
03:31 -C'est caractéristique.
03:33 -Oui. Et si on regarde plus bas...
03:36 Là, une larve de bupreste.
03:38 C'est un insecte qui profite du changement climatique.
03:41 Il aime la chaleur
03:43 et il est capable de repérer un arbre affaibli dans un rayon de 20 km.
03:47 Il a tout ce qu'il faut pour se développer.
03:49 -Le changement climatique entraîne une dangereuse réaction en chaîne
03:53 dans les forêts d'Europe.
03:56 -La tempête offre des conditions idéales
03:58 pour une infestation future par ces insectes,
04:01 car elle leur permet de trouver facilement des lieux de ponte.
04:05 A moins qu'on évacue le bois rapidement,
04:07 comme on le fait maintenant.
04:09 En octobre 2017, la tempête a fait
04:12 tomber beaucoup d'arbres dans cette forêt.
04:14 On n'a pas eu le temps de tout nettoyer.
04:17 Au printemps, il y avait encore quelques troncs au sol.
04:20 Résultat, le Bostriche typographe,
04:22 arrivé en avril-mai, avec la hausse des températures,
04:25 a trouvé un milieu parfait pour pulluler.
04:28 Et l'engrenage s'est mis en marche.
04:30 -Et puis, il a pris sa course.
04:32 -Sauver la forêt suppose donc d'évacuer le bois mort au plus vite,
04:37 ce qui a un coût, en équipement comme en personnel.
04:41 -Le littoral de Nouvelle-Aquitaine
04:43 est exposé au vent venu du large.
04:46 Ici aussi, le changement du climat est perceptible.
04:49 A Sous-Lac-Sur-Mer, les employés de la voirie
04:53 sont obligés de déblayer le sable qui envahit les rues
04:56 et de le remettre sur la plage,
04:58 car la dune protège la ville des tempêtes en hiver.
05:01 La montée du niveau des eaux se fait déjà sentir.
05:06 En 2014, un épisode de "Les Temps"
05:09 a presque entraîné l'effondrement de cet immeuble résidentiel.
05:13 Depuis, des brise-lames ont été installées en mer
05:28 et les digues ont été renforcées.
05:30 Mais ce n'est qu'un répit.
05:32 Les chercheurs pensent que les tempêtes
05:34 n'ont pas fini de battre des records de vitesse.
05:37 ...
05:39 Tous les ans, au printemps,
05:42 l'observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine
05:45 ne peut que constater les dégâts de la saison hivernale.
05:48 -Et puis, on va longer là et on va l'installer là-bas.
05:52 -Thomas Bulto et ses collègues
05:54 installent leurs instruments de mesure sur une plage de Biarritz.
05:58 Cette station GPS communiquera avec un satellite
06:01 capable non seulement de déterminer son emplacement précis,
06:05 mais aussi son élévation par rapport au niveau de la mer.
06:08 -Ces mesures sont nécessaires
06:11 parce qu'on a une côte qui est très mobile.
06:13 Les mouvements sont quand même assez impressionnants
06:16 sur certaines parties de la côte aquitaine.
06:19 Donc, faire ces mesures régulièrement et sur le long terme
06:22 nous permet d'avoir un socle de connaissances robustes.
06:26 Et ce n'est qu'après plusieurs années d'observation
06:29 qu'on est capable ensuite d'apporter une véritable mesure
06:34 et d'apporter une véritable expertise auprès des décideurs
06:37 pour qu'ils prennent des décisions en matière d'aménagement.
06:41 Musique douce
06:43 ...
06:49 -A cet endroit du littoral,
06:51 ce sont des rochers immergés en mer qui protègent la plage.
06:55 Et pourtant, les tempêtes et l'élévation du niveau des eaux
06:58 sont déjà à l'oeuvre.
07:00 Des pans entiers de la côte se sont déjà effondrés.
07:04 La plage est soumise à deux forces contraires.
07:07 Les épisodes de submersion emportent le sable vers le large,
07:11 tandis que le vent l'entraîne vers la terre.
07:14 Les plages des environs de Biarritz
07:16 perdent ainsi quelques millimètres tous les ans
07:19 et se rapprochent inexorablement du niveau de la mer.
07:22 ...
07:29 -Si on a des tempêtes répétées avec des grosses pluviométries,
07:33 comme on a eu récemment, en décembre dernier,
07:37 on a bien vu qu'il y a eu un vrai déclenchement,
07:40 un déclenchement de beaucoup de mouvements de terrain
07:43 qui étaient liés à ces précipitations un peu anormales.
07:47 On pressent quand même qu'au-delà de l'aspect marin,
07:51 il peut aussi y avoir des conséquences des tempêtes
07:54 sur la pluviométrie,
07:55 qui peut avoir un impact sur le littoral rocheux basque.
07:59 -L'abaissement de la plage facilite le travail de sable de l'océan,
08:03 qui ronge la côte centimètre par centimètre.
08:06 Le front de mer est désormais menacé de disparition.
08:09 Le protéger contre les tempêtes à venir
08:12 coûterait plusieurs milliards d'euros.
08:15 ...
08:19 -De relocaliser, en fait, les habitations ?
08:22 Je pense que oui, en fait.
08:24 C'est ce vers quoi, finalement, la société va tendre
08:28 et va se faire enregistrer.
08:29 Le problème actuellement, c'est qu'on n'a pas
08:32 les outils juridiques, financiers, réglementaires
08:36 pour pouvoir mettre en oeuvre ces solutions.
08:38 Mais on sent bien, finalement,
08:40 que c'est en laissant une profondeur de respiration à la côte,
08:44 en laissant, finalement, la nature un petit peu jouer son rôle,
08:48 et en étant un peu plus en retrait,
08:51 qu'on arrivera à vivre durablement sur le littoral,
08:54 qui est bien réel.
08:55 -Les scientifiques de l'Institut de recherche sur le climat
08:58 étudient les conséquences du changement climatique
09:02 sur la météo. Y a-t-il un lien
09:04 entre les épisodes extrêmes de canicule,
09:06 de pluie ou de tempête ?
09:09 Pour Efi Roussi et Stéphane Ramsdorff,
09:12 le vent pourrait apporter la réponse à cette question.
09:16 -Nous avons déjà constaté des changements
09:21 dans le régime des vents,
09:22 qui dépendent principalement de la région et de la saison.
09:26 En hiver, par exemple, nous voyons bien
09:28 que les trajectoires des tempêtes se renforcent,
09:31 surtout dans le nord-ouest de l'Europe.
09:33 Et en été, c'est l'inverse, ces trajectoires s'affaiblissent.
09:37 -La hausse des températures entraîne nécessairement
09:40 une modification des vents, car elle n'est pas répartie
09:43 de façon uniforme à la surface de la Terre.
09:46 Or, on sait que le vent résulte
09:48 d'une différence de température entre deux régions.
09:51 Il est donc bien évident que le réchauffement climatique
09:54 ne peut qu'entraîner une transformation
09:57 du régime des vents,
09:58 ce qui a bien sûr des répercussions pour l'homme.
10:01 -Le temps qu'il fait sur Terre
10:03 se décide à environ 10 000 m d'altitude.
10:06 Les courants de jette résultent de la rencontre
10:09 entre les masses d'air chaud venus de l'équateur
10:11 et celles d'air froid en provenance des pôles.
10:14 La rotation du globe les oriente d'ouest en est,
10:18 un premier courant se forme au niveau des tropiques,
10:21 un second, plus puissant, autour du 60e parallèle.
10:24 Il tire sa force des différences de température
10:27 entre l'air chaud du sud et l'air froid du pôle.
10:30 Le courant de jette polaire de l'hémisphère nord
10:33 entraîne la formation de zones anticycloniques
10:36 ou dépressionnaires au niveau des latitudes moyennes.
10:39 Les chercheurs ont constaté qu'il avait tendance à ralentir.
10:43 -Le temps qu'il fait sur Terre
10:45 est de plus en plus long pour les régions arctiques.
10:48 Les régions arctiques se réchauffent plus rapidement
10:51 que le reste du globe à basse altitude.
10:54 Concrètement, cela signifie que le gradient horizontal
10:57 de température, c'est-à-dire la différence
10:59 entre les pôles et l'équateur, diminue.
11:02 Et si l'écart se resserre, on a des vents moins rapides
11:05 et des courants de jette plus faibles.
11:08 -L'Arctique.
11:09 Le globe est un des pays les plus éloignés
11:12 de l'Histoire.
11:14 L'Arctique.
11:15 Ces 50 dernières années,
11:16 les températures y ont augmenté de 3 degrés,
11:19 soit nettement plus que dans le reste du monde,
11:22 où le réchauffement atteint environ 1,1 degré
11:25 depuis les débuts de l'ère industrielle.
11:28 Marion Matturilli,
11:29 météorologue à l'Institut Alfred Wegener,
11:32 se rend sur l'île de Spitsberg
11:34 pour y étudier les raisons de ce réchauffement plus rapide
11:38 et ses conséquences.
11:39 Elle coordonne l'ensemble des études scientifiques
11:42 menées par la station de recherche franco-allemande,
11:45 administrée conjointement avec l'Institut polaire Paul-Emile Victor.
11:49 -La recherche en Arctique gagne en importance
11:53 parce que le changement climatique y est beaucoup plus avancé
11:57 ici qu'ailleurs.
11:58 Ici, à Niolosun, nous avons la possibilité de mesurer
12:01 et de documenter les effets du réchauffement
12:04 dans plusieurs domaines
12:06 et d'en étudier les différents processus.
12:09 -Niolosun, à l'ouest de l'île,
12:11 ne compte que quelques dizaines d'habitants,
12:14 mais c'est un haut lieu de la recherche sur le climat.
12:17 11 pays y sont représentés.
12:19 A l'observatoire franco-allemand, bardé d'instruments de mesure,
12:23 Marion Matturilli a déjà pu mettre en évidence
12:26 les premiers effets de la hausse des températures.
12:29 -En particulier en hiver,
12:31 on a vu un réchauffement de plus de 2,5 degrés
12:35 par rapport à la hausse des températures.
12:37 -Pendant les mois d'hiver, en particulier,
12:40 on constate que les flux d'air viennent plus souvent du sud.
12:44 Ils apportent des masses d'air chaudes et humides
12:47 des latitudes moyennes.
12:49 Ca a des répercussions sur la formation de nuages
12:53 et les précipitations,
12:55 et donc sur le climat local,
12:57 ce qui est assez préoccupant.
12:59 -Je veux déjà gonfler le ballon, OK ?
13:04 -Les changements subis par les vents
13:06 contribuent donc au réchauffement de l'Arctique.
13:09 Ingénieur en environnement,
13:11 Ficker-Adder assiste les chercheurs dans leurs travaux.
13:14 Tous les jours, à midi,
13:16 elle lance un ballon équipé d'une radiosonde
13:19 qui transmet un grand nombre de données sur l'atmosphère.
13:23 Ces relevés permettent à Marion Matturilli
13:25 d'évaluer les conséquences de la hausse des températures
13:29 de l'Arctique sur le courant de jet.
13:31 Pour dresser un tableau complet
13:33 des effets en altitude du réchauffement terrestre,
13:36 plusieurs sondes similaires sont lâchées simultanément
13:40 en divers endroits du globe.
13:41 Elles peuvent s'élever jusqu'à 30 km avant d'éclater.
13:45 -C'est un outil essentiel pour mon travail,
13:48 car c'est le seul moyen d'effectuer des mesures
13:51 à 30 km d'altitude.
13:53 Et la résolution verticale est très élevée.
13:55 Le ballon monte à une vitesse de 5 m/s
13:58 et effectue un relevé par seconde.
14:00 Ca veut dire qu'il transmet une valeur tous les 5 m,
14:03 ce qu'aucun autre appareil ne pourrait faire.
14:06 -Marion Matturilli a ainsi pu constater
14:08 que le courant de jet s'était modifié.
14:11 Les transformations du vent
14:15 ont des conséquences sur les êtres vivants.
14:18 Dans la forêt de Chizé, près du marais Poitvin,
14:22 se trouve l'un des principaux centres
14:24 de recherche ornithologique en France.
14:27 ...
14:31 Henri Weimerskirch y organise des missions
14:34 aux quatre coins du monde.
14:35 ...
14:43 Depuis plus de 40 ans, il s'intéresse aux grands albatros
14:46 nichant sur les îles Crozets,
14:48 dans les terres australes et antarctiques françaises.
14:51 En 2012, il fait une découverte.
14:54 ...
14:56 -En analysant les données à long terme,
14:59 on a suivi les oiseaux année après année pendant 20 ans,
15:02 on s'est aperçus qu'on a eu des changements très importants
15:05 des déplacements des albatros au cours de la reproduction
15:09 à partir des îles Crozets.
15:10 Des déplacements et également de leur biologie de reproduction
15:14 et même du poids des individus.
15:17 -Les oiseaux ont gagné en moyenne 1 kg en l'espace de 20 ans,
15:22 sans que leur envergure ait changé.
15:25 Le nombre d'individus de la colonie a lui aussi augmenté.
15:29 Les juvéniles sont chaque année plus nombreux
15:31 à atteindre l'âge adulte.
15:33 La raison de cette évolution serait restée un mystère
15:36 si les chercheurs n'avaient pas épluché 20 ans
15:39 de relevés météorologiques dans la région.
15:42 -C'est, d'une part, le changement de vent,
15:47 donc l'augmentation de la vitesse du vent,
15:49 qui a permis aux albatros de se déplacer
15:51 beaucoup plus rapidement.
15:53 On a une augmentation significative
15:55 de la vitesse de déplacement des albatros.
15:58 Et ça, ça a permis aux oiseaux de gagner du poids,
16:03 puisqu'ils peuvent trouver la même quantité de nourriture
16:07 en moins de temps.
16:08 Cela leur permet de gagner du poids.
16:10 -Les albatros ont donc profité d'un courant de vent d'Ouest
16:14 que la hausse des températures avait décalé
16:16 en direction du pôle Sud.
16:18 ...
16:25 Cette découverte fortuite a prouvé, pour la première fois,
16:29 que les modifications de la trajectoire des vents
16:31 influaient considérablement sur les espèces.
16:34 -En particulier, ce qui était complètement sous-estimé,
16:39 c'est que ce changement climatique puisse avoir une implication
16:43 sur le comportement d'un animal,
16:45 notamment sur sa vitesse de déplacement.
16:48 C'est quelque chose qui était effectivement très surprenant
16:52 et inattendu.
16:53 -S'il est une catégorie d'Européens
16:55 qui savent bien que les transformations du vent
16:58 peuvent tout changer, ce sont les agriculteurs.
17:00 L'alternance entre épisodes secs et pluvieux
17:03 a perdu de sa régularité.
17:05 Les céréaliers, notamment,
17:07 voient fluctuer le niveau de leur récolte.
17:10 C'est ce qui a poussé Jan Wittenberg
17:13 à privilégier des variétés moins sensibles
17:15 aux caprices du temps.
17:17 -La lupine a un exceptionnel appareil racinaire.
17:22 Sa racine pivotante s'enfonce très facilement dans le sol,
17:26 ce qui permet à la plante d'aller puiser dans des réserves d'eau
17:30 auxquelles d'autres variétés n'ont pas accès.
17:33 Elle a aussi un effet structurant sur le sol,
17:36 bénéfique pour les cultures suivantes.
17:38 En 2020, la 2e grande année de sécheresse dans la région,
17:43 la lupine a encore atteint des rendements records,
17:46 alors que toutes les autres cultures,
17:48 à commencer par les céréales, étaient presque à zéro.
17:51 -Le changement climatique n'est ni une vue de l'esprit
17:57 ni un phénomène réservé aux pays lointains.
18:00 Cela fait longtemps qu'il est ressenti en plein coeur de l'Europe.
18:03 L'été 2018, marqué par une canicule de plus de 15 jours,
18:07 a levé les derniers doutes.
18:09 -Ca fait une éternité que l'on discute du problème du climat
18:14 et des épisodes extrêmes.
18:16 Malheureusement, certains ont longtemps refusé d'ouvrir les yeux.
18:20 Mais je crois que pour nous tous, 2018 a été l'année charnière.
18:24 C'est là où on s'est dit "Là, ça devient sérieux.
18:27 "Le climat a changé.
18:29 "Maintenant, c'est à nous de nous adapter."
18:31 -Dans sa ferme du nord de l'Allemagne,
18:35 Jan Wittenberg a été l'un des premiers à réagir.
18:39 -Ca fait plus de 20 ans que je ne pratique plus aucun labour.
18:44 Car je suis convaincu que le semis direct
18:47 est plus bénéfique pour le sol, pour les plantes
18:49 et pour tout l'écosystème.
18:51 Pour deux raisons.
18:53 D'abord, cela permet à l'eau de mieux s'infiltrer
18:55 en cas de précipitations extrêmes.
18:58 On a une porosité verticale qui lui permet de bien descendre
19:01 pour s'introduire au plus profond du sol.
19:03 L'autre raison, c'est qu'on limite l'érosion
19:07 due au vent et au ruissellement.
19:11 -Si le lupin d'hiver vient tout juste d'être semé,
19:14 le colza, lui, est déjà en fleurs.
19:17 Jan Wittenberg cherche à étaler au maximum
19:20 le calendrier de ses récoltes.
19:22 -On doit essayer de s'adapter.
19:25 Ce qui veut dire aménager nos rotations culturales
19:29 dans la mesure du possible, changer nos cultures
19:32 et surtout, favoriser la biodiversité.
19:34 Il faut varier les espèces afin de réduire le risque.
19:39 Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.
19:43 -Les canicules que l'Europe a connues ces dernières années
19:47 sont-elles le résultat des changements survenus
19:50 dans l'Arctique ?
19:51 C'est la réponse à cette question que Marion Maturilli
19:54 est venue chercher sur l'île de Spitsberg,
19:56 où le temps est bien trop beau pour un mois de septembre.
19:59 Si, historiquement, les températures
20:02 n'ont pas toujours été négatives à cette période de l'année,
20:05 le fjord était quand même le plus souvent pris
20:08 par la glace.
20:09 Mais l'époque où on le traversait en motoneige
20:12 est bel et bien révolue, même en hiver.
20:15 ...
20:22 Marion Maturilli et son équipe
20:24 se rendent dans une autre station de recherche
20:27 où sont analysées les particules apportées par le vent.
20:30 Une pollution microscopique
20:32 qui témoigne de mouvements à très grande échelle.
20:35 -Il y a aussi des mesures de la pollution
20:38 qui, sur de longues distances...
20:40 -La pollution que nous mesurons ici
20:42 a parfois parcouru des milliers de kilomètres,
20:45 avec le vent, bien sûr.
20:47 Le vent dépose dans l'Arctique
20:49 des particules venues de régions industrielles
20:52 ou encore de feux de forêt en Sibérie.
20:54 ...
20:57 -Étape suivante.
20:58 Un glacier situé à l'est de la baie.
21:00 C'est de lui que proviennent les blocs de glace
21:03 flottant dans le fjord.
21:05 Le front glaciaire ne cesse de reculer,
21:07 ici comme à l'intérieur des terres,
21:09 ce qui contribue à l'élévation du niveau des mers.
21:12 Mais la calotte glaciaire d'ici, au pôle Nord,
21:15 est plus mince qu'au pôle Sud.
21:16 Pour Marion Maturilli, la disparition de la banquise
21:20 est le phénomène le plus préoccupant.
21:22 -Quand la glace de mer recule ou disparaît,
21:25 la surface de l'eau se retrouve à l'air libre.
21:28 L'eau étant plus foncée que la glace,
21:31 elle se dégrade et se dégrade plus.
21:34 Comme la glace, elle réfléchit moins bien les rayons du soleil
21:37 et absorbe la chaleur,
21:38 ce qui contribue à l'élévation des températures de l'océan
21:42 et de l'atmosphère.
21:43 C'est ce qu'on appelle une rétroaction.
21:46 ...
21:49 De plus, le contact avec l'air favorise l'évaporation de l'eau.
21:53 L'atmosphère devient à la fois plus chaude et plus humide.
21:57 Ca a notamment une influence sur la formation des nuages
22:01 et alimente une nouvelle boucle de rétroaction
22:04 dans laquelle le climat se réchauffe.
22:07 -Un effet de plus qui aggrave le réchauffement de l'Arctique.
22:11 Mais qu'en est-il de l'influence sur le courant de jette ?
22:15 A l'Institut Alfred Wegener de Potsdam,
22:18 les scientifiques transforment les données
22:21 des stations de l'Arctique en modèles mathématiques.
22:24 Ils cherchent à déterminer si les phénomènes constatés au pôle
22:29 accélèrent réellement le changement climatique.
22:32 Dörte Hanndorf surveille de près la glace de mer de l'Arctique
22:36 à l'aide de photosatellites.
22:38 ...
22:42 -La banquise est en recul à peu près constant.
22:48 C'est ce que nous montrent ces courbes.
22:52 Si l'on observe les minimas de chaque année
22:55 durant les dernières décennies,
22:57 le mois de septembre, donc,
23:00 on constate une baisse de l'étendue de la glace de mer
23:04 depuis la fin des années 1970.
23:07 Une baisse que l'on peut chiffrer à environ -13 % tous les 10 ans.
23:13 ...
23:18 -Sans glace de mer au-dessus du cercle polaire,
23:21 le réchauffement de l'Arctique s'accélère sensiblement.
23:25 Dörte Handdorf cherche à en évaluer les conséquences
23:28 pour le courant de jette.
23:30 ...
23:32 -Nous avons montré que le déclin de la couverture de glace de mer
23:37 peut exercer une influence sur le courant de jette.
23:41 En effet, nous avons établi une corrélation
23:45 entre la baisse de cette couverture,
23:47 l'affaiblissement du courant de jette
23:49 et la survenue de ce qu'on appelle les situations de blocage atmosphérique.
23:54 ...
23:55 -Les situations de blocage se produisent
23:57 quand le courant de jette ralentit
23:59 et que son flux se relâche autour du globe.
24:02 Les ondes s'amplifient jusqu'à devenir stationnaires.
24:06 Crête anticyclonique en rouge et creux dépressionnaire en bleu
24:10 n'alternent plus et stagnent plus longtemps sur les régions concernées,
24:14 provoquant ainsi des épisodes de forte chaleur
24:17 ou de froid intense de longue durée.
24:20 Ces fluctuations du courant de jette ont toujours existé,
24:24 mais les chercheurs de l'Institut Alfred Wegner
24:26 ont prouvé qu'elles pouvaient être engendrées
24:29 par le changement climatique
24:30 avec des répercussions potentiellement catastrophiques.
24:33 ...
24:36 -Il y a un lien évident
24:38 entre le courant de jette et les épisodes météorologiques extrêmes.
24:42 Il existe notamment un phénomène de formation d'ondes de grande amplitude
24:47 qui serpente autour du globe, entre le nord et le sud,
24:51 et qui, à un moment, s'immobilise.
24:53 Ca entraîne une stagnation de la météo,
24:56 qui peut durer très longtemps.
24:58 Si vous êtes en zone dépressionnaire,
25:01 vous aurez de fortes pluies avec un risque d'inondation.
25:04 Et si vous êtes dans l'anticyclone,
25:08 vous risquez une vague de chaleur et une sécheresse.
25:12 -On ne sait pas encore
25:14 si ces coups de mou du courant de jette sont plus fréquents.
25:18 Mais ce qu'on peut dire,
25:22 c'est que même un petit changement dans le courant de jette,
25:25 un léger affaiblissement en été, par exemple,
25:28 peut avoir un impact météo disproportionné
25:31 à la surface du globe.
25:34 -Les variations du vent sont donc à l'origine
25:38 des épisodes de canicule et de sécheresse
25:41 qu'ont connu l'Europe en 2018 et 2019.
25:44 En cause, un anticyclone stationnaire
25:47 résultant de l'affaiblissement du courant de jette.
25:50 Les régions exposées à un creux dépressionnaire prolongé
25:53 subissent au contraire des pluies abondantes.
25:56 C'est ce qui s'est produit en 2021 en Allemagne et en Belgique,
26:00 où les inondations ont fait plus de 200 morts.
26:03 Mais comment faire le lien avec le changement climatique ?
26:07 Martin Kreiumkamp, du service météorologique allemand,
26:11 étudie ces corrélations.
26:13 Ce nouveau champ de recherche porte un nom, l'attribution.
26:16 -Nous utilisons des modèles climatiques
26:20 et des simulations pour comparer la situation réelle,
26:23 où l'humain vit sur Terre et provoque de nombreuses transformations,
26:27 avec une situation théorique, en dehors de tout effet anthropique,
26:30 c'est-à-dire sans émissions de gaz à effet de serre,
26:33 sans occupation des sols, etc.
26:35 Et on observe les éventuelles différences.
26:40 -Les inondations écrues ayant endeuillé l'Allemagne
26:43 font partie des pires catastrophes naturelles survenues en 2021.
26:48 Les spécialistes de l'attribution
26:50 ont intégré le niveau des précipitations à leur modèle.
26:53 -Le changement climatique a joué un rôle dans les événements
26:59 à l'origine des inondations de la vallée de l'Ard.
27:02 Il a augmenté la probabilité de ce type de catastrophe
27:05 d'un facteur compris entre 1,2 et 9
27:07 par rapport au début de l'ère industrielle.
27:11 La fourchette est large, car nos données elles-mêmes manquent de précision.
27:15 Mais si l'on prend un facteur médian, le chiffre 5,
27:18 un événement se produisant statistiquement tous les 2000 ans
27:21 arriverait désormais tous les 400 ans.
27:25 -L'université de Princeton,
27:29 dans l'Etat américain du New Jersey,
27:31 est l'un des établissements de recherche
27:33 les plus réputés au monde en matière de changement climatique.
27:37 Le professeur Tom Knudson et son équipe
27:41 travaillent sur les ouragans
27:43 et l'influence que le climat peut avoir sur eux.
27:46 Ils évaluent notamment les conséquences
27:49 que subissent les habitants des régions exposées aux tempêtes.
27:52 -Nous pensons qu'avec la poursuite du réchauffement climatique,
27:58 les ouragans vont gagner en intensité.
28:01 C'est un effet qui peut paraître modeste,
28:04 de l'ordre de 3 %,
28:07 mais une augmentation de 3 % de la vitesse des vents
28:10 se traduit par une hausse importante des dommages occasionnés.
28:14 Les dégâts provoqués par les ouragans
28:16 s'accroissent selon une échelle non pas arithmétique,
28:19 mais géométrique, avec sans doute un facteur 3.
28:22 3 % en plus pour la vitesse du vent
28:24 équivaut à environ 10 % de dégâts en plus.
28:27 -A la Nouvelle-Orléans, en Louisiane,
28:34 les tas de gravats qui bordent les rues
28:36 et les bâches bleues tendues sur les toits
28:39 sont les résultats du passage récent d'un ouragan.
28:41 16 ans après Katrina,
28:43 qui avait ravagé des quartiers entiers de la ville,
28:46 la région a subi une nouvelle tempête.
28:49 Haïda, classée ouragan de catégorie 4
28:51 sur une échelle de 5.
28:54 La ville a été balayée par des vents de 240 km/h.
28:58 Elle n'en est toujours pas remise.
29:00 Pour Dartstowell, le 29 août 2021
29:05 restera le jour où il a subitement perdu son toit.
29:08 L'homme est actuellement hébergé par son frère.
29:11 -Ca fait mal de voir tout ça.
29:17 J'avais tellement de souvenirs dans cette maison.
29:22 J'avais fait tellement de travaux.
29:24 On l'avait emménagé en 1978.
29:27 Ca fait un sacré bail.
29:29 C'est surréaliste.
29:32 J'ai pas d'autres mots pour décrire ça.
29:36 Quand vous regardez chez les voisins,
29:39 j'aurais très bien pu avoir juste un dégât de toiture,
29:42 mais c'est fou.
29:44 Il a fallu que ce soit ma maison qui s'écroule.
29:47 J'arrive pas à y croire.
29:49 -La tempête a atteint les côtes de Louisiane
29:53 un dimanche, peu avant midi.
29:55 Les météorologues avaient émis une alerte,
29:58 mais de nombreux habitants n'ont pas voulu évacuer leur maison.
30:02 Darstoval, lui aussi, a tenu à rester chez lui,
30:05 espérant que la tempête épargnerait la ville.
30:08 ...
30:17 Il se trouve à l'étage,
30:19 quand une rafale s'abat sur sa maison et en déboîte les murs.
30:23 L'homme devra s'extraire lui-même des décombres.
30:26 -Je sais pas encore très bien
30:28 si je vais rester à la Nouvelle-Orléans ou pas.
30:32 Avec les ouragans,
30:33 il faut toujours être sur ses gardes et faire profil bas.
30:37 C'est ça ou déménager.
30:38 On dirait qu'il y en a de plus en plus.
30:41 Celui-là s'est produit
30:43 juste après le 16e anniversaire de Katrina.
30:46 Ca finit par être épuisant,
30:48 même si on n'est pas directement touché,
30:51 juste de savoir que ça vous pend au nez.
30:54 -Aïda a frappé la ville de plein fouet.
30:57 Et les prochains ouragans pourraient être plus puissants encore.
31:02 -Nous prévoyons une autre évolution en lien avec les ouragans,
31:06 la hausse de la pluviométrie.
31:08 Car d'une façon générale,
31:10 une atmosphère plus chaude contient plus de vapeur d'eau.
31:14 Les ouragans vont concentrer
31:16 toute cette humidité au coeur de la tempête.
31:20 On prévoit que pour toute augmentation
31:22 d'un degré Celsius de la température de la mer en surface,
31:26 le taux de précipitation augmentera de 7 pour cent.
31:30 -L'ouragan Aïda a confirmé les pires prophéties
31:33 sur le changement climatique.
31:35 La perturbation a balayé la côte est des Etats-Unis,
31:39 entraînant des pluies diluviennes.
31:41 Une centaine de personnes y ont laissé la vie.
31:44 A Lombertville, dans le New Jersey,
31:47 les pluies ont fait sortir les ruisseaux de leur lit
31:50 et les ont transformés en torrents dévastateurs.
31:53 La maison des Ceparulo n'a pas résisté à ces torrents.
31:57 Les 4 membres de la famille ont tout juste eu le temps
32:01 de se mettre à l'abri.
32:02 -Sur la gauche, là, c'était les chambres des enfants.
32:06 Ma fille et mon fils avaient chacun la leur.
32:09 C'est par là que l'eau s'est engouffrée,
32:12 détruisant tout le rez-de-chaussée.
32:14 On a fait un petit tour
32:16 de la maison des Ceparulo,
32:18 et on a vu que les gens
32:20 avaient des problèmes de santé.
32:22 Ils avaient des problèmes de santé
32:25 et de santé de tout le rez-de-chaussée.
32:27 On avait un plancher en bois qui s'est affaissé au milieu.
32:32 Une fois que l'eau est entrée dans la maison,
32:35 elle a tout emporté vers la rivière.
32:38 -La maison des Ceparulo a été rasée depuis.
32:41 Celle des voisins est elle aussi condamnée.
32:44 Le terrain a été déclaré inconstructible
32:47 afin d'éviter toute prochaine catastrophe.
32:50 Les dangers liés aux pluies torrentielles
32:53 accompagnant les ouragans ne font en effet que s'intensifier.
32:57 -La vitesse de propagation des tempêtes tropicales
33:03 et des ouragans au-dessus du territoire américain
33:07 a baissé depuis 1900.
33:09 Et si une tempête ralentit,
33:11 cela signifie qu'elle passe plus de temps là où elle est.
33:15 Ce ralentissement entraîne donc une hausse
33:17 du total des précipitations à un endroit donné,
33:21 et donc une hausse du risque de crues et d'inondations.
33:25 -L'Organisation européenne
33:27 pour l'exploitation des satellites météorologiques,
33:31 à Darmstadt, transmet à Météo France
33:33 et à ses homologues européens
33:35 les données relevées depuis l'espace,
33:38 élément essentiel des prévisions.
33:40 Paolo Ruti, directeur scientifique,
33:45 travaille à améliorer leur précision.
33:47 Car jusqu'à présent, ces services n'arrivaient
33:51 à mesurer le vent que de façon indirecte.
33:53 -Les canaux infrarouges et visibles
33:55 nous fournissent des données très précises,
33:58 qui font apparaître différents nuages
34:01 à différentes altitudes.
34:02 Nous observons les mouvements de ces nuages,
34:05 et cela nous permet d'en déduire les vecteurs vent.
34:09 C'est très important, car c'est cela qui donne au modèle
34:12 la capacité à bien localiser les tempêtes,
34:15 leur dynamisme et leur vitesse de propagation.
34:18 -Les satellites météorologiques
34:20 nous renseignent très peu sur le courant de jet.
34:23 C'est ce à quoi doit remédier un nouveau système de mesures
34:27 déjà lancé à titre expérimental,
34:29 et dont la mission est d'observer l'influence du vent d'altitude
34:33 sur le temps qu'il fait sur Terre.
34:35 ...
34:37 -Qu'est-ce qui se passe dans le temps ?
34:40 -Ce sont les satellites météorologiques
34:42 qui sont en train de faire des recherches
34:45 sur les tempêtes.
34:46 ...
34:49 -Ce qui se passe en altitude, jusqu'à 10 km,
34:51 est primordial pour nous aider à comprendre
34:54 et à prédire ces systèmes.
34:56 C'est là que nous aimerions avoir plus de données.
34:59 ...
35:01 Il existe aujourd'hui une sorte de prototype,
35:04 baptisé Eolus, d'après Eole, le dieu du vent,
35:08 qui nous permet déjà d'en savoir un peu plus.
35:12 ...
35:14 -Ce satellite, équipé d'un système innovant de mesures du vent,
35:18 a été construit par l'Agence spatiale européenne.
35:21 Son laser émet de brèves impulsions lumineuses
35:24 dans l'ultraviolet et mesure le décalage
35:26 de la lumière rétro-diffusée par les molécules,
35:29 dont il calcule ainsi la vitesse.
35:31 Eolus a été lancé depuis Kourou, en 2018.
35:35 Depuis, l'Institut d'études de la troposphère à l'Aïbo,
35:39 lui consacre une journée par semaine, le vendredi.
35:42 Holger Barth et Sébastien Blei passent en revue
35:45 les données transmises par le satellite.
35:47 ...
35:50 -Ca, c'est les mesures de la semaine dernière ?
35:52 -Exact.
35:54 -Les données relevées sont disponibles
35:56 3 heures seulement après le survol d'une région par Eolus.
36:00 -C'est le métro estlic de Leipzig.
36:02 Et chaque de ces lignes,
36:04 chaque de ces lignes,
36:06 chaque de ces rectangles représente une valeur du vent
36:10 mesurée par Eolus.
36:12 Le satellite effectue des relevés
36:14 jusqu'à environ 30 km d'altitude.
36:16 On voit différentes nuances.
36:18 Et si on regarde la légende,
36:20 le rouge correspond à un vent d'est
36:22 et le bleu marine à un vent d'ouest.
36:25 -Plus la couleur est foncée et plus le vent est fort.
36:28 La zone de rectangle bleu correspond au courant de jet.
36:31 -On voit bien ici la façon dont les couleurs
36:35 se brouillent à basse altitude.
36:37 C'est dû aux nombreuses turbulences
36:39 qui font qu'on a du mal à obtenir des valeurs très précises
36:42 depuis l'espace.
36:44 -On regarde les valeurs de la radiosonde.
36:47 -Chaque vendredi, le satellite passe au-dessus de Leipzig.
36:50 Holger Barth et Sébastien Blei en profitent
36:53 pour envoyer une sonde.
36:55 -Elle est montée à combien ?
36:57 -Jusqu'à 24 km.
37:00 -Super.
37:01 -Elle a pu couvrir toute la hauteur des relevés d'Eolus.
37:04 -C'est ça.
37:05 -Le ballon sonde livre des mesures plus précises que le satellite.
37:09 Mais seul Eolus est capable de fournir une vue d'ensemble
37:12 sur le courant de jet.
37:14 -Eolus a une précision de 5 à 8 m par seconde
37:18 s'il n'y a pas de nuages.
37:20 Une marge d'erreur de 5 ou 8 m ici ou là,
37:23 ça ne remet absolument pas en cause nos modèles.
37:27 Musique de suspens
37:29 -Le service météorologique allemand,
37:32 près de Francfort, recoupe et convertit les données
37:35 transmises par Eolus en bulletins météo.
37:38 ...
37:41 Alexander Kress a pu avoir accès, pour la 1re fois,
37:44 à des données sur le courant de jet.
37:46 ...
37:56 -Eolus nous sert à faire des données
38:00 sur le courant de jet.
38:02 Eolus nous sert à affiner notre modèle au niveau mondial.
38:05 Plus on pourra prévoir la trajectoire du courant de jet
38:08 autour de la Terre, notamment dans l'hémisphère nord,
38:11 et mieux on pourra prédire les mouvements
38:14 des anticyclones et des dépressions.
38:16 -Le ralentissement du courant de jet génère un risque accru
38:20 d'épisodes météorologiques extrêmes.
38:22 Affiner les prévisions et les alertes permettrait
38:25 aux autorités de donner suffisamment tôt
38:28 l'ordre d'évacuer les zones à risque.
38:30 -Avoir des données d'une telle ampleur sur le vent,
38:33 c'est inédit et c'est un grand pas en avant.
38:35 Des inondations comme celles qu'on a connues en 2021,
38:38 il y en aura de plus en plus durant les 10 à 20 prochaines années.
38:42 Mieux on arrivera à mesurer les vents sur l'Atlantique
38:45 ou le Pacifique, et plus on pourra prédire
38:48 ce genre de catastrophes.
38:50 Et donc, alerter les populations.
38:52 ...
38:54 -Mais les prévisions météorologiques
38:57 ne suffiront pas à résoudre les défis
38:59 liés au changement climatique.
39:01 Dans le nord de l'Allemagne, les champs de l'agriculteur bio
39:04 Jan Wittenberg subissent une période de sécheresse prolongée.
39:08 En cette fin d'été, la terre a soif, et le Lupin aussi.
39:12 -Ces trois grains-là sont bons.
39:14 -Ce sont des graines qui sont très bien.
39:16 -Ce sont des graines qui sont très bien.
39:19 -Ce sont des graines qui sont très bien.
39:21 -Ces trois grains-là sont bons,
39:23 mais les trois autres ne sont pas arrivés à maturité.
39:26 Aucune plante ne peut vivre sans un minimum d'eau.
39:29 Le Lupin a beau être coriace, là, il commence à accuser le coût.
39:33 Ca reste un bon produit.
39:35 Si on enlève les petits calibres,
39:37 on a quand même des grains de très bonne qualité
39:40 qui conviennent à la consommation humaine.
39:43 C'est juste qu'il y en a moins. C'est comme ça.
39:46 La nature lève le pied quand un facteur se met à manquer.
39:49 Et ici, c'est l'eau.
39:51 -Et ici, c'est le vostre.
39:53 -Le Lupin n'est que l'une des 10 variétés
39:56 que Jan Wittenberg a semées cette année.
39:58 La plupart des moissons ont été faits avant la sécheresse.
40:03 L'agriculteur est contre l'arrosage systématique.
40:07 -Il y a des cultures qui, ici ou là,
40:13 peuvent exiger de l'irrigation, c'est évident.
40:18 Mais réagir à la pénurie d'eau en arrosant encore plus,
40:21 pour moi, c'est une hérésie.
40:23 On risque de mettre en concurrence l'eau potable
40:27 avec l'eau de pluie et surtout avec l'eau
40:29 qui est absolument indispensable à la nature.
40:32 On ne peut pas résoudre les problèmes d'eau
40:35 en puisant dans la nappe phréatique.
40:37 Ce serait une vue à très court terme.
40:39 Ce qu'il faut, c'est nous adapter à la longue échéance
40:43 et qu'on puisse réagir à la pénurie d'eau
40:46 en faisant la longue échéance et collaborer avec la nature.
40:50 -Retour sur l'île de Spitsbergen,
40:58 où Ficke-Radeur et Marion Mattourilli
41:00 effectuent une mission de terrain.
41:03 Elles sont venues inspecter un site autrefois gelé 12 mois par an.
41:07 -Nous sommes début septembre,
41:11 et le sol a presque entièrement dégelé.
41:14 Mais c'est très irrégulier,
41:16 et ça peut varier d'un endroit à l'autre.
41:20 -Une fois par mois, Ficke-Radeur vient placer des sondes
41:23 dans le pergélis sol afin de constater l'ampleur du dégel.
41:27 -Tu peux me dire si ça s'enfonce encore quand je tape ?
41:34 Tiens-la bien.
41:35 Là, ça bouge plus du tout.
41:41 OK, je vais rentrer.
41:43 -Ca fait donc une profondeur de 95 cm.
41:53 Avec les températures qu'on a, je m'attendais à plus.
41:57 Mais comme je vous le disais,
42:00 le sol est très inégal par ici, et ça varie beaucoup.
42:05 C'est pour cela qu'on est obligés de faire des relevés
42:08 à 12 endroits différents
42:10 pour revenir à chaque fois plus ou moins au même endroit,
42:13 histoire d'observer comment évolue tel ou tel trou.
42:16 -Ficke-Radeur procède par ailleurs au remplacement d'un filtre
42:24 servant à recueillir le CO2 que le sol relâche en dégelant.
42:28 -Ce tube contient une sorte de passoire
42:33 qui piège le CO2 venant du sol.
42:35 Cela permet aux scientifiques de faire des analyses
42:40 pour déterminer s'il s'agit de dioxyde de carbone d'origine végétale,
42:44 issu de la photosynthèse,
42:46 ou si c'est un CO2 libéré par le sol lui-même,
42:50 c'est-à-dire par des matières organiques très anciennes.
42:54 Du carbone séquestré depuis très longtemps
42:56 est soudain libéré à cause du réchauffement.
42:59 -Le dégel du pergélisol accélère le changement climatique.
43:05 -Des échanges se produisent
43:08 entre le sol et l'atmosphère.
43:10 Des échanges gazeux,
43:12 mais aussi des échanges de flux de chaleur et d'humidité.
43:16 Ca a un impact sur le climat
43:20 et sur les processus qui se reflètent
43:22 dans ce système d'interaction sol-atmosphère.
43:25 -Le changement climatique transforme le régime des vents.
43:30 Ces vents favorisent le réchauffement du continent arctique.
43:33 Glaciers et glaces de mer sont en déclin.
43:36 Le courant de jet s'affaiblit plus souvent
43:39 et les canicules se multiplient,
43:41 entraînant une baisse des rendements agricoles
43:43 et des dégâts dans les forêts,
43:44 tout comme les pluies diluviennes.
43:47 Pourtant, il est encore temps de limiter l'ampleur de la catastrophe.
43:51 -Nous avons la chance de ne plus être obligés
43:56 de faire brûler quoi que ce soit pour créer de l'électricité,
43:59 grâce aux panneaux solaires et aux éoliennes,
44:02 pour nous chauffer grâce aux pompes à chaleur
44:05 ou pour nous faire à manger grâce aux plaques à induction.
44:08 Il s'agit donc de tourner le dos le plus vite possible
44:13 aux énergies fossiles
44:15 et d'utiliser ces énergies alternatives.
44:18 -Pour respecter l'accord de Paris
44:22 et limiter le réchauffement à 1,5 degré,
44:25 il faut aller plus loin
44:26 en éliminant les gaz à effet de serre de l'atmosphère.
44:30 ...
44:35 -L'un des moyens de réduire la concentration
44:37 des gaz à effet de serre dans l'atmosphère
44:40 consiste à accroître les surfaces boisées à travers le monde.
44:43 Nous retrouvons Mathis Janssen et Heiko Schulz,
44:47 venus voir les opérations de reboisement
44:49 sur une ancienne plantation d'épicéa dans le nord de l'Allemagne.
44:53 -On est en train de créer une nouvelle parcelle
44:56 composée de feuillus.
44:58 Nos collègues plantent actuellement des chênes rouges d'Amérique,
45:01 car on veut avoir des essences
45:03 qui soient mieux armées pour le climat des prochaines décennies,
45:06 pour résister aux étés chauds et aux périodes de sécheresse prolongées.
45:10 On a donc dit adieu à l'épicéa et surtout aux monocultures.
45:14 Ce sera une forêt mixte avec un grand nombre de feuillus.
45:18 -Tout se passe bien ? Les plants sont bons ?
45:23 -Oui, tout va bien.
45:25 -Bon, les racines, ça va ?
45:26 -Oui.
45:27 -Genaud.
45:29 -Reboiser une parcelle de forêt
45:31 est un processus coûteux et à très long terme.
45:34 L'abattage de ces jeunes chênes
45:36 et la vente de leur bois à l'industrie
45:38 n'auront pas lieu avant plusieurs dizaines d'années.
45:41 Bruit de moteur
45:44 -On ne peut pas savoir
45:45 quelle sera l'essence qui tirera son épingle du jeu.
45:48 Il y en a, évidemment, qui s'en sortiront mieux que d'autres,
45:52 surtout face aux changements climatiques,
45:54 aux étés plus longs, plus secs et aux périodes de canicule.
45:57 Ca, on en est sûr.
45:58 Mais notre stratégie consiste surtout à panacher les essences
46:02 et à les diversifier pour réduire le risque.
46:04 ...
46:07 -Le reboisement de cette parcelle
46:09 ne suffira pas à agrandir la surface de la forêt mondiale.
46:13 Ces mesures ont le mérite de participer
46:15 à la lutte contre le changement climatique.
46:18 Mais l'incertitude reste grande.
46:20 ...
46:23 -Quand on regarde les dernières modélisations et les projections,
46:26 dont certaines sont extrêmement pessimistes,
46:29 on se demande vraiment quelles essences arriveront à survivre
46:33 et à quoi pourra bien ressembler cette forêt en 2100.
46:36 Peut-être qu'il ne s'agit que de reboiser pour reboiser
46:39 et stocker du carbone, sans perspective économique à long terme.
46:42 C'est tout à fait possible.
46:44 ...
46:48 -Les scientifiques de l'Institut de technologie de Karlsruhe
46:52 cherchent une façon de capter les gaz à effet de serre
46:55 contenus dans l'atmosphère afin de les valoriser.
46:58 L'équipe du professeur Dietmeyer
47:00 collabore pour cela avec divers partenaires industriels.
47:04 Cette installation d'une entreprise suisse aspire l'air
47:07 et le fait passer par un filtre.
47:10 ...
47:13 -Sur ce filtre, on a des molécules capables de se lier
47:16 avec le CO2 contenu dans l'air et aussi avec la vapeur d'eau.
47:20 ...
47:25 On arrive ainsi à isoler ces deux composants.
47:27 A un moment, le filtre est saturé
47:31 et on referme les vannes des deux côtés.
47:34 Le collecteur est alors exposé à une source de chaleur
47:38 qui permet d'extraire le dioxyde de carbone
47:41 et la vapeur d'eau par aspiration.
47:43 Il ne reste plus qu'à condenser l'eau pour obtenir du CO2 pur.
47:48 -Le CO2 est transformé en monoxyde de carbone,
47:52 puis enrichi avec de l'hydrogène.
47:54 Le mélange affiche alors une teneur élevée en carbone,
47:58 élément chimique au coeur de toutes les énergies fossiles.
48:01 Le CO2 tiré de l'atmosphère pourrait-il ainsi
48:04 se substituer au charbon et aux hydrocarbures ?
48:07 -Toute la prouesse consiste à atteindre
48:10 une haute efficacité énergétique dans ce processus de conversion,
48:14 sachant que nous consommons de l'électricité renouvelable
48:18 et que nous produisons un vecteur d'énergie.
48:21 Tout le reste, c'est de la perte.
48:23 Mais si on arrive à bien coordonner les différentes étapes du processus,
48:27 il est possible d'optimiser le rendement énergétique de l'ensemble.
48:31 -Le fonctionnement de ces aspirateurs géants
48:36 peut être comparé à celui des végétaux,
48:38 qui absorbent le CO2 de l'air et produisent un carburant neutran-carbone.
48:43 Mais ces solutions très sophistiquées technologiquement
48:47 ont un inconvénient de taille, leur coût.
48:50 -Pour moi, c'est une méthode incontournable
48:57 si l'on veut lutter contre le changement climatique,
49:00 sachant que pour certaines applications,
49:02 comme l'aviation avec les vols long-courrier,
49:05 nous n'avons rien qui puisse remplacer le kérosène.
49:07 Mais si on parvient à synthétiser du kérosène
49:11 à partir du CO2 de l'air et d'une énergie d'origine renouvelable,
49:14 on a affaire à un véritable modèle circulaire.
49:17 La combustion du carburant va certes rejeter du CO2 dans l'air,
49:21 mais mon propre CO2 a déjà été capturé dans l'atmosphère
49:25 à l'aide d'une énergie verte.
49:27 C'est donc une forme de recyclage.
49:29 -Dans sa ferme de Bassachs,
49:32 Jan Wittenberg pratique depuis des années une agriculture biologique
49:36 qui préserve les sols, l'environnement et le climat.
49:40 Il a su intégrer les contraintes liées aux transformations du vent
49:44 en plantant des arbres.
49:46 -Avec le temps qu'on a aujourd'hui,
49:50 on comprend bien qu'une haie-brise-vent serait idéale
49:53 pour ralentir l'érosion des sols par temps de sécheresse.
49:56 Mais les arbres, qui plongent leurs racines profondément dans la terre
50:00 pour aller chercher l'eau et leurs nutriments,
50:03 font aussi tomber leurs feuilles ou leurs fruits au sol.
50:06 Et cela crée de l'humus,
50:10 qui est bien sûr un excellent engrais durable pour nos champs.
50:13 -Planter des arbres au milieu des champs a un nom.
50:18 L'agroforesterie.
50:21 Un concept pour lequel Jan Wittenberg
50:23 a accepté de réduire ses surfaces cultivées.
50:26 -L'idée, c'est de planter ici trois gros tilleuls,
50:31 qui doivent un peu servir à attirer l'attention des autorités locales
50:35 sur l'association entre haies d'arbres, culture et pâture.
50:40 Ces arbres seront situés pile à la frontière
50:43 entre nos champs et la prairie,
50:45 qui occupent un terrain précédemment cultivé et converti.
50:48 Doucement, doucement.
50:51 -Jan Wittenberg est un pionnier
50:55 qui a commencé très tôt à adapter ses techniques culturelles
50:58 aux nouvelles conditions météorologiques,
51:00 résultant de la hausse des températures
51:03 et des changements du courant de jet.
51:05 Résolument tourné vers l'avenir,
51:07 il refuse d'entendre parler de statu quo.
51:11 -Ce qu'on a sous les yeux,
51:14 c'est le résultat de nos propres actions.
51:16 C'est nous qui avons transformé le climat.
51:19 C'est donc à nous de nous adapter aux conséquences.
51:21 C'est à nous de modifier nos pratiques.
51:24 Il faut absolument tout faire
51:26 pour ne pas aggraver le changement climatique.
51:28 Mais pour ce qui est déjà fait,
51:30 c'est à nous de nous adapter, comme le fait la nature.
51:34 Il faut donc trouver de nouvelles façons de faire.
51:37 Ca ne sert à rien de rester sur les sentiers battus
51:40 en espérant que le ciel nous aidera.
51:43 -Les transformations du courant de jet
51:46 sont devenues un redoutable moteur du changement climatique,
51:50 un moteur qui tourne au gaz à effet de serre
51:52 que nous continuons d'émettre dans l'atmosphère.
51:55 ...
52:15 ...

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